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 ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM

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MessageSujet: ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM   Mar 6 Mai - 22:09




Like fire in my blood

- I would swear that there's someone somewhere -




Lorsque la peur me noue douloureusement les tripes. Lorsque mon monde se dérobe et s’écroule tout autour de moi. Lorsque la tempête fait rage et ravage. Il n’y a qu’une seule personne vers qui je me retourne… vers qui je viens désespérément me cramponner.

- NOVALEE !

Le rugissement furieux et angoissé explose dans la nuit, lacérant l’atmosphère de son timbre caverneux et rauque, pour retentir et rebondir sur les parois plâtreuses de ces murs d’albâtre me séquestrant dans le long couloir étroit qui n’en finit plus de finir de s’étaler.   Dans ma vision périphérique, je vois s’étendre les planches de bois, ces deux rangs de portes se faisant face et s’allongeant jusqu’au coude du couloir. À l’effigie d’une violente bourrasque, je remonte le long corridor, mes grandes enjambées fracassantes, de plus en plus engourdies, peinent à charrier ma lourde charpente,  ralentissant dangereusement ma preste progression.  Sur le sol recouvert d’un tapis au textile hirsute, mon ombre colossale allonge une esquisse dégingandée et despotique… à l’image parfaite d’une horreur de la nature aillant souffert d’une formation immonde, projetant sur le sol une silhouette enténébrée à la difformité monstrueuse.

Le chemin parcouru depuis l’arrondissement de Manhattan n’exhale en rien  une petite promenade de santé. Une excursion périlleuse et hasardeuse dans les flammes de l’enfer, fuyant l’ennemi redoutable et essayant avec angoisse de devancer le temps.  L’écoulement de chaque millième de secondes annonce la visite inéluctable et effroyable de la Faucheuse, fauve avide d’éteindre de ses bras funéraires une âme vagabonde. Pour échapper à cette fatalité que je refuse imminente, j’ai slalomé à vive allure dans les entrailles de la grosse pomme pourrie. Une course infernale et folle qui commence d’ailleurs à me consumer et à faire mourir la moindre trace d’oxygène dans mes muscles endoloris. C’est l’adrénaline qui me commande et m’ordonne d’avancer. C’est ma morale juste et noble qui m’empêche de succomber à ce torrent de douleur me lacérant et ciselant la moins fibre de mes vertèbres douloureuses. Je suis une marionnette asservie à la douleur, mais comparativement à la belle léthargique que je tiens immuable entre mes bras, mon calvaire devient si moindre et insignifiant.

- Accroche-toi, Joe ! Je t’interdis de crever dans mes bras.

C’est quoi cette réplique de merde ? C’est certainement pas le manque d’oxygène qui me fait dire de telles conneries… je peux halluciner des éléphants roses, ça, c’est normal, mais delà à interdire quelqu’un de mourir… c’est une chose totalement hors de notre contrôle ! En fait, la journée toute entière s’est déroulée hors de mon contrôle, les éléments se sont enchaînés sans que je ne puisse anticiper quoi que ce soit. Je nous revois perchés à cet édifice, le corps pendouillant mollement dans le vide, ma vie ne tenant désormais plus que par un fil, mais par la poigne herculéenne de la mutante. Elle s’est sacrifiée pour moi. À deux reprises, aujourd’hui, elle m’a sauvé la vie. Je me demande toujours pourquoi, d’ailleurs. On se connait à peine et ou encore pas du tout.


- T’as bonne mine. Ce n’est pas la plus belle que j’ai vue, mais tu as bonne mine. Tiens bon. Accroche-toi. On est presque arrivés.

Je suis comme ce connard qui essai vainement de vouloir bloquer la marrée en construisant des digues de sables à mains nues ; ça me submerge et déborde de partout.  Je prends le risque de faire glisser mes deux billes de saphir sur le visage cireux et ensanglanté de la blonde qui souffre le martyr. Sa tête ballote sans aucun ménagement en tout sens dans le creux de mon épaule, suivant la cadence violente de ma course étrennée. Ses yeux céruléen tournent de temps à autre dans leurs orbites, la douleur cuisante la rend semi consciente et délirante. Son corps fragilisé et amoché repose mollement dans mes bras, mes mains s’accrochant désespérément à elle tandis que son flanc se compresse vigoureusement contre mon torse, les rigoles d’hémoglobine allant imbiber ma veste en cuir et le tissu de mon t-shirt de son liquide chaud et collant. Mes jambes ne me supportent plus, mes muscles souffrent du manque d’air, je sens le sol tanguer dangereusement sous mes pieds alors que mon champ de vision sur divise. Une violente frasque me prend par surprise,  m’infligeant spasme et perte temporaire de mon équilibre.  Je tangue sur le côté, mon épaule massive s’encastrant sur le mur de plâtre. Non ! Non ! Non ! Je ne peux pas flancher. Pas maintenant ! Pas si près de la foutue porte !

- NOOOOOOVVAAAALLLLLLLLLEEEEEE !!!!!!!

La détresse à peine recrachée dans l’atmosphère, que je vois la fameuse planche de bois se rapprocher et enfin se présenter à moi. De ma jambe la plus leste et agile, je repose tout mon poids sur cette dernière alors que la jumelle remonte furtivement dans l’air pour aller écraser la semelle caoutchouteuse de ma Ranger sur la façade en bois. Assénant un seul coup de pied sur la porte à l’effigie aussi frêle que du carton, cette dernière encaisse mal le choc et s’enfonce à grandes volées. (Oooopppss !) L’abysse nouvellement créée, que j’enfonce ma silhouette draconienne à l’intérieur.  

Errant sur le pas de la porte, mon champ de conscience se rapetisse dangereusement, je réalise que je ne contrôle plus mes membres. Je suis devenu spectateur  de cette entrée fracassante et dramatique, observant passivement la scène se dérouler. Mes forces et efforts s’évanouissent, rapidement, stupidement, comme si le vil marionnettiste de mon corps douloureux se décidait enfin de couper les ficèles, abandonné à moi-même, à mon vertige, je m’écroule lourdement à genoux, sentant mes rotules fracasser les carrelages du sol valsant de manière très désagréable, mais qui parvient à me reconnecter momentanément à la réalité. Mes deux billes azurées cherchent avec angoisse la présence de la louve dans les environs.

- Elle---dans le ventre.

Aheum… kewa ? Mollement, je dodeline la tête et me racle la gorge.  

- Elle s’est fait tiré dessus. Dans le ventre. La balle, on doit l’extirper. La table à manger, Nova, libère la surface. Il y a… son épaule… déboîtée. La sauver… on doit…

Et sinon… comment vas-tu ? Passé une belle soirée, ma chérie ? Qu’est-ce qu’il y a dans le four ? Les enfants vont bien ? Moi, ça va… j’ai fort probablement quelques côtes fêlées et l’échine en bouillie, mais je vais m’en sortir ! Voici Joe. Tu connais Joe ! Que suis-je bête. Hahaha ! Oui, elle s’est teinte les cheveux… pourquoi ? Roh, ça, j’en sais rien. Demandes-lui. Ah, ouais, au passage, comme des merdes, elle et moi on s’est écrasés sur le trottoir, après avoir fait une chute de 124 mètres. Pourquoi ? Aheum… parce qu’on s’est fait baiser par un fils de riche… nenon… pas au sens propre du terme, je te rassure sur ce point.  Brefouille, mon amour, cette table, tu la libères et pas ? Ouais, ce t-shirt greffé In Flames est fichu et taché de sang… mais si tu libères la table à manger à temps, j’aurais peut-être l’occasion d’épargner le reste de mes fringues ! Aller, file ma gazelle d’amour, t’en fais pas, moi, je bouge pas de là… et l’amie Joe non plus d’ailleurs ! 


Dernière édition par Salem L. O'Malley le Lun 28 Juil - 18:02, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM   Lun 26 Mai - 5:03





holding out for a hero
❝ you best believe there is hell to pay ❞

« Na na na na na... And I saw myself starin' back again! And I saw myself starin' back again! » Ma tête fit un mouvement rythmée de haut en bas, suivant la mélodie entraînante de la musique qui résonnait dans la petite pièce. Les paupières closes pour ne pas me brûler les yeux, mes mains frictionnaient mon cuir chevelu recouvert de mousse bien odorante. Marmonnant des "la la la" bien sonores, je n'osais même pas penser à mes voisins qui subissaient ce vacarme insolite. Rien à voir avec les grands talents des chanteuses d'antan, des voix à la Withney Houston ou Barbra Steisand (oui, je connaissais mes classiques tout de même!). Je venais à croire que cette satanée Ariana déteignait sur moi... Chanter sous la douche? C'était rarement une de mes activités favorites, mais apparemment j'y prenais visiblement goût. « Oh my god, please help me, na na na na na, pam-balam-bam... » Ouais, pour ce qui est de connaître les paroles, on repassera. Je laissai l'eau couler sur ma tête et mon visage, rinçant le savon de ma chevelure claire. Il s'agissait bien d'un des seuls moments de mon existence où je me laissais décrocher de la vie rocambolesque que je pouvais vivre, des situations incongrues qui me tombaient incessamment sur la tête. Enfin, je ne pouvais me plaindre de tout, j'avais gagné beaucoup dans les dernières années, mais il restait tout de même beaucoup d'inconvénients, il ne fallait pas se voiler les yeux. J'appréciais chaque petit moment de répit que je pouvais saisir. Une simple douche devenait un échappatoire bien mérité.

L'eau cessa de couler de la pomme de douche, me laissant à risque de geler sous l'air ambiant vaporeux, mais tout de même rafraîchissant. Je saisis rapidement la serviette qui pendait au mur au côté de la baignoire afin d'envelopper mon corps dénudé. Écartant le rideau de douche, la minuscule pièce qui me servait de salle de bain se dévoila à moi et je ne perdis pas de temps pour la traverser. Je m'empressai de rejoindre la pièce principale, n'ayant qu'une seule serviette sur le dos. Une fois devant ma penderie, je saisis un short ainsi qu'un large chandail que j'avais volontairement réquisitionné chez Salem. Je n'osais pas toujours me l'avouer, puisque mon image de la fille indépendante en prenait un coup, mais je n'aimais plus dormir seule dans ces draps vides et froids. Alors je portais un morceau de ses vêtements, histoire de sentir son odeur, de le savoir près même s'il était loin. Une fois au chaud dans ce t-shirt sombre, j'ébouriffai ma crinière trempée avec la serviette qui m'avait servi de peignoir. Ce fut à cet instant que je crus percevoir un hurlement insolite... J'arrêtai aussitôt mon mouvement et relevai la tête, les cheveux plus mêlés que jamais. Le regard froncé, je scrutai les environs de mon ouïe surdéveloppée afin d'y trouver une explication. Avais-je entendu mon prénom? Difficile à dire avec la tête en bas et cette musique qui continuait à jouer en arrière-plan. Je perçus alors des bruits de pas dans le couloir de l'immeuble, détonation qui semblait se rapprocher de ma porte. Curieuse, je me rapprochai rapidement du comptoir de la cuisine afin de déconnecter mon téléphone du haut parleur. Geste inutile puisque la réponse me sauta directement au visage.

Le souffle me manqua alors que je voyais un pied défoncé - littéralement - le bois de la porte d'entrée. Cette dernière, ne supportant que très mal la violence du coup, s'ouvre violemment, laissant apparaître une grande silhouette dans l'embrasure de la porte. De mes grands yeux ébahis je reconnais l'homme à qui j'ai emprunté le t-shirt que j'avais enfilé une seconde plus tôt et... elle? Dans ses bras, cette rouquine repose mollement, visiblement en piteux état. Ils sont tous les deux dans un état lamentable pour tout dire. On pourrait croire qu'avec le temps, on s'habitue à ce genre d'entrer fracassante, mais apparemment je me trouvais toujours confuse et surprise par ce genre de situation. Voyant le lycan perdre ses forces et s'effondrer à genoux à l'entrée de mon loft, mon coeur se serra et je m'élançai d'instinct à ses avants, m'agenouillant à mon tour. Trop de questions me venaient à l'esprit, mais je ne prononçai aucune d'entre elle, apercevant les lèvres de Salem se mouver et tenter de laisser des mots en sortir. Inquiète, je l'écoutai attentivement, mes sourcils se fronçant davantage de seconde en seconde. Je n'y comprenais rien. Mais vraiment rien. Mon regard s'alternait entre le visage exténué du lycan et cette fille que je n'avais croisé qu'une seule fois dans le passé. Il voulait que je m'occupe d'elle alors que mon coeur ne voulait que le soigner, lui. Mais je voyais bien qu'elle était en danger... Alors je serrai les dents et échappai un sympathique « c'est pas vrai... » d'entre mes lèvres. Voyant que Salem n'avait tout simplement plus la force de transporter la rouquine, je glissai mes bras sous son corps menu et la soulevai aisément, libérant mon loup de son fardeau. Image insolite de voir une fille aussi petite que ma personne soulever avec si peu d'effort un autre être humain. Je me redressai sur mes jambes et m'empressai de rejoindre la table de la cuisine, cette table rectangulaire qui servait à tout sauf à manger. Je déposai la blessée sur un coin non encombré de la surface afin que je libère la totalité et l'installer de tout son long, sur le dos. Sans même prendre le temps de vérifier son état, je me mis en action. « Qu'est-ce qui vous est arrivé, bordel?! » demandais-je à l'intention de Salem alors que je filais précipitamment dans la salle de bain afin d'y trouver la trousse de survis et amener quelques serviettes par le fait même. Je retournai près de l'inconsciente pour déposer mes trouvailles avant de repartir direction la cuisine. Je saisis un chiffon, le passai sous l'eau froide pour ensuite fouiller dans mes armoires à la recherche de contenants bien précis. Des bouteilles s'étalent devant moi et j'en saisis deux d'une seule main. Heureusement pour tout le monde, j'avais pris l'habitude de garder en stock quelques bouteilles d'alcool fort afin de bien accueillir mon lycan. Je retournai près de Salem et lui tendis subitement la compresse ainsi qu'une des deux bouteilles. « Mets ça et bois. » Normalement, je ne lui donnais pas l'ordre de boire, mais c'était le remède le plus rapide contre la douleur, quel quelle soit. Je m'attardai peut-être un trop long moment à ses côtés, lui jetant un regard rempli d'inquiétude alors que je devais m'en aller à ma besogne. Je déposai une main réconfortante sur sa joue avant de me détourner à contre coeur. Je rejoins de nouveau ma "patiente" qui semblait visiblement en douleur. Était-elle toujours consciente? Je n'aurais pu dire. Mais je n'avais pas le temps de m'en assurer, elle perdait beaucoup trop de sang, je devais m'occuper de sa blessure en premier. Je saisis le rebord de son t-shirt et le déchirai jusqu'à sa poitrine, ne me souciant guère de sa pudeur. Je pus alors observer la blessure, malgré tout ce sang qui tapissait son derme. La balle avait perforé son abdomen, venant profondément s'y loger. « Merde... » murmurais-je, plus inquiète que jamais. Mon regard bifurqua vers son visage, me convaincant que je devais agir au plus vite. « Je... je vais devoir retirer la balle, ok? » dictais-je comme si elle pouvait m'entendre. Je pris de nouveau la bouteille de scotch à demi-entamée et enlevai le bouchon qui préservait l'alcool. « Ça va pincer un peu... Tiens bon... » Je rapprochai le goulot de son ventre, penchai la bouteille sur le côté jusqu'à ce que l'alcool se mélange à son sang et nettoie sa blessure.

© css & gif par blackrose
chanson par the silent comedy

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→ citation:
relationships :
Catherine d'AbsacPNJ ; Miss patronne ménopausée
MessageSujet: Re: ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM   Ven 6 Juin - 15:16

❝ Holding out for a hero ❞



Entre la vie ... et la mort.
Combien de fois s'est-elle retrouvée à voguer entre ces deux eaux troubles ? Ténèbres. Lumières. Tout le passé se brouille, la sylphide ne sait plus qui elle est, pourquoi elle l'est, ce qui a changé et ce qui changera. Elle s'oublie dans l'inconscient. C'est une torpeur délicieuse, une brume céleste. Elle se sent si bien, ici. C'est familier, elle s'est déjà trouvée là. Avant. Avant tout ça. Mais, à son grand malheur, son inconscience est éphémère. Elle se sent valser de droite à gauche, sent l'odeur ferreuse de l'hémoglobine, le souffle chaud et saccadé sur son visage. Des paroles qu'on lui murmures, ou qu'on hurle. Johanna ne sait pas.  

- Accro...  Je t’int ...  mes bras.  

Les mots s'entrechoquent, elle les perçoit. Pourtant, elle ne reconnait pas cette voix rauque. Ulrick ? Non, ce n'est pas lui. Sa bouille rejetée en arrière, ses longs filets d'or tâchés de son propre sang valsent au rythme de la course de celui qui la soulève. Pour aller où ? Pour faire quoi ? Tellement de questions, si peu de réponses. Puis il parle, croit-elle entendre, de sa tête. Il cite que ce n'est pas la plus belle qu'il est vue. Salem. Même à moitié morte, ce sale râleur trouve le moyen de l'emmerder. Pour un peu qu'elle bougerait, rien que pour lui montrer qu'elle entend tout. Puis elle comprend qu'il a parlé de sa bonne mine. Là, elle sait que c'est grave. Si même lui se met à avoir quelques paroles affables, c'est qu'elle doit être dans un état vraiment critique. Mais sa conscience s'effritent. Garder un pied dans cette réalité devient de plus en plus dur. Ses membres son lourds, elle a froid et chaud en même temps. Mais sa carcasse n'a même plus la force de trembler.

Puis à nouveau, les ténèbres.

- Merde ...

Johanna inspire, expire. Où est-elle ? Quelque chose l'intrigue, les odeurs ne sont plus les mêmes. Ses lèvres s'entrouvrent, et Joe tente en vain d'ouvrir ses paupières lourdes.  

- Je... je vais devoir retirer la balle, ok?  

C'est à elle qu'on s'adresse ? Retirer la balle ? Quelle balle ?
Puis, brutalement, les souvenirs affluent. Son corps perché en l'air, Salem au bout de son bras tendu. Les hommes de main de McCloy, la balle qui manqua de trouver le crâne du loup. Pour le sauver, Johanna l'a jeté dans le vide. Elle avec. Et dans son mouvement désespéré, c'est contre sa pauvre carcasse que le projectile s'est retourné. Puis le reste lui échappe complètement. Impossible de démêler l'entre-deux. Tout ce que la mutante parvient à se souvenirs, c'est que Salem s'est démené malgré ses blessures pour la porter jusqu'ici.

-  Ça va pincer un peu... Tiens bon... Continua la voix douce et féminine. Elle lui dit vaguement quelque chose ...  

Ce qui suit la sort immédiatement de sa torpeur. Le liquide chaud et brûlant, qui sans ménagement ronge sa plaie béante. Johanna ouvre alors ses paupières, tout comme ses lippes sans qu'aucun son ne sorte. Sous l'impulsion, sa main gagne la rapidement la nuque de la petite brune qui se tient à côté d'elle. Ses instincts bestiaux prennent les devants, et ses émeraudes enragées fusillent la pauvre louve d'un regard mauvais. Inconsciente, sauvage, la blonde montre les dents, serrant sa prise avant de réaliser.

La brune dans les caves ...  

Sous le choque, Joe réalise qu'elle a oublié de respirer. Son souffle s'échappe, tandis qu'elle lâche brutalement la louve. Contrite, en sueur, l'ex-vampire déglutit difficilement. La douleur la broie sur place.  

- Qu'est-ce ... que je fais là ... Parvient-elle enfin à articuler, détaillant la pièce du regard. Ses mouvements sont furtifs, sa tête retombe contre le bois de la table et lui fait souffrir le martyr. Et force et de constater qu'encore une fois, son pauvre estomac subit ses folies suicidaires. Sous l'épaisse couche de sang, et le trou de chair provoqué par la balle toujours fichée dans son abdomen, une légère cicatrice récente trahit une blessure qui en dit long sur la nouvellement blonde. Ses prunelles remuent dans leurs orbites, tandis qu'elle avise avec stupeur un Salem dans un état pitoyable. Ses paupières s'agitent toujours, clignant frénétiquement. Rester éveiller devient un véritable supplice.  



© Chieuze


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MessageSujet: Re: ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM   Jeu 26 Juin - 17:02




Like fire in my blood

- I would swear that there's someone somewhere -


Agenouillé sur les planches vermoulues et crépies du parquet,  je sens le poids plume s’apaiser jusqu’à sitôt s’envoler. Par-delà mes paupières batifoles, je vois la silhouette de Novalee qui déambule hâtivement  vers la table à manger, le corps amoché et engourdi de la mutante reposant désormais entre ses petits bras frêles mais pas pour le moins puissants. Je reste là, les genoux plaqués contre le sol, mes poumons encore brûlants du manque d’oxygène alors que tous mes muscles et tendons s’écrouent  dans le fourreau d’une douleur incisive et électrisante.  Le moindre mouvement m’afflige, m’épuise, déferlant en moi des torrents et décharges électriques qui me paralysent et labourent mon corps alourdi. Je me sens abîmé et déconcentré. Les murs de la réalité ont depuis longtemps explosés tout autour de moi, me laissant là à la merci de l’adrénaline que je sens peu à peu s’évaporer jusqu’à très vite m’abandonner… ne me laissant rien percevoir d’autre que le délire de cette froide douleur qui me fait souffrir. J’en ai le souffle coupé et la poitrine littéralement ciselée. Je me sens vaciller sur mes genoux douloureux, mes jambes aguerries, aussi molle que des spaghettis,  n’arrivant plus à supporter mon corps fragilisé, m’obligeant à cambrer l’échine vers l’avant et venir plaquer mes jointures sur le sol pour m’empêcher de m’écrouler à pleine face parterre. Mes deux billes d’un bleu javellisé néanmoins bien fixes sur l’horizon, observant la louve qui se précipite dans tous les recoins de sa demeure pour s’équiper d’outils de premier soin et de quoi rafistoler la pauvre mutante. Je vois ce qui se passe, mais je ne parviens pas à me reconnecter avec l’instant présent. Mon esprit, ma conscience, se fissurant, se confondant avec les ruines des horreurs que nous avons traversés aujourd’hui… essayant de comprendre ce putain de calvaire qui nous fait présentement vivre cet enfer. Je dois ajuster ma cervelle et me focaliser dans la rigidité de ce moment. La transition est longue, vertigineuse, au point tel que je reste silencieux et tétanisé pendant de longues secondes. De longues minutes, voyant se rapprocher Novalee, sentant une lingette et le cristal d’une bouteille de fort effleurer imperceptiblement mes doigts brûlants, tremblotants, alors que la douce voix de ma louve me dicte des paroles que je peine à assimiler… puisque chaque bruits et sons résonnent comme un faible murmure inaudible que l’on a largué dans un long et étroit tuyau.  Je sens mes lèvres se contorsionner et s’étirer dans la grimace d’un doux sourire lorsque les doigts menus de la jolie blonde viennent étreindre le flanc de mon visage. J’aimerais lui dire que tout va bien… mais mes pensées sont rivées sur le sort terrible qui lacère la carcasse brisée de la mutante. Elle ne va pas bien. Chaque seconde est un inéluctable combat contre les bras de Morphée. Si ses paupières embrassent enfin lourdement l’obscurité, absolument rien nous garantis qu’on la verra ouvrir de nouveau les yeux. C’est cette peur, cette crainte, que je redoute et qui m’empêche par le fait-même de donner raison à mon propre épuisement.  Novalee s’éloigne de moi et retourne au chevet de notre blessée.

De mes doigts maladroits, je dévisse le bouchon métallique de la bouteille de fort et viens vigoureusement plaquer le goulot à mes lèvres. J’avale de généreuses rasades du liquide ambré, sentant le tord-boyaux se frayer un chemin et incendier mon œsophage. Sensation salvatrice et vertigineuse. Baume sur ma tempête intérieur. Tout s’apaise et s’entasse alors dans le bon ordre. Mon souffle absent habite de nouveau mes poumons, la douleur me paraît tolérable, suffisamment assez engourdie pour que je puisse me rétablir sur mes jambes, vaciller jusqu’à la cuisine et venir me poster au arrière de Novalee qui s’échine à vouloir réparer la mourante. J’entame les cent pas derrière la table d’opération improvisée, déambulant du comptoir au réfrigérateur, le goulot de la bouteille d’alcool jamais bien loin de mes lèvres alors que mon regard reste accroché sur le visage livide de la comateuse. Je vais et reviens sur mes pas, me rendant compte que j’ai toujours la lingette dans mes mains… je l’imbibe d’alcool et viens plaquer tissu humide sur la plaie profonde se creusant un nid sanglant entre mes côtes douloureuses. Le contact brutal me fait sourdement gémir et grimacer… mais ça va. Les fractures ne sont que trèèèèsss légèrement ouvertes, j’ose pas regarder l’ampleur des dégâts, je sais que c’est plus douloureux que ça en a fort probablement l’air, ce qui veut dire que je vais cicatriser rapidement. Les coupures ciselant mon arcade sourcière gauche et tout le flanc de ma mâchoire salement enflée et ecchymosée  commencent déjà à s’affaiblir.

L’air surgie d’une tourmente, du coin de l’œil, je vois la mutante immerger subitement de sa torpeur, sa main félidée allant sans aucun ménagement s’emparer de la nuque  de la louve qui s’attarde à éponger et désinfecter la plaie suintante et empourprée qui se creuse dans la chair de son abdomen mutilé. Je me rue vers la table à manger, dans l’intention de venir calmer la mutante malheureuse et libérer la pauvre nuque de ma louve de son étau de fer… mais le temps que je parcours la brève distance, Joe est déjà retournée dans la brume de sa folie affligeante et les fragiles vertèbres du cou de Novalee déjà libérées de l’emprise funeste.  Dans le dos de la présumée infirmière, je viens jucher mon visage crispé par-dessus son épaule, mes deux billes de saphir plongé dans les émeraudes de la mutante.

- Joe. Tout va bien. Tu es en sécurité. Tu es chez une amie. Quelqu’un de confiance. Elle va te soigner.

J’incline légèrement la tête sur le côté, abaissant ma gueule déglinguée au niveau de l’oreille de la louve.

- Tu vas bien ? Tu veux que je fasse quelque chose ?


Dernière édition par Salem L. O'Malley le Lun 28 Juil - 18:02, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM   Jeu 3 Juil - 2:46





holding out for a hero
❝ you best believe there is hell to pay ❞

Comme n'importe quel être posant le moindrement le pied à l'extérieur de temps à autre, j'avais sans aucun doute vécu des blessures. Des blessures suffisamment graves pour que je dois les panser, mais assez bénignes pour éviter un séjour à l'hôpital. Cette petite trousse d'urgence m'était souvent utile et contenait tout ce dont j'avais besoin pour soigner des blessures mineures. Oui, des blessures mineures. Ça, ce n'était pas mineur! D'autant plus que je doutais que cette jeune femme ait le pouvoir de régénérescence cellulaire, puisque, si c'était le cas, la balle logée dans son abdomen serait beaucoup plus près de la sortie qu'elle ne l'est en ce moment. Je n'étais pas médecin, je n'avais aucune formation dans le domaine, mais la situation me poussait à user de mes maigres connaissances sur le sujet pour sauver une vie... Rien de moins.

Mon inexpérience m'avait tout de même presque coûtée une tête. Poussée par la hâte et l'impulsivité, je savais que de désinfecter cette plaie ouverte aussi brutalement ne provoquerait pas les sensations les plus agréables, mais... là j'étais prise au dépourvu. À peine eus-je tournée le goulot vers l'abdomen de la blessée, qu'aussitôt un étau de fer était venu entourer ma gorge. Je sentis mon larynx se compresser contre mon œsophage, empêchant toute particule d'air de s'immiscer jusqu'à mes poumons ou de s'y échapper. Sous le choc, ma main avait instinctivement lâché prise sur la bouteille d'alcool qui vint rapidement se fracasser au sol. De mes yeux alarmés, je perçus le visage tordu de colère de ma patiente, celle qui m'étranglait avec une force inhumaine et qui risquait de me voir perdre conscience à mon tour si je ne parvenais pas à assouvir mon besoin d'oxygène. L'attaque ne dura pourtant pas bien longtemps, mais ce fut suffisant pour affoler mon palpitant et provoquer une série de toux douloureuse. Aussitôt qu'elle relâcha son emprise, l'air s'engouffra à grande bouffée dans mes poumons, à telle point que je m'étouffai presque. Après quelques respires, je pus enfin respirer normalement, constatant par la même occasion que mon assaillante était de nouveau immobile, allongée sur la table. D'instinct, une main vint masser mon cou douloureux alors que je redoutais maintenant d'aller plus loin dans ce sauvetage... Merde, mais elle avait une force titanesque cette fille! Un peu plus et elle me brisait littéralement la nuque!

L'envie de tourner les talons pour éviter de terminer mes jours décapitée se manifesta, mais s'évapora aussitôt que Salem apparut derrière moi. Il tentait de rassurer la blessée qui s'appelait apparemment Joe - en espérant que ses paroles soient suffisantes pour la calmer. Par le fait même, il me demanda s'il pouvait aider, me faisant élever un sourcil bien haut. « Si tu pouvais me trouver une camisole de force, ça pourrait m'aider... » dictais-je sarcastiquement, avec une pointe d'honnêteté dans la voix. Elle était imprévisible. À demi-consciente, elle ne savait pas où elle était, elle ne savait pas qui j'étais, elle ne savait pas ce qui se passait. Évidemment, son corps était en mode survie, il était tout de même logique qu'elle sursaute et se défende après avoir ressenti une telle brûlure sur son abdomen. Je pouvais comprendre sa réaction. Toutefois, je n'avais nullement envie d'imiter mes invités et me retrouver avec des blessures ouvertes. Je pris alors une grande inspiration pour passer l'éponge sur cet événement et retrouver mon rôle de garde-malade involontaire. Mon regard se tourna vers Salem qui se présenta toujours en piteux état. C'était pas normal cette blancheur sur sa peau et cette faiblesse dans son regard... Ils venaient sans aucun doute de rivaliser contre des brutes et s'en étaient sortis vivants avec peine... Mon coeur se serra à l'idée que le lycan ait pris le risque de perdre la vie pour une raison qui m'échappait. Mais c'était pas le moment d'y songer. Je mis mes inquiétudes de côtés pour revenir au moment présent et soigner ma patiente. « Essaie de la maintenir immobile, tiens lui les épaules contre la table. Plus elle bouge, plus ça va être long et plus ça sera douloureux. Et je risque de faire plus de dommages... » Salem n'était pas en état de rivaliser avec cette fille, mais je ne pouvais prendre la chance qu'elle surgisse de nouveau alors que je fouillais pour trouver la balle. Les dommages en seraient peut-être irréparables.

Attendant que Salem se positionne, je fouillai de nouveau dans ma trousse afin de m'aseptiser les mains et sortir le matériel nécessaire, abandonnant l'idée de nettoyer la plaie avant de faire la sale besogne. Je n'avais plus de temps à perdre, fallait sortir la balle. Pince en main, je positionnai une main sur le ventre de Joe alors que l'autre tenait l'instrument. J'échangeai un regard avec mon assistant, lui demandant: « Prêt? » J'attendis son signal avant de me construire une bulle de concentration autour de moi. Mes yeux vinrent scruter la marre de sang entourant une plaie bien ronde, analysant la situation. Heureusement, je n'avais pas le coeur sensible. « Ok... On y va... » murmurais-je pour moi-même. Cette fois, je ne pris pas la peine d'avertir la blessée, car de toute manière je doutais qu'elle ne comprenne mes paroles dans son délire. Alors sans avertir, je plongeai délicatement les deux extrémités de mes pinces dans la plaie, provoquant une giclée inévitable de sang qui longea son flanc et venir recouvrir la surface de la table. Arf, elle était fichue. Et les heures que j'allais devoir passer à nettoyer mon plancher... Bon, c'était pas le moment de se laisser distraire par ces détails, il fallait que je garde toute ma concentration. Les pinces à l'intérieur de la blessure, elles cherchaient la balle qui était venu se loger dans sa peau, aidant par mes sens surdéveloppés.

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MessageSujet: Re: ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM   Mar 8 Juil - 10:35

❝ Holding out for a hero ❞



Joe a déjà fumé de l'Opium. Et, étrangement, elle a le sentiment d'être en plein bad-trip. La douleur, la peur, mais la transpiration est un plus. De ses lèvres, s'échappent des gémissements plaintifs, mais légers. Sa douleur est palpable. De la plaie de sa viande, s'échappe une hémoglobine abondante. Bientôt, la faucheuse viendra à elle. Définitivement. Mais, à présent, Johanna n'a plus de raisons de mourir. Non, aussi fou que cela puisse paraître, elle a trouvé une raison de vivre. Alors, difficilement, elle s'accroche. Sa mutation aidant tout de même. La brune sent une perle de sueur ourler sur sa tempe. Sur cette table qu'elle souille, la sylphide plus que diaphane n'est plus qu'une masse organique. Entre la vie et la mort. Entre les mains d'une personne qu'elle ne connaît ni d'Eve, ni d'Adam. Si elle crève, elle reviendra hanter Salem. Oh oui, O'Malley n'aura plus fini d'en entendre parler, de Joe Wolfgang. Ou de Johanna Price ? Qui sera-t-elle, une fois morte ? Elle n'en sait rien, la mutante a tout oublié de sa précédente mort. Dix ans six pieds sous terre, et la voilà de retour. Alors … Oui, elle pense qu'il y a quelque chose après le trépas. Le grand saut. Comment aurait-elle seulement pu revenir à la vie, sinon ? D'après l'ex-vampire, une enveloppe sans âme aurait pris sa place, dans le cas contraire. Oh, elle ne croit pas aux petits angelots. Ni à cette lumière sainte, ou à cet enfer. Trop imagé. Non, elle pense qu'il y a quelque chose, quelque chose de flou et de sombre. Que cette lumière qui l'avait gerbée d'entre les morts, n'était que le flash d'une vie nouvelle. Le souvenirs d'une vie passée.

Et cette fois, il est hors de question qu'elle y retourne. Pas comme ça, pas maintenant. La brune se débat, se tord sur place, et bien après son assaut sur la nuque de la louve, se montre de plus en plus instable. Son corps sait ce qui va lui arriver. La douleur la paralysera, ou la déchaînera. Implacables, deux pattes viennent pourtant se poser sur ses épaules. La mutante sait que des mots sont prononcés, mais ne comprend rien. Dans son délire, elle ne cesse d’appeler Ulrick, encore et encore. Le cauchemar commence dès le moment ou une pince brûlante vient s'encrer dans sa chair, mêlant métal et hémoglobine. Son palpitant dans sa poitrine manque d'exploser, et c'est une véritable tornade qui s’empare de l'ex-vampire. Ses poings s'abattent lourdement sur son support, et un craquement sonore retentit. Tandis que tout le tronc de sa silhouette tente de se cambrer. Pourtant, quelque chose l'en empêche. Difficilement. Des éclats de voix éclaboussent ses esgourdes.  Mais bientôt, tout est masqué par son propre cri de douleur.Elle le sent, cet intrus qui s'insinue dans son être, ce frisson qui la prend. Cette bile qui grimpe jusqu'à ses lèvres. Joe devine qu'elle va vomir d'une minute à l'autre, un frisson violent s'empare d'elle, tandis que ses paupières closent se pressent contre ses joues humides. L'air lui manque, et bientôt, plus aucun son ne parvient à franchir la barrière de ses lèvres. Son ventre est brûlant, comme tout son corps. Pourtant, elle crève de froid. Ses dents claquent, sa respiration saccadée secoue sa poitrine, et pour finir, un énième gémissement plaintif est gerbé de ses lippes, tel un râle interminable.

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MessageSujet: Re: ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM   Lun 28 Juil - 19:21




Like fire in my blood

- I would swear that there's someone somewhere -


Impuissant. Complètement inutile. Je ne sers à rien. Strictement rien. Je suis là que pour faire belle parure, pour combler un espace vide dans cette pièce embaumée de gémissements et de cris de torture. Mains plaquées et moulées contre les épaules de la souffrante, mes deux billes d’un bleu javellisé contemplent, avec effroi, la toile macabre et funèbre qui se peint sinistrement sous mon nez. Les poignées de secondes s’égrainent, le temps s’effrite, nous file dangereusement entre les doigts et on ne peut absolument rien faire pour le diluer dans la rigidité de l’éternel. C’est une course contre la montre, sur ma nuque, je crois même presque percevoir le regard pesant et oppressant de la Faucheuse qui nous guette sournoisement, avec  avidité et hâte, parée à lacérée de sa hachette le fil immensément frêle de cette précieuse vie que l’on est en train de perdre. Le parfum acre de fer rouillé inonde mes narines, parviens même à se frayer un chemin mortuaire dans le creux de ma trachée, percevant sur mes papilles gustatives l’amertume de la liqueur vermeille, arôme illusoire glissant sur ma langue tel un vertigineux éphémère. Pantin asservie à la souffrance, je vois son corps livide et brûlant se remuer, se briser sous les assauts de la douleur, les spasmes deviennent de moins en moins prompt et de plus en plus paresseux. La fatigue la gagne, les efforts exténuants engourdissent ses muscles et tendons, berçant son âme miséreuse dans la brume d’une torpeur et sérénité bien manifeste. Les cimes saillantes et acérées de la pince métallique fourragent la chair, labourent et mordent à belles dents la viande meurtrie à vif, répandant sur le flanc de ses côtes, des fines rigoles d’hémoglobine, teintant de rouge le satin moiré de sa chair horripilante. Bien qu’accoutumé à ce monde de chair ouverte, je ne peux rester de pierre devant cette vision, voir tout ce sang couler, réaliser tristement que c’est la vie à son état le plus pur qui se déverse de ce corps brisé, germe de l’âme qui bientôt quittera son enveloppe charnelle… fragment de l’existence qui est en train de se rompre sous nos yeux. Les doigts habiles et agiles de la louve se hâtent à grande misère sur la zone à risque, cherchant à récupérer l’éclisse de plomb qui est le protagoniste de cette fatalité que nous nous refusons d’inviter dans l’alcôve de misère.

Je lève mes deux billes de saphir vers le visage de poupée de Novalee, je la regarde se dévouer à la tâche macabre, ne peut empêcher mes traits de fer de se décomposer dans le givre d’une panique bien austère et rageuse. Toujours cramponné contre les épaules nerveuses de la martyre, mes paumes et phalanges resserrent l’étreinte, pour tenter au mieux d’apaiser ce corps tortueux s’envasant dans une mare de sang recouvrant désormais toute la surface de la table.  Dans une harmonie étrangement déconcertante, aux creux du treille recourbé de nos côtes, l’hymne du Chaos fait chanter nos cages thoraciques, nos cœurs martelant avec violence nos poitrines pantelantes. La peur. La douleur.  Le mal. L’effort. Nous sommes tous les trois assiégés dans la même spirale infernale et nous menons le même combat. Celui de la vie contre la mort. Sur ce champ de bataille, dans l’aube de la vallée des morts, l’a frontière entre ces deux rivaux devient de plus en plus mince, immensément fine…

On choisit comment on doit vivre… mais on ne choisit pas comment on doit mourir.
L’ode à la mort et la souffrance. La martyre hurle de nouveau sa tourmente. Tant que ces échos vibrent  sur les partitions de la torture, je sais que nous avons une chance de récupérer cette âme fuyante et vagabonde vers le bon côté de ces deux mondes de ténèbres qui s’entrechoquent.

Tu vas survivre.
Tu vas survivre et vivre, Joe !
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MessageSujet: Re: ❝ holding out for a hero. ❞ - JOVALEEM   Mer 27 Aoû - 1:48




holding out for a hero
❝ you best believe there is hell to pay ❞

Un champ de bataille sans affrontement. C'était moi contre une balle inerte, c'était Joe contre son esprit délirant, c'était Salem contre son inquiétude. Nous étions tous les trois au prise avec nos démons intérieurs et nos tortures, espérant passer au travers de cette épreuve éprouvante qui se présentait sur notre route. Je n'avais droit à aucune faute, je ne pouvais pas échouer, car une vie était en jeu. Depuis quand me souciais-je autant de la survie d'une inconnue? Depuis quand étais-je devenue une apprentie chirurgienne? Ce n'était pas dans  mes habitudes, certes, mais la situation m'obligeait d'improviser et de devenir quelqu'un qui n'était pas totalement moi. Les pinces s'étaient immiscées dans la chair sanguinolente de la brunette, à la recherche de cette foutue balle qui était la cause de toute cette hémorragie. Son corps était parcouru de spasmes incontrôlables qui rendaient mon travail beaucoup plus ardu. Malgré l'aide précieuse de Salem qui tentait de la maintenir immobile sur la table de la cuisine, elle était beaucoup trop agitée pour demeurer inerte une aussi longue période de temps. Je craignais de lui perforer l'abdomen par un faux mouvement alors que mes mains commençaient à trembler par la pression et la nervosité. Une sueur commençait à perler sur mon front, démontrant les efforts que je pouvais mettre dans cette besogne. Bientôt, mon avant-bras au complet vint s'appuyer contre son estomac afin de créer une surface le moindrement stable pour effectuer ma recherche. Mais elle bougeait sans cesse, se tortillait de douleur, hurlait bientôt sa souffrance. Mon coeur se démenait dans ma poitrine alors que j'avais la pression du temps qui m'affligeait soudainement. Elle ne pouvait pas être bien loin, cette foutue balle! Aussitôt que cette réflexion me traversa l'esprit, aussitôt je la sentis au bout de mes pinces. « Je l'ai! » m'écriais-je avec énervement. Plus concentrée que jamais, il me fallut plusieurs tentatives pour que les pinces parviennent à coincer la balle et la tirer hors du trou. Au moment où Joe lançait une plainte à glacer le sang, le corps étranger quitta son abdomen. D'un mouvement hâtif, je me débarrassai du tout et empoignai rapidement une serviette propre que je vins compresser contre la plaie ouverte. J'effectuai une forte pression sur celle-ci, espérant pouvoir ralentir l'hémorragie rapidement afin d'éviter une perte de sang mortelle.

Debout aux côtés de ce corps presque inconscient d'une jeune femme dont l'identité m'était toujours nébuleuse, j'observai la scène d'un oeil plus calme. Mes mains et mon bras gauche étaient entièrement recouverts de son sang... Ses vêtements déchirés étaient tout aussi souillés, tout comme ma table de bois et le plancher en-dessous. Mon regard se tournai vers le visage blafard de la blessée pour y apercevoir une douleur et une faiblesse déroutante. Je continuai mon observation et m'arrêtai sur Salem. Je le vis tout aussi mal en point, les traits tirés, et les yeux fatigués. Tout ça me semblait tout à coup complètement irréel. Dans quel monde despotique nous vivions? Cette scène n'avait rien de naturel, rien de sain... Le coeur soudainement gros, je me sentis faiblir devant mes réflexions et cette vision qui était digne d'un film d'horreur. Des points noirs commencent à danser devant mes yeux et un bourdonnement remplace mon ouïe habituellement si fine. Non, non, non, ce n'était pas le moment de se montrer vulnérable! Et pourtant, je n'avais aucun contrôle sur mon corps qui faiblissait. Une seconde passa et je dus rapidement tirer une chaise pour m'asseoir alors que mes jambes devenaient molles. Mes mains continuèrent tout de même leur compression contre la blessure, mais je fus contrainte de fermer les yeux un instant pour reprendre mes esprits. « Ça va... Juste un petit malaise, » que j'affirme avant que Salem ne remarque mon moment de vulnérabilité. Arf, moi qui me croyais si forte, si insensible... Notre nature humaine n'était pas conçue pour vivre autant d'épreuves. À peine quelques secondes plus tard, j'élève les paupières pour constater que les points noirs se sont estompés. Heureusement. Je prends une chance et observe le ventre sanguinolent de la brunette afin de constater l'hémorragie. La serviette qui me sert de compresse était presque totalement imbibée de sang. Toutefois, le flot semblait s'être calmé...

« L'hémorragie s'arrête peu à peu, » que je déclare à titre indicatif. Je n'osai pas encore retirer la compresse, histoire de mettre toutes nos chances de côté. Finalement, je n'étais pas certaine de vouloir savoir ce qui c'était passé ce soir... Valait mieux que je reste dans l'ignorance plutôt de vivre une seconde vague de malaise alors que je devais être celle en pleine santé. « Quelques minutes encore et ça devrait être moins pire... » Enfin, encore une fois, je faisais confiance à mon instinct et à mon expérience personnelle. Quoi que je ne m'étais jamais soignée une blessure par balle auparavant, alors j'improvisais. Tout du moins, une fois l'hémorragie stoppée, j'allais pouvoir mieux nettoyer la chair et coudre sa peau. Elle avait perdu beaucoup de sang, certes, ce qui pouvait expliquer ses délires et son agitation, mais nous pouvions tout de même avoir bon espoir sur son rétablissement. J'élèvai un regard rassurant sur le lycan et tentai d'apaiser ses inquiétudes. « Elle s'en sortira. Quelques jours de repos et elle ira mieux. » J'osais espérer avoir raison. Pour elle, pour lui. Mais pour moi aussi.  


THE END

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