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 Apothicairement vôtre [Younès]

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MessageSujet: Apothicairement vôtre [Younès]   Mar 3 Juin - 20:58

— Je suis en retard !

Lança joyeusement Helix en laissant tomber sa vieille besace sur le sol tout juste récuré (et elle n’y était pour rien) de leurs nouveaux locaux. On pouvait presque sentir une pointe de satisfaction, comme si elle savourait une sorte de victoire personnelle. C’était un peu le cas : elle était partie à l’heure, mais avait croisé en route un très joli plant d’orties, pour lequel elle s’était arrêtée un moment.

Accroupie au bord du trottoir fissuré, son vieux vélo paisiblement allongé à ses côtés, elle avait inspecté la plante sous toutes ses coutures, avec une infinie patience, avant de décider qu’elle serait parfaite pour un onguent. Ou une soupe.

Seulement, la cueillette des orties est une opération délicate. Elle commença par arracher les feuilles une à une, en prenant bien garde de les saisir par la face inférieure, et les entreposa avec amour dans l’une des poches du gros sac en tissu qui la suivait partout. Une fois cette première étape achevée, elle ôta sa veste, frissonnant dans l’air mordant de cette fin d’automne, et s’en servit de protection pour arracher d’un coup sec les tiges restantes.

À l’aide d’un petit couteau de poche, elle sectionna les racines et les fourra dans un autre compartiment de sa sacoche (le nombre de poches et recoins de l’accessoire semblait très fluctuant, on y perdait toujours des tas de choses qui ne réapparaissaient parfois que plusieurs mois après), puis disposa les tiges nues en forme de soleil sur le bitume, et repartit d’un coup de pédale alerte.

Brooklyn était encore loin. Il lui restait une bonne heure de route et deux ponts à traverser. Elle préférait passer par Ward Island et éviter ainsi Manhattan, beaucoup trop dangereuse, mais la zone était infestée de lycans, ce qui n’était pas beaucoup mieux, et les routes qu’elle empruntait étaient en très mauvaise condition. Route était d’ailleurs un bien grand mot, il fallait chercher l’asphalte entre les nids-de-poule — qui tenaient plus de glissements de terrain — et la végétation envahissante.

Pour ne rien arranger, l’engin d’Helix était un vieux clou rongé par la rouille dont les freins exprimaient à grands cris leur profonde lassitude pour l’existence. Mais tout de même, c’était bien mieux que de faire le trajet à pied. Helix fit encore trois haltes en chemin, une à l’entrée de chaque pont, pour s’assurer que la voie était libre et qu’aucun lycan n’en gardait l’accès (elle dut attendre plus de quinze minutes cachée dans un fourré avant de pouvoir emprunter le second) et la troisième parce qu’elle avait déraillé.

Autant dire qu’en arrivant à la clinique, elle n’était pas peu fière d’elle-même. Son heure de retard était bel et bien une réussite, dont ses mains poissées de l’huile noire de sa chaîne attestaient. Elle voleta jusqu’à Younès, un sourire radieux illuminant son visage, et fit un tour sur elle-même pour embrasser la pièce du regard, ravie.

Son collègue avait manifestement travaillé en son absence, les lieux étaient propres et bien ordonnés. C’était très agréable. En fait, il ne manquait plus qu’un peu de matériel… Et des patients, évidemment. Elle ne pouvait remédier qu’à la première lacune, ce qu’elle fit avec un enthousiasme palpable.

— Regarde, j’ai ramené des tas de choses !

récupérant sa besace en trois bonds légers, elle en souleva le rabat et exhiba fièrement son contenu au vampire. Outre les orties, plusieurs fioles et bocaux se blottissaient sagement les uns contre les autres dans la poche principale. Il y avait un peu de tout. Des végétaux très ordinaires, des plumes sombres, quelques touffes de poils et d’autres trucs indéterminés à l’apparence peu engageante.

Chaque récipient était soigneusement étiqueté. En grec. Ces ingrédients primordiaux serviraient à confectionner les potions qu’elle chérissait tant. Pour le moment, elle n’avait pris que des essentiels, les bocaux en verre étaient presque plus difficiles à trouver que leur contenu, et comme elle n’avait pas vraiment de toit, elle ne pouvait pas les transporter en grande quantité…

Mais maintenant, elle avait au moins un endroit où les entreposer, et ça, c’était vraiment fantastique. Avec la clinique, elle pourrait créer des philtres beaucoup plus élaborés, des remèdes qu’elle n’avait plus fabriqués depuis la mort de la vieille Eugénie. Rien que de penser à tout ce qu’elle pourrait faire… Relevant brusquement la tête, elle posa la question qui venait de la frapper.

— On a un four? Il nous faut un four! Et de quoi faire cuire des trucs… Ou au moins un endroit pour faire du feu. Oh oui je sais, dans la petite cour à l’arrière!

Tout cela était terriblement exaltant et lui donnait presque envie de danser. Elle vint se coller contre le bras de Younès autour duquel elle enroula les siens et posa brièvement sa joue, avant de se redresser vivement, en proie à une inquiétude aussi intense que soudaine.

— Tu crois qu’on aura des patients? Et si on n’en a pas? Et si ils ne nous trouvent pas? Oh, ce serait terrible… Un nouveau sourire vint chasser le vilain froncement de sourcils qui obscurcissait son regard. Non, je suis sûre qu’ils nous trouveront. Même par hasard. C’est toujours par hasard que les meilleures choses se produisent, tu ne penses pas ?

Personne n’arriverait à entamer l’optimisme débordant d’Helix, et sûrement pas elle-même.


Dernière édition par Helix Megaira le Ven 1 Aoû - 2:27, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Apothicairement vôtre [Younès]   Jeu 5 Juin - 14:44

La célérité vampirique est une véritable bénédiction, surtout lorsqu'il nous incombe la  lourde charge de rendre figure humaine à un bâtiment pratiquement insalubre. Mes mouvements sont si rapides qu'ils en deviennent imperceptibles pour un œil mortel alors que je me déplace, un torchon dans une main, une brosse en chiendent dans l'autre. Mon nouvel antre se situe sur une chaussée facilement accessible, il bénéficie de plusieurs étages et les pièces sont larges avec de hauts plafonds. Je pense que dans les temps passés, il devait s'agir d'une demeure bourgeoise fort luxueuse. On distingue encore les tapisseries au mur, derrière la couche de crasse et de moisissure. Et contre les plafonds fissurés, l'on distingue les décorations somptueuses aux détails délicats qui devaient entourer de lourds lustres de cristal. Cette maison devait posséder beaucoup de caractère autrefois mais ce qu'il en reste ne possède plus qu'un charme pathétique, un souvenir cruel du contraste entre passé et présent.

J'ai ouvert toutes les fenêtres, desquelles s'échappent de longs voiles gris et déchirés. La froideur venue de l'extérieur ne m'atteint pas et je ne suis revêtu que d'un simple jean sur un t-shirt Pink Floyd. Il ne neige pas en ce moment et seul le vent glacé vient purifier l'atmosphère confinée de la vielle bâtisse. L'odeur de moisi était telle que j'ai craint un moment que la mérule n'ai corrompu nos boiseries mais fort heureusement, après vérification j'ai pu constater que nous avons échappé à cette lèpre. Le loyer est acceptable pour un bâtiment de cette taille et si j'étais prêt à accepter certains inconvénients, des malades n'auraient tout de même pas pu être installés dans un bâtiment malsain ! Ainsi donc, en se contentant de nettoyer et d'aérer, ainsi bien-sûr que de repeindre l'ensemble, notre location pourra bien vite devenir une clinique accueillante et chaleureuse.

Bondissant d'un coin à l'autre de la grande pièce d’accueil, un escabeau à roulette me permet d'atteindre les hauteurs et de nettoyer la pièce de haut en bas. Les lieux sentent bon le citron de mon  détergent ! Perché sur le dernier échelon de mon échelle, je suis occupé à détacher les vieux rideaux des fenêtres lorsqu'une présence se manifeste à mon attention. En retard ? Empêtré dans le rideau comme d'une toge romaine, je saute en bas de l'escabeau pour contempler l'intruse. Ma toge a beau être crasseuse, je me tiens droit et fier face à elle, comme César face à Brutus, le renégat. Mon regard tombe sur le sac qu'elle abandonne sur le sol dans une moue suspicieuse de ma part avant de revenir se poser sur la face de l'Ingrate. Que croit-elle ? Que je vais balayer sa faute d'un petit geste de la main, comme si ce n'était rien ? J'attends des excuses qui ne viennent pas et j'observe en silence sa démonstration, la regardant exhiber ses produits de sorcière dans un mélange de dépit et de méfiance. Ma vue perçante ne manque pas de reconnaître les lettrines grecques affichées sur les récipients, alphabet dont j'ai vague connaissance, ne l'ayant plus usité depuis de nombreuses années. Mais je pourrais m'y remettre très vite, qu'elle ne croit pas me duper !

Un long soupir roule dans ma gorge quand elle commence son petit monologue, passant du coq à l'âne comme il semble qu'elle en ait l'habitude. La voilà qui se colle contre moi et son attitude chaleureuse me déconcerte, malgré mes résolutions. Oh oui je vais lui tirer la gueule, c'est mon projet assumé depuis plus d'une heure ! Cette heure où je l'ai attendue, vérifiant régulièrement la montre à gousset que je cache dans ma poche arrière. Cette heure où je travaillais pendant qu'elle jouait à cueillir ses foutues herbacées ! Elle se dérobe vivement et j'en reste déconfit, me battant avec ma toge poussiéreuse pour m'en défaire et la plier nerveusement. Et la sorcière parle encore, plus bavarde qu'une pie et totalement inconsciente de son manque de professionnalisme. Je me retourne vers elle vivement, mes mains sur les hanches, mes épais sourcils froncés, mes yeux d'un vert lumineux se braquant sur son visage poupin.


« Bon. Est ce que tu es consciente qu'il s'agit d'un véritable job avec des contraintes et des obligations ? L'une d'elles étant d'arriver à l'heure ! Bon sang, Helix mais si tu commence comme ça, comment veux-tu qu'on puisse faire quoique ce soit ? Il va falloir que tu sois plus sérieuse à l'avenir. D'ailleurs, je pense à installer un truc... un... un chose là, pour que les employés puissent pointer quand ils arrivent. Autant te dire que tes heures de retard seront retirées de ton salaire ! »

Non mais. Comment ça s'appelle ce truc là déjà ? Mince, j'ai vu ça dans un film un jour, les employés devaient rentrer leur carte à leur arrivée et à leur départ, c'était cool. Faudra que je me renseigne mais bref. Je lance encore un coup d’œil dédaigneux à sa besace dégoûtante avant de me résoudre à la ramasser. Ça fait tache là, c'est pas possible quand même.

« Nan mais il va falloir t'acheter un vrai sac hein. T'as vu celui là ? Il est tout pourri enfin, il te faut un truc plus classe et plus propre surtout. En plus tout est mélangé, mais comment tu fais pour t'y retrouver dans ce fouillis ? Bon allez viens, j'ai un truc à te montrer. Et... oublie tes histoires de feu, compris ? J'ai pas envie que tu crée un incendie, manquerait plus que ça tiens. »

Derrière mon agacement se cache l'enthousiasme de ce que j'ai à lui montrer. Je me mords la lèvre pour l’étouffer un peu (ça lui ferait trop plaisir), emportant son sac pour me diriger vers le couloir et une autre pièce. Un vague coup d’œil derrière moi pour vérifier qu'elle me suit et je m'engage vers l'arrière de la maison avant d'ouvrir une porte qui grince un peu sur ses gonds. La pièce que je dévoile est toute aussi propre que le reste, bien que le papier peint soit vieux et terne. Une large verrière donne vue sur la cour et le petit jardin envahi par la végétation. Je pose le sac sur la table bancale qui se trouve au centre de la pièce et un sourire se pose malgré moi sur mes lèvres.

« Voilà ton futur bureau ! Faudra meubler bien-sûr mais on pourra bientôt installer un four, y'a une cheminée ici... Par contre, je te répète, je refuse que tu fasse des feu sauvages ici, okay ? »

C'est pas que j'ai pas confiance mais... non j'ai pas confiance. Et les vampires détestent les feux, c'est bien connu. Je finis par hausser les épaules.

« On aura des patients très vite, bien-sûr. J'ai déjà commencé à faire de la pub discrète... En espérant que le hasard ne les poussera pas à venir en journée, pendant que je dors et que toi t'es en retard, hum! »

Je me compose un regard juge. Oh j'le fais bien. Tu te souviens ?


~Flash Back~


Les lycans qui rôdent dans le Bronx sont les pires de tous, ils ne possèdent aucune faculté de raisonnement. Aucun discernement, réflexion, remise en question. Rien. Ils se groupent en meute pour se sentir plus fort, ils se rassurent en grognant de concert, en hurlant de la même voix. Tous unis, tous ensemble contre l'ennemi commun. Car on leur a donné un ordre, on leur a enseigné à obéir à leur maître sans réfléchir, à faire office de juge et bourreau. Et plus ils sont nombreux à agir pareillement, plus ils se persuadent du bien fondé de leur démarche et de leurs initiatives, aussi injustes soient-elles. Ce soir, j'en fais les frais.

Si d'ordinaire, je me sens protégé quand je sors, à l'intérieur de ma voiture, ce n'est pas le cas ce soir. Quelle idée j'ai eue de vouloir aller rendre visite à une copine, j'aurais mieux fait de lui dire que j'avais la grippe ou que je devais aller à mon club d'échecs. Nadia vit dans le Bronx et c'est la zone mais au volant de ma mustang, je ne crains rien. Pourtant, il a fallu que je tombe en panne en plein milieu d'un quartier glauque et si je connais le moteur de ma chérie sur le bout des ongles, le stress de l'ambiance ruine une bonne part de ma dextérité. Ma voiture a plus de vingt ans, c'est une vieille dame et je la touche avec délicatesse, lui parlant à mi voix, tout en jetant des coups d’œil prudent par dessus le capot. Ils sont là, je les entends et la trouille m'envahit. Cette odeur, il n'y a rien de pire pour les exciter.

Quand ils ont fondu sur moi, ils ne m'ont pas parlé, ils se sont contenté de cris gutturaux et de grondements sauvages. Pourquoi ? Pourquoi ? Inutile question. Mes vêtements sont lacérés, mon corps projeté contre le bitume et des crocs me déchirent la peau. Mes bras, mes jambes ne sont qu'une plaie sanglante. La peur me paralyse, je n'arrive pas à me défendre. C'est nul. C'est la réalité. Est ce qu'ils savent qui je suis ? Peut-être. Ou pas. J'ai senti une mâchoire se refermer contre ma gorge et j'ai pensé qu'elle était si puissante, faite d'acier, qu'elle pourrait tout aussi bien détacher ma tête du reste de mon corps. Mais non. Ils m'ont laissé sur le sol, égorgé, à moitié mort. Du moins, je l'aurais été pour de bon si j'avais été humain. J'ai arrêté de bouger, mes yeux ont fixé le ciel au dessus de moi. Les étoiles sont difficilement visibles au dessus du voile de pollution et des lumières artificielles. Mais elles sont bien là, je les devine plus que je ne les vois.

Le sang crée une marre autour de mon corps et le silence se fait. Ils sont partis, je n'ose plus bouger. J'attends de pouvoir me régénérer mais ça mettra un peu de temps au vu de la profondeur des blessures. Pourtant des pas se font à nouveau entendre et mes muscles se crispent, je me redresse et je rampe vivement pour aller me cacher sous ma voiture, espérant échapper à ce prédateur inconnu qui s'envient. Les traces de sang que je laisse derrière moi me trahissent, damned ! Cette fois, il faudra que je me reprenne, que je réussisse à me défendre, peut-être que je pourrais désintégrer les vêtements de cet agresseur ? Une fois nu, la honte le poussera à fuir et se cacher loin d'ici. A moins qu'il ne s'agisse d'un exhibitionniste et dans ce cas là je serai foutu.


« Foutez le camps, j'ai une arme ! »

Même pas vrai.
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MessageSujet: Re: Apothicairement vôtre [Younès]   Mar 5 Aoû - 17:05

Avant

Le Bronx, c’est grand. On imagine toujours le cœur de la zone, ses rues crasseuses bourdonnant nuit et jour d’une agitation frénétique, ses bâtiments ocre rouge délabrés, les carcasses de voitures reconverties en petits taudis, les grosses souffleries vomissant continuellement leur haleine pestilentielle, le bidonville tentaculaire de logements improvisés et de commerces illégaux, la faune bigarée à l’éthique et aux mœurs discutables...

Mais le quartier, qui forme dorénavant à lui seul une petite ville — celle des perdus et des résidus de société —, s’étend bien au delà, dans une misère à peine égayée par l’invasion agressive de la végétation. Helix connaît bien cette périphérie un peu floue, où la brique effritée côtoie le lierre et le ciment. C’est le repaire des vieux.

Déjà enterrés au pied de l’échelle sociale des laissés pour compte, relégués aux frontières des zones urbaines car incapables de survivre dans la jungle centrale, les croulants se regroupent en petites communautés claudiquantes. La vie ne compte plus leur accorder grand chose, mais elle n’est pas encore décidée à les laisser prendre congé. Alors ils s’accrochent, comme des pissenlits coriaces, et serrent leurs coudes osseux, déversant sur quiconque pénètrera leur territoire une pluie d’imprécations désuètes et le contenu de quelques chevrotines artisanales.

Cependant, Helix n’est pas quiconque. Le gang des croûtons du Bronx constitue sa principale clientèle. Des onguents contre les rhumatismes et l’arthrite aux décoctions pour soulager les reins ou adoucir la toux, ils crochètent tout de leurs doigts noueux, déposant en retour dans les paumes juvéniles d’Helix quelques billets froissés ou un panier de tubercules rabougris, péniblement cultivés sur un lopin de sable presque stérile.

C’était cette dernière rémunération que la jeune fille transportait dans sa besace pleine à craquer, avec la ferme intention de les faire bouillir pour son repas du soir, qu’elle partagerait peut-être avec Dee-Dee, si elle la trouvait et qu’elle n’était pas trop camée. Il faisait déjà nuit depuis plus d’une heure, signe que l’automne était bel et bien arrivé. Mais cela ne ternissait absolument pas l’enthousiasme d’Helix, qui était tout à fait satisfaite de sa transaction et retournait d’un pied léger dans les entrailles de la cité.

Elle avançait encore en lisière du quartier lorsque son instinct, ou le troisième œil — appelez cela comme vous le désirez mais reconnaissez qu’il s’agit d’un trait racial —, alerta son esprit plongé dans d’autres contrées profondes. C’était peut-être cette odeur diffuse aux accents cuivrés, ou l’autre, plus imprécise encore, aux relents musqués. Helix connaissait ces deux fragrances, mais son cerveau ne parvenait pas à transmettre l’analyse qu’il en avait faite jusqu’à la conscience. Tout ce qu’elle éprouvait, c’était un vague sentiment de danger, comme une ombre sur sa gaieté.

Elle ralentit le pas, l’œil attentif aux moindres bruits. Toute la ville représentait un danger permanent pour une créature chétive comme Helix, mais les zones de non-droit aux confins des divers secteurs grouillaient souvent de loups, solitaires ou en petites meutes, aux allégeances imprévisibles. La jeune femme avait noué des liens commerciaux avec certains d’entre eux, mais tous les autres étaient généralement à classer dans la catégorie « à éviter ». Par mesure de précaution, elle marmonna quelques mots et concentra son affinité élémentaire pour lever une légère brise autour d’elle, laquelle serait ensuite aisément manipulable à des fins défensives.

À quelques dizaines de mètres de là, en travers de son chemin habituel, était échouée une vieille voiture ayant visiblement connu des jours meilleurs. Le capot de l’engin est ouvert. Il n’était pas là quelques heures plus tôt, lorsque Helix avait emprunté cette route en sens inverse. Plongeant prudemment une main dans sa besace, elle empoigna résolument un tubercule violacé. Ce n’était pas très élégant, mais en le propulsant au moyen d’un souffle d’air très compressé, elle pouvait le transformer en projectile efficace. Cette opération exigeait une grande concentration, et elle était incapable de la répéter deux fois d'affilée, mais la technique avait déjà été éprouvée comme diversion, lui permettant ainsi de prendre la fuite.

Approchant toujours, elle pouvait maintenant distinguer une forme sombre avachie sur le sol poussiéreux. L’idée qu’il puisse s’agir d’une embuscade ne lui traversa pas même l’esprit. Lorsque la silhouette se replia tout à coup sous la vieille automobile, elle sursauta et s’immobilisa une seconde, les doigts fermement repliés sur la peau terreuse de son arme. Dans le silence de western qui planait maintenant sur la scène, un avertissement s’échappa des tréfonds du tas de ferraille. C’était inquiétant, mais pas suffisamment pour décourager la sorcière, qui rétorqua sur le même ton.

— Eh ben… Moi aussi !

Elle s’avança bravement, s’arrêtant seulement pour constater que la large tache humide sur laquelle elle venait de marcher n’était pas de l’huile de moteur, mais bien du sang. Franchissant finalement le dernier mètre, elle s’accroupit près de la portière arrière et se pencha pour poser la tête à l’envers sur l’asphalte craquelée. On ne pouvait pas distinguer grand chose là dessous, mais elle essayait quand même.

— Vous êtes blessé ?

Ça puait la mort par là-bas, un mélange de sang coagulé et d’essence.

— Vous devriez pas rester ici, c’est sale, ça va s’infecter.

Jugeant sa position assez inconfortable — le sang commençait à lui monter à la tête — et estimant sur des critères très contestables qu’elle ne courait aucun danger, l’imprudente s’allongea complètement, à plat ventre, la joue appuyée contre les gravillons. Elle n’y voyait pas beaucoup mieux.

— Sortez de là, je peux vous aider, je connais des… euh, des trucs.

Sa voix était douce, à la fois apaisante et encourageante, comme si elle tentait d’attirer un chat errant en lui présentant de la nourriture. Qui, dans le cas de notre protagoniste, se résumait à un vilain rutabaga. On avait vu plus appétissant.



Maintenant


L’esprit d’Helix bondissait du doute à l’exaltation la plus pure, les idées et les désirs s’enchevêtrant dans un tourbillon chaotique. Une flopée de projets — réalisables ou parfaitement fantaisistes — naissaient, se développaient et s’évanouissaient en accéléré dans sa tête, au point d’en avoir presque le tournis. Elle remarqua à peine l’accoutrement poussiéreux de son nouveau collègue, mais ses remontrances ne lui échappèrent pas, en particulier certains détails d’importance. Elle éclata d’un rire joyeux, mais se reprit bien vite et fronça les sourcils, imitant l’air renfrogné de Younès ainsi que sa pose guindée.

— Ha! Tu peux pas faire ça, parce que t’es pas mon chef, on est as-so-ciés. Mais si tu veux revoir mon statut je peux toujours en parler à mes avocats.

Les lèvres pincées, l’air hautain, elle le fixa d’un œil acéré jusqu’à ce qu’elle devienne incapable de tenir son rôle plus longtemps, soit environ quinze secondes plus tard. Son hilarité retrouvée se mua bien vite en protestations outrées en réponse aux commentaires désobligeants concernant sa précieuse besace. Les consignes anti-incendie lui passèrent totalement au dessus de la tête tandis qu’elle trottinait derrière le vampire pour tenter de récupérer son bien dérobé et injustement calomnié.

C’était un très bon sac, il lui avait toujours été fidèle et transportait docilement toutes sortes d’objets aux formes et matériaux variés sans jamais craquer. Certes, il était parfois facétieux lorsqu’il décidait de cacher de petits éléments entre ses replis, mais dans l’ensemble, elle n’avait jamais eu à s’en plaindre. Toutefois, elle oublia instantanément tous ces détails en découvrant l’endroit dans lequel il venait de l’entraîner.

Les yeux écarquillés, la mâchoire presque décrochée, elle s’était statufiée sur le seuil de la pièce, peinant à croire ce que son compagnon venait de lui déclarer. Son bureau ? Son bureau rien qu’à elle ? Des myriades de nouvelles possibilités s’ouvraient à elle, bien trop nombreuses pour pouvoir toutes les appréhender. Là, elle pourrait mettre des plantes en pot, et même sortir derrière dans la cour pour faire pousser des herbes, et puis si elle arrivait à récupérer une grosse marmite, elle pourrait faire mijoter des choses dans la cheminée, une marmite ou même un petit chaudron, ce serait encore mieux, en fonte, là ce serait parfait, il faudrait voir avec le vieux Ladislav, peut-être qu’en faisant fondre de vieilles poêles, et en échange d’un gros paquet d’herbes médicinales, enfin, dans le milieu on appelait plutôt ça de la weed, mais il en était friand et ça apaisait ses douleurs articulaires, alors on n’allait pas commencer à jouer sur les mots… D’autant qu’avec un simple charme, elle pouvait en doubler les effets, il le savait parfaitement. Et contre le mur, elle pourrait construire des étagères pour entreposer ses boîtes et ses bocaux, sur la table elle ferait ses préparations, et peut-être même qu’elle pourrait enfin commencer un livre de recettes, parce qu’elle était toujours obligée d’improviser ou de tout mémoriser, et que ce serait quand même bien de noter précisément ses découvertes lorsqu’elle réussissait le mélange parfait.

Son pauvre cerveau commençait à saturer, et sa joie était si intense qu’elle ne savait plus comment l’exprimer. Ses membres ne parvenaient pas à se décider entre trépigner sur place, danser, courir, ou sauter au cou de son collègue. Cette dernière option s’avérait délicate, puisque le cou de l’infortuné était manifestement hors d’atteinte.

Ne reculant aucunement devant cet obstacle logistique, elle bondit sur lui et entoura rapidement son corps de ses bras. Ce type était vraiment efflanqué, elle pouvait presque en faire le tour, si elle serrait un peu. En revanche, sa tête atteignait difficilement le haut de son torse. Mais ces insignifiantes considérations ne l’effleurèrent qu’une fraction de seconde, avant qu’elle se détache pour se ruer vers la grande table centrale, des étoiles plein les yeux, retrouvant enfin son verbiage coutumier.

— Oh c’est tellement parfait, et même encore mieux que ça ! Merci merci merci, j’arrive pas à croire que c’est vraiment mon bureau… Non, mon atelier ! Oh, toutes les possibilités… Nos patients seront les mieux traités de toute la ville.

Saisissant son sac avec amour pour le presser contre elle, Helix se retourna vivement, avant de s’atteler aussitôt à aligner ses bocaux sur le bois poncé et à former un petit monticule de sa trouvaille horticole.

— Je me ferai pardonner pour mon retard, je serai la meilleure associée qu’on puisse imaginer !

Si vous commenciez à cerner un peu le personnage, vous vous douteriez que ce genre de promesses seraient vite oubliées, recouvertes sous d’autres préoccupations plus immédiates. Mais à l’instant où elle les prononçait, la sorcière était d’une sincérité absolue, convaincue qu’elle ferait preuve dorénavant d’une assiduité exemplaire.

— Moi aussi j’ai déjà plusieurs patients, mais je ne sais pas si ils pourront se déplacer… Peut-être que je pourrais continuer à faire des livraisons ? C’est sur mon chemin de toute façon. Et j’espère que notre premier patient arrivera demain matin, je m’en occuperai toute seule et tu verras bien de quoi je suis capable, espèce de vieille chauve-souris ronchon !

Sourcils froncés et moue faussement boudeuse, elle le toisait d’un regard impertinent, un sourire cherchant déjà à se frayer un chemin sur ses lèvres.
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MessageSujet: Re: Apothicairement vôtre [Younès]   Ven 12 Sep - 13:41

Sous la voiture, le bitume était froid, tellement froid... J'avais la sensation étrange et impossible que mes propres os gelaient et risquaient probablement de se briser au moindre choc. La douleur qui m'envahissait était féroce, j'avais sans doute déjà perdu plusieurs hectolitres de sang à en juger par mon état de faiblesse. La voix qui s'élevait à quelques mètres était frêle. Au juger, elle ne pouvait appartenir qu'à une femelle, plutôt jeune, mais cela n'allait pas pour me rassurer malgré tout. Elle était armée elle aussi, disait-elle, et je me représentais déjà Dora l'exploratrice armée d'un bazooka, ce qui n'aurait guère été surprenant comme rencontre, vu le quartier. Quoiqu'il en fût, je n'en menais pas large, ignorant totalement la race et le genre de créature qui venait désormais m'affronter, tout était possible !

Je me recroquevillais sur le flanc, les yeux agrandis par l'angoisse, l'obscurité n'étant pas un frein pour ma vue de vampire, j’aperçus une ombre se rapprocher et un visage à l'envers se profiler. Elle me parlait et le ton de sa voix ne recelait étrangement aucune trace d'agressivité, bien au contraire, elle me prodiguait des conseils avec une bienveillance surprenante. Non pas que ma perception de l'humanité soit aussi désastreuse que pour m'étonner de sa compassion. Mais à Brooklyn, on s'attend rarement à tomber sur de bonnes personnes et en règle générale, le chacun pour soi est de mise. Ne sachant que répondre, je choisis le silence comme rempart, espérant sans doute qu'elle se lasse et s'en aille vaquer à ses occupations, de préférence loin d'ici. Je ne voulais pas me montrer particulièrement méfiant mais en cet instant je préférais juste me faire oublier sans prendre de risques inutiles. Toutefois, il semblait que l'inconnue soit aussi têtue qu'une bourrique. Je me raidis, mes yeux d'un vert lumineux brillant dans l'obscurité, étudiant ce visage qui s'annonçait à moi. Ne pouvant cacher l'expression apeurée de mon visage, je fis la moue, répondant d'un ton faible, à moitié convaincu.


« Pas des trucs de sorcière hein... Okay, je... je viens. »

Surtout pas des trucs de sorcière, je les haïssais, n'avais-je pas toutes les raisons de le faire ? Toutefois, je n'allais pas pousser le ridicule à continuer à me cacher devant ses propositions bienveillantes. Je n'étais pas à l'aise, certes, me montrer à découvert dans l'état de faiblesse dans lequel je me trouvais n'était vraiment pas confortable. Cependant je n'avais jamais été du genre à refuser les mains tendues, d'autant plus que je reconnaissais avoir grand besoin d'âme charitable en cet instant, me sentant plus terrifié que jamais. Aussi je me décidais à ramper, grimaçant sous mes douleurs, jusqu'à m'avancer avec précaution jusqu'à la silhouette devant moi. Une fois face à elle, je la regardais avec plus d'attention, remarquant son visage poupin de porcelaine et ses traits délicats. Une jolie fille que voilà qui respirait l'humanité, son odeur chaude et vivante embaumant l'air. J'avais renoncé à la consommation du sang humain depuis longtemps, et même dans l'état de difficulté où je me trouvais en l'instant, je résistais parfaitement à la tentation. Quoiqu'il en fût, je n'en notais pas moins les fragrances délicieuses qui s'échappaient d'elle.

« Vous êtes seule... ? »

Pathétique question pour m'assurer que tout danger était écarté. Cela dit, je la voyais mal aux commandes d'une meute de loups, aussi je me résolus à sortir totalement de sous la voiture dans un soupir. Mes vêtements étaient totalement souillés et poisseux de mon propre sang, sans parler de la boue et des reliquats d'essence. Les moindres de mes gestes trahissaient mon angoisse, alors que je vérifiais les alentours dans un coup d’œil fébrile, les muscles raides et tous mes sens sur le qui vive. L'endroit semblait désert, la nuit nous recouvrait de son manteau de noirceur à peine tempéré par deux lampadaires solitaires, d'un coté et de l'autre de la rue. L'impression dangereuse et effrayante de cette ambiance n'allait pas pour me rassurer et lorsque je tentais de m'asseoir, m'adossant contre ma voiture, je n'en menais toujours pas large. Passant une main tremblante contre mon front et ma chevelure hirsute, j'écartais ce sang qui me coulait dans les yeux, posant enfin mon regard sur l'inconnue.


« J'suis pas blessé, non. Euh... c'est pas mon sang. »

Je grimaçais. Mon trouble actuel ne m'aidait pas à être convainquant, ni dans le ton de ma voix ni dans mes paroles. Il semblait impossible de nier l'évidence, vu mon état, je ne voyais donc pas comment réussir à sauver ma couverture, comme je le faisais si bien depuis toujours. Cependant, comment cacher mon statut de vampire si jamais elle tentait de me soigner ? Je préférais essayer de lui faire croire que j'étais indemne si c'était possible, mieux valait qu'elle évite de me toucher ou de vérifier mes blessures...

***

Oh bien-sûr, je note l'impertinence incroyable dont la gamine fait preuve à mon égard, sans aucun respect pour mon statut de chef de clinique. Un simple grognement outré de ma part fait réponse à sa prétendue menace d'en venir aux tribunaux. Comme si ! Il y a fort longtemps, j'avais prétendu être avocat, allant jusqu'à me faire engager dans un bureau très connu en Angleterre, me frayant avec la clique du haut tribunal de Londres. A ce moment là, la vie était paisible, les vampires n'avaient pas encore été révélés au reste du monde et les temps étaient agréables. J'étais riche ! Mais plus que des gains financiers, j'en ai aussi gagné pas mal d'expérience dans le milieu. Je toise donc Helix avec assurance, me remémorant ces doux souvenirs.

« Okay, tu dis ça parce que tu sais très bien qu'on a signé aucun contrat entre nous et que tout s'est fait à la bonne franquette. Et que les avocats sont une espèce en voie de disparition. »

Tout comme la loi et l'ordre. Mais laissant ces pensées nostalgiques de coté, je m'empresse donc de lui présenter son nouveau bureau, impatient de contempler sa réaction. Et celle-ci ne me déçoit pas ! Analysant l'expression de son visage, un sourire réjoui se dessine nettement sur mes lèvres mais je n'ai nulle occasion de prononcer quoique ce soit. Je n'ai pas le temps de réagir que je la reçois dans mes bras et je ne peux m'empêcher de rire sous cette impulsion si mignonne et chaleureuse. Le coté agréable de cette étreinte frôle mes pensées mais déjà elle s'échappe comme un vrai petit feu follet, bondissant au travers de la pièce. Sa joie fait plaisir à voir et mon sourire reste accroché à mon visage, une sensation délicieuse de légèreté m'envahissant. J'aurais bien envie de sautiller moi aussi, il faut bien le dire, on est tellement bien installés ! Et ce projet m'enthousiasme à fond les ballons !

« Mais grave ! T'as vu! Franchement, ce sera géant, on va faire un de ces trucs tellement génial ! »

J'en oublie totalement mon envie de lui passer un savon pour son maudit retard, allant joyeusement ouvrir en grand la porte vitrée qui mène au jardin, la manipulant avec précaution au vu de la fragilité de ses gonds. Une odeur agréable et fraîche pénètre aussitôt dans la véranda, celle de la nuit, de la terre humide où se pose le voile blanchâtre de la gelée nocturne, des plantes sauvages qui ont envahis les lieux par manque d'entretien depuis des années. Me tournant vers elle, je l'aperçois en train de ranger déjà ses affaires et une lueur attendrie s'allume dans mon regard. Elle me fait rire avec son vieux sac crado et puis tous ces drôles de trucs moisis qu'elle dispose avec tant de précaution comme si ça valait de l'or. En ce moment, je me sens tellement optimiste que je suis prêt à gober toutes ses promesses, ma méfiance pour son manque de rigueur jetée aux orties ! Je m'avançais donc vers elle d'une démarche légère, m'envolant presque pour la rejoindre et observer ces infâmes tubercules pourris qu'elle semblait contempler avec tendresse. Levant les yeux aux ciel à ses paroles, je secoue la tête dans une légère moue.

« C'est ça oui ! N'empêche que la chauve-souris te surveille, crois pas pouvoir flemmarder pendant la journée, je dors jamais que d'un œil. »

Ce n'est pas faux, j'ai le sommeil très léger et le moindre bruit m'éveille, même en pleine journée. Cela dit, j'aurais un peu de mal à la surveiller en vérité, puisque l'endroit où je me suis installé se situe dans les caves, bien à l'abri de toute intrusion. J'hausse les épaules devant son impertinence, poursuivant d'un ton badin.

« Tu voudrais faire des livraisons de quoi, sans indiscrétion ? Nan parce que si c'est une purée de ce truc là, j'sais pas. Tu fabrique des purges en fait ? C'est un peu dégueu mais j'imagine que c'est utile... hmm... Bon ! Passons aux choses sérieuses. »

Je me frotte les mains, impatient de poursuivre, mon enthousiasme faisant briller mes yeux d'un nouvel éclat.

« J'ai besoin de toi pour tester certains trucs. Bon. En fait, les pièces du bas serviront pour les consultations, les opérations et tes préparations de potions. Et les étages seront réservés aux chambres des patients qui devront rester plus longtemps. Mais du coup, pour ceux qui seront trop faibles pour gravir les escaliers, j'ai pensé à un système... »

Je dodeline de la tête légèrement tout en poursuivant, d'un ton docte.

« Il faut savoir que l'installation d'un ascenseur coûte les yeux de la tête. Donc j'en ai fabriqué un moi-même, avec des poulies. Le truc c'est qu'on devrait faire semblant que c'est automatisé, alors qu'en réalité c'est moi qui vais hisser le tout... tu comprends ? Donc il faudrait que tu t'installe sur le bazar, histoire que je voie si ça tient le coup. Je voudrais pas que nos patients se cassent la gueule hein ! »

Okay, je voudrais pas non plus la faire tomber, elle. M'enfin, comme on dit, on ne fait pas d'omelette sans casser d’œufs.
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Apothicairement vôtre [Younès]
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