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 La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]

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MessageSujet: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Sam 23 Aoû - 19:21

« Attends … Tu peux répéter ? » - « Le Cirque … » - « Tu veux pouvoir entrer au Cirque ? Tu veux dire … LE CIRQUE ? » - « De ce que j’ai compris, y’en a qu’un en ville … Alors oui, celui-là. Y’a un problème ? » - « Disons que là tu vas me devoir une sacré faveur, t’acheter un véritable costume pour renter, et que si t’as vraiment plus rien à perdre pour en arriver là … Tu peux me filer ta liste de contacts aussi ? » - « Va crever. C’est faisable  alors ? » - « Ouais, pointe toi ce soir, sur ton trente-et-un, j’te file ça. Pseudonyme habituel ? » - « Ouais, merci. Allez, à ce soir ! » - « Malade … »

Lucern ne releva pas, mais esquissa toutefois un sourire, amusé. Il ne comprenait pas pourquoi tout le monde était tant flippé à l’idée du mot que lui prononçait d’un ton légèrement sarcastique. Le Cirque … Quelle idée d’appeler un bar comme ça ? Enfin, lui-même ne connaissait la définition commune que grâce à quelques bouquins et des images représentant un foutoir dans une piste ronde, et plein d’abrutis autour pour regarder. C’était un de ses morts qui lui en avait parlé, mais il n’avait pas pu avoir de détails avant que la minute ne soit écoulée. Il aurait bien laissé quelqu’un mourir aux alentours à la place du type, mais pas à l’hôpital. Il avait fait la bourde une fois et s’était promis de ne pas recommencer, trop de risque d’avoir des pertes utiles. Encore, un pauvre type sur son lit de mort, il perdait quoi … Quelques semaines à tout casser. Alors qu’un jeune médecin prometteur qui claquait d’une mort conne, ça le faisait vraiment moins. Il fallait croire que la Mort avait un sens particulier de l’humour, qui ne plaisait pas forcément à tout le monde !

Se doutant qu’il y aurait sûrement une sacré fouille à l’entrée, il se résigna à l’idée de planquer un petit arsenal sur lui, ou même quelques lames de lancer. Au pire, il savait courir assez vite, frappait fort et avait de bonne notions d’autodéfense. Une fois habillé d’un costume simple, sobre et classe, soit pantalon et veste noires, en plus d’une chemise blanche et des derbies en cuir, il jeta un dernier regard à son appartement avant de quitter les lieux. Toujours prendre les rues les plus éclairées et fréquentées, mettre des écouteurs avec un fond de musique pour ne pas être emmerdé par des passants, et tracer, vite. Il avait depuis longtemps appris à se déplacer dans New York la nuit et n’avait jamais dérogé à ces règles. Jusqu’ici, tout allait bien. Une fois arrivé au point de rendez-vous, il tendit une petite pochette à son contact qui lui rendit une carte. « T’es sûr que tu ne veux pas renoncer ? J’veux dire, on se connait pas beaucoup, mais tu bosses bien, tu fais chier personne et t’es plutôt sympa … » Il n’avait pas encore essayé de l’entuber ou le tuer, voilà tout « Ca ira, après tout c’est pas comme si c’était un repaire de monstres prêts à me bouffer ! » Avec le silence et le regard terrifié de l’autre, Luc se demanda un instant s’il n’avait pas fait une mauvaise blague ou touché un point sensible. Enfin, tant qu’il avait son pass, c’était l’important !

Bien motivé à l’idée de vérifier ce que son macchabé lui avait révélé, il continua de marcher, un éternel sourire aux lèvres. Il paraissait qu’il y avait là bas la crème de la crème qui s’y ramenait pour faire la fête, et que l’échange d’informations y était monnaie courante. S’il pouvait au moins y repérer quelques visages, et pourquoi pas épier des discussions ou même en faire partie intégrante, ce serait parfait ! Au bout de quelques dizaines de minutes, il arriva à l’adresse indiquée par son contact et n’en cru pas ses yeux. Sérieux, c’était ça leur club ? La première remarque mentale fut de se demander comment les proprios avaient pu acheter un truc pareil et en faire une boîte sélect, la seconde fut qu’il y avait pas mal de monde à l’entrée, et que la sécurité semblait effectivement drastique. Faisant la queue, plusieurs lui jetèrent des regards assez étranges, mais le jeune homme se contenta de tracer sa route, évitant de les fixer dans les yeux. C’était … Etrange, vraiment. Une fois arrivé à la sécurité, il présenta sa carte. « Andy ? » Luc acquiesça et passa rapidement le reste pour entrer. Il aimait ce pseudonyme, qui n’en était pas vraiment un puisque diminutif de son second prénom, mais il lui permettait de passer n’importe où sans être reconnu, toutefois en s’y reconnaissant lui-même. Ouais, fallait pas chercher, en somme il aimait bien et puis c’est tout !

Enlevant rapidement sa veste, il défit le plus haut bouton de sa chemise et retroussa ses manches. Ah ouais, ils ne faisaient pas les choses à moitié ici ! Très vite remarqué par quiconque le frôlait un peu, le mutant se sentir une nouvelle fois … Epié. Cela ne lui arrivait que très rarement et il n’aimait pas ça. Mais il avait beaucoup à gagner, le risque en valait donc largement la chandelle ! Une fois arrivé au bar, il demanda la carte et tira un peu la tronche. En plus des prix outrageusement élevés, il y avait énormément de boissons à base de sang … De sang ? Oh merde … Pris d’un éclair de conscience, il chercha quelques indices prouvant qu’il avait tord, que cet endroit ne pouvait pas être rempli de … Et il se focalisa sur quelques surfaces réfléchissantes, convaincu d’y voir le reflet de sa connerie.

Se mettant alors à sévèrement pâlir, il commanda un whisky double et dégagea le plus vite possible. Cherchant un endroit calme – enfin surtout à l’abri de quelques regards, là où on ne le boufferait pas des yeux – il se cala près des quelques énormes fauteuils et canapés, dont certains étaient occupés par des … Gens qui aimaient croquer la vie à pleine dent ! Ouais, c’est ça ! On souffle un bon coup, on respire de nouveau, et on bouge parce que là ça devient vraiment oppressant ! C’est alors que, encore choqué par l’image de la brebis humaine se donnant corps et âme à son prédateur, il rentra dans un autre client de plein fouet. Les nerfs particulièrement à vif et surpris par le choc, son verre éclata dans sa main, largement aidé par le choc contre l’espèce de roc dans lequel il avait tapé. Il tomba alors à terre, attira la curiosité de quelques badauds et surtout celle du type qu’il avait bousculé. « D … Désolé je … » - « Pas de problème. » L’autre tendit sa main vers l’humain, qui tendit machinalement son bras pour se relever. C’est seulement à cet instant qu’il remarqua les quelques bouts de verre incrustés dans la paume de sa main et le sang qui coulait. Visiblement troublé par ce dernier facteur, l’autre le chopa fermement par le poignet, soupira et tira tout le poids du trentenaire comme s’il s’agissait d’une plume.

Prenant un air qu’il affichait clairement comme blasé, il demanda « A qui appartiens-tu ? » Euh … QUOI ? Il n’appartenait à personne, non mais oh ! Toutefois, avant qu’un traitre mot ne sorte de sa bouche, il se ravisa et garda le silence. Réfléchissant un instant, il se demanda pourquoi ce qui était visiblement un vampire ne l’avait pas encore bouffé, et de surcroit paraissait plus que déçu. Est-ce qu’il l’avait pris pour … Un espèce d’esclave privé pour immortel ? Tétanisé, Luc ne su quoi répondre et garda le silence. Devant l’espèce de charisme plus qu’imposant de l’autre – ou peut être sa force brute – il baissa les yeux. Visiblement intéressé, le type demanda alors « Serais-tu venu seul jusqu’ici ? » Plusieurs personnes retinrent leur respiration autour, comme s’il avait annoncé que la proie était libre pour être mise aux enchères, ou se faire bouffer tout de suite.

Putain, pourquoi est-ce qu’il n’avait pas écouté son contact ? Et pourquoi ce foutu macchabé ne lui avait pas dit que c’était une boite remplie de suceurs de sang ? Peut être que s’il lui avait laissé quelques secondes de plus, il aurait pu lui préciser ce détail … Au prix d’une vie, certes, mais ça n’aurait pas été la sienne, à ce médecin légiste qui s’imaginait déjà étiqueté au gros orteil et mis dans un des frigos de la morgue où il avait l’habitude de travailler. « Alors ? » Le regard fuyant, il tenta sa chance autour de lui, mais partout où il posait ses yeux, il ne voyait que faim et bestialité. C’était un fait accompli, il était dans la merde, et jusqu’au cou !


Dernière édition par Luc A. Matei le Mer 27 Aoû - 15:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mar 26 Aoû - 11:51


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


L’odeur des livres brûlés. Elle s’accrochait au mur comme celle du tabac froid. Les yeux du vampire se perdaient dans le vide, malgré Dorian qui parlait à ses côtés, allongés sur le canapé sur lequel Vlad était assis, ses pieds reposant sur les cuisses de l’éternel. Encore une fois, le jeune humain savait y faire avec les humeurs de l’ancien prince. Il avait bien remarqué que son maître pour la soirée n’était pas d’humeur bavarde, ni même très sociable comme en trahissait son choix de place dans la pièce. Pour une fois, il s’était installé tout au fond du club, dans une nappe d’ombre aussi épaisse que du pétrole. Dorian l’y avait rejoint pourtant, comme s’il savait qu’il s’était assis là. D’un seul regard, il avait pu juger de l’humeur de son vampire, se contentant de lui tenir compagnie et de parler dans le vide, racontant sa journée, ou bien celle de son boulanger, pour ce que Vlad en avait à faire à cet instant. L’humain ne demanderait pas ce qui n’allait pas. Ce n’était pas sa place. Et il savait que si l’autre était décidé à le lui expliquer, il le ferait. Il était décidé à changer d’humeur, il le ferait aussi. Il y avait certes quelque chose qui occupait ses pensées tant et si bien qu’il semblait à peine se rendre compte de la présence de son favori à ses côtés, mais Dorian laisserait le temps faire les choses. Il savait pertinemment que ça pourrait prendre plusieurs heures, peut-être même plusieurs jours. Les immortels n’avaient pas la même notion du temps que les mortels. Vladimir avait vécu plusieurs siècles. Qu’est-ce que sa trentaine d’années pouvait bien peser dans la balance ? Une minute, un jour, un an. Rien que de l’éphémère. Rien d’autre. Au bout d’un moment à parler tout seul, Dorian se redressa pourtant sur ses coudes, les jambes toujours allongées, ses pieds sur les cuisses du vampire, pour l’observer à travers ses mèches d’un brun cuivré qui lui tombaient devant les yeux.

Vlad observait la foule présente au Cirque sans vraiment y prêter attention. Derrière ce rideau d’ombre, les clients et leur nourriture semblaient appartenir à un autre monde. Ou bien était-ce lui ? Il ne le savait pas vraiment. Des pensées tournaillaient dans son esprit sans qu’il ne puisse réellement s’en emparer. Il pensait à Joe et à son loup, qui, pour chaque minute passée devait être un peu plus mort. Oui, le voïvode perdait espoir sur cette affaire. Elle lui faisait pourtant un minimum confiance pour retrouver le lycan, cet amour qui lui avait redonné le goût à la vie, elle si froide et distante depuis l’éternité où il l’avait rencontrée la première fois. Mais elle était humaine maintenant. A nouveau capable de sentir son cœur battre à la chamade pour un autre être. Le sien ne se brisait qu’un peu plus quand il pensait à la seule personne qu’il avait aimée de tout son cœur. Vivant. Mort. Peu importait. Il était distrait. Il entendait Dorian parler mais ne l’écoutait pas vraiment. Le son de sa voix était pourtant rassurant, d’une façon ou d’une autre. Il pensait à ce vide dans son corps mort. Ce vide laissé par son cœur glacial. Il espérait que retrouver sa descendance le comblerait un peu. Vraiment ? Après tant de siècles, que pouvait-il encore avoir en commun avec cette personne, si seulement elle existait, si sa lignée ne s’était pas éteinte entre temps ?

Il entendait les cœurs battre parmi la foule. Ces humains, ces mutants, ces sorciers qui s’aventuraient ici. Pour goûter à la morsure d’un vampire. Pour se tendre sous leurs caresses et leurs baisers. Il entendait le rythme dansant de celui de Dorian, tout proche de lui, qui s’accélérait imperceptiblement comme s’il avait senti que les pensées du vampire se tournaient vers lui. Vlad glissa sa main le long de sa cheville, remontant son mollet pour se poser au creux de son genou, tout son corps bougeant pour accompagner ce geste, plaçant sa silhouette massive au dessus de celle qui semblait si frêle de son favori. Il ne portait presque rien. Le vampire pouvait sentir la chaleur de son corps à travers ses vêtements fins. Il laissa ses crocs effleurer le ventre plat de l’humain, ses prunelles sombres rivées dans les siennes. Dorian se tendit mais ne rompit pas leur échange de regards. Il se mordit la lèvre inférieure. Enfin son vampire daignait s’occuper de lui. Digne récompense de sa patience. Le corps du transylvanien bougea encore. Sa main remonta, se glissant à l’intérieur de sa cuisse, contre le tissu tendu du sous-vêtement du jeune homme, alors qu’il allait capturer ses lèvres d’un baiser sauvage. Il sentait son souffle haletant contre sa langue, le respirait comme s’il était tout l’air dont il avait besoin. Le corps de Dorian se cambra alors que la main de son amant s’enroulait autour de son membre dur. Les lèvres du vampire quittèrent sa bouche pour atterrir dans son cou. Le corps humain et chaud vint se coller encore plus près de celui froid et rigide du vampire, emprisonnant la main de ce dernier entre eux deux. Pourtant, d’un mouvement habile, en même temps que ses crocs ne perçaient sa chair, Vlad glissa sa main sous le tissu fragile du sous-vêtement pour effleurer la chair tendre de son favori. L’humain tira sur la chemise de Vladimir, et planta ses dents dans le creux entre son cou et son épaule, bien décidé à laisser une marque — bien qu’éphémère — sur la peau de celui qu’il considérait comme sien lorsqu’il se rendait en ce lieu.

Mais un autre rythme cardiaque vint déranger le vampire. Son corps se raidit, presque immobile, alors qu’il détachait ses crocs de la gorge délicate de Dorian, sans arrêter ses caresses. Le visage transformé, ses prunelles d’obsidienne, se tournèrent vers la lumière tamisée. Un autre monde. Un autre endroit. Encore un peu grisé par le sang de Dorian et sa main autour de son membre qui continuait ses va-et-vient, Vlad mit un temps à comprendre la scène qui se déroulait à quelques pas de là. Puis il y parvint finalement. Un humain devait s’être aventuré dans le Cirque sans un vampire pour le protéger. Et visiblement sans savoir dans quoi il s’aventurait. Un vampire imposant lui tenait le poignet et Vlad pouvait sentir plus que voir le sang couler le long de son bras. Il s’était blessé. L’idiot s’était blessé dans une boîte à vampires sans personne pour le clamer comme sien. Comme Vlad, nombre de vampires avait levé la tête, oubliant un instant leur amant du moment, pour se concentrer sur la scène. Serais-tu venu seul jusqu’ici ? Tous attendaient la réponse. Tous étaient immobiles comme seuls les vampires semblaient être capables de l’être. Alors ? L’humain regarda autour de lui. Vlad savait bien ce qu’il devait voir : des pairs d’yeux affamés qui n’attendaient qu’un mot pour se jeter sur lui et le bouffer. Dans l’ombre, Vlad était parfaitement invisible pour l’homme. Il baissa les yeux vers Dorian qui l’observait avec une expression à mi-chemin entre l’extase et l’incompréhension. D’un coup d’œil, il l’interrogea sans un mot. Vlad l’embrassa doucement et lécha la plaie de son cou. Le membre dur de l’humain frémissait dans sa main, délivré du désir ardent qui l’habitait. Pour l’instant du moins. Une lueur de déception passa dans les prunelles de Dorian. De plus en plus souvent, son Prince le quittait pour une autre fantaisie quand il se rendait au Cirque… alors qu’auparavant, rien au monde n’aurait pu le détourner de son corps. Allez-y, mon Prince. Avant que Vlad ne puisse dire le moindre mot de plus, Dorian s’échappa de son étreinte et s’éclipsa par une porte dérobée dans le mur.

Le vampire resta un instant immobile avant de se redresser. Aucune trace de sang ne maculait son menton. Il s’échappa du carcan des ombres pour rejoindre l’humain et l’autre vampire. Ce dernier était presque plus imposant que Vlad. Pourtant, ce n’était pas la silhouette qui faisait la force d’un immortel, non. C’était bien son âge. Et Vlad était très certainement plus vieux que celui-là. Bien plus vieux. Il approchait par derrière l’humain, lançant un regard mauvais au vampire. La plupart savaient que le très célèbre Vlad Tepes ne fréquentait que Dorian quand il se rendait au Cirque… mais Vlad n’en avait que faire. Il glissa une de ses mains sur la taille de l’humain et, de l’autre, dégagea son poignet de la poigne du vampire. Vlad le défia du regard. Je croyais que vous ne profitiez que du gamin. lança le vampire malgré tout. Les prunelles sombres du transylvanien prirent une teinte d’ébène, sauvage. Et bien j’ai changé d’avis pour cette nuit, vois-tu. Son ton ne laissait la place à aucune réplique, surtout si le jeune vampire ne voulait pas de représailles et se retrouver empalé pour attendre le soleil. Sans se soucier le moins du monde du vampire, Vlad fit pivoter d’un mouvement leste l’humain entre ses bras pour qu’il lui fasse face. Il porta sa main blessée à ses lèvres, sans quitter ses yeux, rivés aux siens, pour lécher le sang qui commençait à sécher autour des morceaux de verre. Il prit le plus petit morceau entre ses dents pour déloger de sa paume. Une nouvelle goutte de sang perla. Vlad la happa du bout des lèvres et les autres vampires du bar reprirent leur besogne d’avant. L’humain était sien, au moins pour cette nuit.

Ses lèvres et sa langue jouant toujours dans le creux de la main de l’humain, Vlad ne le quittait pas des yeux. Il va falloir bander cette plaie. A moins que vous ne vouliez un autre accident. Du bout des crocs, Vlad retira un autre morceau de verre et le recracha comme si rien n’était. C’était vraiment idiot de venir ici, sans un vampire pour vous protéger. Sans même rien connaître des pratiques de l’établissement… Il lécha à nouveau la paume de l’humain comme s’il n’y avait rien de plus normal pour lui. Une chance qu’il n’y ait pas eu de vampires plus âgés que moi ici ce soir… Un sourire se dessina sur les lèvres fines du vampire. Allons, je suis sûr qu’il vous faut un nouveau verre. Histoire de remettre un peu de couleur sur ces joues. Il tapota le visage de l’humain, lâchant sa main blessée, avant de l’attirer non pas vers le bar mais vers un canapé. Bien vite, un serveur revint avec un verre de whiskey pour le blessé. Vlad l’observa attentivement pendant un long moment, en silence, avant de finalement se présenter. Vladimir Skender. C’est du moins comme ça que je me nomme à cette époque. Et vous êtes… ?




HJ : Je me suis laissée un peu aller, désolée pour la longueur :P Face
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mar 26 Aoû - 14:09

Tétanisé. Il n’y avait pas d’autres mots pour mieux décrire l’état de Lucern en cet instant. Il n’avait pas peur de la Mort, pour tout avouer il trouvait même son sens de l’humour plutôt sympathique. Non, ce qui le terrifiait, c’est ce qu’il y avait avant, en connaissance de cause. En temps normal, un vampire ne lui faisait pas peur. Mais en temps normal, ça impliquait aussi que le mot « vampire » se résume à un corps vraiment mort, limite momifié, saucissonné à souhait et prêt à être réveillé par le mutant. Il aimait avoir le contrôle, pas à cause de quelques fantasmes ou d’un fétichisme que beaucoup appréciaient, mais plus par crainte. Prendre le contrôle sur l’autre avant que l’autre n’acquière une sorte de toute puissance à votre égard. Mais là, l’autre était déjà en position de force, Luc se sentait soumis, impuissant, terrifié, incapable de faire quoi que ce soit, qu’il touchait le fond en somme. Le plus risible dans tout ça ? C’est qu’il y avait encore pire, que sous le fond il y avait les Enfers, et que le mutant ne tarderait pas à en apercevoir la porte d’entrée, grande ouverte.

Comme si son pire cauchemar était en train de prendre vie, une autre main glaciale se posa sur son bras. Aussi ferme, froide et angoissante. Ils n’avaient même pas attendu que le mortel avoue sa faute avant de le bouffer ? Ils étaient sérieux là ? Il en revenait finalement au constat qu’il avait toujours eu : des bêtes sauvages, incapables d’autre chose de plus que de jouer avec leurs victimes et les tourmenter jusqu’à ce que cela les tue … A moins que leurs crocs ne s’en chargent ! En revanche, un autre genre de détail vint troubler Luc. Les poils de sa peau avaient à peine eu le temps de se dresser sur son bras qu’il avait senti un autre genre de pression, un peu plus bas et bien plus gênant. Ne sachant trop comment le prendre, il tenta d’organiser sa pensée malgré la panique qui fluctuait en lui au même rythme endiablé que le sang dans ses artères. En résumé, un autre suceur de sang venait de lui choper le bras, le serrer contre lui en plus de révéler ce qu’il semblait être une bonne grosse érection, une fois ses cuisses collées contre le pantalon du mortel. C’ETAIT QUOI CES PUTAINS DE NYMPHOMANES ? SON SANG NE LEUR SUFFISAIT PAS ? ILS VOULAIENT SA VIRGINITE AVEC ? NON MAIS ALLEZ-Y, VOUS GÊNEZ SURTOUT PAS HEIN, J’VAIS ALLER TRICOTER MES BANDAGES PENDANT CE TEMPS LA !!!

La situation allant de mal en pis, Luc manqua de s’étouffer quand il entendit le premier lancer un truc outrageusement dégueulasse. ALORS JE TE PRESENTE MON POTE DERRIÈRE TOI, QUI A BIEN ENVIE DE TE SUCER LE SANG, TE PRENDRE VIOLEMMENT ET QUI EN PLUS S’AVERE ÊTRE UN PUTAIN DE PEDOPHILE. AVEC CECI CE S’RA TOUT ? EH BEN NON ! Soudain, tout changea. Enfin … Pas tout non plus, mais bien assez pour retourner le cerveau de Luc déjà un peu à l’envers … Ce qui ne le remettrait pas à l’endroit pour autant hein … Ahem. Surpris, Lucern dégluti. La voix derrière lui était grave, suave, angoissante et pourtant … Tellement calme et posée qu’il se serait cru dans un autre monde. Le petit plus fût le souffle du vampire qui vint flirter avec sa joue, gravant chaque mot dans la chair du mortel. Troquer un affamé contre un pédophile nymphomane parfaitement inconnu … Ben voyons ! Et lui dans tout ça, il se barrait quand ?

Dans un timing trop parfait pour être une coïncidence, au moment où Luc envisagea les probabilités de sortir de cet endroit en un seul morceau, on le fit littéralement tourner, dans un mouvement aussi fluide qu’une danse parfaitement exécutée. En un instant, il se trouva dans les bras de son « propriétaire » puis croisa son regard … Et il arrêta de penser. Bordel, une bête sauvage avec une telle gueule, ça devrait être interdit ! S’attendant à se faire bouffer le poignet puis le cou, il ne parvint même pas à raisonner de façon logique pour au moins tenter de gueuler ou essayer de lui échapper. Fasciné, autant par celui qui se tenait si près de lui que par son attitude, il se laissa faire et attendit son heure … Qui ne vint pas vraiment comme il l’avait imaginé dans quelques cauchemars ! Son rythme cardiaque déjà endiablé parvint à s’accélérer encore, et quelques gouttes de sueur pelèrent sur sa peau. A sa peur palpable, presque tangible, venait de s’ajouter quelque chose de parfaitement indescriptible, qui n’avait absolument rien à foutre là et qui était en train de déchaîner ses propres hormones. Ce monstre était en train de le rendre dingue, et son corps aimait ça, alors que son esprit était depuis bien longtemps perdu. Si seulement il avait pu en profiter un peu aussi !

Le vampire se remit à parler, et bien que Luc eût un mal de chien à coordonner sa pensée et son sens de l’ouïe, il parvint à comprendre la globalité de ses dires, sans en tomber dans les pommes ! Incapable de piper mot, il se laissa faire, ne cessa de trembler comme une pucelle lors de sa première fois tandis que l’autre léchait sa main avec autant de gourmandise que d’envie et resta de marbre quand on lui tapota la joue. Il aurait même pu se prendre une belle claque dans la gueule, les chances qu’il y réagisse par la suite restaient bien trop faibles pour considérer que le mortel était encore maître de son propre corps ! Se laissant commander, comme sous hypnose – ou simplement sous le choc de tout ce qui était en train de lui arriver – il vint à s’asseoir et tenta de saisir le verre par sa main blessée. Droitier, le réflexe avait pris le dessus sur la douleur, mais ce ne fut pas cette dernière qui l’empêcha de boire un coup : ce fut l’état de sa main qui ne voulait plus se serrer.

Agissant comme une onde de choc dans son esprit, ce simple constat – et les angoisses adjacentes à celui-ci – suffirent à lui faire reprendre un peu conscience, assez pour qu’il change de main et avale son verre d’un trait. L’alcool était fort, particulièrement dégueulasse, la texture sur sa langue lui donna même une sensation de dégoût, mais la brûlure qu’il ressenti dans sa gorge et son œsophage en valu largement la peine. Immédiatement réveillé par le breuvage, son regard reprit aussitôt une certaine fermeté, ou peut être de la distance. Bel et bien conscient qu’il était avec un vampire, mais que celui-ci n’avait pas vraiment attenté à sa vie, et qu’il lui avait d’ailleurs sauvé la mise, il ravala sa salive et répondit dans les temps. « Andy. Appelez-moi Andy. » Il n’avait pas réfléchi sur le coup, mais de toutes les possibilités, cela semblait la moins pire. Il ne pouvait se permettre d’utiliser un nom dans lequel il ne se reconnaissait pas, et il était impensable qu’il donne sa véritable identité à ce genre de psychopathe, avec tous les autres qui ne manquaient sûrement pas d’écouter ce qu’il se passait. Au final, son nom d’emprunt était la seule solution viable, avec l’espoir que sa réputation n’en soit pas entachée, son revenu comme informateur en dépendait.

« Enchanté … Je suppose … » Ca, ça lui avait échappé. Mais c’était le risque à courir ! Une fois maître de son corps, de sa pensée et de ses émotions, l’homme était capable du meilleur mais aussi du pire. Analysant tant bien que mal mais complètement à rebours les propos de l’immortel, il commenta, dans un calme, un sérieux et un état de conscience qui tranchaient radicalement avec son attitude précédente de jeune vierge effarouchée. « Cela ne servira à rien de bander cette plaie, la laisser cicatriser est inutile puisqu’il va falloir ouvrir et recoudre … Les tendons sont touchés. » C’était ce détail qui lui avait fait reprendre conscience, moins d’une minute auparavant. En tant que médecin légiste, il connaissait l’anatomie humaine comme sa poche, et à la vue des dégâts causés par les morceaux et de son impossibilité à serrer le verre juste avant, il en avait vite déduit qu’il faudrait opérer. Combien de temps serait-il mis à l’arrêt, à quel point ses affaires seraient en suspend s’il ne pouvait plus réveiller les morts ? Dépité par ce constat, il soupira. Ses mains étaient quelque chose d’important pour lui, et il venait de perdre celle qui lui ouvrait les portes d’un simulacre de bonheur. Superbe reste de soirée en perspective !

N’ayant plus grand-chose à perdre en cet instant, il demanda, cash « Si vous êtes le plus âgé, je suppose que vous êtes aussi le plus respecté et craint dans les alentours, n’est-ce pas ? » Donc si ce type voulait lui faire de véritables misères et le détruire comme il fallait avant de le buter, personne ne viendrait à la rescousse de Luc, pas même pour essayer de le dévorer ensuite. « Qu’attendez-vous de moi ? » Il ne supportait pas de ne pas savoir, et à force de réfléchir à toutes les possibilités, à tout ce qui pourrait lui arriver, il n’avait trouvé qu’une solution : lui demander. Même s’il comptait lui annoncer qu’il allait souffrir comme jamais, autant le spoiler, ce serait toujours plus agréable pour lui de savoir à quoi s’attendre, même s’il serait sûrement le premier à imaginer la peine qu’il ressentirait, avant même que l’autre n’ait pu y songer. « Si vous m’avez tiré des griffes de l’autre, je suppose que ce n’est pas de gaieté de cœur. J’ai vu leurs regards, leur envie, et je ne suis pas encore assez idiot pour avoir loupé votre … » Il soupira de nouveau, leva les yeux au plafond et reprit, sous entendant clairement qu’il parlait de CETTE PUTAIN D’ERECTION, QUE SEUL UN TYPE CHAUD COMME LA BRAISE ET PAS GELE A CE POINT, DEVRAIT AVOIR ! « Alors si vous voulez me bouffer, faites vite, j’aimerais rejoindre l’hôpital assez rapidement avant que je ne perde définitivement les capacités motrices de ma main. » Avec un grand mal, il déboutonna le haut de sa chemise avec sa main valide et rajouta « Sauf si, bien entendu, je ne suis pas supposé sortir de cet endroit vivant, alors là prenez votre temps, autant que l’un de nous deux prenne son pied ! Ca m’apprendra à écouter ces foutus macchabés tiens, pas fichus de donner des infos potables avant de clamser ! » Et tant qu’il y était, il ne perdait plus rien à lâcher sa pensée sans la moindre retenue, de toutes façons ce type ne devait rien en avoir à foutre de lui et le temps qu’il cherche à comprendre de quoi Luc parlait, ce dernier serait déjà un peu trop mort pour qu’il ne puisse répondre !

[ HJ : Pas de soucis et ... Heuuu ... Ben pareil quoi xD ]
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mar 26 Aoû - 15:42


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


L’humain suintait la peur. Il ne pouvait pas être déjà venu ici. Non. Ça devait forcément être sa première fois. On ne pouvait pas avoir autant peur en connaissant les lieux. Ou si c’était le cas, on n’y revenait pas. Quand bien même, Vlad ne parvenait pas à comprendre pourquoi il était tant terrifié. Etait-il vraiment entré dans le Cirque sans en connaître la clientèle habituelle ? Se pouvait-il qu’il y ait seulement un être humain dans cette ville pour ne pas savoir que le Circus of the Damned était un repère de vampires ? En plein cœur de Manhattan, sous les paillettes nocturnes et le sang coulant à flots, Vlad ne parvenait pas à saisir qu’une personne ne soit pas au courant. Mais l’humain qui tremblait entre ses bras ne ressentait aucun désir, rien que de la peur, dans son étreinte. Il avait bien conscience de son bas-ventre dur contre les cuisses de l’intrus. S’il avait fait un effet certain à Dorian, son favori ne le laissait pas de marbre non plus, certainement pas après avoir bu son sang. Et, s’il n’y avait pas eu cette distraction, ils auraient été assurément plus loin dans leurs démonstrations d’émotions, bien plus loin. Si Dorian avait été déçu de voir son Prince s’éloigner encore une fois de lui, le corps de Vlad l’était évidemment plus encore, comme le prouvait son érection contre le derrière de l’humain. L’odeur chatoyante de son sang n’arrangeait pas les choses.

Il avait fait pivoter le terrifié entre ses bras, comme une chorégraphie parfaitement répétée depuis des siècles. Lorsque leurs regards se croisèrent, Vlad vit que les pensées du jeune homme s’entrechoquaient comme des atomes dans un réacteur, sans donner quelque chose d’intelligible. Peut-être que, comme les atomes, il finirait par exploser. Son rythme cardiaque s’emballa encore. La sueur salée s’écoula sur sa peau. Vlad fit un effort pour se contenter de lécher le sang sur sa main. Il ne suivit même pas le tracé rouge le long de son poignet, le long de son bras. Il plongeait son regard ardent dans celui de l’humain, nettoyant la plaie à l’aide de ses dents, de sa langue. Mais le cœur du jeune homme ne s’était pas accéléré encore seulement à cause de la peur. Oh, Vlad la sentait toujours dans son sang, dans le parfum que ses pores exultaient. Mais il y avait autre chose. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Peut-être que sa soirée ne serait pas aussi perdue qu’il ne l’avait imaginée après le départ de Dorian. Elle serait sûrement plus intrigante qu’elle ne l’aurait été. Vladimir aimait vraiment Dorian, son esprit, son corps, mais cela faisait déjà plusieurs années qu’il le retrouvait à chaque fois qu’il posait le pied dans le Cirque. Un peu de nouveauté ne pouvait pas lui faire de mal. Certainement pas alors qu’il se morfondait de plus en plus à cause de sa solitude et la monotonie de son existence éternelle. Pour peu, il serait retourné en Roumanie, dans sa citadelle au fin fond de la forêt, perchée sur sa falaise. Comme il le faisait à chaque fois que l’humanité le lassait à nouveau, le décevait à nouveau.

Vlad guida l’humain qui serait à lui pour la nuit jusqu’à un canapé. Il pouvait sentir le regard des autres vampires sur leur couple étrange. Tous savaient que le trentenaire n’appartenait pas au Transylvanien. Ils ne l’avaient vu que trop souvent accompagné de Dorian. Rien qu’une fois avec Joe, et encore, ce n’était pas la même chose. Il avait joué avec elle, avant de parvenir à un marché. Il ne l’avait pas touchée, pas mordue. Rien. Mais il n’en avait que faire. Ce soir, aucun ne pourrait le défier sans s’en prendre plein les plumes et repartir avec une ou deux canines en moins. Ils ne connaissaient que trop sa réputation, sa légende. Il n’était pas un Originel, non, il n’était pas assez vieux pour cela. Mais son nom retentissait encore aujourd’hui dans les contes destinés à effrayer les humains. L’histoire en elle-même n’était pas tout à fait vraie, mais cela lui importait peu, tant qu’on ne venait pas l’ennuyer. Il restait, malgré les mensonges, les rumeurs et les légendes, Vlad Tepes, l’Empaleur. Un instant, Vlad crut que l’humain s’était brisé à cause de la peur. Ce serait bien dommage s’il n’était plus capable de sortir un seul mot. Encore plus s’il ne parvenait plus à réfléchir et à agir de son propre chef. Le verre faillit s’écraser au sol quand il s’en empara avec sa main blessée mais bien vite il changea de main. Petit à petit, Vladimir pouvait voir son intelligence refaire surface dans son esprit. Andy. Appelez-moi Andy. Le voïvode se demanda si cela sous-entendait qu’il possédait un autre nom. Il l’espérait. Il ne voulait pas croire qu’il était assez stupide pour se pointer dans un bar à vampires — sans le savoir — et en plus donner son véritable nom. Enchanté … Je suppose … Un sourire malicieux passa sur les lèvres du vampire alors qu’il observait l’humain sans prononcer le moindre mot.

Il remarqua son changement d’attitude, petit à petit. Son regard plus attentif, bien que légèrement brouillé par le verre d’alcool, sa voix plus posée, plus sûre. Sa posture, autant immobile que pouvait l’être un humain qui devait respirer pour vivre, que l’immobilité prolongée tendait à couvrir de courbatures. Cela ne servira à rien de bander cette plaie, la laisser cicatriser est inutile puisqu’il va falloir ouvrir et recoudre … Les tendons sont touchés. Vlad fronça les sourcils à cette annonce. Il n’était pas complètement dénué de connaissances en médecine, ou du moins en anatomie — ça lui était bien utile pour diverses tortures —, mais il ne s’était même pas inquiété du sort de sa main. Le flot de sang se tarissait, même en l’absence des morceaux de verre pour le retenir. Le calme apparent de Andy s’effaça pour laisser apparaître du dépit, comme de la résignation. Cette main devait être importante pour lui, pour sa vie. Essentielle même peut-être pour son métier. D’un air distrait, Vlad laissa ses doigts courir dans le creux de son coude, sur son avant-bras avant de finir délicatement sur sa paume percée. Si vous êtes le plus âgé, je suppose que vous êtes aussi le plus respecté et craint dans les alentours, n’est-ce pas ? Vlad haussa un sourcil, toute réponse positive silencieuse. Il était peut-être le plus craint, oui, mais il doutait d’être respecté. Il était bien trop civilisé pour cette bande de suceurs de sang en couche-culotte qui ne pensait qu’à bouffer. Même pas à manger, non : bouffer. Vlad s’estimait plus raffiné que cela. Il attendit simplement que Andy poursuive. Qu’attendez-vous de moi ? Il avait au moins le mérite d’être franc et direct. Ce n’était pas le cas de nombreux humains aujourd’hui, qui commençaient bien souvent par mentir, ou se mettre à genoux, suppliant qu’on les épargne avant même de savoir ce qui allait leur arriver.

Il laissa l’humain continuer de réfléchir, cherchant ses mots. Il aimait l’observer. Vlad aimait observer les gens. Un petit plissement au coin de la bouche. Un froncement de sourcils. La tête qui se penche sur le côté. Tout était des indices pour cerner une personne. L’humain voulait assurément en finir au plus vite pour pouvoir quitter cet endroit. Pourtant, une fois dehors, rien n’empêcherait les autres vampires de lui tomber sur le poil. Si vous m’avez tiré des griffes de l’autre, je suppose que ce n’est pas de gaieté de cœur. J’ai vu leurs regards, leur envie, et je ne suis pas encore assez idiot pour avoir loupé votre … Un sourire malicieux s’étira paresseusement sur les lèvres du vampire alors qu’il fit glisser son doigt autour du poignet d’Andy dans une caresse lente et légère. Il avait parfaitement saisi l’allusion. Alors si vous voulez me bouffer, faites vite, j’aimerais rejoindre l’hôpital assez rapidement avant que je ne perde définitivement les capacités motrices de ma main. Alors qu’Andy déboutonnait sa chemise, le corps de Vlad remua. Il posa une main à proximité de la hanche du jeune homme, l’autre sur le dossier du canapé, approchant son visage de celui de l’humain, son corps au dessus du sien sans pourtant autant le toucher. Il fit glisser son nez le long de la veine palpitante de son cou, la mordillant sans rompre la chair dans le même mouvement. Sauf si, bien entendu, je ne suis pas supposé sortir de cet endroit vivant, alors là prenez votre temps, autant que l’un de nous deux prenne son pied ! Ca m’apprendra à écouter ces foutus macchabés tiens, pas fichus de donner des infos potables avant de clamser ! Vlad entendait à peine ses propos. Il voulait le sentir trembler contre lui. A la fois de peur et de désir. Il voulait sentir sa peau contre la sienne. Dire qu’il n’avait pas été satisfait parce qu’il avait renvoyé Dorian était un euphémisme. Il fit courir ses lèvres le long de la mâchoire de l’humain, les arrêtant juste à quelques millimètres de sa bouche. Il sentait son souffle chaud et parfumé au whiskey contre son visage. Il voulait y goûter dans sa bouche mais n’y fit rien. Il darda ses prunelles sombres dans celles d’Andy. Je peux guérir ta main si tu le souhaites. Elle sera comme neuve en quelques secondes seulement. Il pencha la tête sur le côté, laissa son corps s’affaisser légèrement pour qu’il vienne effleurer celui de l’autre. Un froncement de sourcils sur son visage sévère. C’est quoi cette histoire de macchabés qui parlent ? Oui, le vampire était intrigué. Le jeune homme ne parlait certainement pas de vampires, mais bel et bien de cadavres. Attendant la réponse, il glissa sa langue sur les lèvres d’Andy, savourant les quelques traces restantes de l’alcool. Il mordilla sa lèvre inférieure, la tirant légèrement, presque joueur.

Vlad finit par écarter son visage de quelques centimètres. Il regarda l’autre avec sérieux. Je n’attends rien de toi. Il marqua une pause avec un sourire un peu penaud. En vérité, si, un peu quand même. Ton sauvetage m’a privé d’une douce soirée. Cependant, je n’ai jamais forcé personne. Je ne commencerais pas aujourd’hui. C’était vrai… et faux tout à la fois. Vlad n’avait jamais violé ou forcé quiconque de toute son existence… sauf quand la soif de sang, la rage et la sauvagerie prenaient le pas sur sa personnalité civilisée. Ça arrivait parfois. Sa vision se nimbait d’un voile rouge et Vlad ne contrôlait plus rien. Il mordait, torturait, violait et tuait, dans ces instants, s’il ne parvenait pas à se raccrocher à sa réalité. Mais ce n’était pas le cas cette nuit. Il était en pleine possession de ses moyens. Il suffirait qu’Andy ne le repousse pour qu’il arrête toute entreprise à son égard. Ça ne serait pas facile et il n’en serait pas content, mais il le ferait. Il fallait bien l’avouer, ce corps si proche du sien, son cœur battant à la chamade, n’étaient pas une tentation à laquelle il était facile de refuser.
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mar 26 Aoû - 19:04

Lucern se laissait toucher, sans la moindre arrière-pensée. En fait, il était bien trop préoccupé par autre chose pour se soucier des penchants satyriasiques du vampire. Et puis … Ce n’était pas vraiment pour lui déplaire ! Il avait, au fil des années et rares rencontres avec cette espèce – qu’il évitait soigneusement – créé sa propre vision des vampires, qu’il résumait à des bêtes assoiffées. Mais ce type … il remettait tout en question. Il était joueur certes, sûrement sadique – qui ne l’était pas – et encore plus attiré par le sang, mais la retenue dont il faisait certainement preuve à l’égard du mortel était tout à son honneur. Oui, Luc considérait à présent qu’ils pouvaient avoir de l’honneur, des valeurs même, et sûrement une extraordinaire libido, comme en attestait … Enfin il n’allait pas faire tourner sa pensée en boucle là-dessus non plus !

Petit à petit, sa peur laissait place à autre chose. Une crainte, certes, mais pas aussi virulente que lorsque l’autre l’avait chopé par le bras. Il se sentait presque … Comme en confiance, à ceci près qu’il doutait encore de la valeur qu’il était en mesure d’accorder à ce genre de créatures, en connaissance de cause. Les seuls qui étaient à peu près fiables étaient vraiment morts une fois, et ne voulaient pas se faire achever de la pire façon. N’ayant plus rien à perdre, alors ils parlaient vraiment et ne mentaient quasiment jamais. De toute façon, ils avaient sûrement trop peur que le mutant puisse les ramener une fois de plus et leur faire pire ! Mais le mortel n’était pas complètement idiot, aussi il s’était efforcé de raisonner du mieux qu’il pouvait pour comprendre comment le vampire réagirait. Actuellement, il s’en foutait de la façon dont le vampire pensait – même si Luc avait une fâcheuse tendance à projeter des hypothèses concernant la pensée d’autrui, pour les rendre prévisible mais surtout se protéger lui-même, en avance – et il s’intéressait uniquement à ses intentions. Inutile d’hurler, c’était un coup à se faire bâillonner ou arracher la langue !

Continuant son petit monologue, il ne daigna pas s’arrêter, même si le petit manège de l’autre était en train de le rendre chèvre. La patience et lui, ça ne marchait qu’avec les morts, les vrais ! Ces caricatures même pas foutues de choisir entre les vivants et les cadavres, ils étaient logés à la même enseigne que les ressuscités : ACCOUCHE, J’AI AUTRE CHOSE A FOUTRE ! Luc détestait qu’on le provoque, et bien qu’il appréciait les caresses de l’autre – cela faisait des années, sans rire, qu’il n’avait pas été caressé avec autant d’attention – il voulait que le vampire abrège, POUR L’AMOUR DE DIEU OU DE JE SAIS PAS QUI, DECIDE TOI BORDEL DE CUL ! Mais non, l’autre prenait son temps, faisait son petit cinéma – sûrement pour ses congénères qui devaient l’avoir bien mauvaise maintenant, ça vous apprendra à vouloir tout bouffer au lieu d’en profiter un peu – et ne voulait pas se décider à le chauffer, le mordre ou les deux à la fois !

Et c’est alors qu’il se décida. Les lèvres du vampire si proche des siennes, il ne savait que faire. Des années, cela faisait réellement des années qu’il n’avait pas été autant troublé par quelqu’un – et non quelque chose, il progressait le bougre – et entre les restes de sa peur mêlés à une envie qui montait dans son corps, il hésita. Et si l’autre se jouait simplement de lui, pour mieux le dévorer dans la seconde suivante ? Là, il crèverait dans la souffrance et en plus, il l’aurait mauvaise ! Non, puisque ce sadique aimait prendre son temps, autant le lui laisser, et dans le pire des cas il ferait taire son érection avec un bon coup de genoux dans les parties, ce qui le ferait rapidement choisir entre se plier de douleur et le bouffer plus tard, ou l’achever de suite !

C’est alors que l’autre parla de nouveau. Les mots résonnèrent dans la tête de Luc, comme un bruit sourd, puis raisonnèrent pour lui faire comprendre quelque chose de primordial, qui le scia. Ses yeux s’écarquillèrent et sa bouche s’entrouvrit. « Quoi ? » L’autre venait de reprendre parole, visiblement intéressé par ses morts. Et merde, c’était un rapide à la réflexion, contrairement à ce que le mutant avait supposé. Mais pas aussi rapide que lui ! « Moi d’abord ! C’est quoi cette histoire de guérison ? Et comment … » Il fut coupé par une action aussi chaude que déroutante, qui figea totalement le mortel. Venait-il de … OH MY FUCKING GOD ! Son pouls, qui n’avait cessé d’être rapide, reprit un rythme endiablé. Jamais il n’aurait pensé que ce nympho de service pouvait être si provocateur … Et que sa victime y serait si sensible ! Mais … Non, encore une fausse alerte … C’était quoi ? Un castré qui avait planqué un concombre dans son pantalon pour faire genre ? Il avait des couilles ou pas ? Parce que là, bouffer ou pas bouffer, baiser ou pas baiser, parler ou pas parler, telles étaient les questions ! ET IL AURAIT AIME AVOIR DES REPONSES !

Finalement, le jeu sembla s’arrêter là, pour revenir à quelques propos plus sérieux. Très surpris par la preuve évidente d’altruisme qu’il lui donna, le mutant fut presque rassuré d’entendre d’autres mots de sa part, plus réalistes, plus … Humains. Troublé par cette honnêteté et par l’image étrangement normale que le présumé monstre donnait de lui-même, Luc feinta de réfléchir un instant, même si depuis longtemps il avait déjà donné sa réponse. Il n’avait pas tenté de fuir, n’avait pas dit non, ne l’avait même pas repoussé. N’était-ce pas là un message assez clair ? Ou le type était-il assez gentleman pour lui laisser le choix ? Ben punaise, il allait en pleuvoir des cadavres en rentrant si c’était l’cas !

Dans un petit sourire, il lança « Dans ce cas, rendons la soirée intéressante. Tu me verrais déçu de te priver de tels plaisirs, de plus il serait fort dommage de ne pas frustrer les spectateurs bien comme il faut, j’ai l’impression qu’ils attendent que je ne te dise non pour tenter leur chance … » Lucern reprenait le contrôle, et cette fois en plus de se rassurer, il aimait vraiment ça ! Aussi, il n’hésita même pas lorsqu’il chopa le col de l’autre avec sa main valide, pour le tirer à lui, se retrouver le cou trop près de sa bouche et surtout la sienne à portée de son oreille pour lui susurrer avec envie « Tu n’aimerais pas voir ton égo taché par la concurrence, n’est-ce pas ? Alors commençons par ceci … » Il savait que le vampire n’en pouvait sûrement plus, et c’était aussi le cas pour Luc, qui remit une petite distance avant de se faire bouffer, pour plonger son regard dans celui de Vladimir. Ses yeux ne reflétaient que gourmandise et envie, la peur ayant disparu au moment où il eût compris que l’immortel n’était finalement pas la bête qu’il aurait cru. Gourmandise qu’il prouva rapidement en attirant de nouveau le suceur de sang à lui, pour cette fois l’embrasser à pleine bouche, sans la moindre appréhension. Il le voulait, il l’aurait.

Le gardant de toutes ses forces contre lui, il se cambra pour que leurs corps se retrouvent collés, la seule limite se trouvant être leurs vêtements. Pourtant, il pouvait la sentir, la fraîcheur de la peau du vampire, qui ne faisait que frissonner la sienne d’envie. Ne tergiversant guère, il osa même glisser sa langue dans la bouche de l’immortel, se foutant des crocs, pour le caresser de l’intérieur. Au bout de plusieurs dizaines de secondes, il relâcha subitement son étreinte, rompit le baiser et commenta « Aurais-tu l’obligeance de m’expliquer ton truc sur la guérison ? Si tu comptes vraiment profiter de moi, ici, maintenant, tu gagnerais à me rendre la mobilité de ma main, je suis beaucoup plus … Adroit et … Sensible, avec celle-ci ! » Maintenant, c’était certain, la peur avait totalement laissée le terrain à l’envie, ainsi qu’à la provocation. Mais ce n’était pas son vampire qu’il provoquait ainsi, c’était tous les autres, ces enfoirés de bêtes sauvages qui n’avaient pensé qu’à le bouffer et qui ne tarderaient pas à s’en mordre les doigts. Parce que s’il pouvait le leur faire payer en se faisant prendre par celui qu’ils craignaient le plus, il le ferait, et en beauté !
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mer 27 Aoû - 9:54


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


La peur était chassée par une émotion tout aussi ardente. Elle emballait le cœur et l’esprit, le rendant flou et inapte à fonctionner correctement. Parfois, le désir pouvait être pire que la peur. Le corps subissait tellement d’assauts lors de l’acte sexuel que Vlad se demandait parfois pourquoi les humains pliaient si facilement durant une séance de torture. Le sexe faisait subir bien pire, en vérité. Son corps au dessus de l’humain, le vampire humait tranquillement ce changement dans son odeur. Il pouvait sentir le battement frénétique de son cœur, juste là, dans cette veine épaisse qu’il suivait le long de son cou. La tentation était forte alors qu’il faisait glisser ses lèvres et ses crocs le long de sa chair tendre. Il aurait suffi d’une pression un peu trop importante et le nectar visqueux se serait écoulé dans sa bouche… Juste un peu. Juste alors que la peur se mêlait au désir. Cette fragrance si entêtante. Et pourtant, Vlad continua son petit manège, semant des baisers le long de sa mâchoire jusqu’à ses lèvres. Il sentait ce souffle chaud et alcoolisé contre son visage. Quoi ? Un sourire taquin se dessina sur ses lèvres fines. Il avait réussi à capter son attention. Ses sens n’étaient pas si engourdis que ça, apparemment. Moi d’abord ! C’est quoi cette histoire de guérison ? Et comment … Finalement, il mordilla quand même sa lèvre inférieure, jouant un peu avec, y récupérant les vestiges de whiskey. Une proposition, rien qu’une seule. Et une question. C’était un juste marché, n’est-ce pas ? La voix de l’humain s’était perdue dans cette provocation nouvelle.

Mais il ne voulait pas forcer Andy. Il ne l’avait jamais fait avec quiconque alors qu’il était en pleine possession de ses moyens. Oh, il ne disait pas que dans ces périodes de perte de contrôle il n’avait pas savourer cette peur bouillante dans le corps d’un homme, le sentir frémir sous sa peau, sous ses caresses, sous ses crocs, son esprit ne parvenant pas à choisir entre la terreur et le désir… mais lorsqu’il était maître de lui-même, même s’il aimait parfois un jeu un peu dangereux, il n’y avait jamais forcé personne. Civilisé qu’il était, oui, au grand dame de la plupart de ses congénères qui ne comprenaient rarement pourquoi il ne se contentait pas de prendre ce qu’il désirait et basta. Sans demander à quiconque son avis. Et certainement pas la victime. Mais Vlad n’était pas comme ça. Il aurait pu le devenir, oui, s’il n’avait pas constamment en tête le souvenir de sa femme suicidée pour échapper aux sévices évidents que lui feraient subir l’armée turque. C’était avec le plus grand sérieux qu’il affirma sa pensée à Andy. Toutefois, ses prunelles luisaient d’envie et de gourmandise. Il attendit en silence la réponse de l’humain, bien conscient des nombreuses paires d’yeux braquées sur eux, bien que les autres vampires aient repris leurs occupations avec leurs propres humains. Ils couvaient toujours jalousement Andy des yeux, comme s’il était le prix à récupérer. L’inaccessible que tout le monde désirait. Peut-être était-ce de la faute de Vlad s’il avait acquis ce statut, l’ayant clamé comme sien alors qu’aucun ne pouvait le défier tout en pensant gagner. Sauf un complet idiot, ce qui n’était pas impossible.

Mais finalement, Andy afficha un sourire qui surprit le vampire. Il avait imaginé qu’il réclamerait qu’on le conduise à l’hôpital dans l’immédiat, ne voulant pas tester la méthode du vampire pour soigner sa main, ne voulant rien avoir à faire avec lui. Mais non. Dans ce cas, rendons la soirée intéressante. Tu me verrais déçu de te priver de tels plaisirs, de plus il serait fort dommage de ne pas frustrer les spectateurs bien comme il faut, j’ai l’impression qu’ils attendent que je ne te dise non pour tenter leur chance … Plus surpris encore qu’il était quand la main d’Andy se referma sur son col de chemise pour l’attirer vers lui, le nez à nouveau dans son cou, si facilement alors qu’il avait tant de force. La surprise du geste. Le corps du vampire vibra. Il pouvait sentir le désir de l’humain dans sa chair. Tu n’aimerais pas voir ton égo taché par la concurrence, n’est-ce pas ? Alors commençons par ceci … Cette voix dans son oreille, son souffle chaud… un grondement sourd monta dans sa gorge. Mais Andy s’écarta légèrement. Si Vlad avait encore eu le moindre doute par rapport à son consentement, il s’envola en découvrant le désir gourmand et impatient dans les prunelles de celui qui était sien pour cette nuit. Presque malgré lui, son visage changea pour porter les marques qui l’identifiaient comme vampire : ses yeux prirent une teinte ébène sur toute leur surface et ses crocs s’allongèrent. Ce qui n’arrêta pas le trentenaire quand il s’empara de sa bouche avec une passion dévorante.

Le Transylvanien le lui rendit avec tout autant d’ardeur, savourant la proximité de son corps bouillant contre le sien. Leurs langues jouèrent et dansèrent un ballet effréné, sans se soucier des crocs acérés du vampire. Son corps s’affaissa encore contre celui de l’humain qui se cambrait. La frustration commençait à l’envahir alors que les vêtements se trouvaient encore entre eux. Il oubliait les autres vampires. Ça ne serait pas la première fois qu’il prendrait un humain au Cirque. Même si d’habitude, c’était Dorian. Même si d’habitude, les autres humains n’étaient pas aussi entreprenants dans la tâche. Finalement, Vlad n’avait peut-être pas fait une erreur en s’éloignant de Dorian pour la nuit. Andy était une heureuse surprise pour la soirée. Et il ne le laisserait pas aux autres vampires, c’était bien net dans son esprit. Un vampire était possessif. Gardant ses trésors encore plus jalousement qu’un dragon. Territorial. Andy rompit le baiser et si Vlad avait encore été humain, son souffle aurait été court. Il chercha dans les prunelles de l’autre ce qui avait conduit à la séparation de leurs lèvres quand il commenta simplement : Aurais-tu l’obligeance de m’expliquer ton truc sur la guérison ? Si tu comptes vraiment profiter de moi, ici, maintenant, tu gagnerais à me rendre la mobilité de ma main, je suis beaucoup plus … Adroit et … Sensible, avec celle-ci ! Vlad aurait pu se mordre le poignet et lui faire boire son sang. Ça aurait été sûrement la manière la plus radicale pour faire pénétrer son sang dans le système de l’humain et le guérir… pourtant, ce n’est pas ce qu’il fit. Il ne répondit même pas à Andy pour lui expliquer, non. Il se mordit simplement la langue, laissant une plaie bien nette avant de s’emparer à nouveau des lèvres de son compagnon, glissant sa langue blessée entre celles-ci. Il serait peut-être étonné par le goût cuivré de ce nouveau baiser, peut-être comprendrait-il. Si non, Vlad le lui expliquerait, mais pas maintenant. Tout ce qui comptait, c’était que sa main guérissait à vitesse grand V alors que le sang pénétrait dans son organisme. Comme pour le lui prouver, le vampire fit glisser la sienne le long de son bras, jusqu’à son poignet et à sa paume. Là, il la serra juste assez fort pour lui montrer qu’il n’y avait plus rien d’autre que de la peau, des tendons parfaitement recomposés.

Il laissa sa main, ses lèvres, pour les laisser ramper jusqu’à son cou qu’il titilla de sa langue déjà guérie. Sa main, accompagnée de sa sœur, se glissa sous la chemise de l’humain, sans aucune pitié pour les boutons qui sautaient sur son chemin. Vlad voulait percer sa chair de ses crocs, là, où la veine palpitait. Mais il attendait encore. Se décollant légèrement du corps d’Andy, il se débarrassa des vestiges de sa chemise blanche pour admirer le corps qu’il avait sous le sien. Ses mains redescendirent le long de sa peau, traçant des sillons rouges avec ses ongles. Mais le sang du vampire dans l’organisme de l’humain ne faisait pas que guérir sa main. Pour un court instant du moins — il ne lui avait pas donné tant de sang que ça —, il était un peu plus résistant, guérissait un peu plus vite. Et les marques disparurent rapidement. Les prunelles assombries par le désir et la soif avaient suivi le même chemin que ses longs doigts effilés, descendant cependant un peu plus loin vers le pantalon tendu. Ses mains jouèrent avec le bouton et la fermeture alors qu’il se penchait à nouveau vers sa peau pâle pour laisser ses lèvres, ses crocs et sa langue jouer sur son torse. En même temps, une de ses mains se glissa en dessous de la barrière ouverte du pantalon pour se frotter contre le membre dur de l’humain.

Le vampire se redressa, ramena son visage près de celui de l’humain, sa bouche près de son oreille. Sa voix était rauque alors qu’il titillait son lobe de sa langue. Montre-moi ce que tu sais faire avec cette main… Puis, sans prévenir, il décala juste à peine son visage et planta ses crocs dans le cou d’Andy. Le sang glissa dans sa gorge et le corps de Vlad se cambra contre celui de l’humain, frottant contre le sien. Il força un soupir d’aise à sortir d’entre ses lèvres toujours collée à son cou alors que ses ongles traçaient de nouveaux sillons rouges sur son torse, son autre main se crispant un peu plus sur son membre dur par dessus le tissu de son sous-vêtement.

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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mer 27 Aoû - 13:00

Luc n’en avait que faire de l’apparence du vampire, tant qu’il était sien. Tout ce qu’il pensait de cette espèce se voyait remis en question, chaque seconde qu’il pensait amenait de nouvelles hypothèses, qui balayaient d’anciennes affirmations et ramenaient de nouvelles questions. Mais il aurait les réponses plus tard, car actuellement IL AVAIT D’AUTRES PRIORITES ! Du genre … Prendre son pied avec le vampire, et faire bader les autres bien comme il le fallait. Et de tout ce qu’il pouvait en tirer de bon, le meilleur fut quand Vlad se prit à son jeu et se laissa faire. Le mutant ne pu même pas réprimer à son tour un grognement de plaisir mêlé à l’envie, tandis qu’ils s’embrassaient. Mais Luc en voulait plus, un peu, beaucoup, à la folie, toujours plus ! Déjà ravagé par le simple aperçu que ce que l’immortel avait à lui offrir, il commença par le début, soit exploiter ce dernier pour son sang. Sérieusement, il devait être un des rares de la profession médicale à encore ignorer les bienfaits du sang d’immortel, mais entre sa passion pour l’anatomie et la très légère frustration qu’il avait mouronné durant des années à l’égard de ces créatures, il n’avait pas spécialement cherché à en savoir plus, ni même à écouter une conversation dès qu’un certain mot y apparaissait !

Aussi, il fut assez surpris de la réponse que le vampire lui donna, mais ne la refusa point. Remarquant très vite la saveur complètement différente qu’avait pris ce baiser, il ne pu louper quelques autres changements en lui. A commencer par sa propre chair, qui avait en quelques sortes prit vie. C’était étrange à expliquer, mais c’était un peu comme si chaque muscle de sa main blessée, et chaque fibre le composant, avait décidé de se réparer d’elle-même et repousser vers l’extérieur les quelques limailles qui étaient restées dans sa chair. Mais il n’y avait pas que ça, loin de là – et c’en aurait été d’ailleurs très décevant, dans le cas contraire ! Lorsque le vampire amena sa main contre celle du vivant, ce dernier la perçu différemment. Elle était là, certes, à le serrer sans qu’il y ait la moindre douleur, mais il y avait encore plus. Au lieu de sentir la simple fraîcheur de la peau de l’immortel, il percevait chaque once de chaleur le quitter, remplacée par un manque créant cette sensation si étrange, qui lui filait toujours autant la chair de poule.

Ses sens étaient exacerbés par le sang, son corps guérissait très vite après chaque assaut, qui lui arrachaient d’ailleurs de nouveaux soupirs trahissant le pied qu’il prenait, mais il y eût encore plus, au-delà de tout ce qu’il avait jamais pu imaginer, même dans le plus osé de tous ses fantasmes. Les boutons de sa chemise venaient de sauter, et il avait en passant découvert l’attention qu’accordait le vampire à son corps malgré le désir qui brulait en eux, de quoi le rendre encore plus fou de lui. Chaque tiraillement sur sa peau, chaque caresse le faisait monter encore plus haut, soumettant son esprit à quelque chose de si puissant qu’il aurait du s’en briser. Mais c’était là où la magie du sang avait le plus opéré, et le mutant s’en rendait maintenant compte. Son conscient et son inconscient s’étaient tous deux développés, le rendant encore plus sensible à tout ce qui l’entourait, mais avait en passant exacerbé quelques traits de sa personnalité, qui n’étaient en temps normal pas aussi présents. L’un d’entre eux allait s’en mordre les doigts, restait à savoir lequel !

Au moment où l’immortel joua avec le pantalon de Luc, ce dernier se cambra instinctivement, prêt à se donner corps et âme. Il était pleinement conscient de ses actes, encore plus de son entourage et se trouvait surtout dans un état de conscience tellement haut que rien de tout ça ne pouvait l’atteindre en cet instant. Son esprit était comme libéré de toute barrière, son subconscient ne faisait que lui rappeler qu’il n’avait jamais connu ça auparavant, dans aucun souvenir ni fantasme qui trainait dans sa mémoire, et il aimait ça. Lorsqu’il senti la main froide du vampire contre son membre tendu et aussi chaud que son corps tout entier, Luc se cambra encore plus, attendant presque que leurs corps en fusionnent. C’est alors que Vlad lui susurra quelques mots à l’oreille, non sans caresser celle-ci en même temps et qu’il fit une proposition aussi indécente à l’humain qu’il l’appréciait déjà. Il ne fallait pas lui dire ce genre de choses, surtout pas ! Cela impliquait de lui laisser le contrôle, et Dieu seul savait – si on oubliait feu sa compagne et quelques autres conquêtes passagères en plus des macchabés torturés – de quoi il était capable dans cet état.

Il n’eût toutefois pas le temps de le lui montrer, pas avant que le vampire ne lui fasse atteindre le septième ciel, sans même entrer en lui … Pas au sens commun du terme en tout cas. Sous la douleur de la morsure, exacerbée par sa sensibilité, Luc tenta un instant de se retirer. Ses mains serrant les épaules de l’immortel, il essaya sans vraiment le vouloir de retrouver une certaine distance, mais cela ne lui apporta que plus de douleur. Finissant par se trouver à bout de souffle, il du inspirer un grand coup et … Indescriptible, ce qu’il ressenti en cet instant n’avait pas de mot, mais au moins un son caractéristique : le soupir d’exaltation, mêlée à une béatitude sans fin dans un râle d’exultation. Bref, il prenait son pied. Ouais … Rien que ça ! Aussitôt, ses muscles se relâchèrent et, au lieu de vouloir prendre ses distances, il se resserra contre lui. Ses mains glissèrent dans le dos gelé de l’immortel et l’enserrèrent comme jamais, tout comme ses jambes qui n’avaient pas tardé à imiter le haut pour se sceller contre lui.

Faible, très faible, trop faible pour résister à une telle envie, il vint littéralement dans les mains du vampire. Prendre son pied n’avait pas été suffisant, il en avait joui comme jamais ! Haletant, son envie ne l’avait pas pour autant quittée, et il comptait bien rendre au centuple ce que le vampire lui avait offert. Mais entre son retour sur terre et la dissipation rapide des effets du sang dans son organisme, il en désirait plus, en avait besoin de plus, le voulait à tout prix. Utilisant à son avantage le poids qu’exerçait le vampire sur lui, il s’en servit pour lui faire une prise basique d’autodéfense. Le mettant rapidement sur le dos, la tête calée contre l’accoudoir du canapé, Lucern savoura sa petite victoire, ne pouvant s’empêcher de se mordre la lèvre jusqu’au sang tandis que son regard trahissait son envie qui était déjà remontée. Dans une position aussi provocante qu’outrageuse, il colla son torse au sien et vint de nouveau coller ses lèvres à celles du vampire, forçant le passage avec des caresses langoureuses … Et sanglantes !

En cet instant, il aimait le sang, il en voulait plus et en avait réellement besoin. Comme drogué par la substance, il rompit le baiser au bout de quelques dizaines de secondes. Sa lèvre ne cicatrisait pas ou peu, signe qu’il lui en faudrait plus, mais pas question d’attendre que son vampire ne lui en donne. Ce qu’il voulait, il le prenait. Restant le visage au dessus de celui de son amant du soir, il laissa le sang perler de sa lèvre jusqu’à celle de l’immortel, tandis que sa main était déjà en train de parcourir son torse glacé, pour descendre jusqu’à son pantalon. En un minimum de gestes parfaitement coordonnés, il défit la ceinture de l’homme tout comme le bouton du pantalon, non sans descendre la fermeture au plus bas, révélant sa prochaine cible. Agile il l’était, doué … Encore plus. Approchant sa main, il caressa son membre à travers le tissu, du bout des doigts. Il le tentait, se contentait de le stimuler ponctuellement pour rendre l’attente insupportable, comme l’autre avait osé faire avec lui précédemment.

Cependant, ce fut Lucern qui céda le premier. Désirant trop de choses à la fois, il plongea son visage dans le cou du vampire, l’écha sa peau un instant puis la mordit avec toute la force qu’il avait dans ses mâchoires. Au même moment, sa main droite se glissa sous le sous le tissu et enserra le membre, tout en lui inspirant un mouvement aussi doux que salvateur. Le sang coula tant bien que mal dans sa bouche, et ne cessant sa morsure pour si peu, il continua de se nourrir sur lui. Le fluide avait une saveur cuivrée, mais n’était pas pour autant difficile à avaler. C’était en soi un peu perturbant de ne pas être dégoûté par ce genre de choses, mais les effets aussi rapides que puissants du liquide pourpre lui firent oublier ce genre de détails. Sa perception était de nouveau exacerbée, tout comme ses sens et ses pulsions, ce qui le poussa à avoir une réaction très, mais vraiment très étrange pour un mortel, à l’égard des spectateurs.

Lâchant soudainement prise sur la plaie presque béante du vampire, il releva sa tête et, cambré en avant sur sa proie, il lâcha une sorte de grondement sourd, en même temps qu’un « LE MIEN ! » plus que bestial. Deux choses aussi surprenantes qu’intrinsèquement liées se passèrent ensuite. La première, ce fut la façon qu’eu Lucern de fixer chaque spectateur, avec défi, rage et insistance, prouvant qu’il ne déconnait pas. La seconde … Ce fut de voir les immortels baisser les yeux autour d’eux, autant par une espèce de gêne qu’en comprenant que, finalement, même l’humain ne désirait plus que Vladimir, et que toute tentative d’accéder à l’un ou l’autre pour le reste de la soirée serait vaine … Et sanglante. Une fois satisfait et de nouveau à peu près seul spectateur, il embrassa le vampire qui n’en louperait sûrement pas une pour éponger le sang sur son menton. Ceci fait, leurs regards se croisèrent, celui de Luc affichant toujours cette insatiable envie, mais quelque chose de plus puissant encore. Il affirmait son emprise sur lui, tout comme le vampire l’avait fait précédemment. Content de lui, il finit par faire descendre son visage jusqu’à ce que sa main droite n’avait cessé de caresser, non sans lui accorder quelques doux baiser et morsures en passant. Une fois arrivé à destination, il exerça un talent que peu d’hommes lui connaissaient, sans lâcher sa propriété du regard. Il était sien, il faisait ce qu’il voulait de lui, et l’autre n’avait qu’à l’accepter et en profiter … Ou faire preuve d’assez de force et d’ingéniosité pour inverser de nouveau les rôles, même si le mutant était bien motivé à lui rendre la pareille en premier lieu !
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mer 27 Aoû - 14:33


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


En plus de six siècles, Vladimir avait appris la patience. Il n’avait jamais vraiment été un gamin capricieux et impatient non plus, il fallait l’avouer. Mais il avait appris à prendre son temps, à bien faire les choses. Pour séduire une femme, ou un homme. Pour faire naître l’espoir dans un regard, le faire croître, toujours plus, toujours plus fort, avant de l’anéantir d’un revers de la main. Prendre son temps. Trancher dans la peau, délicatement, enlevant une bandelette de chair après l’autre. Des entailles superficielles et pourtant si douloureuses lorsque tapissées d’eau salée ou de jus de citron. L’attention particulière d’un tisonnier chauffé à blanc sifflant contre une peau mordorée. Ses mains, le long d’un corps puissant et fragile. Ses lèvres s’attardant sur chacune des bosses, chacun des creux d’un corps humain. Son membre dur et droit s’enfonçant toujours un peu plus loin, toujours un peu plus fort jusqu’à l’extase ultime. Oh, Vlad avait appris la patience et le contrôle de bien des façons différentes. Dans bien des circonstances différentes. Sa transformation en vampire n’avait rien enlevé à cela. Bien au contraire. Il avait une éternité devant lui pour atteindre ce qu’il désirait. Nul besoin de se presser. Nul besoin de précipiter les choses. Tout était question de délectation, de goûter la saveur de chaque chose, de chaque être. Savourer. Faire durer le plaisir. Faire durer la douleur. Faire durer la peur. Faire durer l’envie inextricable qui tendait son corps à le rendre douloureux, à le rompre.

Andy frissonna sous ses caresses. Il savait que, malgré le peu de fluide qu’il avait partagé avec lui, l’humain ressentait les choses bien différemment. Tout était plus puissant, plus accru, plus… fort. Ses sens devaient exploser sous son crâne, rendant l’expérience qu’il vivait encore plus incroyable qu’elle aurait pu l’être. Le vampire savourait son corps tremblant sous le sien, les soupirs qui s’échappaient d’entre ses lèvres. Dressé au dessus de son humain, il observait avec envie son corps parfait, laissant ses ongles tracer des sillons rouges sur sa peau d’albâtre, qui s’estompaient presque aussi vite qu’ils étaient apparus. Il entendait le cœur avide tambouriner dans sa cage thoracique. Il sentait son torse vibrer sous ses mains, synchrone avec son muscle cardiaque. Il pouvait presque goûter son impatience qui flottait dans l’air entre eux deux. Un petit monde à part. Comme cette nappe d’obscurité qu’il avait partagé avec Dorian un peu avant. Sauf que là, sous le regard des autres, en pleine lumière, Vlad n’en prenait pas moins son pied. Il se pencha sur le corps d’Andy, chacun de ses baisers, chacune de ses caresses, tels une marque ardente sur sa peau, jusqu’au bout de ses terminaisons nerveuses. Sa main s’était enroulée autour de son membre rigide, effectuant des mouvements de va-et-viens avec une lenteur insupportable avant d’accélérer progressivement et de ralentir à nouveau. Leurs corps se rencontrèrent à nouveau quand Andy se cambra. Le tissu frottait contre leurs chairs tendues. Le vampire planta alors ses crocs dans la gorge du trentenaire, avalant son sang avec délectation. Il sentit les mains de l’autre sur ses épaules, comme pour l’écarter de son cou. Mais le Transylvanien ne détacha pas la bouche de son cou. Non. Il avait peut-être dit qu’il ne s’était jamais imposé à personne, mais il savait que la première fois, les humains pouvaient être troublés par la douleur de la morsure. Troublés avant d’être assaillis par l’onde de désir qui les traversait ensuite. Alors non, il ne s’écarta pas, bien au contraire.

Le soupir d’aise d’Andy fit apparaître un sourire sur le visage du vampire qui rapprocha encore son corps du sien, sa main allant plus vite encore le long de son membre tendu. Les bras et les jambes de l’humain s’enroulèrent autour de son corps et Vlad posa un genou sur le rebord du canapé pour se stabiliser. Même lui se demandait comment la confrontation de son corps gelé et de celui, ardent, d’Andy ne les avait pas encore fait exploser tous les deux. Il voulait aspirer cette chaleur comme l’air dont l’humanité avait besoin pour survivre. Il voulait se fondre dans ce jeune homme qu’il connaissait à peine. Oublier tout le reste. Il sentit le fluide chaud s’écouler entre ses doigts. Un infime changement dans la tension qui régnait dans le corps d’Andy. Le vampire devina sans problème qu’entre la morsure, le sang dans son système et ses doigts habiles enroulés autour de ses membres, que son humain avait joui ainsi. Un nouveau sourire fleurit sur son visage et il emmena sa main à jusqu’à la bouche et en léchant un doigt, distraitement. Par plaisir ou juste pour montrer à leur public qu’il venait de donner un orgasme à son humain. Mais qu’il ne s’arrêterait pas là, oh bien sûr que non. Il n’eut cependant pas le temps de savourer sa victoire bien longtemps qu’il se retrouva d’un mouvement leste à la place de l’humain. Inversement des positions. Une lueur de surprise amusée brilla dans le regard sombre du vampire. Décidemment, Andy était vraiment plein de ressources. Ses prunelles se firent encore plus sombres quand il se mordit la lèvre jusqu’au sang. Il allait se redresser pour l’embrasser à nouveau mais il le devança, s’allongeant sur son corps pour venir s’emparer de ses lèvres.

Vlad glissa ses mains dans le dos de l’humain, ses ongles traçant de nouveaux sillons sur sa chair alors qu’il lui rendait son baiser avec toute la ferveur dont il était capable. Le baiser prit fin. L’autre laissa des gouttes de sang tomber sur ses lèvres. Le vampire avait l’irrésistible envie de l’attirer à nouveau contre lui, mais il se laissa faire. Il sentait ma main si chaude contre son corps froid descendre le long de son torse jusqu’à son pantalon. C’était bien la première fois qu’il laissait son partenaire prendre les initiatives sans réagir. Seul Dorian avait eu ce privilège par le passé, sachant détecter quand Vlad souhaitait échanger les places, prendre celle du dominé, souffrir un peu à son tour. Le corps du vampire se tendit quand la main d’Andy arriva à destination, caressant son membre par dessus le tissu. Il ouvrit la bouche, comme s’il cherchait l’air dont il n’avait aucunement besoin. Un grognement sourd remonta le long de sa gorge, faisant vibrer son torse, alors que l’humain prenait son temps. Ses ongles se plantèrent plus profond, soudainement, lorsqu’il le mordit jusqu’à percer sa peau, faisant couler son sang dans sa bouche. Un râle rauque s’échappa d’entre ses lèvres alors qu’il cambrait son corps sous celui d’Andy. Toujours plus près, comme pour fusionner, ne faire plus qu’un. Dans le même mouvement, sa main s’était glissée sous le tissu, caressant son membre dur et dressé. Des lignes écarlates perlèrent dans le dos d’Andy, laissant son sang s’écouler sur son flanc avant que les plaies ne guérissent rapidement grâce au sang qu’il ingurgitait avidement.

Même s’il n’en avait pas besoin, Vlad lâcha une bouffée d’air quand Andy détacha ses lèvres de son cou. Même Dorian n’avait jamais osé le mordre de la sorte. A cet instant, Vlad n’avait qu’une envie. Inverser à nouveau les positions. Reverser l’humain sur le ventre, ne faire pas grand cas de son pantalon, et le prendre sans demander son reste. Cependant, la réaction d’Andy à tout ce sang de vampire dans ses veines le surprit, encore une fois. Un grondement sourd, plus animal qu’humain, sortit d’entre ses lèvres. LE MIEN ! Ces mots, la fierté qu’il lut sur ses traits, la possessivité dans son attitude, sa posture, tirèrent un rire rauque au vampire. Ce rire qu’on ne pouvait avoir que lorsque la voix était chargée de désir, de plaisir, d’une envie irrésistible. Il attira alors Andy au plus près de lui pour partager leur baiser, récupérant son propre sang qui maculait son menton. Il voulait le mordre encore. Entrer en lui de toutes les manières possibles et imaginables. Leurs regards se croisèrent. S’accrochèrent. L’idée que le vampire eut précédemment s’évapora quand il observa l’humain descendre le long de son corps, rejoignant sa main qui s’afférait toujours autour de son membre tendu. Des tremblements le prenaient à chaque baiser, chaque caresse qu’il semait sur son chemin, dans l’expectative de ce qui allait arriver ensuite. Un long râle rauque et puissant s’échappa de la gorge du vampire alors que la bouche, les lèvres, la langue d’Andy l’entourèrent. Ce son vibra dans son corps, contre le canapé. Même le vampire assis le plus loin dans le Cirque avait sûrement pu l’entendre, le sentir jusque dans sa chair. La pièce sembla retenir son souffle, même si une bonne majorité de sa clientèle n’en avait aucunement besoin. Les ongles du vampire se plantèrent dans le rembourrage du canapé, perçant la housse de velours. Un nouveau grognement lui échappa lorsqu’il perdit la bataille contre son amant, laissant l’extase et l’orgasme le traverser comme un éclair. Il rompit leur contact visuel, rejetant la tête en arrière, ne s’attardant guère pour savoir si Andy avait reculé son visage, enlevé la bouche de son membre alors qu’il jouit.

Son corps fut secoué de tremblements pendant un moment qui lui semblait interminable, même pour lui, un vampire. Ses prunelles ardentes retrouvèrent alors le visage d’Andy et il se plia en deux pour venir placer ses mains de chaque côté pour l’embrasser. Il pouvait goûter sa propre saveur sur ses lèvres, sa langue. Il s’en fichait. Il léchait ses lèvres, les mordillait, bien incapable de se décider. Ses mains descendirent ensuite le long du dos de l’humain, passant sous la ceinture de son pantalon, l’élastique de son sous-vêtement pour l’en débarrasser rapidement, libérant son membre tendu, reflet du sien, à nouveau près, pourtant si peu de temps après l’orgasme. Il détacha les lèvres des siennes et grogna, tout près de sa bouche. Mien. Il n’avait pas haussé le ton. Sa voix n’était tout au plus qu’un murmure. Mais il était sûr que tous l’avaient entendu dans le Cirque. Il repoussa Andy sur le canapé et le surplomba de toute sa large silhouette pendant un moment, détaillant son corps offert à son regard dans son plein simple appareil comme s’il salivait devant le plus précieux des desserts. Puis il laissa son corps descendre sur le sien. Son membre dur reposa un instant contre son ventre plat, si proche de l’autre. D’un mouvement leste et habile, Vlad souleva les hanches de son amant humain. Il sentit l’intimité de ce dernier contre la sienne pendant un bref instant avant qu’il ne s’enfonce profondément en lui, ses hanches soulevées offrant un angle parfait. Le vampire grogna d’aise et se laissa retomber le long du corps de l’autre sans s’en déloger. Il lui mordilla le cou. Mien. murmura-t-il encore une fois contre sa peau. Puis il commença de longs et lents va-et-viens.

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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mer 27 Aoû - 17:51

Lucern n’avait jamais fait face à tant de luxure en une même soirée, en une seule fois, jamais. Au moment où le plaisir avait atteint son paroxysme et que son corps tout entier s’était contracté, aucune partie de son esprit, ni même de son inconscient n’osa se focaliser sur autre chose que le pur plaisir qu’il prenait en cet instant. Même la précédente douleur de la morsure avait laissé place à de nouvelles vagues de plaisir, sous une forme différente certes, mais qui ne l’avait pas moins troublé, loin de là. Mais Luc ne se serait arrêté là pour rien au monde. Peut être Vlad était la luxure incarnée, mais dans ce cas, le mutant représentait l’envie, et plutôt bien d’ailleurs !

La douleur revenait de temps à autres, mais toujours accompagnée d’une intense décharge qui traversait son corps entier. Il ne savait comment l’immortel s’y prenait, mais une chose était sûre : ça marchait du feu de Dieu ! Les baisers s’enchainèrent, sanglants ou non, Luc en voulait toujours plus. En obtenir, mais aussi en donner. Il voulait s’offrir à lui, faire comprendre au vampire que si ce dernier appartenait à l’humain, l’inverse était aussi vrai. Luc avait choisi de s’offrir à lui, d’être sien pour la soirée, et jusque là il n’avait pas regretté son choix. Affirmant ses convictions devant le plus grand nombre, se foutant sur le coup qu’ils soient humains ou non, le mutant avait fait forte impression, auprès de son amant en particulier. L’entendre rire le rassura, en quelques sortes, et le trentenaire ne se gêna pas pour reprendre là où il s’était arrêté, maintenant qu’il avait bel et bien annoncé que les places étaient prises, chez l’un comme chez l’autre !

Descendu jusqu’à l’intimité du vampire, l’objectif n’avait pas changé. Lui donner du plaisir jusqu’à plus faim, et lui montrer que l’un appartenait à l’autre, et réciproquement. Ses gestes étaient lents, mesurés et surtout très assurés. Il savait comment s’y prendre pour le faire haleter, languir, le rendre impatient ou le faire grimper au plafond. Chacune de ses qualités en la matière y passa, et sentir le vampire grogner de plaisir fut sa plus belle récompense. De temps à autres, sa main libre allait aussi titiller le reste de son intimité, pour le stimuler bien plus que de raison. Ce fut d’ailleurs dans un de ces moments que le vampire céda enfin sous toutes les caresses de Luc, qui ne laissa rien échapper, absolument rien. Comme s’il allait laisser à quelqu’un l’occasion d’imaginer ce qu’il s’était passé, grâce à quelques traces sur le divan ! ET PUIS QUOI ENCORE ? JE VAIS TE LE GRAVER DANS LA RETINE CE MOMENT, ET TU RISQUES PAS DE L’OUBLIER DE SITÔT !

Un partout, la balle était dans le camp du vampire. Leurs regards se croisèrent, et sans un mot Lucern su que l’immortel n’en avait pas fini avec lui. Comme si cela faisait des jours non, des mois qu’il ne l’avait pas embrassé, le mortel soupira de soulagement tandis que leurs lèvres se retrouvaient de nouveau collées, et que leurs langues se caressaient, inlassablement. En moins de temps qu’il eu fallu pour le dire, l’humain se retrouva nu comme un ver, à la merci du prédateur. Pourtant, il n’avait pas peur et ne portait d’importance qu’au regard de l’immortel qui le fascinait. Il le vit se rapprocher, entendit le murmure qui résonna dans tout son corps et le combla de joie, et se laissa totalement faire, pour s’offrir comme jamais à son amant, maître ou propriétaire, peut être les trois en même temps, qui sait !

Sentir Vlad si près arracha un soupir au mutant, mais le sentir en lui le coupa totalement. Expirant un espèce de râle, à mi-chemin entre la douleur passagère et l’extase, il se cramponna littéralement aux omoplates du vampire et lacéra son dos en réponse à son entrée en lui. L’un contre l’autre, l’un dans l’autre, ils ne faisaient réellement plus qu’un. Luc considérait que réellement faire l’amour requerrait autre chose que se prendre dans n’importe quelle position, ça, c’était baiser, parfois même comme des chiens ou des lapins. Non, il devait y avoir quelque chose de plus, quelque chose de proche et pourtant insaisissable, comme en cet instant. Il l’entendit de nouveau murmurer et y répondit simplement « Tien. Et mien. » Entre deux coups de reins, seul moment où il pouvait parler sans expirer un nouveau râle de plaisir. Embrassant son cou, il le mordilla de temps à autres, tandis qu’il le sentait, son membre froid dans ses entrailles en fusion. Parfois, il lui mordillait aussi l’oreille, glissant un petit « Mien … » que ce soit dans un râle ou pendant que l’autre lui laissait le temps de reprendre un peu d’air, et que l’humain en profitait aussi pour caresser son oreille avec sa langue.

Mais il restait humain, et incapable de tenir bien longtemps face aux assauts du vampire. Rapidement, ses râles de plaisir devinrent une complainte ininterrompue, le sommant de l’achever au plus vite. Ses entrailles étaient bouillantes, son membre était tendu à l’extrême et tout son corps réclamait que justice soit faite. Le serrant de nouveau contre lui, bras et jambes contre le dos de l’immortel, Luc ne fut pas plus bruyant que ça en venant. Simplement un nouveau râle, étouffé dans une morsure du cou de son amant, qu’il n’avait pu réprimer. C’était ça, ou hurler tellement fort que même un humain bouché en train de se faire pilonner dans les parages s’en trouverait perturbé ! Toute la tension de son corps s’échappa enfin, et il resta plusieurs dizaines de secondes, contre son vampire, dans ce qui ressemblait simplement à une douce étreinte de l’être aimé – et qui l’était sûrement. Une fois revenu complètement à lui, il daigna cesser d’étouffer son homme pour le fixer longuement, les yeux dans les yeux, puis l’embrasser avec passion. « Penses-tu encore avoir perdu ta soirée ? Pas moi en tout cas ! » Et il se mit à rire, toujours dans les bras de Vlad, qu’il n’aurait lâché pour rien au monde en cet instant.
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Jeu 28 Aoû - 14:04


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


Vlad ne pensait plus à rien d’autre que le corps chaud contre le sien. Plus rien n’avait d’importance, non. Plus rien d’autre. Il se fichait des regards qui s’attardaient encore sur leurs corps emmêlés. Le vampire n’était pas pudique. Il avait perdu cette facette de lui-même, son goût pour l’intimité et le secret, le plaisir caché, à mesure que les siècles s’égrainaient dans son existence. Ce n’était pas la première fois qu’il prenait un humain en public. Certainement pas la dernière. Il se rappelait bien les longues nuits à la Nouvelle-Orléans, accompagnés de ses compagnons vampires du moment. Même sous le regard déjà si vieux de la petite fille blonde qui les accompagnait, Vlad n’avait pas fait son timide. Elle pouvait être pire qu’eux, parfois. Dans de rares occasions, le Transylvanien se demandait ce qu’elle serait devenue si elle n’avait pas été exécutée, offerte à la lumière du soleil. Assurément, bien plus cruelle et sauvage que le plus vieux des Originels, Claudia serait devenue inarrêtable. Elle les aurait sûrement tous réduits à l’esclavage, aussi bien vampires que humains, mutants, sorciers et lycans, juste pour son bon plaisir et ses caprices. Parfois, Vlad se disait que, malgré le cœur brisé de Louis, ça n’était pas plus mal… Il avait lu, bien plus tard, une œuvre de fiction qui parlait d’une jeune reine vampire, transformée trop jeune, complètement folle. Les Originels n’étaient peut-être pas ce qu’il était arrivé de mieux au monde, mais ils valaient mieux qu’une gamine irascible et impatiente.

Pas même l’idée que Dorian pouvait l’entendre, le voir, ne l’arrêtait. Il ne pensait plus qu’à Andy, ou peu importait son véritable nom, en dessous de lui. Il n’en avait pas fini, oh ça non. Il le voulait tout entier, rien que pour lui. Leurs membres durs s’effleurèrent alors que Vlad soulevait ses hanches, ses mains bien accrochées à ses fesses. Il laissa son regard détaillé ce corps parfait sous le sien, bien plus viril en vérité que celui de Dorian. Peut-être était-ce pour cela que l’autre vampire l’avait appelé « gamin ». Car même s’il avait le même âge qu’Andy, Dorian et son léger côté androgyne paraissait plus jeune. Il avait goûté sa propre semence à l’intérieur de sa bouche. Il en voulait plus, toujours plus. Un soupir s’arracha d’entre les lèvres de l’humain alors qu’ils se frôlaient. Un frisson remonta le long de l’échine du vampire, un instant bref avant qu’il ne s’enfonce en lui, si loin, et pourtant avec une lenteur délicate. Il resta un instant ainsi, sans bouger, se contentant juste d’abaisser une nouvelle fois son corps pour recouvrir celui de son amant, cherchant ses lèvres et le liquide poisseux qui pouvait encore les maculer. Un râle sortit de la bouche de son compagnon alors que ses ongles se plantaient dans sa chair. Un grognement sourd remonta dans la cage thoracique du vampire alors que les plaies cicatrisaient presque immédiatement. Son dos se courba, envoyant ses reins au plus près de l’entre-jambe d’Andy. Son regard était avide et possessif. Personne d’autre ne l’aurait. Il ne savait pas bien pourquoi d’ailleurs. La soirée n’avait pas été prometteuse de ce genre de choses, ce genre d’émotions. Il tenait à Dorian, se prenait parfois à penser qu’il rachèterait sa liberté au propriétaire du club pour le faire uniquement sien… mais ça avait été après des années à le voir au Cirque. A cet instant, Vlad n’était pas bien sûr de vouloir partager Andy avec quiconque. Ni maintenant, ni ici, ni plus tard, ni ailleurs.

Une de ses mains remonta le long de son flanc, dans une caresse hachée par le désir qui grimpait en lui, le rendant encore plus dur, plus tendu à l’intérieur de l’humain. La sensation de son membre dressé et bouillant contre son ventre ne faisait rien pour arranger cela. Tien. Et mien. Vlad força un soupir hors de ses lèvres si proches du cou d’Andy. Il sentit ses dents mordre sa chair sans la percer et ses coups de reins se firent plus puissants, faisant grincer le canapé sous eux. L’autre main du vampire s’empara de l’accoudoir du siège et ses ongles créèrent de nouveau trous dans le revêtement délicat, égratignant le panneau de bois à l’intérieur qui lui donnait sa forme. Mien … La langue caressant son oreille lui tira un long frisson. Le vampire ouvrit la bouche, comme s’il s’apprêtait à mordre, mais il s’arrêta juste avant, de peur d’y aller trop fort. Il n’était plus bien sûr de contrôler la force de ses mâchoires. Il se contenta alors d’embrasser avec une passion à peine retenue son amant, forçant sa langue dans sa bouche. Il grognait contre ses lèvres, sa main qui n’était pas crispée descendant pour jouer avec le membre libre d’Andy et plus encore. Ses caresses étaient douces comparées à ses coups de reins à l’intérieur de lui. Le monde autour d’eux n’existait plus. Il n’y avait plus de vampires autour d’eux. Plus d’humains. Plus personne. Vlad ne voyait plus que Andy. Il ne comprenait pas. Il ne voulait le voir avec personne d’autre que lui. Il était sien. Il ne partageait pas. Jamais. La sensation était si forte qu’elle lui faisait presque peur. Il ne l’avait pas ressentie aussi forte, aussi vite, depuis très longtemps.

Les râles de son amant se transformèrent. Ininterrompus. Vlad lui mordillait le cou, l’épaule, l’oreille. La tension dans son corps tout entier était intenable. Il le sentait vibrer contre sa main, contre son ventre. Une dernière poussée à l’intérieur de lui, juste une dernière. La glace affrontant le feu ardent. Un long frisson remonta tout le long de l’échine du vampire à l’instant même où Andy se cramponnait à lui de toutes ses forces, plantant ses dents dans son cou, sauvagement, étouffant un hurlement d’extase. Un grondement sourd, puissant et rauque remonta dans la gorge du vampire, faisant vibrer tout son être alors qu’il jouit en même temps que son amant. Il sentit le fluide visqueux de ce dernier sur son ventre entre ses doigts. Puis, le corps si tendu se relâcha dans cette brume épaisse d’après l’orgasme. Même la silhouette du vampire s’affaissa légèrement, sans pour autant écraser son partenaire. Il pouvait percevoir son cœur affolé battre contre sa poitrine et se calmer progressivement. Vlad baissa les yeux, accrocha le regard d’Andy, emmenant ses lèvres aux siennes pour un baiser toujours passionné. Penses-tu encore avoir perdu ta soirée ? Pas moi en tout cas ! Un sourire en coin répondit au rire d’Andy. Sa main bloquée entre leurs deux corps caressait toujours doucement le membre fatigué de l’humain. Le vampire se retira avec lenteur et, toujours dans les bras de son humain, il se laissa retomber sur le côté, dans le peu de place que leurs deux corps lui laissaient sur le canapé. Il détacha ses doigts du pauvre siège abimé et glissa l’un de ses doigts le long de la mâchoire d’Andy. Certainement pas. Elle a même dépassé mes espérances.

Vlad se détacha légèrement de l’étreinte de l’humain, laissant son visage rejoindre son autre main pour nettoyer le membre plus si dur de son amant de sa langue. Il le sentait fatigué, évidemment. Lui-même était parfaitement comblé, bien que ne ressentant pas de fatigue. Il voulait juste… il ne savait pas très bien, en vérité. En de longs coups de langue habiles et lents, il le débarrassa des restes de son extase. Bien vite pourtant, il retrouva les bras d’Andy, sa bouche, pour un baiser plus sage, sous peine de se voir encore prêt et impatient. Leurs corps nus pressés l’un contre l’autre n’aidaient pas forcément à rester de marbre, il fallait bien l’avouer. Finalement, il posa ses prunelles ardentes sur chaque visage qui les entourait. Tous semblaient vaquer à leurs occupations, mais Vlad n’était pas dupe : aucun n’avait loupé cette petite démonstration. Le seul qui manquait à l’appel était Dorian. L’ancien prince pouvait le comprendre, parfaitement. Il baissa finalement à nouveau les yeux vers Andy et un sourire taquin étira ses lèvres. Je crois qu’ils ont saisi le message. Il se pencha, prenant la lèvre inférieure de son amant entre ses dents pour la tirer légèrement, malicieux. Son nez se glissa ensuite vers son oreille, le long de la courbe de son cou, qu’il lécha avec délectation, goûtant la sueur salée qui avait perlé sur sa peau. Mmmh… ronronna-t-il dans le creux de son épaule, les yeux presque clos. On aurait pu le croire presque assoupi, mais il était encore bien vif en vérité. Ça faisait longtemps que je n’avais pas passé une nuit telle que celle-ci… Il rouvrit les yeux, prit appui sur son coude et regarda Andy, leurs bras et leurs jambes toujours emmêlés. Merci. Il l’embrassa encore, tendrement, avec attention, sans précipitation, puis l’observa avec application, presque trop sérieux, une légère ride barrant son front. Il se demandait s’il aurait la chance de le revoir. La possessivité habitait toujours son corps mais il ne savait même pas son véritable nom, ni son adresse, ni même son métier. A cette pensée, il attira la main droite d’Andy vers sa bouche et entreprit de suçoter et de mordiller chacun de ses doigts. J’espère que tu ne vas pas disparaître dans la nature après tout cela… Un sourire pas si confiant que ça s’étala sur le visage du vampire qui mordillait le pouce d’Andy presque distraitement.

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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Jeu 28 Aoû - 18:36

Lucern était perdu. Perdu dans ses pensées, ses émotions, ses sensations, et plus simplement dans les bras de son amant, d’où il n’était pas pressé de retrouver la sortie ! Il ne savait comment définir ce qu’il leur était arrivé, ignorant même s’il existait des morts pour ça. Percevant la réponse du vampire, il esquissa un nouveau sourire, satisfait. Chose ô combien surprenante, bien qu’ils en avaient apparemment fini – pour Lucern du moins – Vlad vint à redescendre vers son intimité et lui offrir quelque chose de … Singulier. Lâchant d’abord un soupir de plaisir en le sentant glisser sur sa peau, il se cambra et fut traversé par plusieurs soubresauts tandis que l’immortel s’affairait à la tâche. Surpris par son insistance, il ne pu que l’aider un peu en plongeant sa main dans la tignasse de l’homme et la serrer, tentant vainement d’intimer un mouvement ressemblant à une caresse sur son cuir chevelu.

Une fois que son amant fût remonté jusqu’à lui, il ne pu s’empêcher de l’embrasser, malgré la fatigue plus qu’évidente qui marquait sa respiration, plus profonde et saccadée qu’en temps normal. Il ne se lassait pas de l’admirer, s’amusait à imaginer à quoi un être si intriguant pouvait penser, et fut de nouveau surpris d’entendre parler d’hypothétiques spectateurs. « Je crois aussi ! Et je pense qu’ils n’essaieront pas de m’approcher de sitôt après ça … J’espère qu’on ne leur a pas fait trop peur non plus … » Dit sur un ton à peine provocateur, qui montrait que la situation l’amusait au plus haut point, Luc se mit à rire de nouveau. Mais son souffle redevint vite un long soupir non, un léger râle quand Vlad sembla revenir à la charge. Bordel, n’arrêtait-il jamais ?

Profitant de chaque instant, il s’amusait aussi à caresser doucement du pouce la peau glacée du vampire, peu importe où sa main l’emmenait. Il aimait ce genre de petites attention, savait qu’elles faisaient leur petit effet et surtout : elles lui faisaient de l’effet à lui ! Il agissait par pur égoïsme, caressant ce qui était sien, qu’il avait clamé haut et fort sans la moindre gêne, et ce à quoi personne n’avait osé dire quelque chose. Cela faisait des années qu’il n’avait pas voulu un objet ou une personne avec tant de … D’enthousiasme ! Ouais, c’était peut être un euphémisme de dire ça, mais il ne trouvait pas de mot pour convenir à sa pensée … Peut être parce qu’il n’y en avait finalement pas !

Durant un moment, chacun admira l’autre. En réponse à une déclaration semblant fort honnête de la part de l’immortel, il répondit, sans même y réfléchir « Je dois t’avouer que cela faisait assez longtemps pour moi aussi ! » De nouveaux baisers, salvateurs, lui apportant à chaque fois une nouvelle dose d’endorphine. Il ignorait si c’était le sang ou la séance de sport improvisée, mais il se sentait bien, fatigué mais vraiment bien « Merci à toi, de m’avoir aidé … Et pour tout le reste de cette nuit aussi ! » Il aurait pu rester comme ça, avec lui, contre lui, durant des heures, à le contempler et parler de temps à autres, que ce soit pour briser l’espèce de silence qui s’installait de temps en temps, ou encore exprimer des choses dont lui-même avait ignoré l’existence jusque là.

Surpris par les derniers mots du vampire, un regard étrange que Lucern lui jeta suffit à le trahir. Sur le coup, il ne comprit pas que le vampire puisse faire preuve d’un tel souci à son égard. Puis, il eût un espèce de déclic. Oh … Cela devenait intéressant, vraiment très intéressant ! Une lueur maligne avait pris place dans ses yeux, et amusé, il rétorqua « Aurais-tu donc peur de me perdre ? » Ce qu’il n’osa dire, mais qu’il ressentait pourtant si fort, c’était la réciprocité de ce sentiment. Il avait trouvé en Vlad quelque chose d’unique, auquel il s’était très vite attaché, malgré les appréhensions qu’il avait précédemment eues. Caressant la mâchoire de l’immortel, du bout de son pouce tandis que ses doigts se trouvaient étrangement stimulés, il rajouta « Je t’appartiens pour au moins cette soirée, n’est-ce pas ? Alors ne commence pas à te faire autant de souci dès maintenant … Et puis, si cela peut te rassurer … » Il inspira un bon coup, comme pour se rassurer lui-même « Non, je ne compte pas disparaître, pas comme ça, d’un instant à l’autre, ni te laisser avec quelques gamins, comme disait l’autre … » Etait-ce une preuve de protection ou de jalousie qu’il démontrait ? Lui-même l’ignorait. « Je pense que nous avons tout notre temps pour nous connaître, et même s’il faut que je revienne ici et que je doive de nouveau faire face à quelques brutes épaisses, je crois que je le referais, sans la moindre hésitation en fait ! » Il n’était pas troublé par ses mots, même en y réfléchissant. Il y a quelques heures encore, il se serait damné pour n’avoir ne serait-ce qu’imaginé proférer de tels propos, et à présent ceux-ci lui paraissaient tout à fait normaux. Que lui était-il arrivé, à lui, qui les détestait tant avant ? Ou peut être ne les comprenait-il pas, tout simplement …

Intrigué par sa propre vision des vampires, il demanda, curieux, tandis qu’il se lovait contre le corps de son amant, qu’il n’aurait laissé partir pour rien au monde « Parle-moi … De tout, de n’importe quoi, de ce que tu as vécu … Parle-moi de toi. » et il ferma doucement les yeux, prêt à l’écouter, ou peut être se faire bercer tandis que Morphée tentait de voler la vedette à son prince charmant.
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Ven 29 Aoû - 21:13


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


Je crois aussi ! Et je pense qu’ils n’essaieront pas de m’approcher de sitôt après ça … J’espère qu’on ne leur a pas fait trop peur non plus … Le sourire taquin du vampire s’envola de ses lèvres, bien sérieux tout d’un coup. Un grondement menaçait de monter dans sa gorge. Tout son être voulait hurler le mien !. Non, il ne voulait pas partager Andy avec aucun des vampires présents. Aucun. Rien que pour lui. Personne d’autre. Jamais. Il ravala pourtant sa superbe et se contenta de venir jouer avec sa lèvre inférieure. Il savait que l’humain était fatigué, qu’il avait tout donné pour cette soirée. Il ne pourrait plus rien, vraiment, avant qu’il ne se soit reposé… ou bien que Vlad ne lui donne encore un peu de sang. Mais le vampire ne voulait pas, non. Certains humains devenaient accros à cette substance, tels des drogués, et Vlad ne voulait pas de ça. Il ne voulait pas qu’Andy revienne vers lui pour le fluide qui coulait dans ses veines. Il voulait qu’il revienne pour son corps tout entier, cette âme qu’on disait perdue depuis des siècles. Ce cœur mort qui ne battait plus que pour se briser un peu plus à chaque fois qu’il songeait à son épouse disparue.

Il embrassait tranquillement la peau ferme d’Andy, promenant ses lèvres et sa langue au hasard de ses envies, sentant la main de l’autre s’aventurer aussi sur son corps pour le caresser. Le vampire émit un son profond, comme un ronronnement. Il aurait pu rester ainsi encore pendant une petite éternité. Dans l’étreinte chaude de son amant, sous le regard envieux des autres vampires. Il aurait pu aussi, sans ces prunelles sur leurs corps enchevêtrés. Dans une des nombreuses chambres de son manoir, par exemple. Peut-être pas la sienne, pas encore. Si rares étaient ceux qui avaient eu le droit d’y pénétrer à part ses serviteurs (encore qu’il n’y en avait réellement qu’un d’humain, en vérité)… et Joe. Il y avait là son trésor le plus précieux, celui qu’il gardait avec la jalousie d’une maman tigre protégeant ses petits : un tableau représentant son épouse et son fils. Il pouvait contempler leurs visages de tout son soûl, dans cette intimité qu’il avait décidé de garder uniquement pour lui. Finalement, il se redressa sur son coude et observa le corps fuselé d’Andy avec attention, résistant à l’envie d’y tracer le moindre sillon du bout des doigts. Je dois t’avouer que cela faisait assez longtemps pour moi aussi ! Un baiser, un soupir d’aise. La fatigue s’échappait de tous les pores de son amant. Pour le vampire, la nuit était encore jeune. Il resta pourtant ainsi, à le regarder, comme pour graver le moindre creux de son corps dans son esprit, un air bien sérieux sur le visage. Merci à toi, de m’avoir aidé … Et pour tout le reste de cette nuit aussi !

Vlad attira la main d’Andy pour suçoter chacun de ses doigts langoureusement. Pourtant, son sourire était bien moins confiant que ses gestes alors qu’il prononçait quelques paroles. Il ne s’attendait pas vraiment à la lueur maligne dans le regard d’Andy. Elle ne le rassura guère. Qui aurait cru qu’un vampire de plus de six siècles pouvait manquer de confiance en lui ? Qui aurait cru qu’il pourrait songer ne pas être un suffisamment bon amant pour qu’on n’aille pas voir ailleurs ? Aurais-tu donc peur de me perdre ? La lueur presque craintive qui éclaira le regard du vampire était la seule réponse qu’il fournit. Il aurait pu répondre que la ville était grande, que le hasard ne les replacerait peut-être pas sur le chemin l’un de l’autre. Qu’il se pourrait bien qu’ils ne se revoient jamais. Mais ce n’était pas vraiment cela qu’il l’inquiétait. Il avait peur — oui, peur — qu’Andy ne veuille plus le voir. Peut-être n’avait-il accédé à sa requête de la nuit juste parce qu’il l’avait tiré d’affaire, juste parce que ses lèvres sur la plaie au creux de sa main l’avaient stimulé suffisamment fort après tant d’années d’abstinence qu’il lui avait cédé ? Parce qu’une seule fois n’engageait à rien. Mais si les vampires étaient connus pour être libertins, il leur arrivait de se montrer les plus fidèles des compagnons quand ils trouvaient une personne qui éveillait leur intérêt, une personne qu’ils estimaient assez, qui leur faisait sentir quelque chose dans leur carcasse morte. Vlad appuya son visage contre le pouce qui caressait l’angle de sa mâchoire. Je t’appartiens pour au moins cette soirée, n’est-ce pas ? Alors ne commence pas à te faire autant de souci dès maintenant … Et puis, si cela peut te rassurer … La soirée, tout d’un coup, lui semblait bien trop courte pourtant. Comme s’il voulait grappiller quelques heures d’obscurité en plus. Il observa le torse d’Andy se soulever quand il prenait une grande inspiration.

Il attendait. Le temps semblait s’étirer, encore et encore, lui dérobant la suite de la phrase d’Andy pendant des secondes interminables. Non, je ne compte pas disparaître, pas comme ça, d’un instant à l’autre, ni te laisser avec quelques gamins, comme disait l’autre … Un petit sourire presque timide étira ses lèvres. Il pensa un instant à Dorian mais il sortit vite de ses pensées. Je pense que nous avons tout notre temps pour nous connaître, et même s’il faut que je revienne ici et que je doive de nouveau faire face à quelques brutes épaisses, je crois que je le referais, sans la moindre hésitation en fait ! Il libéra les doigts d’Andy et caressa doucement son visage du bout des doigts. Bien. Il ne trouvait rien d’autre à dire, vraiment. Il aimait entendre Andy le rassurer, d’une certaine façon. Il pouvait entendre la sincérité dans ses mots. La fatigue aussi. Si le jeune homme avait été éveillé durant toute la journée, il était normal qu’il soit fatigué. Il l’observait se blottir contre lui. Il était gelé pourtant. Il n’avait rien d’une bonne couette bien chaude dans laquelle on s’enroulait. Ses doigts se glissèrent dans ses cheveux. Parle-moi … De tout, de n’importe quoi, de ce que tu as vécu … Parle-moi de toi. Le corps du vampire s’immobilisa imperceptiblement. Son passé était l’une de ces choses qu’il protégeait le plus. Nombreuses étaient les rumeurs, les légendes, sur son compte. Tant d’histoires différentes. Des films, des livres, des séries TV. Son histoire en avait inspiré tellement d’autres qu’aucune n’était réellement la vraie. Personne, à part lui, ne savait ce qu’il avait réellement vécu. S’il n’y avait eu que les oreilles endormies d’Andy, il aurait pu tout lui raconter depuis le début, peut-être. Mais il sentait l’expectative envahir les autres vampires dans le club, l’oreille à l’affut.

Un long moment se passa sans que Vlad ne dise rien. Il repoussa une mèche courte sur le front d’Andy, observant son visage paisible. Il se souvenait bien de la peur qu’il y avait vue au moment où il avait posé les yeux sur lui. Puis le désir ardent qui bouillonnait dans ses veines. Il réfléchissait à ce qu’il pourrait bien lui dire. Je suis né… Il y a… six cent vingt ans… quelque part dans le fond de la Transylvanie, emprisonné entre les Carpates acérées… Sa voix était à peine un murmure, juste assez audible pour qu’Andy ne l’entende. Il était sûr que tous les autres n’en manquaient pas une goutte. Le monde n’était alors pas pareil… Il était sauvage, indomptable… Il fallait être cruel et sévère pour y survivre. Attentif et généreux pour y régner… J’avais une femme et un garçon. Il avait déjà sauté tout le pan de sa vie où il avait appris les sciences, la littérature, l’art de l’épée courbée, de la torture, du plaisir et de la mort. Il se tut encore durant un moment. Il pencha son visage vers celui d’Andy. Sa respiration s’était faite régulière et paisible. Son nez frôla sa tempe. Il pouvait sentir Morphée étirer ses bras autour de lui pour le lui dérober. Tout près de son oreille, si faiblement qu’il n’aurait su dire si l’humain l’avait entendu, Vlad prononça quelques mots qui n’atteignirent pas les autres vampires. Je les ai perdus tous les deux… dans ma soif irrépressible de trouver un moyen de les sauver… Il ne sut pas vraiment à quel moment le sommeil remporta la bataille. Sa voix s’était brisée sur ses dernières syllabes. Une larme teintée de rouge roula sur sa joue pour s’enfoncer dans les mèches de l’humain endormi. Il déposa un baiser sur la tempe d’Andy. Il ne voulait pas le réveiller. Il l’observa dormir. Sa respiration souleva son torse qui venait frôler le sien. D’un geste leste, sans déranger son compagnon, il s’empara d’une couverture — peut-être un des serveurs l’avait-il amenée, le vampire n’en savait rien — et la drapa autour de leurs corps pour que son amant n’attrape pas froid au contact de son corps gelé. Ses paupières remuèrent sous l’assaut d’un rêve. Vlad laissa son index glisser le long de son visage, espérant chasser le mauvais songe. Il avait l’impression de n’avoir jamais été autant paisible, pas même dans cet état semblable à la mort qui le prenait durant la journée.

Il aurait voulu le laisser dormir jusqu’au lever du jour, au moment où il devrait le laisser pour retourner à son manoir hermétique à la lumière du jour. Mais ce n’était pas sûr, même avec lui à ses côtés, qu’il dorme trop longtemps dans le Cirque. Si Vlad aimait le voir si vulnérable entre ses bras, il ne voulait pas que les autres vampires en profitent. Après un moment, il n’aurait su dire combien de minutes — peut-être une heure ? —, Vlad se pencha à nouveau sur le visage d’Andy et déposa un baiser léger sur ses lèvres. Andy… ? Il faut te réveiller… Ses doigts effleurèrent la courbe de son cou, espérant le réveiller en douceur.

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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Sam 30 Aoû - 0:28

Juste une petite provocation, rien de plus. Jamais Lucern ne s’était attendu à un tel regard, ni un tel silence en retour … Il n’était jamais simple de savoir ce à quoi l’autre pouvait penser, pourtant le mutant était très doué à un petit jeu similaire : supposer et imaginer ce que l’autre avait en tête. Pour mieux le connaître, le comprendre, le prévoir, et prévenir l’hypothétique mais perpétuel danger que l’autre représentait. Alors, même pour lui, enfin … Surtout pour lui, il était inconcevable que ce genre de chose ne fonctionne pas dans les deux sens, et encore plus que Vlad prenne un air pareil. Son ton avait été léger, son regard plein d’envie, il était s’était préparé à tout entendre en retour, mais pas ça, pas un tel silence. Alors, bien au delà de l’envie d’en dire plus, ce fut un véritable besoin qui se créa en lui, celui de se justifier, pour ne pas heurter la sensibilité de l’immortel. Il n’avait jamais cru ces créatures capables d’une telle possessivité, et même s’il en avait eu la preuve précédemment, il n’y croyait pas encore. Mais ce genre de détails remettaient tout en question, et bien plus que l’idée de ne pas faire les choses comme il le fallait, Luc se trouva tourmenté par ses propres pensées et la justesse de ses jugements. Bordel, pourquoi ça n’était jamais si simple ? Pourquoi VAMPIRE ne valait pas simplement MONSTRE, HUMAIN équivalait à VICTIME et MUTANT à TU DEVRAIS PAS EXISTER ? On ajoutait SORCIER à J’TE TROMPE AVEC MERE NATURE, LA CHAUDASSE et LOUP GAROU à GROS TRUC QUE J’ESPERE JAMAIS CROISER et le tableau serait parfait. Mais non, la réalité et la simplicité, ça faisait plus que deux, bien trop pour être compté ou mesuré en fait.

Alors il cessa de voir Vlad comme un vampire, et le considéra comme un être humain à part entière. La justesse de la vision n’en fut plus très bonne, mais celle de son jugement revint au galop ! Le reste vint alors tout seul. Bien plus que le jeu, l’idée de le faire languir en attente de son avis sur la question, il voulait le rassurer, car Lucern lui-même savait qu’il en avait besoin. Qu’eux deux en avaient besoin. La réponse de l’immortel fut brève, concise, presque cinglante. Et pourtant, bien que Luc ne pu en tirer aucune hypothèse supplémentaire, cela lui suffi, tout simplement. Il se contenterait de ça, car une telle réponse était tout ce dont il avait finalement besoin. Et puis … Il aurait été incapable de projeter plus longtemps les explications de Vlad par analogie, même pour essayer de trouver quelques repères dans son esprit. D’une, parce qu’il n’avait jamais rien vécu de tel jusque là, il n’y avait rien à comparer, rien sur lequel s’appuyer, aucun repère : chute libre. De deux, parce qu’il ne savait plus comment considérer le vampire, que chaque mot, chaque geste, chaque réaction qu’il percevait orientait la balance dans un état qui l’empêchait d’être lue avec précision et fidélité : t’as vraiment cru que c’était si simple, hein ? Et trois … Parce qu’il était en train de tomber de fatigue, ET QUE SON ESPRIT EN AVAIT UN PEU RAS LE BOL DE PENSER AUTANT A LA MINUTE ! TU SAIS LA JOURNEE QUE J’AI PASSE AVEC SES CONNERIES ? SOIS LA TETE D’UN NEVROSE PAREIL POUR UNE PETITE HEURE SEULEMENT, ENSUITE TU POURRAS TE PLAINDRE !  NON MAIS !

Le corps fatigué, l’esprit déjà embrumé, il écouta avec attention le début. La voix grave et suave du vampire lui caressait l’oreille, tout autant que l’air qui vibrait à son contact, mot après mot, syllabe après syllabe. Mieux qu’une berceuse, la voix douceâtre et pourtant si rassurante le porta rapidement dans le monde des rêves. Puis son inconscient perçu quelque chose, quelques mots, innocents – un  aveu – qui changèrent radicalement le point de vue sur lequel son rêve allait se baser. Comme si on avait changé les racines, l’arbre dans lequel se répandaient les branches et feuilles de ses pensées prit une toute autre forme, bien loin de la béatitude dans laquelle il s’était endormi, et encore plus de la sérénité qui l’avait habité précédemment. Son rêve, utopie d’une vie calme et heureuse, se transforma vite en un océan de tourments. Hope était apparue en première, et les mots du vampire s’étaient associés à son image pour fournir la pire des vues au mutant. Il la voyait mourir, encore et encore, sous ses yeux. Son esprit avait imaginé et projeté la scène un nombre incalculable de fois, et même s’il n’avait assisté au massacre, il avait pu aisément imaginer et supposer tous les cas de figures, avec les données en tête. Le problème, c’était que son inconscient s’en servait aussi, dans le mauvais sens puisque cela lui permettait d’exacerber la moindre de ses angoisses, et utiliser l’analogie pour non pas le rassurer mais lui faire perdre pied encore plus vite. L’esprit en chute libre dans les limbes, les limites de son inconscient, le néant même, il tenta de littéralement se raccrocher à la réalité, en vain.

Luc n’avait jamais été bruyant en dormant. Il n’était pas du genre à murmurer ou hurler dans son sommeil, ni à être pris par des suées monstres ou des crises de paniques palpables par n’importe qui se trouvait dans la pièce. Pas tant qu’il était endormi en tout cas. La seule chose qu’il se permettait, c’était d’avoir une respiration un peu plus forte, un tantinet sifflante, et de bouger, beaucoup se déplacer, à la recherche d’une base, un rocher auquel s’accrocher. Le rocher en question fut la peau du vampire, que le dos de sa main effleura doucement. Sous la dureté de celle-ci et surtout sa froideur, il n’insista pas, considérant cette base comme tout sauf accueillante et rassurante. Il se trompait, mais allez le lui dire dans son état ! Sans la moindre attache, son rêve partit encore plus loin, trop loin. Ses pensées et réflexions du jour vinrent compléter son rêve, et surtout achever l’esprit tourmenté de l’homme. Il s’était posé nombre de questions existentielles, avait tiqué sur quelques détails amusant, mais avait surtout beaucoup trop raisonné et traité de données pour que son cerveau ne le supporte une minute de plus. L’apothéose de son rêve, le paroxysme de la douleur et le paradoxe – plus qu’amusant en y réfléchissant posément et hors contexte – qui le tiraillaient en cet instant furent un combo qu’il ne pu supporter, et qui le déchirèrent intérieurement.

Il s’était demandé si les vampires étaient vraiment tous des monstres. Mais Vlad avait tout remis en question. Alors la question suivante était : Si ce n’étaient pas des monstres, qu’ais-je réveillé, torturé et tué ? Etaient-ce des monstres ? Furent-ils un jour plus humain que moi ? Et … Que cela faisait-il de moi ? Ajoutez à cela le début de son rêve qui tournait en boucle et vous obtenez l’archétype du songe à la con : une somme de grand n’importe quoi qui vient donner un sens à toutes vos pensées. Pas forcément le bon, encore moins celui dont vous avez besoin, mais un sens quand même, auquel vous tentez de vous raccrocher. Sauf que le sens en question, la morale sadique pour ne pas dire salope, ce fut que c’était lui le monstre. Et il était en train de tuer sa compagne, encore et encore, y prenant grand plaisir. Tous les moyens utilisés par les vampires pour la blesser et la tuer, il les avait imaginés, et maintenant il se voyait les exploiter, contre elle. Une suggestion de la part de sa peau, stimulée en temps réel, vint lui proposer d’étrangler Hope tant qu’il y était, et il le fit. Il la vit suffoquer, et surtout il la sentit mourir, à répétition. La vision en était horrible, mais pas autant que la sensation. Car il projetait de nouveau, et se sentait mourir en même temps, se sentait étranglé, au contact d’une peau si gelée qui était en train de le tuer. Le tuer … Et il se réveilla.

Autant son sommeil était doux pour les yeux et reposant pour l’âme – ou ce qu’il en restait, selon qui le lorgnait – autant les réveils étaient quelquefois assez sportifs. Et celui-ci en fut, inévitablement. Sentir une pression glacée sur sa peau, sur son cou, suffit à le réveiller au bout de quelques secondes. Les mots de l’immortel furent un coup dans l’eau, car le mutant avait l’oreille plus que dure une fois bien endormi … En y réfléchissant un peu, c’était quand même un sacré connard son inconscient, l’orientant vers des pensées peu joyeuses pour un murmure, et incapable de l’en sortir quand on l’appelle, parce que monsieur était trop claqué, ben voyons ! Plus sérieusement, trop peut-être, le retour à la réalité fut très dur, et violent. Dans un sursaut, Luc se réveilla. Les premières images et sensations accompagnant le monde physique vinrent s’allier à l’onirique, pour parachever sa vision d’horreur. Vlad essayait de le tuer, avec insistance, de la même manière que Hope était morte. Ce fut la première pensée qui habita son esprit un peu trop éveillé et qui le fit reculer violemment contre le dossier du canapé. Esquivant habilement la main du mort, il se recroquevilla un peu, ne cria pas, certes, mais fut suffisamment paniqué pour que le froid traverse son corps d’un coup et lui en file des espèces de sueurs complètement gelées, à l’intérieur même de son être. Son cœur ne manqua pas de faire quelques bonds et ses yeux reflétèrent une peur sans fin, qui ne dura pas éternellement – encore heureux – mais bien assez longtemps pour donner une vision plus ou moins erronée de la situation, pour quiconque l'observerait, de près ou de loin !

Une fois qu’il eût repris pied dans la réalité et parvenu à séparer l’imaginaire du tangible, il haleta un peu, manquant cruellement d’air. Il ne comprenait pas ce qu’il lui était arrivé, et avant de prononcer un traitre mot, il usa de toutes ses capacités mentales pour remonter l’arbre de son rêve et en tirer quelque chose de concret. Car même s’il est difficile de se souvenir de ses rêves sur le long terme, l’inverse n’est pas vrai sur le court terme, pas pour lui en tout cas. Il se souvenait avec précision de bien trop d’images, de son et sensations, qui lui permirent de remonter jusqu’aux sources de son angoisse : la peur de la perdre. Son sens de l’analogie fonctionnant particulièrement bien à son réveil, il y associa les derniers mots du vampire, qu’il n’aurait jamais du entendre, et posa alors un tout autre regard sur lui. Il n’y avait dans celui-ci aucune pitié, aucune prise de haut, simplement une compassion qui n’avait pas de limite … En connaissance de cause. Il resta à le toiser durant plusieurs dizaines de secondes, impassible, puis il se décida à finalement le serrer dans ses bras. Cela n’avait rien du genre de câlin qui sert à se rassurer soi-même, mais bien de celui destiné à rassurer l’autre, sans concessions. Ses bras serrés contre lui, il laissa instinctivement une main remonter jusqu’à la base de son cou, et caresser doucement celui-ci. Dans un soupir, il lui glissa à l’oreille, avec autant de sincérité que de simplicité « Je suis désolé, sincèrement. »

Seul Vlad saurait de quoi Lucern parlait. Les autres penseraient sûrement que l’homme voulait s’excuser de l’avoir pris pour un monstre voulant lui faire la peau, mais les deux étaient dans un tout autre monde, hermétique à ce genre de conneries pour incultes spéculateurs, curieux et jaloux. Dans ces quelques mots, Luc s’était aussi lui-même mis à nu. Chose rare et ô combien exceptionnelle, il exprimait par sa compréhension le fait qu’il avait aussi vécu cela, et qu’ils se ressemblaient en un sens beaucoup plus que sa logique le sous entendait, ou l’avait précédemment fait comprendre pour être exact. Ayant tout de même un peu froid – entre la température de son corps qui avait eu le temps de chuter un peu dans son sommeil, et la froideur maintenant normale de la peau du vampire – il se dépêcha de se rhabiller. Le bas fut vite scellé et le haut remis, malgré les boutons de la chemise qui n’étaient plus. Il croisa donc les pans du vêtement contre lui et fit un geste clair au serveur qui arriva prestement. Il commanda un nouvel alcool fort et en avala rapidement une gorgée. Réveillé, quelque peu rassuré, il se cala de nouveau dans les bras du vampire. Il ne comptait pas s’endormir, simplement s’en tenir à ce qu’il avait précédemment dit : lui appartenir aussi longtemps que la soirée le lui permettrait.

Toutefois, il ne pu s’empêcher de murmurer, certain que l’immortel – et les autres, qui eux n’y comprendraient plus rien, grand bien leur fasse – percevrait tout clairement « Je suis désolé de t’avoir surpris. Il m’arrive de faire quelques mauvais rêves, mais celui-ci était particulièrement prenant, et le réveil a été … Plus violent que d’habitude. » Remarquant quelque chose de choquant à présent, il reprit, un peu amusé « C’est toi qui a fait demander cette couverture ? Je n’étais pas gelé à ce point quand même, si ? » Puis il laissa son regard vagabonder dans la salle. Personne ne les regardait, il ignorait si on les écoutait mais il s’en foutait. Toutefois, lorsqu’il toisa une personne avec insistance, et que celle-ci ne daigna pas le lâcher, il se remit à réfléchir à pleine vitesse. Il n’avait pas peur, loin de là. En réalité, il était plutôt intrigué ... Non, c’était bien pire que ça. Avec une pointe de répréhension – peut être en avance de ce que Vlad pourrait lui dire – il demanda, calmement, sans daigner lâcher ladite personne du regard « Tu pourrais me parler du gamin dont l’autre a fait référence ? Ca m’intrigue … » Car oui, Lucern avait déjà une petite idée de qui pouvait être la seule personne ne craignant à présent pas son regard, et même l’audace d’imaginer ce que cette hypothétique personne aurait pu faire … Comme par exemple ramener la couverture et se rapprocher de son vampire en toute impunité. Certes, la projection atteignait un stade plus communément appelé paranoïa, mais entre tout ce qu’il pensait et ressentait, il ne pouvait s’empêcher de se faire du souci pour l’immortel, et surtout pour la force de ses sentiments à son égard. On ne refera pas le monde, encore moins celui en constante évolution dans lequel Lucern vivait.
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Dim 31 Aoû - 11:39


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


Vlad craignait pour le sommeil d’Andy. Il ne connaissait réellement aucun des vampires qui étaient présents dans le club cette nuit-là. Il les savait plus jeunes que lui, dans cet instinct primitif que semblait posséder les vampires, mais rien de plus. Il savait pourtant que chacun pouvait posséder potentiellement un pouvoir, tout comme Vlad en possédait un aussi. S’il pouvait commander aux animaux nocturnes, leur parler, les comprendre, éprouver une affinité avec eux, il ne doutait pas que ceux de la même espèce que lui pouvaient faire bien d’autres choses. Il en avait été témoin au cours des siècles qu’il avait traversés. Il ne doutait pas qu’un vampire, quelque part, pouvait posséder le pouvoir de s’insinuer dans les rêves. Ça aurait été logique, n’est-ce pas, qu’une créature de la nuit puisse entrer dans les songes des autres pour y glisser des idées malvenues, terrifiantes ou tout à fait contraires à ce que leur individu conscient pouvait penser. Profiter qu’un humain dorme, glisser dans sa tête un rêve bien ficelé, le détourner de tout ce en quoi il croyait et bien plus encore. Ça aurait été un pouvoir incroyablement puissant pour une créature le maîtrisant à la perfection. Et Vlad avait peur que leur petite représentation sexuelle n’en ait chamboulé un certain nombre. Les vampires étaient jaloux, possessifs. Si l’un d’entre eux avait eu dans l’idée de s’emparer d’Andy après tout cela, sans avoir à défier ouvertement Vlad, et s’il possédait ce pouvoir, c’était sûrement ainsi qu’il le ferait. Il n’y avait pas que la force et la puissance qui s’étaient décuplées au fil des siècles chez le vampire transylvanien, non. Son imagination déjà fertile conduisant à des tortures efficaces et sanglantes, à des scènes d’amour exceptionnelles, avait été nourrie à mesure que le temps passait et le menait sur un terrain glissant à cet instant, à d’autres également dans le passé. Dans le passé, quand il avait cru pouvoir ramener Ileana. Quand il avait vainement pensé qu’il pourrait trouver un moyen de retrouver son fils qu’il avait envoyé au loin, sans savoir exactement où. A cet instant, quand il craignait qu’un vampire avec un tel pouvoir se trouvait dans la pièce.

Cette imagination eut presque raison de lui lorsqu’Andy se réveilla enfin. Et qu’il se jeta contre le dossier du canapé comme pour mettre le plus de distance possible entre eux deux. L’humain chassa sa main et une lueur terrifiée naquit dans son regard affolé. Le cœur mort de Vlad se serra et la tristesse envahit ses traits. S’il avait encore été humain, il aurait déglutit péniblement. Les secondes qui s’étirèrent ensuite furent si longues aux yeux de l’immortel qu’il avait l’impression que son existence s’était réduite d’un coup. Les secondes étaient d’habitude si courte à ses yeux, quand ses années à venir étaient encore si nombreuses. Il allait se recroqueviller à son tour, peut-être même se lever du canapé pour laisser à Andy l’espace dont il avait besoin, quand son amant effrayé finit par venir se blottir contre son corps gelé et plus immobile encore qu’une statue de marbre. Il sentit l’une de ses mains remonter le long de son torse pour venir dans son cou. Finalement, Vlad passa ses bras autour d’Andy et le serra aussi fort qu’il le put sans lui briser les os. Il l’entoura de tout son corps, comme s’il avait besoin de sentir sa chaleur contre lui. Comme un papillon ayant désespérément besoin de sa lumière, au risque de se brûler les ailes. Je suis désolé, sincèrement. Vlad crut un instant qu’il parlait de son réveil brutal. Mais quelque chose dans sa voix lui fit comprendre qu’il ne parlait pas de ça. Non. Il avait entendu les mots que le vampire avait prononcés quand Morphée l’avalait goulument. Il parlait de sa femme, de son fils, qu’il avait perdu. Le cœur glacé du vampire se serra encore une fois et un sanglot vint s’étrangler dans sa gorge. Pourtant, son visage ne laissait rien paraître. Il ne pouvait pas laisser les autres vampires se repaître de sa douleur. De sa faiblesse. Celle qui marchait sur son cadavre depuis l’éternité qu’il avait passée dans ce corps mort.

Mais surtout, il comprit qu’Andy avait subi une perte similaire. Alors qu’il s’écartait de lui pour se rhabiller, il détailla son visage. Ses doigts tremblant peut-être encore un peu suite au cauchemar qu’il avait fait. Il avait du rêver — si on pouvait employer ce terme — de l’être aimé qu’il avait perdu. Vlad ne pouvait que comprendre que le froid glacial d’un vampire sur sa chair n’avait été d’aucun réconfort. Il le savait pertinemment. Il ne le savait que trop bien quand, il y a des siècles de ça, dans un élan de conscience accru, il avait refusé de voir son fils pendant des jours, après le suicide de son épouse… Alors que le petit garçon aurait eu besoin de son père. Mais Vlad n’aurait pu supporter de le voir terrifié face à ce qu’il était devenu. Pis encore, il n’aurait pas pu supporter de lui faire du mal dans un élan violent et sanguinaire. Il se mâchouillait la lèvre inférieure quand le serveur revint avec un verre d’alcool ambré pour Andy. Il ne prit pas la peine de se rhabiller, lui. Il n’était pas pudique, ne l’avait jamais été. Et il n’allait certainement pas attraper froid. Il écarta les bras quand le jeune homme vint se blottir à nouveau contre lui. Il aimait le sentir contre son corps, même dans cette simple étreinte parfaitement chaste, si on oubliait sa nudité. Il glissa ses doigts dans les mèches courtes d’Andy, son autre bras l’entourant comme pour l’empêcher de le quitter. Lui qui avait été satisfait de voir un soupçon de peur dans le regard d’Andy à leur rencontre, de le voir se mêler au désir et à l’envie… Il ne supportait plus de voir la terreur dans ses yeux. Surtout pas quand c’était lui qu’il regardait et pas un autre monstre… Car malgré toute la douceur dont il pouvait faire preuve envers les êtres qu’il chérissait, Vlad savait qu’il ne dérogeait pas au qualificatif. Il restait un monstre malgré tout. Tuant, violentant, blessant. Parfois aussi bien par ses actes que par ses mots.

Il glissa sa joue contre celle d’Andy. Je suis désolé de t’avoir surpris. Il m’arrive de faire quelques mauvais rêves, mais celui-ci était particulièrement prenant, et le réveil a été … Plus violent que d’habitude.Ce n’est pas grave… répondit-il simplement, sa voix un peu grave à cause de sa gorge toujours serrée au souvenir de sa famille, de la peur dans les yeux de son amant. Ce n’était pas tout à fait vrai. Il n’avait jamais vu l’un de ses amants se réveiller ainsi. En tout cas pas l’un de ceux qu’il appréciait réellement. Ça lui était arrivé de jouer avec d’autres, ceux qu’il voulait faire souffrir et traumatiser… Oui, Vlad était bel et bien un monstre parfois. Glisser ses ennemis dans l’extase pour les en ressortir abruptement avec de la terreur pure. De la douleur bien trop intense pour se mêler agréablement avec le plaisir. Mais il n’avait pas voulu ça pour Andy, certainement pas. C’est toi qui a fait demander cette couverture ? Je n’étais pas gelé à ce point quand même, si ? Le regard de Vlad dériva vers la couverture qui trainait toujours sur le canapé. Il haussa les épaules, très légèrement, pour ne pas déloger Andy d’entre ses bras. J’ai eu peur que tu n’ais froid… On ne peut pas vraiment dire que mon corps dégage de la chaleur… C’était une des choses qui lui manquaient parfois tellement depuis sa transformation. Le réconfort venait souvent de la chaleur que l’on partageait avec quelqu’un d’autre. Dans une étreinte ou emmêlés sous les draps. Mais il était perpétuellement gelé, comme incapable d’être réconforté, comme incapable de réconforter.

Vlad sentit le corps d’Andy se tendre contre le sien. Ou peut-être n’était-ce qu’un mouvement imperceptible de ses muscles. Mais le vampire devina qu’il y avait quelque chose qui le chagrinait. Il ne pouvait pas réellement voir dans quelle direction il regardait. Il ne pouvait pas deviner ce qu’il l’avait fait changé d’attitude ainsi. Jusqu’à ce qu’il ne parle. Tu pourrais me parler du gamin dont l’autre a fait référence ? Ca m’intrigue … Ainsi, il remarqua à son tour Dorian, à demi dans l’ombre, un peu plus loin. Leurs regards se croisèrent. Le jeune humain soutint les prunelles sombres de son Prince avant de se détourner et de s’enfuir derrière une porte de service. Pourtant, Vlad n’avait été aucunement menaçant, rien du tout. Peut-être Dorian ne supportait-il simplement pas que le vampire donne son étreinte damnée à un autre humain, surtout dans ses murs, où il était sensé lui appartenir. Vlad força un petit soupir à franchir ses lèvres. Peut-être avait-il trouvé la raison pour laquelle il n’avait toujours pas racheté l’humain au Cirque pour le faire uniquement sien, comme une princesse enfermée dans sa tour. Pour son unique plaisir. Peut-être ne pouvait-il pas se contenter uniquement de lui. Vlad était fidèle et loyal… C’était presque avec douleur et peine qu’il se rendit compte que, finalement, il ne considérait peut-être pas Dorian comme plus qu’un employé du Cirque. Comme ces prostitué(e)s qui travaillait dans le club, à vendre leur sang et le corps pour le plaisir des vampires. Il avait cru qu’il n’aurait pas pu remplacer Dorian par un autre, lorsqu’il venait ici… et s’il se trompait, finalement ?

Après quelques minutes, l’ancien voïvode finit par répondre à la question d’Andy. Il glissa son visage près du sien, mordillant distraitement son oreille. Il s’appelle Dorian… S’il a l’air jeune, il a pourtant le même âge que toi… Il laissa sa langue tracer un sillon humide le long du cou d’Andy. Depuis mon arrivée à New-York, il y a plusieurs années de cela, une fois que la guerre entre les vampires et les hommes se soit calmée et la ville reconstruite pour le plaisir des Originels, je suis venu au Cirque. Il huma l’odeur capiteuse de la peau de son compagnon. Ses crocs s’allongèrent lentement, caressant, sans la percer, la chair. Rapidement, il est devenu mon favori, à chaque fois que je me rendais ici… Par son intellect, sa culture, sa fierté… Par sa capacité à toujours me satisfaire peu importe l’humeur qui m’habitait lorsque je me présentais à lui… Il laissa ses crocs courber la peau délicate du cou d’Andy, toujours sans la percer. La main qui n’entourait pas son corps pour le garder contre lui, descendit le long de son torse, offert par la chemise aux boutons brisés. Ses doigts glissèrent le long de ses côtes, laissant des sillons rougeâtres, sans pourtant faire naître le sang. Bien vite, il ne prit pour client que moi lorsque j’étais présent… parfois aussi quand je ne l’étais pas… se contentant de faire le service durant ces nuits-là. Et je ne choisissais nul autre employé que lui pour me satisfaire… Vlad ne savait pas trop bien si c’était Andy qu’il cherchait à réconforter par ses caresses… Il ne savait pas bien s’il cherchait à le convaincre qu’aujourd’hui il n’était rien que pour lui, et des nuits après cela aussi, s’il le désirait… ou s’il cherchait à se convaincre lui-même. En dehors du Cirque, je voyais d’autres hommes. Peut-être que lui aussi, je ne sais pas… mais ici, nous étions presque tel… un couple. Il n’avait pas vraiment choisi de dévoiler qu’il n’avait des relations qu’avec des hommes. Ce n’était pas un secret non plus, pas vraiment. Il ne touchait simplement plus aucune femme depuis que son épouse s’était jetée de la plus haute fenêtre de sa citadelle, sombrant dans le torrent en contrebas. Il aspira la peau d’Andy entre ses lèvres, la suçotant entre ses crocs. Ses doigts se courbèrent un peu plus, s’enfonçant un peu plus dans la chair de son flanc, sans le blesser toutefois. Mais dernièrement, les choses ont tendance à changer… Je l’ai laissé pour une affaire, un pacte conclu avec une ancienne connaissance que je ne pensais jamais revoir… Ses crocs égratignèrent la peau d’Andy, faisant perler une unique goutte de sang. Je l’ai laissé cette nuit pour être en ta compagnie… Le vampire lécha langoureusement le sang qui avait résulté de la plaie si superficielle. Je peux comprendre qu’il ne soit pas d’humeur joyeuse… Le corps du transylvanien était tendu contre celui d’Andy, coincé entre l’anticipation de ce que l’humain allait bien pouvoir lui répondre et le désir qui montait dans son corps, dans son membre de nouveau dur. Insatiable, oui, on pouvait le qualifier ainsi.

Sa main quitta le torse d’Andy pour se poser sur sa joue, tournant son visage vers le sien, afin qu’il puisse l’embrasser avec passion. S’écartant juste assez longtemps pour laisser le temps à Andy de reprendre son souffle, il y glissa quelques mots. Il n’y a pas que les vampires qui sont possessifs et jaloux. Il eut un sourire malicieux et s’empara à nouveau de ses lèvres, presque sauvagement. La nuit s’estompait peu à peu, à chaque minute qui passait… mais il leur restait assurément du temps. Encore quelques heures sûrement, avant que Vlad ne soit obligé de rentrer se mettre à l’abri des rayons mortels du soleil.

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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mar 2 Sep - 9:57

Le contact et l’attention du vampire étaient les deux seules choses dont Luc avait besoin en ce moment. Car de ces simples choses en découlaient bien d’autres, réconfortant rapidement le mutant. Bordel, pourquoi fallait-il que son esprit flanche maintenant ? S’il avait pu pleurer … Non, il ne l’aurait pas fait. Il ne pleurait plus, bien qu’il puisse être pris de colères noires, d’élans de tristesse ou de peur, il ne pleurait plus. En revanche, il aurait aisément pu se lâcher sur la première personne venue et lui faire regretter d’être née, ou d’avoir simplement vu le mortel dans une telle position de faiblesse. Il ne supportait pas ça, mais en même temps il n’avait plus besoin de s’en soucier, puisqu’il avait tout ce qu’il avait désiré depuis un moment. Bon, à ceci près que c’était un espèce de cadavre de plus de six cents balais, qu’il avait bu son sang et baisait comme un dieu … OUI MADAME, IL AURAIT PU TE FILER UN ORGASME D’UN SIMPLE REGARD. ET OUI MONSIEUR, TOI AUSSI IL AURAIT PU TE PRENDRE ET TE FAIRE KIFFER. MAIS LE PREMIER QUI Y TOUCHE J’LUI FAIS LA PEAU COMPRIS ?

Possessif, à mort. C’était littéralement l’état dans lequel se trouvait Lucern en cet instant. Lui-même ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait, un moment il avait envisagé que le sang de l’immortel lui soit monté à la tête, mais même en y repensant maintenant et à tête reposée : il était toujours fou de lui, peu importe que leur relation soit purement physique ou platonique, ou un peu des deux à la fois ! OUI CA PEUT PAS ETRE L’UN ET L’AUTRE PUISQUE C’EST MARQUE PUREMENT ! ET ALORS, TU VEUX MON POING DANS TA GUEULE AUSSI ? Bref, le premier qui oserait toucher Vlad en sa présence – pour l’instant, s’il s’y attachait encore il y aurait même le risque qu’il envisage une sorte de relation exclusive, alors là préparez la ceinture de chasteté et la lime pour les crocs, parce que s’il devenait sérieux à ce point, imaginez de quoi il serait capable en représailles si l’autre en venait à fauter ! – Ce premier serait sûrement le dernier en plus de servir d’exemple et mourir dans d’atroces souffrances, deux fois au moins !

Le problème, c’est que malgré les mots doux du vampire, les gros câlins que sa propriété lui avait offert en retour pour lui montrer que la température de son corps n’importait que trop peu pour qu’il s’en soucie … Il avait d’autres problèmes en tête, bien trop pour faire le tri seul. A COMMENCER PAR CETTE PETITE SALOPE QUI OSAIT LES LORGNER, LUI ET SON VAMPIRE. PUTAIN SI JAMAIS LUC TE TOMBE DESSUS SALE PUTE BORGNE, TU VAS EN CHIER ! Entre sa réflexion, sa parano et un très mauvais pressentiment, Lucern avait effectivement tapé dans le mille. En une soirée il avait déjà eu les assoiffés qui avaient tous voulu le bouffer, les nymphos qui avaient arrêté de baiser pour mieux mater le couple princier jouir en publique, et maintenant fallait que la chaudasse de service montre qu’elle n’était pas encore six pieds sous terre. NON MAIS ALLEZ-Y-VOUS GÊNEZ PAS, VOUS VOULEZ SON ADRESSE POUR LE PRENDRE ET LE BOUFFER DANS SON SOMMEIL AUSSI ?

Vlad avait beau le chauffer comme la braise – et réussir avec brio dans son entreprise, Luc n’en pouvait déjà plus et avait retrouvé une respiration parfaitement irrégulière en plus d’un pouls déchainé – le mutant n’en oubliait pas son autre priorité, et les mots du vampire furent très durs à avaler. Il détestait ce gamin. Putain pas le cou, c’est … Il soupira d’aise. Sale petite pétasse, tu vas voir ce que je vais t’en faire de l’exclusivité au Cirque, tu vas pouvoir te la mettre OH PUTAIN OUI ! Ahem. Sa main se posa sur celle du vampire, se serra dans celle-ci, et se raidit rapidement – à l’image de son propre membre – pour ne plus le lâcher. J’te préviens Vlad, si tu le prends une fois de plus, c’est pas une femme qui sera l’enfer, mais bien MOI ! J’AIME CA QUAND … Il ne parvint même pas à avancer dans le fil de sa pensée, le cerveau saturé d’endorphine. Si ça continuait, il viendrait sans même s’être fait réellement prendre. Enfin … Ce ne serait pas la première fois dans la soirée tout bien réfléchi ! Au moment où le vampire parla de couple, Luc dégluti bruyamment. Mais avant qu’il n’ait pu penser à tout ce que cela impliquait, il se cambra en arrière sous les stimuli sur sa peau – plus communément appelé suçon – qui était en train de le ravager intérieurement. La légère douleur de la morsure l’acheva et il manqua vraiment de peu d’en venir dans son pantalon. Pour un être mort et gelé, il savait chauffer ses conquêtes le salopard !

Entre le plaisir le dévorant à pleines dents et les mots que l’autre prononçait, Luc esquissa un petit sourire, à mi-chemin entre la satisfaction et … Une sorte de victoire. Cependant, ce sourire se tût lorsque le vampire annonça comprendre sa conquête. Pour un vampire qui inspirait la crainte à ses pairs, il faisait un peu trop dans le sentimental et pas assez dans le concret ! Lucern ne savait plus quoi penser, ni de l’un, ni de l’autre, ni de la relation qu’ils avaient. Mais une chose était certaine : il n’aimait pas ça ! Aussi, il n’hésita pas une seule seconde quand l’immortel lui proposa implicitement de trouver quelque réconfort dans ses lèvres. Il n’avait pipé mot depuis le début de la tirade du vampire, et ce fut là son dernier acte avant de reprendre parole. Quelque peu amusé par la remarque du vampire, il l’embrassa certes de nouveau, mais ne pu s’empêcher de lâcher, avec autant de malice que de sérieux « Il semblerait que tu t’en rendes finalement compte … » Et il l’embrassa de nouveau.

Lucern ignorait si c’était à cause des mots du vampire, de la vue de sa pute de luxe ou du rêve qu’il avait eu et de son réveil violent, mais il n’allait définitivement pas bien. Peu importe il tentait de se noyer dans les lèvres de son amant, peu importe il tentait de se convaincre que l’autre n’avait d’yeux que pour lui, cela ne lui suffisait pas, pour être  peu près serein du moins. En cherchant plus, toujours plus, il se retourna pour faire définitivement face à l’immortel et se plaça à califourchon sur ses cuisses. Il avait depuis un moment senti son membre dur contre sa raie, et à présent il était temps de donner vie au désir que l’autre devait mouronner depuis un moment. Sans même prendre la peine de se déshabiller complètement, il desserra sa ceinture, baissa l’arrière de son pantalon et vint s’empaler sur le membre de l’immortel. Une sorte de décharge traversa son corps et il se raidi un instant, avant de se détendre et coller son corps à celui du vampire. En pleine possession de ses moyens, il embrassa son amant, avec envie, et l’incita même à le mordre en approchant son cou des crocs de la bête. Lui susurrant « Mien … » il voulu s’assurer que le message était bel et bien passé … Pourtant, lui-même doutait de ses propres mots. Pas qu’il n’avait pas confiance en Vlad, il le croyait, aveuglément même, c’était en sa personne qu’il ne croyait pas. Il se comparait à Dorian, à ses capacités, à ses talents, à tout ce qu’il avait du vivre et profiter en présence de SON vampire, et cela le rendait malade. Peu à peu, le plaisir et le doute laissèrent place à une vague de mélancolie, qui eut elle-même raison de ce que l’acte pouvait encore lui apporter comme réconfort.

Cachant son visage dans le cou de l’immortel, il tenta de cacher sa peine, mais ses sanglots étouffés ne pouvaient l’être aux yeux de la seule personne assez proche de lui pour même le sentir haleter de tristesse. Le regard embrumé et n’osant pourtant pas toiser Vlad, il se serra contre lui et marmonna, comme si cela était insurmontable « J’peux pas … » Il cessa tout mouvement, resta empalé sur le membre de l’être chéri sans pouvoir y prendre ou lui donner du plaisir. A dire vrai, quelques mouvements supplémentaires lui aurait sûrement fait plus de mal que de bien et il en aurait gémi de douleur. Le serrant le plus fort possible contre lui, il rajouta « Je ne peux pas lutter contre lui, je ne peux pas l’égaler, ni même penser à autre chose. Comment puis-je te donner du plaisir si je sais que l’autre est dans les parages, et qu’à n’importe quel moment tu peux penser à lui en me prenant ? » Encore plus dégoûté par lui-même que par tout ce que Dorian avait pu faire, il se retira du vampire, remit son pantalon en place et se leva « On se connaît à peine, et j’agis déjà comme si je te voulais tout entier, pour moi seul, sans concessions … Je suis pathétique. » Il inspira un bon coup, autant pour se reprendre que pour calmer une espèce de montée de larme, puis il reprit « Je n’aurais jamais du te demander à propos de Dorian, ni agir de façon si possessive … Je te remercie pour tout ce que tu as fait et que tu m’as offert ce soir, mais je pense … » Il hésita, et ne dit finalement rien, incapable de penser correctement « J’suis sûr qu’il doit être aussi dégoûté que moi, mais lui au moins mérite ton réconfort … Je vais y aller, ça vaudra mieux pour chacun de nous trois, et puis comme ça tu pourras … » Le retrouver, le sauter de nouveau et oublier le pauvre petit paumé qui a accepté de payer une passe pour rester en vie. C’est comme ça qu’il le verrait demain non ? Après tout Lucern ne représentait qu’une passade pour pimenter un peu leur relation qui n’avait que trop duré et s’en trouvait sûrement inaltérable. Sentant une boule de culpabilité – ou de bile – lui remonter dans la gorge, il chopa son verre et l’avala cul sec.

« Comme tu l’as dit, il n’y a pas que les vampires qui sont possessifs et jaloux … Le problème, c’est que ni toi ni moi ne pouvons oublier qu’il y a quelqu’un de trop dans tout ça … Et je n’ai simplement pas envie d’en souffrir plus longtemps. » Il se protégeait. C’était certes idiot, mais à en souffrir maintenant il se préservait, de ce qui pourrait arriver si d’aventures il s’attachait au vampire et que, plus tard, celui-ci venait à lui tourner le dos. Pour l’instant, c’était lui qui commençait à s’éloigner, longeant les renfoncements où quelques immortels ne devaient pas manquer de le sentir dans tous ses états. Mais il s’en foutait, puisque la seule personne qui lui importait devait déjà de nouveau penser à sa pute de luxe et ce qu’elle pourrait lui faire pour oublier cette passade que le mutant pensait être, au point de s’en convaincre.
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mar 2 Sep - 22:19


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


Vlad n’aurait peut-être pas du tout lui dire sur Dorian. Peut-être aurait-il du édulcorer un peu la vérité. La rendre moins crue, moins cruelle. Mais si Vlad était loyal et fidèle quand il trouvait une personne qu’il estimait suffisamment, qu’il appréciait assez, il n’était pas un menteur. Il était franc. Il aimait la vérité. Peut-être était-elle simple et immaculée, aussi mordante que la glace la plus froide, mais elle était ainsi. Vlad n’aimait pas mentir. Ça lui arrivait, certes. Ça lui était arrivé de nombreuses fois dans le passé, surtout quand les vampires ne s’étaient pas encore révélés à l’humanité. Quand il fallait ruser pour vivre, survivre, se nourrir. Mais aujourd’hui, il préférait utiliser la vérité. Et puis, ce n’était pas comme si elle n’était pas malléable un minimum. Il suffisait de savoir manier les mots et de tourner les phrases comme il le fallait. Peut-être n’avait-il pas pris assez de précaution, n’avait-il pas pris le temps de choisir ses mots comme il l’aurait du. Il sentait le corps d’Andy se tendre contre le sien, pas seulement en réponse à ses caresses. Caresses qui devaient le distraire dans ses pensées, le distraire de son discours mais pas assez pour lui faire oublier Dorian et les révélations du vampire. Ce dernier pouvait sentir les émotions se succéder dans l’humeur de son amant. Désir, colère, envie, jalousie, désir, encore et encore, dans n’importe quel ordre, fouillis interminable.

Les doigts d’Andy s’entrelacèrent avec les siens, les serrant fort contre son torse. Il n’avait pas besoin de le voir pour sentir que son érection tendait le tissu de son sous-vêtement et de son pantalon. Pourtant oh qu’il aurait aimé venir y frotter sa main, voir la glisser sous le tissu. L’humain déglutit bruyamment alors qu’il parla de couple. Il aurait sûrement pu choisir un autre terme. Il n’en avait pas vraiment eu d’autre à l’esprit pourtant. Vlad aspira sa peau entre ses lèvres, entre ses crocs, le léchant doucement. Il comprenait qu’Andy puisse ne pas apprécier Dorian. Lui-même n’aimait pas partager ceux qu’il convoitait. Mais s’il devait s’inquiéter pour chacune des conquêtes qu’il avait eues au long de ses six siècles d’existence, il n’en aurait pas fini. Il n’avait pas réagi ainsi lorsqu’il lui avait dit qu’il avait eu femme et enfant. C’était moins récent que Dorian, peut-être moins réel pour lui. Le corps de son amant se cambra contre le sien et il le sentit vibrer alors que ses crocs abimèrent sa peau. Le désir enfla autour d’eux comme une atmosphère palpable et palpitante, occultant la colère et la jalousie pendant un bref instant, comme la Lune occultant le Soleil durant une éclipse.

Pourtant, la jalousie revint bien vite alors que Vlad continuait de parler. Il aurait du s’arrêter, pour une fois. Ne plus rien dire. Se taire. Lui qui était tant habitué aux longs silences, il continuait. Ce n’était pas bon. Mais c’était comme s’il ne pouvait pas s’arrêter. Les mots sortaient, simples et pourtant criants de vérité. Rien que pour Andy, Vlad ne pouvait pas se taire. Il ne pouvait pas oublier, effacer, tous ses siècles d’existence. Ils étaient là, ils faisaient partie intégrante de lui. Ils l’avaient fait évolué, l’avaient changé à mesure qu’il traversait les époques. Dorian lui avait apporté quelque chose dans ce siècle, c’était certain. Après avoir passé plusieurs mois à combattre les humains au côté des Originels à son arrivée à New-York, c’était avec Dorian qu’il avait retrouvé foi en l’humanité. Qu’il avait retrouvé en son cœur suffisamment de patience et d’humilité pour réapprendre à connaître le genre humain. Ses failles. Son courage. Sa fidélité. Sa rage de survie. Sa douceur. Sa passion si flamboyante car leurs vies étaient courtes. Si courtes qu’ils vivaient tout plus fort, comme pour que leur existence vaille quelque chose alors qu’ils étaient depuis longtemps disparus. Son propre nom avait traversé les siècles, mais ceux de certains humains dataient d’encore bien plus loin que le sien. La passion était vibrante dans leur être. Et c’était, à cette époque, Dorian qui le lui avait rappelé. Si le jeune humain n’avait pas été là, peut-être aurait-il laissé la grosse brute faire son affaire à Andy. Peut-être l’aurait-il tiré de ses griffes juste pour avoir le plaisir de le vider de son sang lui-même. Une chose était sûre, la nuit ne se serait pas déroulée de la même façon.

Sentant qu’il avait peut-être franchi une barrière de trop, il attira les lèvres d’Andy aux siennes pour s’en emparer avec passion. Si Dorian était important dans sa vie, il sentait bien que Andy prenait assurément la même voie. Il semblerait que tu t’en rendes finalement compte … Le vampire sourit avant que les lèvres de son compagnon ne viennent rejoindre encore les siennes, les dévorant sans vergogne. Il se retourna alors pour lui faire face, passant une jambe de chaque côté de son corps. Vlad posa ses mains sur ses hanches, dans un réflexe, un instinct, primitif. Le vampire était toujours nu. Son membre bien dressé et prêt. Si dur, tellement dur. Il laissa remonter ses mains le long du torse d’Andy. Oh qu’il le désirait. Il avait peut-être parlé de Dorian ses dernières minutes, mais ses pensées étaient toutes tournées vers le mutant à califourchon sur lui. Il voulait se frotter contre lui, le prendre encore et encore. Une soif de sexe, de plaisir physique, certes, mais aussi de se rapprocher encore plus de lui. De ne faire qu’un, encore une fois. Il voulait être en lui, voulait qu’il soit en lui. Son membre dur qu’il pouvait deviner derrière son pantalon tendu. Son sang dans sa gorge. Ses crocs dans sa chair. Andy se contenta de dévoiler l’arrière de son corps, baissant juste à peine son pantalon, avant de s’empaler le long de son membre rigide. Même s’il ne respirait plus, Vlad laissa sortir un soupir sifflant et s’agrippa au corps de l’humain, un long frisson le traversant. Un fugace baiser. Vlad commença à remuer en même temps que son amant, un long grognement rauque remonta dans sa gorge alors qu’Andy lui tendait son cou. Mien … Il ne se fit pas prier et planta ses crocs dans sa chair délicate. Le sang éclata contre son palais, empli de saveurs qui lui faisaient légèrement tourner la tête. Dans son sang, il pouvait goûter toute cette possession qu’il ressentait, toute la jalousie qu’il éprouvait envers Dorian, toute son envie de faire sien le vampire, son désir ardent qu’il ne lui appartienne qu’à lui. Sa mâchoire se resserra contre sa gorge et son corps se tendait, cherchant à aller toujours plus loin, toujours plus profond.

Puis quelque chose changea. Dans l’attitude de l’humain. Dans la position de son corps, la tension de ses muscles. Jusque dans la saveur de son sang. Vlad détacha ses crocs de son cou, délicatement, et lécha la plaie pour y essuyer le sang qui y perlait. Il chercha à croiser le regard d’Andy mais celui-ci avait caché son visage dans le creux de son cou. Le vampire arrêta tout ondulation de son bassin et enroula ses bras autour du corps de l’autre, dans une étreinte qui était soudain beaucoup plus douce et tendre que seulement quelques secondes auparavant. Il le sentit vibrer sous les sanglots qu’il cherchait à étouffer, son souffle chaud sur sa peau gelée. Il lui caressa le dos, espérant le réconforter. J’peux pas … Vlad ne dit rien. Il ne comprenait pas. Pas encore. Il ne voulait pas faire de bêtise, alors il attendit. Je ne peux pas lutter contre lui, je ne peux pas l’égaler, ni même penser à autre chose. Comment puis-je te donner du plaisir si je sais que l’autre est dans les parages, et qu’à n’importe quel moment tu peux penser à lui en me prenant ? Vlad sentit son cœur se serrer. Il s’en voulut de lui en avoir tant révélé sur Dorian. Aurait-il du mentir ? Aurait-il du lui dire qu’il était simplement habitué à ce garçon ? Qu’il n’avait jamais été rien d’autres qu’un prostitué, pour son sang, son corps ? Qu’il n’y avait jamais eu un lien plus important entre eux ? Il ouvrit la bouche pour répondre, argumenter qu’Andy se trompait, mais ce dernier se redressa, glissant le long de son membre toujours dur pour pouvoir remettre son pantalon en place, le laissant un instant sans voix. Andy se leva, quittant le canapé. Laissant le vampire nu et désemparé. On se connaît à peine, et j’agis déjà comme si je te voulais tout entier, pour moi seul, sans concessions … Je suis pathétique.Non, non. Voyons, n…Je n’aurais jamais du te demander à propos de Dorian, ni agir de façon si possessive … Je te remercie pour tout ce que tu as fait et que tu m’as offert ce soir, mais je pense … Vlad cherchait son regard sans vraiment le trouver. Il sentait néanmoins celui de tous les autres sur eux, intrigués par ce revirement de situation. Vlad ne se doutait pas qu’une fois qu’Andy mettrait le pied dehors… Il ne se doutait pas que plusieurs des suceurs de sang ne fondraient sur lui. Il était redevenu la proie fragile et facile qu’il avait été à son entrée ici.

J’suis sûr qu’il doit être aussi dégoûté que moi, mais lui au moins mérite ton réconfort … Je vais y aller, ça vaudra mieux pour chacun de nous trois, et puis comme ça tu pourras … Dégoûté. Le mot résonna dans la tête du vampire et il baissa les yeux vers le sol. Andy était dégoûté. Dégoûté… de quoi ? de lui ? de ce qu’ils avaient fait ? Une expiration forcée sortit des narines du vampire, légèrement sifflante. C’était à son tour de ne pas pouvoir affronter le regard de l’humain. Comme tu l’as dit, il n’y a pas que les vampires qui sont possessifs et jaloux … Le problème, c’est que ni toi ni moi ne pouvons oublier qu’il y a quelqu’un de trop dans tout ça … Et je n’ai simplement pas envie d’en souffrir plus longtemps. Par le mouvement dans l’air, Vlad sut qu’Andy s’éloignait. Il devait se diriger vers la porte, vers la sortie. Le vampire resta la tête baissée pendant un moment. Puis il enfila rapidement son pantalon, sans même remettre de sous-vêtement, sans même le boutonner, et s’élança vers la porte, vers Andy. Il posa sa main sur son poignet. Andy… Il ne savait pas quoi lui dire en vérité. Que pouvait-il bien lui dire qui le ferait rester ? Ne pars pas… Sa voix n’était qu’un souffle. Les mots, en eux-mêmes, ne voulaient pas tant signifier qu’il ne voulait pas qu’il parte… que dire qu’il ne voulait pas qu’il s’éloigne de lui. Pas physiquement. Pas mentalement. Pas émotionnellement. De son autre main, son pouce vint caresser la lèvre inférieure de l’humain. Vlad amorça un mouvement, déplaçant son visage vers celui d’Andy, avant de s’arrêter, hésitant. Puis il franchit les quelques centimètres qui les séparaient et posa délicatement ses lèvres sur les siennes, à peine plus fort que la caresse d’une plume. Ne pars pas… répéta-t-il, sa voix vibrant d’une émotion indéfinissable. La peur de le perdre. La peur de ne jamais le revoir.

Il laissa glisser sa main de son poignet à ses doigts, pour les entrelacer avec les siens. Tien. Pour cette nuit. La prochaine. Toutes celles que tu voudras ensuite. Uniquement tien… Ici. Ailleurs. N’importe tout. murmura-t-il contre ses lèvres avant de poser son front contre le sien, de frotter son nez contre le sien. Il ne voulait pas le laisser partir. Tien… Tien… Tien… répéta-t-il encore et encore, affirmant son appartenance au mutant et à personne d’autre, et non pas l’appartenance du mutant à lui-même. Ce que tu veux… Demande-moi ce que tu veux… Son pouce caressa l’intérieur du poignet d’Andy. Ne pars pas… A cet instant, Vlad aurait fait n’importe quoi pour le faire rester à ses côtés. Peu importait quoi. Sortir du club, aller ailleurs. Ne plus jamais revoir Dorian. Ne plus mettre les pieds dans cet endroit. Laisser Andy faire ce qu’il voulait de son corps. Tant qu’il n’écrabouillait pas son cœur. Il n’y avait pas que l’humain qui s’était beaucoup trop attaché en une seule nuit. Les humains vivaient tout plus vite que les immortels. Vlad le savait. La vie était plus courte pour eux, ils vivaient plus vite, plus fort. Il n’avait pas l’éternité pour prendre leur temps. Pourtant, Vlad semblait avoir sombré dans ses sentiments comme s’il était encore humain et qu’il ne lui restait que cinquante petites années à vivre. Il n’y a pas que toi… il n’y a pas que toi qui soit tombé si fort en si peu de temps… Pas que toi qui ne veuille pas partager l’autre, pas que toi qui désire l’autre tout entier… Il se fichait bien de ce que les autres vampires pouvaient bien penser de lui, d’eux, s’ils les écoutaient. Il n’en avait rien à faire. Il se savait déjà différents de ces créatures sans classe ni noblesse. Et il savait que même si certains pourraient chercher à le défier, témoins de ce qu’ils considéraient comme une faiblesse, le transylvanien n’aurait aucun mal à leur régler leur compte. Non, tout ce qui lui importait à cet instant était le mutant qu’il avait en face de lui. Et rien d’autre.

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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Jeu 4 Sep - 13:12

Fuir. Lucern souhaitait seulement fuir, le plus loin possible, aussi longtemps qu’il pourrait, par tous les moyens à disposition. En cet instant, il était si désespéré que même la Mort semblait une fuite bien douce, radicale certes mais efficace, de laquelle personne – même pas lui – ne pourrait l’extraire. Sentir la main du vampire sur la sienne fut encore plus dur. Ne comprenait-il pas ? Apparemment non. Qu’avait-il à faire d’autre que partir ? Que pouvait-il faire d’autre ? Il avait perçu chacun des mots que l’immortel lui avait adressé, mais plus encore l’intonation que celui-ci avait choisi en parlant de Dorian. Les yeux bas, tout son être imperturbable, il resta dans ses pensées un moment, ne daignant pas réagir à ce que le vampire lui disait.

Le mutant aurait juré que cela ne pouvait être pire, pourtant ce le fut largement lorsque Vlad apposa ses doigts sur son visage. Il avait envie de caresser ce pouce de ses lèvres, suçoter ses phalanges, exprimer sa gourmandise par tous les moyens humainement possibles, mais il en était incapable. A la place, chaque friction de la pulpe de ses lèvres contre la peau gelée fut comme une nouvelle décharge électrique, ou tenter de caresser du papier de verre, en un mot il ne ressentait que douleur. Cette peine parvint même à atteindre son paroxysme lorsque l’immortel posa ses lèvres sur celles de Luc. Ce dernier avait mal, si mal qu’il en était incapable d’y répondre quoi que ce soit, pour acquiescer ou répondre par la négative à sa demande.

Arrête. C’est tout ce qu’il avait envie de lui dire. Ou peut-être pas. Laisse-moi. Oublie-moi. Parfois même, il se surprenait à penser un petit Tue-moi, en ravalant sa salive et les boules qui se succédaient dans sa gorge. Pourquoi faisait-il ça ? Pourquoi ne pas se contenter de sa pute qui lui occupait toutes ses pensées ? Pourquoi jouer avec ses sentiments et le faire souffrir encore plus ? Luc ne comprenait pas, ou peut-être ne voulait-il pas comprendre, pour simplement se protéger. Se protéger de Vlad, de l’influence de Dorian, et surtout se protéger de lui-même. Car ce qu’il craignait le plus, loin devant les autres, c’était de tomber en désuétude, déchiré par quelque chose que rien ne pourrait réparer ou sauver. Cela faisait réellement des années qu’il n’avait pas eu si peur, et plus jamais il ne voulait ressentir ça, même s’il devait en mourir pour y échapper.

Il aurait tellement aimé l’avoir pour lui tout seul, mais il savait que c’était impossible. Non, il en était convaincu, intimement. A ce stade, il avait mis au placard l’infime possibilité qu’il avait de s’être trompé, mais celle-ci ne tarda pas à revenir à la charge quand l’immortel daigna s’expliquer, lâcher un peu plus que des complaintes assassines pour le mutant. Lorsqu’il comprit la force des sentiments qu’éprouvait l’autre à son égard, Lucern releva finalement la tête et les yeux, pour planter ces derniers dans ceux du vampire. En larmes, ils étaient en larmes. « Pourquoi ? » Sa voix était plus grave qu’à l’accoutumée, rocailleuse et aussi déchirée que l’était son cœur. « Pourquoi me faire ça ? Me démontrer que l’autre a de l’importance, me laisser penser à tout ce que vous avez fait, à tout ce que vous ferez encore … Pour ensuite me dire que tu ne veux pas partager, qu’il pourrait n’y avoir que nous deux … » N’avait-il pas compris ce que Lucern lui avait dit en confirmant qu’il n’y avait pas que les vampires de possessifs ?

« Est-ce que … Est-ce que tu penses vraiment tout ce que tu viens de me dire, ou … » Il ne pu même pas l’articuler, trop difficile à lâcher. Il ne voulait pas imaginer, ni exprimer ce que la trahison lui ferait s’il y avait un jour. Doutant intérieurement de son propre jugement, il avait besoin de l’entendre. Certes, Vlad pourrait très mal le prendre, comme un grave manque de confiance en le vampire même, mais Luc avait besoin de l’entendre. Finalement, il prit une bonne inspiration, ravala ses larmes et sa salive, puis lâcha, plus fragile que jamais « Tout ce que je veux, c’est toi. Ni plus, ni moins. Je ne désire personne d’autre, la seule chose que je demande, c’est d’en avoir de même en retour. Pas t’entendre parler de tes conquêtes comme si c’était normal, ne pas percevoir l’envie qui te ronge quand tu exprimes ta pensée sur lui, et ne surtout pas avoir l’impression d’être hanté ou de devoir rendre des comptes à quelqu’un d’autre parce que j’ai eu l’audace de m’être attaché à toi … » Une drogue, Vlad était pour lui une véritable drogue, et il n’avait pas fallu longtemps pour qu’il en devienne accro.

Pouvant à peine tenir debout, que ce soit à cause de la fatigue physique, morale ou nerveuse, il posa une main sur le torse de l’immortel, qu’il fit remonter jusqu’à son cou. La seconde imita la première et lorsqu’elles eurent toutes les deux atteint la mâchoire glacée de son amant, il approcha ses lèvres qu’il posa contre les siennes, pour l’embrasser avec toute la passion et tout l’amour qu’il avait déjà pour lui. Ce n’était pas de l’envie, encore moins de la luxure, c’était bien plus que ça. Le baiser eu un goût bien différent de tous les précédents, et Lucern le savoura comme jamais. Lorsqu’ils le rompirent, il resta quelques secondes, haletant, pour finalement rajouter « Et tout ce que je veux, maintenant, c’est passer un peu de temps avec toi. Juste … Te sentir contre moi … » Il commença à caresser ses cheveux d’une main qui était déjà remontée dans sa nuque « Est-ce que ça te convient ? » Toujours dans cet éternel besoin de savoir, il n’hésita pas à demander. Il ne parlait en rien de sexe, encore moins de se toucher ou jouer à touche-pipi, juste à rester l’un contre l’autre, plus proches que jamais, pour savourer un instant de calme et de sérénité, après ce véritable ouragan émotionnel. Et il commença d’emblée en se collant à lui, tempe contre tempe, son visage venant rapidement à se noyer dans le cou si rafraîchissant de celui qu’il aimait déjà, sans pourtant lui-même l’accepter ou le réaliser.
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Sam 6 Sep - 10:18


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


Quand Andy releva enfin la tête, répondant à ses mots et à ses caresses, le cœur mort de Vlad se serra en voyant les larmes inonder son regard. Il avait envie de se frapper, de se fouetter pour avoir suscité tant de tristesse chez celui qui avait réveillé tant de choses chez lui ce soir, en si peu de temps. Il aurait voulu se cacher dans un trou et ne jamais ressortir. Peut-être aurait-il du retourner à sa citadelle, perdue dans les Carpates, avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’il ne s’éprenne encore de l’humanité, avant que son cœur ne s’ouvre encore une fois. Les humains vivaient tout plus fort, tout plus vite dans leur courte vie, pour en profiter un maximum. Les immortels pouvaient prendre leur temps… mais lorsque la peine envahissait leurs veines, elle était tenace. Ils n’étaient pas aussi résilients que l’espèce humaine. Ils étaient immortels, ils pouvaient « se permettre » d’avoir le cœur brisé durant des siècles. Soudain, Vlad pensa qu’il aurait vraiment du se retirer du monde plus tôt. Avant cet instant. Car s’il ne voulait pas voir la tristesse se peindre sur les traits d’Andy, il ne voulait pas avoir son cœur brisé encore une fois. Il avait aimé plusieurs fois, certes, au cours des siècles passés. Jamais aussi fort qu’Ileana, son épouse. Jamais aussi fort qu’en cet instant. Même si son amour soudain pour Andy ne dépasserait pas celui qu’il éprouvait pour la seule femme qu’il ait jamais aimée, Vlad ne se souvenait pas d’avoir ressenti cette émotion si fort par le passé, pour aucun des hommes qu’il avait pu fréquenter.

Pourquoi ? Pourquoi me faire ça ? Me démontrer que l’autre a de l’importance, me laisser penser à tout ce que vous avez fait, à tout ce que vous ferez encore … Pour ensuite me dire que tu ne veux pas partager, qu’il pourrait n’y avoir que nous deux … Vlad l’observa attentivement. Devait-il lui dire la vérité ? Devait-il encore faire l’erreur de la déblatérer sans penser aux conséquences ? Il savait pertinemment que tout être, qu’il soit vampire, lycan, sorcier, mutant ou humain, n’aimait pas entendre parler des anciennes conquêtes de leur partenaire… Il était logique qu’Andy apprécie encore moins entendre parler de Dorian, qui était plus ou moins une conquête actuelle. Le vampire déglutit. Il pourrait lui dire que les deux étaient vrais. Dorian avait de l’importance. Mais il ne voulait qu’Andy. Dans les prunelles pleines de larmes du mutant, Vlad cherchait ce qu’il pourrait bien lui dire. Lui répondre. Quelque chose qui ne lui ferait pas encore plus mal. Encore plus que ce qu’il n’avait déjà fait. Alors il ne dit rien. Il garda le silence, espérant que son corps parlerait pour lui. Que les émotions qui se succédaient sur son visage seraient suffisantes. Est-ce que … Est-ce que tu penses vraiment tout ce que tu viens de me dire, ou … Là, c’était une question à laquelle il pouvait répondre sans trop se casser la figure, sans empirer encore les choses. Il mâchouilla sa lèvre inférieure. Oui… Oui, je le pense… N’importe quoi… pour que tu ne partes pas… On n’avait sûrement du jamais voir le vampire aussi désemparé. De ses longs siècles d’existence, il n’y avait sûrement eu que Ileana qui avait du le voir comme ça. Ileana et leur fils.

Tout ce que je veux, c’est toi. Ni plus, ni moins. Je ne désire personne d’autre, la seule chose que je demande, c’est d’en avoir de même en retour. Pas t’entendre parler de tes conquêtes comme si c’était normal, ne pas percevoir l’envie qui te ronge quand tu exprimes ta pensée sur lui, et ne surtout pas avoir l’impression d’être hanté ou de devoir rendre des comptes à quelqu’un d’autre parce que j’ai eu l’audace de m’être attaché à toi … Vlad hocha la tête. Il était prêt à faire cela. Il ne voulait qu’Andy à cet instant. Il ferait n’importe quoi pour chasser les larmes dans son regard, pour le garder près de lui, ici ou ailleurs, peu lui importait, tant qu’ils étaient ensemble. Il hocha encore la tête et un soulagement incommensurable l’envahit quand il sentit les mains d’Andy sur son torse, qu’elles remontèrent jusqu’à son cou et sa nuque. Presque hésitant, le vampire amena ses lèvres vers celles d’Andy qui venaient les rejoindre. Au début, il lui rendit son baiser du bout des lèvres, comme s’il craignait que le mutant ne se dérobe soudainement à leur étreinte. Mais, quand il prit conscience qu’Andy ne s’éloignerait pas, que le baiser prenait plus de profondeur, il l’entoura de ses bras et prolongea les caresses de leurs lèvres encore un peu plus longtemps. C’était un baiser à la fois passionné et doux, plein d’un amour simple et pur… Vlad poussa un petit soupir d’aise quand leurs lèvres se détachèrent.

Il y avait une certaine appréhension, pourtant, dans le regard d’Andy. Et tout ce que je veux, maintenant, c’est passer un peu de temps avec toi. Juste … Te sentir contre moi … Oui, il pouvait faire ça aussi. Il resserra encore un peu son étreinte autour de son compagnon. Ce dernier glissa ses doigts dans ses cheveux. Vlad aurait aimé les reconduire jusqu’au canapé, juste pour être dans une position plus confortable. Pas pour retrouver leur ardeur précédente, non. Juste pour l’entourer de ses bras, le sentir blotti contre lui. Rien d’autre. Est-ce que ça te convient ?Oui… Oui, bien sûr. Il inspira une grande bouffée de l’air chargé du parfum d’Andy, si proche de lui, tout contre son corps. Il soupira à nouveau d’aise, sentant son visage se glisser dans son cou, ses cheveux chatouillant sa peau froide. Ses mains montèrent et descendirent le long de son dos, en une caresse qui se voulait réconfortante. Ils pouvaient tout aussi bien rester debout. Ça lui allait aussi. Du moment qu’Andy était toujours contre lui. Même si l’humain commençait à fatiguer ou que les émotions trop fortes et trop nombreuses rendaient ses jambes flageolantes, Vlad était assez fort pour les soutenir tous les deux. Au bout d’un long moment, le vampire finit par reprendre la parole, doucement. Je suis désolé… Désolé de l’avoir rendu triste, désolé de n’avoir pas fait attention aux mots qu’il avait prononcés et à leur signification émotionnelle. Je… Il se mordit la lèvre inférieure, cherchant ses mots, pour ne pas faire encore la même erreur. Ça… Ça fait… si longtemps… que je n’ai pas aimé aussi fort… Non, il n’avait pas aimé aussi fort depuis des siècles. Depuis qu’Ileana s’était jetée de la plus haute tour de Poenari pour échapper aux soldats turcs. Le vampire frotta sa joue contre celle d’Andy. Il espérait qu’il comprenne que la puissance de ce qu’il ressentait pour lui n’était aucunement comparable à ce qu’il ressentait pour Dorian. Ses sentiments pour Andy étaient bien plus forts, même si bien plus soudains. Bien plus forts que ceux qu’il avait éprouvés pour les autres hommes qui étaient passés dans sa vie. Vlad espérait qu’Andy comprendrait… Qu’il n’avait pas encore fait une bêtise avec ses mots… ou que la tension presque imperceptible de son corps au souvenir d’Ileana ne soit pas mal interprétée. Il espérait qu’ils retrouveraient cette compréhension de l’autre qu’ils avaient eu un peu plus tôt, quand Vlad lui avait avoué qu’il avait eu une femme et un fils et qu’il les avait perdus tous les deux… Il décala un peu son visage, cherchant les lèvres de son compagnon, cherchant en elle un peu de réconfort, une assurance qu’il l’avait compris. Il y avait si peu de gens qui avaient jamais vu le vampire avec aussi peu de confiance en soi, aussi peu d’assurance. Ce soir, ils avaient tout un public semi-attentif, mais Vlad n’en avait rien à faire. La douceur et le doute qu’il pouvait afficher avec Andy ne changeaient rien à sa puissance en tant que vampire, en tant que guerrier. Tout ce qu’il craignait, c’était que les autres ne s’en prennent à Andy.
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Dim 7 Sep - 23:10

Dans les bras de son amant, Lucern se sentait bien. Il aurait pu rester comme ça durant des heures, s’abandonner dans ses bras, encore et encore. Quelque peu rassuré, bien idiot de sa propre connerie qui avait failli lui coûter quelque chose d’unique et d’inestimable, il se contenta de ce qu’il avait maintenant, tout ce dont il avait besoin. Il n’y avait pas de mots pour exprimer ce qu’il ressentait, mais il laissa Vlad lancer les siens. Il était désolé ? Luc l’était tout autant, mais cela n’avait plus aucune importance maintenant. En guise de réponse silencieuse, il resserra son étreinte et se noya encore plus dans son cou. Puis le vampire rajouta quelque chose de … Singulier. En le percevant, le mutant bloqua complètement pendant un moment. Il venait de comprendre, enfin.

Quelques dizaines de secondes plus tard, il soupira d’aise et ne tarda pas à répondre par la positive à la demande implicite de l’immortel. C’était réciproque, tout l’était, et ce baiser fut un bon moyen pour lui de le dire. Tout ce que Vlad lui donnait, Luc le lui rendit au centuple, comme il se l’était promis au début. Il n’y avait aucune gêne, aucune pudeur, il était prêt à se donner tout entier, pour lui. Mais voir quelques clients plier bagage rappela vite quelque chose d’important au mutant. Le rêve prenait fin, il était temps de rentrer à la maison et se réveiller … Ou peut être aller se coucher justement et faire de cette réalité un songe qui le garderait serein pour un moment !

« Je crois qu’il va être temps pour toi d’y aller. Tout le monde est en train de plier bagage, et je ne voudrais pas qu’il t’arrive malheur en te faisant trop tarder … » Il se serra contre lui, dans une étreinte montrant tout son attachement. Il en profita pour lui susurrer discrètement « J’attendrai le lever du jour pour rentrer, et je ferai attention à ne pas être suivi … Je l’aurais mauvaise de ne pas être présent la semaine prochaine, même jour, même heure … » sur un ton ne laissant aucun doute quant à ses intentions. Ne résistant pas à l’idée de l’embrasser de nouveau, il reprit cette fois quelques mauvais habitudes, comme tâter outrageusement le vampire comme s’il cherchait où il pourrait le dévorer … Alors que c’était lui la bouffe normalement !

Le voir partir fut un déchirement pour le mutant, mais il préférait cela à l’éventualité de le mettre en danger. Il savait que les autres immortels avaient du tout voir, surtout la partie où il l’avait embrassé avec passion et entrain en guise d’au-revoir. Récupérant le peu de possessions terrestres qu’il avait emmené, il commença par se rendre dans un pub non loin, là où il avait ses habitudes. Il commanda un petit déjeuner assez copieux, claquant ainsi le peu d’argent qu’il lui restait, puis prit soin de ne pas être suivi par quelques humains souhaitant faire plaisir à leurs vampires. Une fois rentré chez lui, il ferma les stores, manqua de s’ébouillanter sous la douche – non sans se toucher en repensant à son vampire, c’était fou le nombre de fantasmes que ce genre de créature pouvait engendrer à la minute – puis s’écrasa dans son lit.

Comme pour se rassurer lui-même, ou se mettre devant le fait accompli – évitant ainsi de laisser ses pensées dériver vers un nouvel élan de paranoïa – il lâcha, à haute voix « Je suis allé dans un bar à vampires sans le savoir, j’ai fait la rencontre d’un immortel qui m’a sauté en publique toute la soirée, et j’en suis tombé amoureux … » Il gloussa comme un idiot et laissa la fatigue le prendre. Juste avant de sombrer dans le monde des rêves qui lui serait cette fois merveilleux, sa pensée dériva une dernière fois, distraite par ses souvenirs encore chauds. Il n’était pas simplement attiré par cette étrange créature, il en était carrément devenu amoureux. A la folie.
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MessageSujet: Re: La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]   Mar 9 Sep - 12:10


La Fosse aux Monstres
Vladimir Skender & Luc A. Matei


Vlad n’aurait lâché Andy pour rien au monde. Il était là, dans ses bras, et pour une fois, il ne regrettait pas l’éternité. Car elle lui avait permis de le rencontrer, lui, tant d’années après qu’il ait perdu le seul et unique amour de sa vie, de sa mort, pensait-il. Car s’il n’avait pas été immortel, il n’aurait pas pu être là, à cet instant. A le serrer dans ses bras, sans rien demander de plus que le temps leur accorde un répit. Quelque part dans son esprit, Vlad en vint à oublier que son immortalité était une malédiction. Lui qui le pensait depuis presque le début, une fois que sa rage et sa soif s’étaient taries, après avoir décimé une bonne partie de l’armée turque aux commandes de son propre frère. Il savoura le contact d’Andy contre lui, son odeur dans ses poumons inutiles, sa chaleur se confrontant au bloc de glace qu’était son torse. Il sentit une légère modification dans la posture d’Andy contre lui, quand il lui avoua qu’il n’avait pas aimé aussi fort depuis des années, des siècles. Il craignit un instant d’avoir encore utilisé les mauvais mots, mais, bien vite, il fut rassuré du contraire. Andy l’avait compris. Il avait compris qu’il faisait référence à cette femme et cet enfant qu’il avait perdu depuis si longtemps… Car s’il s’était autorisé à aimer des hommes au cours de sa longue existence, aucun n’avait eu autant d’impact qu’Andy à cet instant, en cette nuit.

Alors qu’ils partageaient un baiser passionné et décrivant tous les sentiments qu’ils ne parvenaient pas à mettre sur des mots, Vlad sentait la Lune, derrière les murs, les toits. Il la sentait s’affaiblir, rendant le ciel, peu à peu, au Soleil. Il avait encore du temps. Bien assez pour rentrer chez lui. Le Cirque n’était pas très loin, après tout. Et il était rapide. Bien plus que les autres qui remballaient déjà leurs affaires, leur membre dans leur pantalon, leurs crocs dans leur mâchoire. Il serait resté là jusqu’à la dernière seconde, s’il avait pu. Il ne voulait pas lâcher Andy. Pas alors qu’il craignait encore, quelque part tout au fond de lui, de le perdre, de ne jamais le revoir. Je crois qu’il va être temps pour toi d’y aller. Tout le monde est en train de plier bagage, et je ne voudrais pas qu’il t’arrive malheur en te faisant trop tarder … Il aurait pu lui dire qu’il pouvait rester encore un peu. Qu’il contacterait son majordome qui viendrait le chercher dans une voiture aux vitres teintées pour lutter contre les rayons mortels du Soleil. Il aurait pu retarder l’échéance, comme ces couples, sur le quai d’une gare, à s’embrasser jusqu’à ce que le contrôleur ne siffle dans son sifflet pour signaler la fermeture des portes, le départ du train. Mais Vlad se doutait que ça n’en serait que plus douloureux, plus déchirant. Il resserra son étreinte autour du mutant. J’attendrai le lever du jour pour rentrer, et je ferai attention à ne pas être suivi … Je l’aurais mauvaise de ne pas être présent la semaine prochaine, même jour, même heure … Le corps du vampire vibra à ces derniers mots et il frotta son corps tendu contre Andy, laissant un grognement d’envie et de désir sortir d’entre ses lèvres pour toute réponse. Son amant le fit taire d’un nouveau baiser. Il aurait pu le prendre, encore une fois, à cet endroit même. A la place, il prolongea le baiser au maximum, glissant ses mains le long du torse d’Andy, le long de son dos, les insinuant à peine sous la ceinture de son pantalon. Finalement, il détacha ses lèvres de celles de l’autre et lui dit d’une voix rauque. Tu as intérêt… Il tira un peu sur le pantalon d’Andy, sans pour autant l’ouvrir. Sinon, je viendrais te chercher. Son ton était à la fois menaçant et empli d’un désir brûlant.

Il frotta son corps encore un instant contre le sien avant de s’en détacher à regret pour aller récupérer ses vêtements qui traînaient encore sur le canapé. Avant de franchir la porte, il vola un dernier baiser au mutant. Il sentait le Soleil monter dans le ciel, comme un poids de plus en plus lourd ajouté sur ses épaules. Pourtant, il rentra bien vite et referma la porte derrière lui. Son majordome arriva et s’inclina gracieusement malgré son âge. Si je puis me permettre, Monseigneur, vous rentrez bien tard. Un sourire malicieux et victorieux se dessina sur ses lèvres. Il s’approcha du majordome et s’inclina légèrement à son tour. Cette nuit a bien valu tous les risques que j’aurais pu prendre avec le soleil, crois-moi. Il lui tapota l’épaule. C’était bien la première fois que le serviteur voyait son maître dans un état aussi joyeux. Le vampire le contourna pour gagner sa chambre avant que le Soleil ne l’assomme derrière les murs épais. Il s’arrêta devant la porte et jeta un coup d’œil par dessus son épaule. A propos, Ren…Oui, maître ?Demain matin, et tous les autres après, jusqu’à ce que je te dise le contraire, je prendrais du sang provenant de l’hôpital. En poches plastiques, tu sais ?Bien, maître. Si le majordome se demandait à quoi était du ce revirement, il n’en laissa rien paraître et s’enfonça dans les couloirs du manoir alors que Vlad pénétrait dans sa chambre. Il prit rapidement une douche, pour se nettoyer de cette nuit ardente et se débarrasser des dernières affres du plaisir qui tendaient encore son corps, pensant à Andy, puis alla se glisser, encore humide, entre ses draps soyeux. Le Soleil avait à peine dépassé de l’horizon, frappant la demeure du vampire de ses rayons, que Vlad était tombé dans l’abysse des bras de Morphée.

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La fosse aux monstres | ft. Vlad [NC -18]
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