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 leave no one behind. ▽ (hadessa)

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MessageSujet: leave no one behind. ▽ (hadessa)   Jeu 28 Aoû - 22:06



buried in water

nothing but human aliens


La fraîcheur du vent lui faisait mal aux pommettes et lui piquait les yeux. Pourtant, il ne bougeait pas. Cigarette coincée entre les doigts, coudes appuyés sur le garde-fou de ce misérable petit balcon attribué à son appartement, il regardait les lumières vacillantes de Brooklyn, étalées autour de lui. Elles étaient de moins en moins nombreuses, à mesure que les jours filaient, et que la terreur des Originels prenait place. Les choses ne faisaient qu'empirer. Il était déconseillé à de vulgaires humains — mortels — dans son genre de sortir la nuit. En fait, il était déconseillé à à peu près tout le monde de sortir la nuit. Mais il vivait dans les interdits. Il n'avait cure des conseils des autres, et de leurs recommandations. La survie était devenue si relative, même en passant ses jours et ses nuits enfermées chez soi, qu'il ne comprenait pas ceux qui minimisaient le goût du risque. L'espérance de vie des êtres dépourvus de capacités surnaturelles était tombée à une trentaine d'années ; et encore, c'était être clément. Alors, pourquoi se priver de profiter de la vie ? Il n'avait ni notion de prudence, ni de raison. Il sortait en pleine nuit, charmant petit casse-croûte sur pattes, et n'en dormait pas mal. Il était une proie, et n'avait d'ailleurs nullement la prétention de se considérer comme un prédateur. En d'autres termes, et pour tout expliquer, il avait parfaitement à l'esprit que même sans cette tyrannie oppressante exercée par les créatures nocturnes, il n'avait pas plus d'une trentaine d'années d'espérance de vie. Bien avant que les Originels n'en viennent à appliquer leurs projets mégalomanes et à asservir les autres peuples, il n'était pas promis à vivre vieux. Qui plus est, la mort lui aurait certainement apporté plus de réconfort que ce que la vie ne pouvait le faire. Alors, pourquoi aurait-il tenté de la prolonger ?

Cette nuit, il n'avait pas prévu de bouger. Il était rentré alors que la soirée commençait, et n'avait depuis pas vraiment bougé du salon. Quelques crochets à la cuisine pour se faire couler un café, quelques cigarettes consumées à la fenêtre. Il avait fermé l'œil quelques minutes à peine avant d'être agité d'un spasme, et de se réveiller à nouveau. En fin de compte, à quatre heures cinq du matin, il avait décidé d'aller prendre une douche, et de se laver du combat de début de soirée. Et maintenant, les coups de cinq heures et demie approchaient. Il n'avait toujours pas fermé l'œil. Il aurait fallu qu'il se repose. Mais il attendait. Patiemment. Qu'elle se réveille, qu'elle manifeste un signe de vie. Il l'avait ramenée, couchée dans son propre lit, avait soigné quelques plaies alors qu'elle dormait de ce sommeil profond, sur les rives de l'inconscience. Mais il voulait être sûr qu'elle se réveille. Toutes les demi-heures, il allait vérifier qu'elle était toujours vivante. Juste au cas où. Elle avait pris des coups sur la tête. Et la possibilité d'un traumatisme crânien était très loin d'être à écarter. Il la soupçonnait même d'en avoir fait un ; minime, peut-être, mais à ne négliger sous aucun prétexte. Alors, il veillait.

Il ne se souvenait pas de la dernière fois où il avait démontré autant d'attention envers un parfait inconnu. Et, depuis qu'il l'avait ramenée, depuis la seconde où il avait refermé la porte de sa chambre derrière lui pour la laisser se reposer, il avait recommencé à se demander pourquoi avoir fait ça. Il ne la connaissait pas. Elle n'avait rien faire pour lui. Mais il prenait soin d'elle. Et, selon toute vraisemblance, il lui avait sauvé la vie. Qui sait ce qui lui serait arrivé, si elle était restée dans cette sombre ruelle, seule, et surtout inconsciente. Qui sait les mauvaises rencontres qu'elle aurait pu faire, sans même s'en rendre compte, ni pouvoir se défendre. Lui venir en aide n'était rien de plus que de la générosité. Une bonté logique, pour beaucoup. Mais générosité ne faisait pas partie du vocabulaire d'Hades. Pas dans ses habitudes. Ni même dans sa vie, tout court. Il ne se souvenait pas même avoir été particulièrement généreux dans ses existences passées ; et quand on savait que celle-ci était la pire de toute, la question revenait inlassablement : pourquoi avoir fait ça ? Était-ce l'ennui ? Avait-il alors si peu d'intérêt pour sa propre vie qu'il se tournait vers celle des autres ? Il se fichait bien, de vivre aujourd'hui ou de mourir demain. Il n'aurait rien regretté. Hormis Ryker, peut-être. L'espace de quelques secondes, ses pensées s'égarèrent vers le lycanthrope. Ryker.

Il regardait, au loin, la lumière du soleil poindre lentement. Il n'avait pas fait de nuit blanche depuis longtemps déjà. Et celle-ci ne serait pas une partie de plaisir à rattraper. Il se recula quelques instants du garde-fou, écrasa sa cigarette au milieu des autres et tourna le dos à la ville encore à demi endormie. Un café. Il avait besoin d'un café. Lentement, ses pas le guidèrent jusqu'à la cuisine. La fenêtre ouverte laissait un léger courant d'air rafraîchir la pièce principale. Il la fermerait plus tard. Pour le moment, il faisait juste bon. Le café qui coule au fond de la tasse. La noirceur des remous. Son regard se perd au milieu des ondes brèves créées par les gouttes, endiguées par les rebords de cette tasse. Sa tasse. Il la porte à ses lèvres. Son regard se perd sur le réfrigérateur. Il n'y a rien. Pas de photos, pas de notes. Pas de listes de courses, pas de rappels. Sa vie était vide. Aussi vide que pouvait l'être son désir de la poursuivre. Il n'avait plus vraiment de raison de se lever, chaque matin. Peut-être était-ce pour cette raison que cette nuit-là, il ne s'était pas couché.

Il fait demi-tour, retourne vers le salon. Mais, alors que ses pieds nus s'enfoncent silencieusement dans la moquette, que son regard brun se perd sur les divers objets qui encombrent le salon, il se fige. Il relève le menton, et ses yeux fixent la porte entrouverte de la chambre. Elle est réveillée.

Elle était revenue à la vie.
Tandis que lui se laissait mourir, minute après minute, sans plus accorder le moindre intérêt à se battre.


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MessageSujet: Re: leave no one behind. ▽ (hadessa)   Jeu 25 Sep - 23:35




leave no one behind
❝ I think I kind of lost myself again ❞



Il me regarde avec son petit air de chien battu, celui qu'il arbore toujours lorsqu'il cherche à se faire pardonner d'une faute grave. Je ne bronche pas à ses yeux piteux - même s'il sait qu'il s'agit de la meilleure technique pour me faire flancher - et demeure avec mes deux mains sur les hanches. Un petit bout de femme bien incarnée pour mon jeune âge. Peut-être croit-il pouvoir s'en sortir aussi facilement avec notre maîtresse, mais il ne va certainement pas me passer sous le nez. S'il continue à faire des fautes de ce genre, ce n'est pas seulement lui qu'il enfonce en terre, c'est nous deux. Pas que ma vie m'importe davantage que la sienne, bien au contraire, mais si je ne suis plus là, qui s'occupera de lui? Il finira par se tuer à force de se mettre les pieds où il ne faut pas. Je ne peux supporter cette idée. Alors je m'acharne à l'enligner sur le droit chemin, à lui faire comprendre que son impulsivité et sa naïveté causera sa perte, même si je comprend, en vieillissant, qu'il s'agit d'un trait de sa personnalité que je ne peux changer. Je m'acharne malgré tout. Je me hante l'esprit, je me ronge d'inquiétude dès l'instant qu'il disparaît de mon champ de vision. C'est plus fort que moi. C'est plus fort que tout. Malgré son âge et le mien, je vois toujours, je me sens toujours, comme les deux enfants fragiles qui quittent leur pays d'origine et leurs parents aimants de manière clandestine. La façon à laquelle nous nous sommes immiscés dans un bateau de commerce pour traverser l'océan. La manière à laquelle nous avons parcouru un pays inconnu, dont même la langue nous était étrangère, pour avoir une chance de survie. Je me suis promise de prendre soin de lui. Et c'est ce que je fais. Je bouille de l'intérieur, fâchée qu'il gaspille notre deuxième chance de vivre. « Vad tänkte du på? » que je demande dans notre langue maternelle. Il baisse momentanément les yeux, comme pour démontrer sa honte, mais je sais très bien qu'il ne regrette pas vraiment. Parce qu'il n'a pas la capacité de penser aux conséquences avant d'agir. Je serre les dents, agacée par son attitude. Combien de fois devrais-je intervenir de la sorte? Combien d'années encore devrais-je protéger ses arrières? Je le ferai si telle est ma mission, mais je commence déjà à en être épuisée. « Bror! » Je m'impatiente, car il m'ignore. Il ne réalise pas la gravité de ses gestes et ça m'enrage. Ça m'attriste.

Il relève finalement la tête. J'entend un murmure, un grondement étouffé, s'échapper de sa gorge. Je vois deux grosses billes azurées me toiser avec panique alors que je constate. Sa bouche. Elle a disparu! Mes bras tombent, je sens l'incompréhension me brouiller l'esprit. Il porte ses mains à son visage et tente de comprendre ce qui peut expliquer ce soudain mutisme involontaire, mais il ne trouve plus ses lèvres... Je me sens soudainement impuissante et confuse devant cette scène alarmante, alors que lui panique et continue de pousser des grognements qui s'étouffent aussitôt contre le derme qui recouvre ses lèvres. Il me tend une main et, d'instinct, je tente de l'agripper. Elle traverse ma main comme si elles ne s'étaient jamais entrecroisées. Oh non. Paniquée, je m'approche davantage et j'espère au moins pouvoir le prendre par les épaules. Mais avant que je ne termine mon mouvement, il s'enfonce doucement dans le sol, ses pieds disparaissant dans le plancher. « ALEKSEY! » que je hurle de mon timbre désarmé. Je veux le retenir, mais mes mains traversent son corps comme s'il n'est qu'un fantôme. Je continue à crier son nom, à passer mes mains au travers de sa personne, jusqu'à ce qu'il disparaisse complètement.

Un soubresaut violent me réveille, mes yeux s'ouvrant instinctivement. Mes muscles sont contractés, ma respiration légèrement fébrile. Je prend un moment pour observer le plafond devant mes yeux, tentant d'écarter cette peur qui m'a habitée une seconde plus tôt. Les images de mon rêve flottent encore un moment dans mon esprit, alors que mon cerveau ne sait plus s'il s'agit d'un souvenir ou du produit de mon subconscient. Je prend peu à peu conscience de la vérité et je commence à sentir mon corps ressentir des douleurs désagréables. Le moindre mouvement semble provoquer des chocs électriques. Mes côtes sont fragiles, le muscles de mes jambes affaiblies et ceux de mon cou tendus. Chaque clignement d'oeil me fait mal, surtout à droite. C'est alors que je sens quelque chose reposé contre mon front. Je grimace alors que je glisse mon bras hors des couvertures afin de saisir une compresse qui a été déposé au-dessus de mes sourcils. Mon regard examine la serviette un moment avant d'observer le lit dans lequel je suis étendue. What the... Je repousse le drap pour constater que je suis toujours habillée de mes vêtements de combat. Petit soulagement que voici. Je tente de me redresser de contre le matelas, mais ma tentative me fait automatiquement grogner et grimacer. Merde, mon corps tout entier me fait souffrir. Une main se pose sur mon flanc alors que l'autre continue d'élever mon dos afin de me retrouver en position en assise. Le visage tendu, je prend un moment pour observer la pièce dans laquelle je me trouve. Comment j'ai atterri ici? Où suis-je exactement? Ça ne ressemble pas du tout à l'appartement de mon frangin... ni à aucune personne que je peux connaître d'ailleurs.

Une planche grince derrière la porte qui me sépare du reste de la demeure. Mon coeur s'emballe, je sens la panique me gagner. Et si c'est un gros pervers qui m'a recueilli dans une ruelle? Et si c'est un kidnapping? Ou l'esprit tordu d'un Originel qui tente de m'amadouer en me sauver la peau? Submergée par mes milles et une hypothèse, je me retourne avec peine pour poser mes pieds au sol alors que je scrute la pièce à la recherche d'une arme. Il me faut au moins un truc pour me défendre! Oui, je suis mutante, mais utiliser mes pouvoirs n'est pas aussi simple que l'on pourrait croire. Sans réfléchir, j'agrippe le premier objet qui me tombe sous la main: une lampe de chevet. Ça peut assommer des crânes (hum hum). Je le brandit de mes deux mains, alors que j'arrive à peine à me tenir en équilibre sur mes deux jambes. Au moindre signe de vie... j'attaque!  
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MessageSujet: Re: leave no one behind. ▽ (hadessa)   Sam 25 Oct - 3:21


AIN'T NO GRAVE CAN HOLD OUR BODIES DOWN.



Elle est réveillée.

Son cœur bat. Fort. Il ignore pourquoi. Elle n’est qu’une combattante comme les autres. Qu’une petite qu’il a secourue d’un abandon certain, et d’une probable mort. Elle n’est rien de plus qu’un déchet de ce monde cruel qu’était celui du combat illégal, recrachée sans le moindre scrupule par des êtres n’ayant aucune conscience de ce que pouvait être l’humanité, ou la pitié. Des hommes qui n’attendaient que de fondre sur ce petit corps martyrisé que la gueule du ring avait recraché, et qui auraient probablement aimé la serrer contre leurs cœurs, l’abuser sans sourciller d’autre chose que de plaisir. Il n’avait rien fait d’extraordinaire. Il n’avait, même, fait qu’un acte d’une humanité certaine et basique. Quelque chose de normal. De logique.

Mais qu’était la normalité, de nos jours ?
L’humanité ne voulait rien dire, pour lui. Cela faisait bien longtemps qu’il avait perdu cette notion, que son cerveau ne fonctionnait plus de manière logique par rapport à ce trait. Il était la face noire du cette humanité. La face cachée de la lune. L’homme qui n’avait de scrupules ni à tuer, ni à prendre du plaisir dans le lit de tout New York, alors que son cœur appartenait à un autre. Un homme qui n’avait de règles sur presque rien ; hormis peut-être sur un certain aspect de la galanterie. Hé, c’était déjà bien, non ?

Il l’avait regardée dormir. Et il s’était alors demandé. Mais qu’est-ce que tu fous, mon vieux ? Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce qu’elle fait là ? Depuis quand tu joues au bon samaritain, et depuis quand tu t’intéresses à ce qui peut bien advenir d’une demoiselle en détresse ? C’était même pas ta faute, si elle était en détresse. Oui, mais elle l’avait intéressé. Elle avait attisé sa curiosité centenaire, ce qui n’était pas une mince affaire. Elle l’avait attisé au point qu’il ne s’approche, qu’il ne l’étudie. Au point que, lorsqu’on l’avait jetée dehors, il avait voulu accourir pour l’aider. Et il avait fait au plus vite. Soulevé son petit corps à demi inconscient. Il l’avait laissée sombrer, une fois blottie involontairement contre lui. Quel autre choix avait-elle eu pour survivre ? Il avait eu le loisir de la regarder. Simplement. Sans arrière-pensée. Sans un sourire. Sans une idée déplacée. Juste, observé. Il n’avait pu panser toutes ses plaies. Il n’avait pas osé la déshabiller, ni avoir de quelconque geste qui aurait pu paraître déplacé. Il avait, pour la plupart de ses blessures, voulu attendre qu’elle se réveille. Et, selon toute vraisemblance, cette heure était arrivée.

Qu’avait-il vu, en elle ? Qu’avait-il donc pu bien apercevoir, pour changer ainsi sa manière d’être, et la prendre sous son aile ? Il était de ceux qui trahissaient, de ces êtres abjects qui assénaient le coup fatal au lieu de prendre sur leurs épaules le poids de vies qui n’étaient pas les leurs. Il ne faisait pas partie de ces visages blancs, de ces grands cœurs qui avaient foi en les autres, foi en la bonté de l’être humain. Il était l’incarnation même de la cruauté de ce même être humain, de tous les vices dont il pouvait être doté. Ceux qui voyaient en lui la bonté et la clémence avaient de la merde dans les yeux. Même Ryker — son doux Ryker — aurait probablement été incapable de nier sa cruauté. Il avait, sûrement, d’autres bons côtés. Mais sa pitié et son humanité étaient des faits rares. Les gestes les attestant encore plus. Il protégeait, oui ; mais réclamait un dû en échange. Ou, pire encore, n’hésitait pas à trahir lorsque sa propre peau pouvait être mise en danger. Il n’avait ni morale, ni valeurs. Il avait pour principe de ne pas combattre face à des femmes, certes ; mais si un soir, le thème des combats portait sur cette mixité, si on en venait à lui demander, contre une grosse somme d’argent, de faire de ce type de combats une généralité, il le ferait. Il frapperait des femmes. Il l’avait déjà fait. La galanterie émanait de son être. Peut-être était-ce une de ses qualités. Mais ce n’était pas celle-ci, qu’il avait manifestée à l’égard de cette petite. Il avait poussé au-delà. Fouillé dans des réserves dont l’existence était insoupçonnée. Il l’avait prise dans ses bras, le plus délicatement possible ; une délicatesse elle aussi insoupçonnée. Il l’avait gardée contre lui, le temps de la ramener ; blottie là. Et ça, ça ne lui ressemblait pas. Mais il avait cru voir dans ses yeux cette étincelle étrange ; étincelle de vie. Celle qui se bat, qui lutte pour ne pas trépasser, à chaque seconde. Celle qui se bat pour continuer, car elle n’a pas d’autre choix. Celle qui a du mérite à vivre. Contrairement à lui. Contrairement à la passivité dont il faisait preuve, jour après jour, attendant sa prochaine mort, subissant la vie plus qu’il n’en profitait. Il n’avait aucun mérite. Lorsque la mort le serrait dans ses bras, elle le relâchait immédiatement, et lui donnait la possibilité de commencer une nouvelle vie ; de débuter quelque chose de neuf. Il aurait même pu gommer toutes ses erreurs, s’échiner à avoir un mode de vie plus sain, et à ne pas répéter les mêmes fautes. Il n’en faisait rien. Chacune de ses vies était un peu plus noire. Et il n’avait pas le moindre scrupule à cela. Il défiait la mort, attendant qu’elle ne le prenne, une fois pour toute. Il voulait le repos. Cette petite le fuyait, inexorablement. Peut-être l’aurait-elle désiré, de tout son cœur ; mais il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu’elle ne souhaitait pas le même genre de repos que ce qu’il ne pouvait vouloir vivre.

Il avait cru voir une ressemblance, en même temps qu’une incroyable différence. Il avait cru voir la lumière jaillir de la petite carcasse battante ; autant de lumière dégagée que ce que lui ne pouvait en avaler. Trou noir, puits sans fond de mal et de péché. Elle avait peut-être fait des choses affreuses, mais elle continuait de briller. Il avait vu en elle une chose qu’il n’aurait pu définir, et qui serait peut-être démentie par la suite. Fausse idée. Puérile idée. À y songer, à mettre des mots — même mentaux — sur ce qu’il avait pu ressentir, ou avoir l’impression de sentir, il n’y croyait plus. Il avait affabulé. Comme d’ordinaire, un début de mauvaise humeur était allé en s’empirant, et il avait jeté son dévolu sur un être quelconque, qui jamais ne représenterait quoi que ce soit pour lui. Il se plaisait à créer, et en oubliait tout raisonnement censé. Mais il n’arrivait pas à nier. Il n’y parvenait pas. Il ne pouvait fermer les yeux sur cette lumière brute qu’elle dégageait. Cette même lumière dont il avait été nimbé, longtemps auparavant, mais qu’il avait détruite à force de mauvais choix. Et il se prenait à espérer que jamais elle ne fasse cela.

Du bout des doigts, il poussa cette porte entrouverte. Il avait entendu du mouvement, dans la chambre. Sa tasse de café toujours dans la main, le corps à demi dissimulé par la pénombre, et protégé par le mur. Son bras est exposé. Mais ses yeux restent grands ouverts et ses réflexes affutés, malgré le manque de sommeil. « Est-ce que tout va bien ? … » Sa voix douce et un peu grave résonne doucement. Il ne se veut pas inquiétant ; agressif encore moins. Il ne lui veut aucun mal ; non, vraiment pas le moindre. Il s’inquiète pour elle. Il voudrait que rien de tout cela ne lui soit arrivé. Que son petit corps frêle soit intact. Et ne pas avoir à se dire qu’elle mettra probablement plusieurs semaines avant de se remettre entièrement de tout cela.

La lumière s’infiltre un peu plus dans la pièce, tandis qu’il pousse plus fermement sur le battant, l’ouvrant en grand. Il apparaît dans l’encadrement de la porte, café en main, légèrement de profil, tête tournée vers la petite silhouette oscillante. Elle a l’air d’avoir quelque chose en main. Instinctivement, il relève sa main libre en l’air. Pas celle avec la tasse ; manquerait plus qu’il renverse du café partout, et puis quoi encore ? « Hey. Tout va bien. » Pose c’que tu tiens. Je sais pas ce que c’est, mais pose-le. Vite.

Me fais pas regretter de t’avoir prêté mon lit.
Me fais pas regretter de t’avoir ouvert ma porte.

Alors dépêche-toi.
Pose ça.


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