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 radioactive minds. ▽ (ashlaime)

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MessageSujet: radioactive minds. ▽ (ashlaime)   Sam 30 Aoû - 17:51



it's who we are

i felt it in my bones


Je suis Ashley.

Tu te rendais compte, maintenant, que tu ne lui avais même pas répondu. Tu prenais seulement conscience que tout s'était enchaîné trop vite, et que dans le feu de l'action, tu avais zappé de lui donner ton propre nom. Et, maintenant que tu te faufilais discrètement dans les couloirs de l'hôpital, tu avais envie de rattraper cette erreur. Sans elle, vous seriez probablement morts. Ou capturés par les toutous des Originels, qui sait. Sa sœur avait débarqué au bon moment. Elle avait eu une bonne initiative. Jusqu'au bout, tu t'étais laissé entraîner, sans protester, éreinté par l'effort qu'il t'avait été demandé de fournir pour sortir ces deux-là de là. Tu avais pu marcher jusqu'à la cabine téléphonique, avais eu assez de force pour jouer la comédie face à deux idiots, mais une fois tassé dans la voiture, tu avais senti la fatigue s'abattre sur ses épaules. Et, malheureusement, tu n'avais rien pu faire pour lutter. Arrivés à l'hôpital, on s'était occupé de toi. Pas de questions. On te connaissait. C'était là que tu avais été en partie soigné, après avoir été massacré à la Moisson des Âmes. Certains ignoraient tout de ton identité, mais tu ne t'en étais pas plaint. Tu n'avais pas envie de te retrouver en mauvaise posture. Pas envie qu'on aille crier aux Originels qu'une fois encore, tu les avais défiés, et avais remis en question leur autorité. Tu voulais juste quelques pansements sur les brûlures superficielles occasionnées avant l'activation de ton don, et qu'ensuite, on te foute la paix. Ce qui, au final, était arrivé bien rapidement.

On t'avait donné le numéro de sa chambre. Pas bien loin de la tienne. Elle était blessé plus gravement que toi, mais elle s'en sortirait, sans le moindre doute. Tu sillonnais les couloirs, à la recherche de ladite chambre. Et, bientôt, tu fus devant. Tu étais passé voir le gamin, avant ça. Il allait bien. Il s'en sortirait. Et toi, tu étais déjà presque guéri. Tes muscles te tiraient, tu étais épuisé, un bandage enveloppait ton avant-bras humain un peu brûlé, et ton mollet également, mais tu marchais sans trop de difficultés. On t'avait donné des calmants. Tu étais bien. Sur un petit nuage, peut-être, mais ton ordre des priorités ne s'en trouvait pas altéré. Tu regardais autour de toi. Chambres aux portes fermées, infirmiers circulant dans les couloirs. Le médecin avait dit que tu pouvais te lever pour marcher jusqu'à la machine à café, si tu avais vraiment envie d'en prendre un. Tu étais en suffisamment bon état pour ça. Le métal de ton bras avait progressivement refroidi, et il était désormais revenu à température normale. Un ou deux petits réglages seraient nécessaires pour en permettre à nouveau son bon fonctionnement, altéré par la chaleur lors de l'opération rescousse, mais tu ferais ça en rentrant chez toi. De toute manière, ils étaient médecins, ici. Pas mécanos. Le prétexte du café avait été suffisant pour te faire sortir de ta chambre, et tu t'étais faufilé vers l'accueil, pour demander le numéro de celle d'Ashley. Tu avais attrapé ton café au passage, en échange de quelques petites pièces pour la machine. Ton alibi était en béton. À part l'air à demi fatigué et à demi shooté par les calmants, tu avais l'air d'un visiteur. Si on excluait, là encore, le bandage de ton bras. Au vu de l'heure, la secrétaire de garde n'avait pas fait la difficile. Les visites étaient fermées. Mais tu étais arrivé avec elle, elle s'en souvenait. Elle t'avait donné le numéro de la chambre. Et, buvant ton café brûlant et dégueulasse, tu t'y étais rendu.

Ton poing replié toqua quelques instants contre la porte. Sans attendre de réponse particulière, tu entras dans la chambre, tentant de minimiser le bruit de tes pas. Elle dormait peut-être. Tu ne voulais pas la déranger. Juste aller la voir, la remercier, et lui dire comment tu t'appelais. La remercier, oui. Tu n'aurais pas été en état de rentrer chez toi, et elle t'avait évité cette peine. Tu l'avais peut-être secourue, mais elle t'avait empêché de te retrouver au fond d'une geôle, ou avec une balle logée entre les deux yeux. Alors, oui, tu lui devais la vie. Et c'était un juste fait d'aller la remercier. Et de lui donner ton nom.

Elle ne semblait pas dormir. Tu eus un léger sourire, avant de refermer la porte de la chambre derrière toi.

« C'est plus l'heure des visites, tu feras comme si j'étais jamais passé. »

Tu lui souris, légèrement. Elle n'a pas particulièrement bonne mine, mais c'est toujours mieux que lorsque vous êtes arrivés à l'hôpital. Elle semble reprendre progressivement des couleurs. Tu déglutis, t'approches du lit. Tu ne t'assieds pas, n'oses prendre place nulle part. Tes yeux se relèvent finalement vers son visage, pour croiser les siens.

« J'suis passé voir Kael. L'infirmière m'a laissé rentrer. » Tu prends une inspiration brève. « Il va bien. Il va s'en sortir. Grâce à toi. »

Finalement, tu tires un tabouret, dans un coin de la chambre, et prends place dessus. Tu as prévu de rester plus de deux minutes. Tu veux savoir ce qui lui a pris de faire ça. Maintenant que vous avez le temps de parler, en somme, tu as envie de parler. De comprendre. Faire des trucs suicidaires de la sorte, c'était dans tes habitudes. Peut-être dans celles de cette fille aussi. Elle avait voulu sauver la veuve et l'orphelin — ou, en l'occurrence, juste l'orphelin. Mais tu voulais piger ce qui se passait. Des éléments t'échappaient. Comme bien souvent.

« Merci pour tout à l'heure. »

Tu ne sais pas quoi dire d'autre. Sans elle, tu serais probablement déjà à moisir au fond d'un trou, en compagnie de quelques vers. Mais tu n'étais pas doué pour les remerciements. D'ailleurs, tu regardais ailleurs. Tu n'arrivais pas à la fixer, tu ne parvenais pas à accrocher son regard. Pas comme ça. Finalement, tu te forças à la regarder. Sans lui sourire plus que ça. Elle avait bien joué. Elle vous avait fait passer pour un couple, et ça ne te perturbait pas plus que cela. Mais tu n'avais pas compris d'où cette idée avait aussi naturellement germé. Enfin.

Tu renifles doucement. Tu te forces à lui sourire, malgré les cernes noirs qui te tombent comme des poches sous les yeux. T'as tellement besoin de dormir, mon pauvre. Mais tu n'as pas fini. Tu veux rester là. Quitte à t'endormir au bout de son lit, ça t'est parfaitement égal. Tu n'as pas envie de la laisser seule. Sauf si, à la rigueur, elle te le demande.

Tu inspires longuement. Et, finalement, tu te lances.
Au fait.

« Moi c'est Jaime. »

Ravi de faire ta connaissance, Ashley.


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Ashley H. ColbyNain roux au syndrôme de stockholm
MessageSujet: Re: radioactive minds. ▽ (ashlaime)   Dim 31 Aoû - 2:45


Radioactive minds

Feat. Jaime D. Keeler-Waldau
Il lui semblait qu'il s'était écoulé des semaines depuis cet incendie. Pourtant, l'événement s'était produit à peine quelques heures plus tôt. Suite à la nervosité occasionnée par le sauvetage de Kaël, il semblait à Ashley que le monde évoluait avec une lenteur horrible. Les infirmiers les avaient séparés du petit, malgré ses protestations, clamant qu'il devait absolument être emmené en soins intensifs. Comment leur expliquer qu'il était stable ? Son don avait fait le gros du travail. Elle avait même faillit y rester. Cette expérience demeurerait probablement gravée dans sa mémoire, d'ailleurs. La mort avait de quoi être terrifiante.

La rouquine avait aussi dût passer une batterie de tests. Elle ne s'était pas attardée sur les détails de l'incident. Un feu, un gamin, deux sauveurs, ça résumait plutôt bien la situation. Hors de question de parler des loups, encore moins des Originels. La jeune femme allait relativement bien, à la surprise des docteurs. Un peu de fumée dans les poumons, quelques brûlures mineures, et une faiblesse incroyable, mais elle allait bien. La rousse devait simplement récupérer, afin que ses pouvoirs s'occupent des dernières plaies. Néanmoins, elle ne pouvait pas dire cela aux médecins, pas vrai ?

Ils l'avaient donc emmener dans une chambre après avoir pansé les quelques blessures apparentes. C'en était suivi le passage le plus pénible. Le passage de savon par sa chère sœur. C'était compréhensible. La guérisseuse venait probablement de se mettre les pieds dans un pétrin monstre, ce qui aurait pour conséquence d'impliquer toute sa famille. Outre cela, Amber était inquiète pour sa cadette. Elle avait sa propre manière de le montrer, mais c'était plutôt clair. Ashley écouta donc le flot interminable de paroles, acquiesçant de temps à autre pour montrer qu'elle était attentive... mais ne montra aucun regret. Du moins, pas pour l'instant. Elle ne se saurait jamais pardonné d'avoir laissé le petit mourir aussi atrocement. Même si allait souffrir du manque de ses parents, il était en vie. C'était le plus important. Les conséquences, la sorcière comptait bien les affronter. Plus tard. Après s'être reposée.

Elle finit par s'endormir sans trop s'en rendre compte. La demoiselle sentit néanmoins la caresse dans ses cheveux, un baiser sur son front et entendit clairement l'insulte pleine d'affection qui lui fut adressée. Du Amber tout craché, ça. Le lendemain, elle devrait sûrement faire face à la colère monstrueuse de sa mère. Demain. Dire que ce mot n'avait jamais été plus incertain que dans ces flammes...

La rouquine rouvrit les yeux à peine une heure plus tard. Ce plafond, d'un blanc vieillit par les années, était... laid. Rien de plus, rien de moins. Vide, sans émotions, ayant probablement vu passé des milliers de patients, fade... Enfin. La jeune femme se redressa lentement dans son lit, grimaçant légèrement. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas eu de courbatures. La même explication que d'habitude. Son pouvoir se chargeait de la moindre anomalie dans son système, muscles y comprit. Autant dire qu'elle s'était rarement sentie plus vulnérable qu'à cet instant. Ashley ferma un instant les paupière, lessivée. Si son don se réactivait à chaque fois qu'elle récupérait un brin d'énergie, elle risquait de rester un moment. Mais bon, pour l'instant, elle parvenait à garder un semblant de contrôle sur sa magie. Heureusement, d'ailleurs.

Ses prunelles chocolat se posèrent sur la seule fenêtre de la chambre. Il faisait toujours nuit, mais le soleil commençait à pointer. Il devait bien être cette heure particulière où aucune visite n'était permise, humaine ou pas. Trop tôt pour les humains, trop tard pour les autres. Un petit havre de silence et de solitude, ensemble. Cette pensée la fit grimacer. Ça la laissait seule avec ses pensées, et pour l'instant elles n'avaient rien de très réjouissantes. Est-ce que le petit allait bien ? Et le jeune homme ? Au final, il ne lui avait pas confié son nom.

Un sursaut échappa à la demoiselle lorsque trois coups francs, distincts, se firent entendre à sa porte. Elle tourna son regard vers celle-ci au moment où elle s'ouvrait, en silence, laissant paraitre le visage de son sauveur. Un grand sourire vint éclairer le visage de la rouquine alors qu'il entrait, refermant la porte derrière lui. Il semblait bien allez, ce qui la rassurait. Il avait un bandage au bras et à la jambe, mais ça ne semblait pas grave. Pour sa part, quelques bandages la couvraient à plusieurs endroits, dont un pansement sur sa joue. Toutes des brûlures, légères. Les calmants faisaient leur boulot niveau douleur. Au final, elle devait sembler plus épuisée qu'autre chose.

Un petit rire échappa à la guérisseuse face à l'affirmation du jeune homme. Le ton un brin joueur, elle répondit simplement :

- Remarque, ça serait amusant si les infirmières te donnaient la fessée. Mais promis, je dirai rien. Un petit rire suivit cette blague merdique. La fatigue faisait bien son boulot.

Lorsqu'il se mit à parler de Kael, la petite ne put s'empêcher de retenir son souffle. Et s'il s'agissait de mauvaises nouvelles ? Mais non. Tout allait pour le mieux. Un profond soupir de soulagement lui échappa, alors qu'elle posait la tête contre l'oreiller, toujours assise, le haut du lit presque droit. C'était pratique, cette fonctionnalité des lits d'hôpitaux. Ils devraient inventer cela pour les lits domestiques.

- Ne me donne pas tout le mérite... Je serais bêtement... enfin, tu sais... avec lui... si tu n'étais pas venu. Il lui était impossible d'employer ce mot fatidique. En particulier dans un hôpital. Comment va ton bras ? Elle se souvenait de sa couleur, en sortant du brasier. Même si le membre semblait fait d'acier, cela ne devait pas être confortable, ne serait-ce que pour les chairs autour.

Il tira un tabouret vers lui, signe qu'il comptait rester. Tant mieux. Elle était même prête à lui faire une place, s'il le fallait, tout pour ne pas demeurer seule. Ashley avait beau ne pas être d'un naturel craintif, elle était pour l'instant proche de la paranoïa. Difficile de deviner pourquoi, pas vrai ?

Soudain, il la remercia. La rouquine demeura un instant saisie, stupéfaite. Pourquoi ? Elle n'avait pas été d'une grande aide. Il avait sauvé l'enfant. Sa soeur les avait sortis de ce merdier. Elle, elle n'avait fait que se jeter dans les flammes, un acte qui lui aurait coûter la vie sans lui. La demoiselle baissa donc simplement les yeux, se dandinant un peu sur son matelas.

- Je n'ai pas fait grand chose, sinon me jeter dans les flammes, tu sais. Elle eu un petit rire, comme pour cacher son malaise. C'est moi qui te dois la vie, pas l'inverse. Merci d'être venu. Les autres se contentaient d'observer.

Il fuyait son regard, mais cela ne semblait pas la gêner. La demoiselle lui sourit doucement, chassant ses propres pensées moroses. Tout était fini, après tout. Sauf la crise de colère de sa mère, bien sûr, mais cela saurait attendre. Ces quelques heures de repos, les deux jeunes la méritaient amplement. D'ailleurs, les cernes du châtain le démontraient bien. Enfin. Elle n'était pas bien placée pour parler. Sa tête devait faire encore plus peur.

Jaime. Voilà finalement le nom à lier à ce visage. Comme s'il s'agissait d'une simple rencontre de rue, comme si la situation était normale, qu'ils n'avaient pas défié l'autorité des Originels pour mieux se retrouver à l'hôpital, Ashley sourit et tendit une main ouverte vers lui.

- Enchantée. Ashley, au risque de me répéter. Elle inclina légèrement la tête, un petit rire au bout des lèvres. Heureuse de voir que tout va bien. Ton corps ressemblait à une véritable braise, tout à l'heure. Question sous-entendue. Était-il un sorcier, comme elle ?

La guérisseuse laissa un silence s'installer pendant un moment. Elle était si épuisée. Pourtant, il ne fallait pas qu'elle le lui montre. Il la laisserait seule, et la jeune femme n'était pas certaine de pouvoir le supporter. Habituellement, lorsque la solitude s'installait, elle se plongeait dans un bouquin. Néanmoins, même si elle en avait un, ses yeux étaient trop fatigués pour se concentrer sur les mots.

- Tu crois que le petit se remettra ? Je veux dire.. psychologiquement ? Les Originels vont le croire mort ? Et oui. Poser une question à la fois, c'était pour les faibles. La demoiselle secoua lentement la tête. Pardon... Il vaudrait mieux penser à des sujets plus joyeux. Nouveau sourire. Comme une habitude, une carapace. Elle n'y faisait même pas attention.

- Ce serait bien de garder contact.La sorcière ne pouvait s'expliquer pourquoi, mais elle aimerait revoir ce garçon. Peut-être qu'affronter joyeusement la mort en duo tissait des liens. D'ailleurs, désolé  de t'avoir fait passé pour mon copain. C'était le premier truc à m'avoir passé en tête. Nouveau rire.

Sensation inconfortable, dans le ventre. Une nouvelle grimace lui échappa, mais pas de douleur. Elle avait oublier les besoins primaires de son corps, avec tout cela. La rousse posa difficilement les pieds au sol, demeurant assise, pour l'instant. Ses jambes tremblaient avec le simple contact du carrelage froid. Cette fois, l'adrénaline n'était pas là pour la soutenir. Un sourire timide, gêné, se dessina cette fois sur ses lèvres. À croire qu'elle ne savait pas faire autre chose.

- Je suis désolée de te demander ça mais... tu m'aiderais à me rendre aux toilettes ? Et oui. La chaleur du feu n'avait pas fait peur à sa vessie. Ça devait fonctionner, tout ce pataclan.


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MessageSujet: Re: radioactive minds. ▽ (ashlaime)   Jeu 13 Nov - 16:29


IT DOESN'T MATTER WHO WE ARE.
WHAT MATTERS IS WHAT WE'VE DONE.


« Bien, bien. » Mon bras va bien.

Ce n’était qu’un peu de métal chaud. Qu’un petit écart de température. Rien de vraiment grave. Pas de quoi t’arrêter ou te faire peur, en tout cas. Tu souris à la jeune femme. Elle parle. Elle est plus bavarde que toi, cela ne fait absolument aucun doute. Mais qui pourrait te le reprocher ? Tu as la tête ailleurs. Tu as fait quelque chose de complètement stupide, cette nuit. Ça a peut-être sauvé la vie d’un être humain, mais ç’aurait pu pulvériser la tienne. Et, quelque part, tu te demandes si cet affront que tu as fait à l’autorité des Originels n’est pas la goutte d’eau pouvant faire déborder le vase. Depuis trop longtemps, tu les défiais. Depuis trop longtemps, tu te dressais face à eux, et tu leur riais au nez. Tu leur criais au visage que tu les haïssais, et qu’ils ne perdaient rien pour attendre. Que ta vengeance serait terrible. Qu’ils finiraient par tomber. Et que s’ils avaient l’affront de te jeter en enfer avant ça, alors tu rirais. Tu les regarderais tomber, et tu te marrerais. Comme le gamin que tu n’avais jamais cessé d’être. Comme ce gars qu’on avait détruit, à la force de l’autorité.

Tu eus un léger sourire. Ton corps ressemblait à une véritable braise, tout à l’heure. Il y avait un certain nombre de choses que tu n’aimais pas, chez toi. Mais ça. Ça. Ce don étrange dont la nature t’avait affublé. Tu en étais conquis. Ravi. Tu l’abordais fièrement, et tu n’hésitais pas à le laisser te sauver la peau, aussi souvent que possible. Elle l’avait remarqué. Mais tu n’avais pas envie d’en parler. Tu n’avais pas envie de trop te dévoiler. Tu étais menacé, sans cesse : épée de Damoclès au-dessus de ta tête, la fureur des Originels qui n’attendait que le coup de feu pour tomber. Tu n’avais pas envie d’y penser. Pas envie d’en parler, ou de leur donner les moyens de te faire tomber.

Les questions sur le petit firent disparaître ton sourire. Tu secouas la tête, quelques secondes. « Non. Ils vont savoir qu’il est vivant. Il y aura eu des rapporteurs. Tu ferais mieux de rester discrète quelques temps. De te faire oublier. T’as défié leur autorité. Et j’suis pas sûr qu’ils apprécient vraiment ça. À voir s’ils décideront que le jeu en vaut la chandelle ou pas. Après tout, ce n’est qu’un enfant. » Un enfant qui n’avait rien demandé à personne, et qui avait été arraché de sa famille par la force des choses. Un enfant qu’il aurait peut-être mieux valu laisser mourir. Ainsi, il aurait au moins été épargné de tout ce qui allait pouvoir lui arriver prochainement. Épargné d’avoir à vivre sa vie sans guide, sans lumière pour l’aider à se frayer un chemin dans l’ombre. Peut-être cette pensée avait-elle une énorme part de cruauté, mais tu ne pouvais t’empêcher d’y songer, de l’avoir. Vous aviez condamné ce petit à errer seul, dans un monde où tout menaçait à chaque seconde de vous dévorer. C’était ton grand cœur, qui avait parlé, agi. Mais à y repenser, tu ne savais vraiment pas si vous aviez opté pour la bonne option.

« T’en fais pas. C’était peut-être le seul moyen de se débarrasser des curieux. » Et puis, ce n’était pas non plus comme si elle était désagréable à regarder, n’est-ce pas ? Oh, certes, tu avais quelqu’un d’autre en tête. Mais il n’y avait pas le choix. Et tu n’étais pas du genre à se focaliser sur ce genre de petits mensonges. Tu n’allais pas en faire toute une affaire. C’était déjà passé. Et tu t’en fichais. « Mon frère tient un petit garage sur la 50ème rue, à Brooklyn. Tu pourras passer, si tu veux. » Un autre moyen de garder contact.

De l’aide. Elle avait besoin d’aide. Tu te levas, un sourire aux lèvres, et hochas la tête. « Bien sûr. » Tu t’approchas, passas ton bras sous ses épaules, la calant contre toi pour l’aider à se redresser. Ce fut à cet instant que la porte de la chambre s’ouvrit. Tu sursautas. Tes prunelles se posèrent sur le visage crispé d’une infirmière, au regard brun assassin. « Je peux savoir ce que vous faites là ? » « Je… Heu… Je-je venais voir comment elle allait … ? » « Les visites sont terminées. » « Techniquement, je ne suis pas vraiment un visiteur, vu que j–  » « Dehors. » « Tout de suite. » Tu baissas la tête, relâchant doucement Ashley. Tu fis quelques pas vers la sortie de la chambre, avant de te retourner vers elle. Un petit sourire. Un léger signe de la main. On se reverra plus tard, que ça voulait dire. Tu y comptais bien.

L’infirmière plissa les yeux, les poings posés sur ses hanches. Tu détournas le regard, filant précipitamment dans le couloir. Tu espérais qu’Ashley passerait au garage. Et si elle ne venait pas, tu la retrouverais. Du moins, tu le pensais. Tu ignorais encore de quoi demain serait fait. Et, quelque part, peut-être était-ce préférable.



THE END.

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