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 Stray Dog | Vladràn

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MessageSujet: Stray Dog | Vladràn   Mar 9 Sep - 10:53


Stray Dog
Vladimir Skender & Bràn E. Irons


Il trottait encore dans sa tête. Sans arrêt à vrai dire. Il ne comprenait pas. Ce vampire de plusieurs siècles ne comprenait pas. Pas vraiment. Il ne comprenait pas comment un humain pouvait obséder ses pensées ainsi. Seule Ileana avait réussi. Elle seule le tourmentait encore par son absence près de six cent ans plus tard. Et là, seulement quelques jours après leur rencontre unique, Vlad ne parvenait pas à se retirer ce jeune mutant de l’esprit. Il l’avait sauvé des griffes d’un vampire encore dans ses premières années de transformation. Un sauvage, un barbare, presque incapable de se contrôler. Il lui aurait sûrement arraché cette main qui saignait, s’il n’était pas intervenu. Il se souvenait du goût de son sang dans sa bouche, le long de sa gorge, de son corps contre le sien. De son membre profondément enfoui à l’intérieur de lui. Le corps du vampire vibra à ce souvenir quand il ouvrit les yeux. Ses prunelles se dardèrent sur les tentures qui entouraient son lit. Un lit à baldaquin, plus parce qu’il aimait ce genre de mobilier que réellement pour le protéger des rayons du soleil durant son sommeil pendant la journée. Non, son manoir, bien qu’ancien, possédant la technologie nécessaire pour lui éviter de brûler. La musique commençait déjà à monter dans les tréfonds de la demeure, chaque seconde un peu plus forte, avec une nuance que seul le vampire pouvait entendre avant que le peu de ses serviteurs humains ne puisse l’entendre. Il fixa les tentures d’un rouge profond. Son corps vibra encore du souvenir de cette nuit au Cirque. Il ne comprenait pas. Il avait pensé que depuis qu’il était devenu immortel, depuis qu’il avait perdu Ileana, il ne pouvait plus aimer aussi fort. Il ne pouvait plus aimer aussi vite. Sombrer tellement profond en aussi peu de temps.

Sortant des bribes de ce qui aurait pu être un rêve — les vampires rêvaient-ils dans ce sommeil semblable à la mort qu’était le leur ? —, Vlad se leva, écarta les rideaux de son lit. Ses pieds se posèrent sur le parquet froid. Son long corps fuselé se déplia quand il se leva. Près de la porte qu’il ouvrit, se tenait son majordome. Tête baissée, il portait un plateau d’argent. Merci. Le Transylvanien s’empara de la poche plastifiée qui reposait dessus et l’homme s’effaça dans les méandres du manoir. La requête du vampire avait surpris son serviteur. Lui qui avait l’habitude de lui sélectionner quelques jeunes hommes pour assouvir sa soif de sang et de sexe au réveil… Oui, il avait été étonné quand Vlad lui avait dit qu’à partir d’aujourd’hui, il prendrait son petit déjeuné de façon plus… moderne. Ce n’était pas parce qu’il n’éprouvait plus l’envie d’un corps contre le sien, ou celui du sang chaud ruisselant dans sa gorge… Juste qu’il avait promis à Andy qu’il ne serait que sien. Il n’avait pas l’intention de la rompre. Pas alors que tout son être ne frémissait qu’à la simple pensée de l’humain. Se rendant paresseusement jusqu’à son salon, il s’avachit avec grâce sur le canapé avant de planter ses crocs dans la poche de sang. En vérité, ça avait un goût infâme. Il leva les yeux lorsqu’une magnifique chouette hulotte entra dans la pièce pour une fenêtre ouverte. Elle se posa sur le dossier du siège et émit un cri strident. C’était bien ce qu’il pensait. Avant même qu’il ne s’éveille tout à fait, Vlad s’était douté qu’Andy travaillait encore tard. Et puis, lorsqu’il n’avait senti que la présence de son majordome à sa porte, il s’était douté qu’il n’avait pas pu se libérer. Le vampire gratouilla la tête de l’oiseau qui s’envola vers la porte ouverte qui donnait sur le couloir. Elle connaissait le chemin. Elle savait qu’elle aurait à manger dans les entrailles de la demeure.

Habillé avec goût, Vlad se demanda s’il ne devrait pas aller travailler lui aussi. Ce n’était pas comme si sa multinationale ne pouvait pas tourner sans lui. Il donnait ses directives. Il pouvait le faire de chez lui ou de son bureau, au final. Il était PDG, on ne s’attendait pas à ce qu’il soit dans les locaux toutes les nuits. Au moins pouvait-il sortir. Il devait se concentrer à nouveau sur l’accord qu’il avait passé avec Joe. Il avait déjà passé plusieurs nuits à chercher dans Manhattan. Si son loup avait été enlevé par des Originels, c’était sûrement là qu’ils l’avaient caché. S’il n’était pas déjà mort. Vlad ne connaissait rien à propos du lycan. Rien d’autre qu’un visage, une odeur, les quelques bribes d’existence que Joe avait bien pu lui raconter. Finalement, une fois sorti, les pieds de Vlad le menèrent à travers la ville. Pas vers le cœur de Manhattan, non. Mais vers le cœur de ce qui avait été le véritable centre de New-York, il y a des décennies de cela. Etait-ce parce qu’il avait partagé ses pensées avec la chouette, qui avait suivi Andy jusqu’à l’hôpital, la morgue, où il travaillait, il n’en savait rien. Malgré tout, il se décida à ouvrir l’œil, même s’il resta éloigné de l’hôpital. Oh qu’il aurait aimé rendre une visite surprise à Andy. Il aurait peut-être même pu le prendre sur une de ses tables froides sur lesquelles il travaillait. Mais, en cette nuit, il avait convaincu son esprit — à défaut de son corps — de remplir la partie du marché qu’il avait avec l’ancienne Erzbeth. Il s’éloigna donc des rues proches de l’hôpital et s’enfonça dans le quartier industriel.

A mesure qu’il avançait, Vlad put apercevoir des femmes, alignées sur les trottoirs. Il ne doutait pas une seule seconde de leur métier. Un emplacement stratégique, pour attendre les ouvriers qui finissaient leur journée de travail et n’avaient pas envie d’attendre de rentrer auprès de leur femme pour tirer un coup. Les yeux aiguisés de Vlad pouvaient discerner aussi des hommes, pas beaucoup plus vêtus que les femmes, plus profondément enfouis dans l’ombre. Certains ouvriers n’étaient pas fiers d’avouer qu’il aimait tout autant prendre sauvagement une femme qu’un homme. Les yeux du vampire s’assombrirent, prenant une teinte d’encre. L’un des prostitués lui fit un signe aguicheur. Il se contenta de secouer la tête négativement. Si son visage avait trahi une envie, ce n’était pas celle de sexe, certainement pas. Pas avec un autre qu’Andy. Non, cette envie, c’était celle de sang. Celui conditionné dans sa pochette n’était pas vraiment son plat de prédilection. Pourtant, le Transylvanien s’écarta de cette ruelle et s’enfonça dans une autre. Après quelques minutes de marche, il décela une autre présence, une silhouette massive, un peu près de la même taille que lui. Sa vision perçante dans la nuit la reconnut bien vite, pour l’avoir détaillée avec attention sur les photographies que Joe lui avait montrées. Sa mâchoire se serra. Etait-il possible que son loup soit là, bien en liberté dans Brooklyn alors qu’il était sensé être aux mains des Originels ? L’avait-il simplement trahi pour aller voir quelqu’un d’autre ? Ou peut-être avait-il joué avec elle dès le début. Une rage monta dans le corps du vampire sans qu’il ne comprenne vraiment pourquoi. Il ne se connaissait pas une telle loyauté envers Erzbeth, envers Joe.

Pourtant, il s’élança vers la silhouette qui ne semblait l’avoir encore aperçu. Hé, vous, là-bas ! Pas vraiment un grand discours, mais que pouvait-il bien lui dire d’autre ? Qu’est-ce que vous faites là ? Vlad s’approcha encore. Il n’était pas assez près pour percevoir l’odeur de l’homme. Elle était certes lupine, mais il ne pouvait pas en dire plus. Pas alors que la brise soufflait dans l’autre sens. Il ne pouvait pas être sûr que les détails de son odeur correspondaient à ceux du Rick de Joe.
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MessageSujet: Re: Stray Dog | Vladràn   Jeu 2 Oct - 20:25



« FUCK IT. I’M GOING TO BE PISSED  OFF. AGAIN. »


La drôle de soirée passée avec Joe était terminée depuis déjà deux jours. Deux jours pendant lesquels le loup avait pu vaquer à ses occupations habituelles. Bien qu’il garde toujours un œil sur Briséis, il ne pouvait pas empêcher cette dernière de se rendre à son travail et de gagner sa croûte comme elle le pouvait. S’il y avait bien une seule personne avec qui il savait se montrer aimable c’était bien elle, sûrement parce que son trop plein de gentillesse avait la fâcheuse tendance à déteindre sur lui. Du coup, pendant ses heures perdues, Bràn prenait le temps de sortir dehors en se faisant le plus discret possible, et comme ce soir, la jeune femme finissait plus tard que prévu, il allait bien falloir qu’il se distraie. Restait cependant un point noir dans le décor : il avait très récemment appris avoir un jumeau, jumeau qui en toute logique avait pu grandir avec leur famille, sa famille. Tout au fond de lui, le loup-garou sentait percer une pointe de jalousie vis-à-vis de ce jumeau qui n’avait sans doute pas eu les mêmes défauts que lui. Oh, même après avoir passé cette soirée avec Joe, il ignorait avoir tant de points communs avec sa copie parfaite. Même si on le lui disait il ne le croirait pas de toute façon, restait qu’encore une fois, son défaut de fabrication avait fait mouche et une personne de plus sur cette maudite planète en connaissait l’existence. C’était fâcheux. Très fâcheux.

Poussant la porte de l’appartement, Bràn avait enfilé un gilet à capuche sous sa veste en cuir légère. Il n’avait pas à se plaindre il faisait quasiment la même taille que le défunt père de Briséis. Le loup avait toujours vécu au jour le jour, se servant chez les uns. « Le malheur des uns faisait le bonheur des autres », un dicton qui lui allait comme un gant puisqu’il causait en général le malheur en piquant des affaires, parfois même à des gens qui finissait déjà difficilement leurs fins de mois. Oui, Bràn faisait et avait fait des trucs moches, mais il ne paraissait pas s’en soucier, il devait d’abord penser à lui avant de penser aux autres. En parlant de ça, c’était justement pour cette raison qu’il avait décidé de s’aventurer dans les différents coins de Brooklyn, à la recherche de potentielles choses à piquer ici et là : du matériel (comme il semblait visiblement s’être installé chez Briséis, celle chez qui il était rentré par  effraction et qui avait mené à leur rencontre), ou encore des vêtements. Ce n’était pas que son père avait un style ringard, non, mais à force de voir ses fringues êtres déchirées à cause de folles furieuses (ça pointait clairement Joe du doigt) il fallait bien penser à renouveler un peu sa garde-robe ! Sa petite fouille de la nuit le mena jusqu’au quartier industriel, endroit où trainaient putes et… Il ne saurait comment les définir, mais de toute manière il ne s’approchait pas de ces gens-là. Un loup-garou n’appartenant à aucun Originel était plutôt mal vu, surtout ces derniers temps alors que cela ne cessait de bouger dans les rues. Bràn était conscient qu’il prenait de gros risques en sortant ainsi plusieurs soirs de suite, mais ce n’était pas dans ses habitudes de rester enfermé, et il fallait bien prendre l’air, il en avait besoin. S’il écoutait son loup, il serait déjà parti à la recherche d’une forêt où courir et hurler sans gêne, mais ça, c’était trop demandé ici.

Il était en train de fouiner dans cette ruelle en se fiant aux odeurs quand Vlad lui mit la main dessus et commença à l’appeler. Etonnant alors qu’il n’avait pas encore senti l’odeur putride qui émanait du vampire, il les avait en horreur. Se redressant, Bràn toisa l’homme encore tapi dans l’ombre, sans savoir s’il était censé fuir ou non, c’était peut-être ce qu’il devrait faire. Le problème avec les vampires, c’est qu’il était difficile de savoir si on avait à faire à un cinglé voulant asservir toutes les races, ou bien s’il voulait se nourrir de vous (bien que… Sur les loups ça restait à voir), ou bien encore s’il voulait tout simplement discuter. Le loup fronça les sourcils face à la question, pour une question débile, celle-ci en était une !

« Ça se voit pas ? Je me promène. ». Même si le sac qu’il avait envoyé dans un coin de la ruelle pouvait paraître véritablement louche, mais il était hors de question qu’il perde ses trouvailles, il les récupérerait plus tard, personne ne viendrait fouiller ici après lui. Pour l’heure, il allait encore devoir… S’expliquer. Pourquoi fallait-il toujours qu’ils soient curieux, tous autant qu’ils étaient ?

Ce fût à ce moment-là, quand le vent changea un instant de direction que l’odeur de la mort emplit ses narines. « Oh ! ». Il se frotta le nez d’un vulgaire geste de la main après avoir offert une grimace de dégoût. « Vous devriez essayer un parfum plus fort. ». Puis ce fût tout… Ni de une, ni de deux, Bràn avait fait exactement comme pour Joe, sauf que cette fois-ci il pensait plus à sauver sa peau que s’amuser. Il avait pris la poudre d’escampette à toutes jambes. A l’image de ses congénères, le loup courrait vite, très vite même lors de ces moments où il pensait réellement à fuir, son seul défaut résidait dans sa guérison. Pour tout le reste… Il n’avait aucune tare : vision de nuit, odorat développé et tutti quanti. Vlad allait probablement remercier sa « grande amie » pour cette mission, il faudrait commencer par un sprint. Vampire contre loup, à n’en pas douter la victoire semblait toute pointée vers le vampire plus âgé, clairement plus âgé que le loup… Mais cela pouvait réserver bien des surprises.

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MessageSujet: Re: Stray Dog | Vladràn   Dim 5 Oct - 18:45


Stray Dog
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Dans la pénombre, Vlad pouvait voir la silhouette se redresser, se tourner vers le son de sa voix. L’incompréhension passa sur son visage. Oui, bon, OK, sa question n’avait pas été des plus intelligentes, il devait bien l’avouer. Mais d’un côté, comment aurait-il pu l’aborder ? Il n’allait pas non plus marcher à grands pas furieux vers lui pour l’engueuler d’avoir laissé la brunette toute seule sans nouvelles, de lui avoir brisé le cœur alors qu’elle n’avait pas pu aimer ainsi depuis des décennies. D’autant plus que Vlad n’était pas complètement persuadé que c’était bien Ulric devant lui. Au cours des siècles, il avait vu tellement de personnes ressemblant à d’autres qu’un simple visage n’était pas une explication à ses yeux. Mina avait tellement ressemblé à Ileana que ça en avait été troublant. Elles avaient peut-être eu la même forte personnalité, s’imposant malgré tout, malgré le pouvoir des hommes dans une société éternellement patriarcale, mais elles n’étaient pas pareil. Mina avait été une femme moderne, penchée sur les affaires, la science, les nouvelles technologies, l’aidant à bâtir un empire dans le monde avant qu’il ne tombe sous la coupe des Originels. Ileana avait été une femme aimante, forte et intelligente, forgée pour être une reine. Une bonne reine. Une femme idéale, la meilleure mère qu’il aurait pu souhaiter pour Mihnea.

Ses prunelles aiguisées décernèrent un paquet qui était envoyé dans un recoin. Le bruit que le sac fit en touchant le sol ne lui parut pas suspect. Son attention ne s’y attarda qu’une fraction de secondes, pas assez pour le distraire. Ça se voit pas ? Je me promène. Il avait le mérite d’avoir de la répartie. Vlad se demandait si c’était vraiment ce Rick que Joe cherchait. Si oui, il pouvait commencer à comprendre ce qui l’avait attirée chez lui. Ce caractère de cochon qu’ils partageaient. Ça devait être assez distrayant de les observer se chamailler sans arrêt. Mais aujourd’hui, le loup était dans une ruelle et Joe était dévastée, bien plus qu’elle ne voulait le laisser voir. Elle s’était pourtant ouverte à lui, sans vraiment qu’aucun d’entre eux ne comprenne pourquoi. Le vent changea de direction, charriant son odeur vers le loup un peu plus loin. Oh ! Il se frotta le nez, comme si on lui avait envoyé une bombe au souffre au visage. Vous devriez essayer un parfum plus fort. Vlad haussa un sourcil. Il ne s’offusqua pas, non. Même un sourire amusé se dessina sur ses lèvres fines. Oh oui, il pouvait comprendre pour Joe et Rick avaient fini par dépasser… dépasser ce qui les tenait séparer. Mais le loup se détourna et se mit à courir dans le sens inverse, fuyant le vampire à toutes jambes.

Vlad leva les yeux au ciel. Les étoiles miroitaient doucement, insensibles à ce qui se déroulait en contrebas. Le loup courait. Vite. Il était rapide, il ne pouvait lui enlever ça. Il aurait sûrement été encore plus rapide sous sa forme animale. Le Transylvanien se savait pourtant plus rapide encore. Le loup était encore jeune. Les siècles s’égrenaient derrière le vampire comme une horloge cassée. Un fil que les Parques n’arrivaient pas à rompre. Eternel. Pour l’instant. Il poussa un petit soupir et donna un coup de pied dans un caillou qui trainait à proximité. Il enfonça les mains dans les poches de son pantalon sur mesure. Il laissa le jeune homme courir encore un peu. Puis il fit appel à son pouvoir. Pas l’un de ceux qu’il partageait avec le restant de son espèce non. Mais celui qui lui était propre. Sa conscience s’étendit, touchant les animaux nocturnes qui habitaient dans le coin. Les vieilles usines regorgeaient de chauve-souris et de rats. Il pouvait même percevoir quelques chouettes, chiens errants, des loups. En vérité, c’était ses loups à lui. Certains avaient du le suivre jusqu’ici, éternels bodyguards même si le vampire n’en avait pas vraiment besoin. Sa conscience toucha chaque esprit qu’elle pouvait percevoir. Ça aurait pu être une manipulation pure et dure. Ça l’était parfois. Mais Vlad préférait poser la question silencieuse, quittant l’esprit de ceux qui voulaient seulement continuer leur petite vie. Encore assez nombreuses étaient les âmes animales qui acceptèrent son marché pour l’instant. Un marché qui les distrayait un peu de leur quotidien. Les animaux aussi pouvaient s’ennuyer. Et puis ce n’était pas tous les jours qu’on leur proposait d’effrayer un loup-garou, tout en étant sous la protection du vampire.

Se fut donc devant un mur de plumes, poils, serres et griffes que le loup se retrouva au détour d’une ruelle. Il pouvait parfaitement les attaquer si ça lui chantait. Par ces myriades d’yeux, Vlad pouvait l’observer, détailler le plissement de ses muscles sous ses vêtements, anticiper les coups et communiquer l’information à l’animal qui allait être visé, lui permettant de s’échapper sans aucun mal. C’était avec une tranquillité étonnante et un peu énervante qu’il rattrapa sans aucun mal, sans se presser, le loup bloqué dans une ruelle. Les bêtes s’enroulaient autour de son corps, le malmenant un peu, juste assez pour le déstabiliser en attendant l’arrivée du vampire. Rien dont il ne souffrirait vraiment. Rien qu’il ne pourrait guérir en un instant. Pourtant, quand Vlad arriva à destination et que les créatures s’éloignèrent brusquement dans les recoins, les sommets des bâtiments, le vampire pouvait observer quelques fines coupures un peu partout. Il haussa un sourcil. Assurément Joe le lui aurait dit si son Rick avait été un loup avec des problèmes de régénération, n’est-ce pas ? L’ancien voïvode se cala contre un mur, les mains toujours dans les poches, observant l’animal à visage humain. Ça ne servait à rien de fuir ainsi. Je ne te veux aucun mal. Du moins pas pour l’instant en tout cas. Ça changerait peut-être s’il était bel et bien Rick et qu’il avait abandonné Joe lâchement. Pourtant, non, je ne peux pas te laisser partir. fit-il, devançant une question qui allait sûrement être posée. Ou peut-être pas. Peu importait. J’ai quelques questions à te poser avant que tu puisses rentrer tranquillement chez toi. Evidemment, l’issue de la soirée dépendait aussi des réponses fournies, mais ça, le vampire se garda de le dire.

Vlad se détacha du mur et avança d’une démarche souple, presque féline malgré sa stature importante, vers le lycan. Il entreprit de tourner autour de lui, à une distance raisonnable, plus curieux que menaçant. Tu ressembles à quelqu’un que je cherche. finit-il par lâcher. Ses yeux rencontrèrent celui du jeune homme. Ils scintillèrent d’une étrange lueur. Avertissement ? Menace ? Pas vraiment. Juste… Evidemment, Vlad ne pourrait pas faire de mal à Rick si c’était vraiment lui, même s’il avait brisé le cœur de Joe, lui donnant de faux espoirs, préférant croire à son enlèvement qu’à une désertion. Mais ça n’empêcherait pas le vampire de ressentir de la colère et l’envie de lui faire payer. Etrange. Il garda cette pensée dans un coin de son esprit et reporta toute son attention à l’autre, en chair et en os devant lui. Vois-tu, une jeune demoiselle m’a chargé de retrouver une personne chère à son cœur. Il s’avère qu’il porte les mêmes traits que toi. Etrange n’est-ce pas ? Vlad se remit à lui tourner paisiblement autour, sans vraiment se montrer menaçant, non. On aurait juste dit qu’il se promenait. Peut-être pour toi. Pour les autres qui sont encore jeunes. Ceux qui ont une espérance de vie réduite. Pour moi, ce n’est pas si choquant. En six siècles, j’ai eu le temps de voir la génétique et le hasard donner un même visage à plusieurs personnes. D’habitude, Vlad n’était pas le genre de vampire à s’écouter parler. Pourtant, pour ce loup, il sembla faire une exception. Rapide comme l’éclair, il s’approcha du garçon, enroula son bras musclé autour de ses épaules, sans bloquer sa gorge. Les coutures de sa veste se détendirent légèrement. Juste assez pour que l’oreille affutée du vampire puisse en détecter le gémissement. Il inspira profondément le parfum de la chair de celui qu’il tenait dans son étreinte. L’odeur, elle, ne trompe pas comme les yeux. Il relâcha son bref otage et se recula d’un pas, prêt à se défendre si l’autre voulait riposter à cet instant de proximité forcée.

Le vampire pencha la tête sur le côté. Tu n’es pas celui que je cherche. Pourtant, je dois avouer que deux visages semblables dans la même génération seraient étranges s’ils ne partageaient pas le même sang. Un sourire flotta sur son visage, à moitié amusé. Ce bon vieux Rick aurait-il un frère jumeau ?
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MessageSujet: Re: Stray Dog | Vladràn   Dim 5 Oct - 21:10



« CHEATER. »



Le lycan s’était lancé dans un rythme de course effrénée, bien décidé à ne pas se laisser rattraper par ce mort vivant. Bien sûr, la partie était perdue d’avance et dans son for intérieur, il en était plus que conscient, mais pour l’heure, l’air frais continuait de lui fouetter le visage tandis qu’il zigzaguait entre les ruelles dès qu’il en avait l’occasion, espérant semer son chemin. Il aurait été cependant idiot de penser qu’un vampire ne pouvait pas traquer un loup grâce à son odorat, Bràn en était également conscient de ce détail, mais continuait tout de même son manège. On ne l’embêterait pas encore avec ces conneries. Toutefois, à défaut du  grandes dents, le loup-garou n’avait pas de capacité spéciale si ce n’était celles propres à ceux de sa race, et encore, il avait un défaut génétique, défaut qui faisait que non seulement il était obligé de faire attention lors d’une bataille, mais qui lui rendait également la vie dure à force d’être un secret bien gardé. Ce genre de secret pouvait facilement jouer contre vous. Il suffisait que l’ennemi sache que l’argent était pire sur lui, en termes d’effet, pour réussir à le mettre KO sans qu’il ne puisse même se défendre. Bràn avait eu à faire à ce genre de plan douteux une fois, et il en gardait de mauvais souvenirs bien que les cicatrices ne soient plus là aujourd’hui.

Les pieds touchant à peine le sol, Bràn continuait de courir à vive allure, et lorsqu’il bifurqua à l’angle de cette ruelle, la surprise fût de taille. Celle-ci fût tellement grande qu’il en perdit d’abord l’équilibre, dérapant sur le sol pour ne pas heurter ce mur vivant de plumes et de poils. Ses prunelles émeraude s’étrécirent tandis qu’il se redressait sur ses deux jambes et qu’il reculait de quelques pas en arrière pour toiser l’apparence de ce drôle de barrage. Jamais encore il n’avait vu pareille chose. Nul doute que ce vampire avait plusieurs cordes à son arc invisible, et ça ne laissait rien prédire de bond. Fronçant les sourcils, il marmonna : « Et tu trouves ça drôle je présume… ». Une remarque plus personnelle qu’autre chose, puisqu’il ignorait que Vlad était capable d’observer à travers tous ces yeux qui le scrutait. Persuadé d’avoir à faire à un vampire réquisitionnant ses services sans son accord, le loup était forcément hostile. Il fit quelques pas en avant mais les grognements des chiens et autres loups signalèrent que c’était une mauvaise idée, à moins d’y perdre gros. Il connaissait sa faiblesse mieux que quiconque, et avoir besoin de plusieurs jours de guérison n’était pas dans son plan d’action. Pas aujourd’hui, et sûrement pas demain. Le loup fît donc ce qu’il y avait de plus logique à ses yeux sur le moment, il grogna en retour, cherchant à montrer des crocs qu’il n’avait pas sous cette forme. Ces loups-là, il n’en aurait fait qu’une seule bouchée s’il n’y avait pas eu les rats et surtout… Les chouettes et autres hiboux.

Immobile, Bràn ne testait rien d’imprudent, se contentant de garder l’air menaçant car il était fatigué de se faire avoir. Pourtant, cela faisait des années qu’il courrait, et fuyait pour survivre dans un monde où les lycans rebelles n’avaient pas leur place au sein de la société. Le loup-garou était l’archétype du loup colérique et violent, mais il avait également une barrière qui faisait que sa véritable nature, plus humaine, était intouchable, sauf par une très petite minorité. En soi, uniquement Briséis pour le moment. Même Joe avait dû faire face à sa tronche de cochon et son caractère d’agacé. Dans le fond, ils s’étaient plutôt bien entendu à coups de bâtons et de remarques acides. Cependant, la mutante avait réussi deux fois à lui clouer le bec, la première en lui mettant la photo d’Ulrick en pleine tête, et la seconde en l’emmenant dans l’appartement de ce dernier. Appartement qu’il ne connaissait pas. Si Bràn avait toutefois voulu jouer les salauds, il aurait essayé de se faire passer pour ce fameux Ulrick. Après tout, ce jumeau avait une situation et une… Petite copine plutôt difficile à abattre de ce qu’il avait compris… Autrement dit tout pour vivre plutôt décemment malgré la sobriété de l’appartement. Mais ça… Bràn ne le ferait jamais, et il n’avait pas menti à Joe, il ne connaissait ni n’était Ulrick. En revanche, il avait appris ce soir-là qu’il n’avait pas été seul, qu’il n’était pas seul. Il avait un jumeau, parfaite copie de lui-même, qui vadrouillait dans New York, ou se faisait malmener par il ne savait trop qui, parce qu’il n’avait pas tout retenu. Un jumeau. Ils avaient les mêmes origines, le même âge, la même gueule… Tout, mais ne se connaissaient ni d’Eve ni d’Adam. Et ils ne se connaitraient jamais.

Les yeux rivés sur le mur, le loup ne s’attendit certainement pas à ce que celui-ci se déchaine sur sa personne de la sorte. Ce n’était en rien bien méchant, juste assez perturbant pour qu’il ne puisse chercher à s’échapper de cette tornade animale. Les battements d’ailes, les serres, les griffes et autres dents vinrent s’effondrer sur sa silhouette qui battait des bras pour essayer d’assommer quelques chouettes au passage. Grognant comme un forcené, Bràn sentait sa peau être griffée de part et d’autre. Des bras jusqu’au visage. Ses mouvements rapides servaient juste à éviter qu’il ne se prenne une griffe dans les yeux. Ce manège dura un laps de temps interminable aux yeux du lycan, qui lorsque tout fût soudainement terminé, mis plusieurs minutes avant de le réaliser. Papillonnant des yeux, il n’eut qu’à se retourner vers le soudain timbre de voix qui faisait irruption dans la ruelle pour comprendre qu’il avait été rattrapé.

Retirant une plume qui trainait sur sa langue du bout des doigts, Bràn toisa le vampire qui s’était adossé contre le mur d’un air mauvais. Les mots arrachèrent un léger rire au loup. Aucun mal… Les vampires n’étaient pas réputés pour venir bavarder avec les loups par pur plaisir, ou encore par ennui. Il n’eut que le loisir d’ouvrir la bouche et de la refermer, car ses questions muettes obtinrent réponse sans qu’il n’ait besoin de faire quoi que ce soit. Bien sûr, les réponses apportées ne plurent pas au loup-garou, qui ne quitta pas sa cible des yeux, tandis que sa guérison était entamée. Lente, mais entamée. L’odeur du sang s’échappait de lui mais il n’avait aucune plaie profonde et vraiment douloureuse. Pourquoi alors se sentait-il menacé par l’attitude du vampire à son égard ? En règle générale, c’était lui qui tournait autour de ses cibles, pour s’amuser, et non l’inverse. Être à la place de la proie le rendait nerveux, et par-dessus-tout, très irritable. Pour autant, Bràn savait que l’heure n’était pas à la parole, du moins par pour lui, car Vlad en avait décidé autrement, et bien qu’il cherche à ne pas quitter le vampire des yeux, le loup n’eut d’autres choix que de regarder parfois devant lui, immobile, seule sa respiration rapide et son regard noir trahissaient son agacement face à la situation. On le prenait encore pour Ulrick.

Instinctivement, il voulut le lui dire, qu’il n’était pas cet homme-là, et que la jeune femme en question lui avait déjà mis la main dessus. Mais en se retournant pour lui faire face, le vampire fût plus rapide et il se retrouva immobilisé sans même pouvoir le regarder dans les yeux. L’odeur putride de la mort vint emplir ses narines et son visage fût légèrement déformé par une grimace de dégoût. Vladimir eut raison de reculer, car le loup n’apprécia pas du tout cette étreinte et encore moins cette désagréable sensation qui avait foudroyé son échine alors qu’il avait respiré son odeur. Prêt à riposter d’un coup de poing, Bràn, à peine lâché se retourna d’un geste rapide, mais ne put atteindre sa cible à son plus grand regret.

« Peut-être bien. », furent les premiers mots que le loup accorda à son vis-à-vis depuis qu’il lui avait à nouveau mis la main dessus. « C’est la deuxième fois qu’on me prend pour lui, j’avoue que ça commence à devenir lassant. ». Dents serrés, Bràn était tellement sur le qui-vive qu’on aurait pu croire qu’il allait lui sauter dessus. Poils hérissés, le lycan n’aimait clairement pas les êtres de la nuit. « Surprenant qu’elle ait fait appel à une chauve-souris pour retrouver son cher et tendre. Qu’est-ce qu’un vampire y gagnerait à remettre la main sur un lycanthrope ? Je ne suis pas vraiment de ceux qui prêtent allégeance à votre race. ». Non, ça clairement pas, et l’ambiance tendue le prouvait bien. « Vous avez de la chance d’être rapide. ».

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MessageSujet: Re: Stray Dog | Vladràn   Mar 7 Oct - 14:37


Stray Dog
Vladimir Skender & Bràn E. Irons


Et tu trouves ça drôle je présume… Au travers la myriade d’yeux, Vlad pouvait voir le loup qui dérapait sur le sol pour éviter de se prendre le mur de chair animale de plein fouet. A travers la myriade d’oreilles, il pouvait entendre sa réplique. Non, le vampire ne trouvait pas ça drôle en vérité. Il ne ressentait rien de la sorte. Il n’avait juste pas eu envie de courir à la suite du loup, c’est tout. Si des créatures étaient prêtes à l’aider à l’arrêter, pourquoi se serait-il fatigué — est-ce que ça l’aurait seulement mis à bout de souffle, il en doutait — à lui courir après comme un idiot ? Le mur de plumes, poils et os frémit un instant, attendant le moindre ordre du vampire qui remontait les ruelles tranquillement, sans se presser, pour rejoindre sa proie du moment. Oh, il n’avait évidemment aucunement l’intention de la dévorer. Il n’était pas stupide à ce point. Les loups n’étaient pas faits pour être mangés. Ils n’étaient pas faits non plus pour être réduits esclavage non plus, d’ailleurs, à ses yeux. Contrairement à un nombre incalculable de ses amis Originels, Vlad ne possédait pas de lycan à son service. Parce qu’il estimait que ces créatures n’étaient pas vouées à un tel destin… et simplement parce qu’il avait d’autres êtres prêts à le servir de leur plein gré. Il ne forçait jamais aucun animal, comme il ne forçait jamais aucune de ses victimes, du moins quand la frénésie ne s’emparait pas de son corps et ne noyait pas son esprit. Ça n’arrivait pas si souvent que cela, en vérité. Pourtant, pour les Originels, l’idée était tout autre. Asservir pour mieux contrôler. Vlad contrôlait peut-être les animaux qui faisaient barrage au lycan, mais il ne les asservissait pas. Au contraire, il était un simple visiteur dans leurs esprits. Il les aidait à éviter les coups défensifs du loup. Il leur permettait de sortir un peu de leur routine éternelle. Ceux qui gardaient avec soin le manoir new-yorkais du vampire avaient également droit à sa protection en retour. A l’autorisation de chasser sur ses terres. Ils avaient droit à un abri quand il était fatigué et même à une oreille attentive à leurs problèmes. Vlad avait régné avec sagesse et puissance sur toute la Transylvanie pendant des années, il savait comment faire fonctionner tout ça. Si les bêtes restaient à ses côtés, ce n’était pas parce qu’il les y forçait, non. Elles lui étaient fidèles, c’était tout.

Le loup grogna en retour après la menace sourde qui s’était échappé d’entre les babines de ses homologues animaux. Il restait sur la défensive. Vlad pouvait comprendre. Que pouvait-il bien faire ? Certainement pas avancer, sinon il se ferait arrêter assurément. Aller en arrière supposait se jeter dans les griffes du vampire. Vraiment, Vlad ne lui voulait aucun mal, tant qu’il n’était effectivement pas le lycan qui avait brisé le cœur de Joe pour aller se promener incognito dans le quartier industriel pour voler il ne savait quoi. Soudain, le mur de plumes et de poils se désagrégea, comme s’il n’avait jamais existé. Le lycan sembla déstabilisé un moment avant de se tourner vers la provenance de la voix, vers le vampire nonchalamment appuyé contre le mur de briques. Il l’observait avec attention alors qu’il retirait une plume de sur sa langue. Evidemment, quelques volatiles avaient du en perdre pendant l’attaque. Mais Vlad était assuré qu’aucun n’avait été gravement blessé. Tous avaient pu reprendre le cours normal de leur existence sans blessure mortelle ou grave. Un rire s’éleva dans la brise nocturne. Il ne portait aucune joie. Evidemment qu’il ne le croyait pas. Vlad ne s’y attendait pas. Il avait raison de penser que les vampires ne venaient pas discuter avec un lycan juste pour combler un jour d’ennui ou parce que ça leur faisait envie. Le Transylvanien n’aurait sûrement jamais adressé la parole à celui en face de lui s’il ne ressemblait pas autant à celui qu’il cherchait, à celui que Joe cherchait.

Alors qu’il s’était mis à tourner autour de lui, Vlad pouvait sentir la nervosité qui le gagnait. Elle partageait la place avec de l’irritation face à la situation. Les loups étaient des prédateurs. Comme leurs homologues animaux, comme les vampires. Se retrouver dans la position de la proie n’était jamais amusant. L’exaspération montait crescendo dans la palette d’émotions du lycan à mesure que Vlad parlait, lui expliquait la situation, tournait toujours autour de son corps avec un pied leste et léger. Le loup était un prédateur rapide et efficace, bien moins subtile quand il était seul qu’accompagné d’une meute. Le vampire, lui, ressemblait plutôt à un gros chat. Un félin aux allures paresseuses jusqu’à ce qu’il ne se jette sur sa proie. Souple, infatigable, stratège, discret et vif. Il le prouva alors qu’il entoura les épaules du lycan de son bras, menant son visage à son cou pour en humer l’odeur. Non, ce n’était définitivement pas celle qu’il avait perçue dans l’appartement de Rick quand Joe l’y avait amené. Quand il lâcha le loup, il s’éloigna prestement, juste assez pour que le coup qu’il anticipait ne l’atteigne pas. Un coup dans le vide. Peut-être bien. Il était méfiant. Pourtant, ça n’avait pas l’air de le surprendre tant que ça de savoir qu’il y avait quelque part un autre loup qui se trimballait avec la même tronche que lui. Il sait. Bien sûr qu’il savait. C’est la deuxième fois qu’on me prend pour lui, j’avoue que ça commence à devenir lassant. Seulement la deuxième fois donc ? Par ces mots qui semblaient ne pas en dévoiler énormément, Vlad accumulait les informations. Ainsi donc, il n’était pas au courant lui-même qu’il avait un jumeau quelque part. Pas depuis longtemps en tout cas. Si ce n’était que la deuxième fois et que c’était déjà lassant, c’est que la nouvelle était relativement récente. Vlad ne dit pas un mot. Il se contentait d’écouter avec attention. Ce n’était pas en parlant de trop qu’on obtenait des informations, mais bel et bien en écoutant à outrance.

Le lycan devant lui était tendu comme la corde d’un arc prête à se rompre. Le moindre mouvement, suspect ou pas, du vampire aurait pu déclencher une attaque. Pourtant, Vlad se tenait détendu à juste quelques pas de là. Surprenant qu’elle ait fait appel à une chauve-souris pour retrouver son cher et tendre. Qu’est-ce qu’un vampire y gagnerait à remettre la main sur un lycanthrope ? Je ne suis pas vraiment de ceux qui prêtent allégeance à votre race. Vlad pencha la tête sur le côté. Se pourrait-il que la personne lui annonçant la nouvelle d’un frère jumeau eut été Joe ? Ça ne l’aurait surpris qu’à moitié. La mutante était déterminée et obstinée. Une vraie tête de mule. Vous avez de la chance d’être rapide. Un sourire amusé naquit sur ses lèvres. Ainsi, tu as déjà rencontré Johanna. Ça a du être perturbant d’apprendre de la bouche d’une parfaite inconnue que tu avais un frère jumeau. Il ne pouvait pas s’empêcher une petite pique, l’air de rien. L’ancien voïvode se remit en mouvement, paisiblement, se remettant à tourner autour du sosie d’Ulrick. Je n’ai rien d’autre à gagner à mettre la main sur lui que le restant du contrat que Joe et moi avons passé. Il plissa légèrement les yeux. Qui te dit que j’ai besoin d’un lycan dans mes rangs. Tu as bien vu ce dont je suis capable. Il désigna vaguement l’obscurité de la ruelle par laquelle les animaux qu’il avait convoqués étaient partis. Et ça n’a rien à voir avec de la chance. Ce ne sont que des siècles égrenés. Il haussa les épaules. Il observait avec attention le mouvement des muscles du loup qui se voyait malgré la couche de vêtements. Son regard avisa les plaies qui — bien que superficielles — ne s’étaient toujours pas refermées complètement sur son visage et ses bras. Il ne guérissait pas aussi vite que les autres loups. Le vampire nota l’information dans un coin de son esprit, ça pourrait toujours servir.

J’imagine que si Joe ne s’est pas déjà précipitée quelque part, c’est que tu ne sais rien sur qui aurait pu s’en prendre à ton jumeau. C’est fâcheux. Sa langue claqua contre son palais. Une idée fleurit doucement dans son esprit. Rick était le jumeau de cet homme. Même s’ils n’avaient pas grandi ensemble, s’ils ne s’étaient jamais connus, ils partageaient plus que le même sang. Ils partageaient les mêmes gènes, le même ADN. Ça devrait être possible de… Le vampire fit un pas vers le jeune homme, plus curieux que menaçant. Tu pourrais peut-être néanmoins servir à quelque chose… Ne pas être complètement… inutile. Il lâcha ce dernier mot sur un ton presque amusé, ses yeux s’attardant clairement sur les petites plaies qui tardaient à se refermer. Il suffirait juste de trouver une sorcière suffisamment compétente… Il savait que Joe n’aimait pas la magie. Et lui-même n’avait personne dans ses contacts directs avec un tel pouvoir… mais la possibilité était là. Qu’y avait-il de mieux pour un sort de localisation que l’être le plus proche de celui que l’on cherche. Un autre pas en avant et il leva la main pour passer son pouce sur une éraflure sur la joue du lycan. Une mince trace de sang macula sa peau pâle. Il porta le doigt à sa bouche mais rien que l’odeur qui s’en dégageait le rebuta et il essuya le sang sur sa veste, l’air de rien. Tu sens le chien mouillé. se contenta-t-il de dire, comme en rappel avec la remarque originelle du loup sur sa propre odeur.

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MessageSujet: Re: Stray Dog | Vladràn   Lun 10 Nov - 16:55



« AND HOW COULD I BE USEFUL, EXACTLY ? »


Il fallait bien admettre que c’était la deuxième fois qu’il se faisait avoir. D’abord par une mutante, et ensuite par un vampire. Face à ce constat, le lycan commençait à se dire qu’il était devenu rouillé, et ce, même si pour la première fois, il avait plus ou moins laissé Joe le rattraper. Il n’avait pas couru aussi vite que ce soir, et surtout il n’avait pas eu un mur complet d’animaux en guise de barrage. Impressionnant. Oui, malgré son caractère de cochon et son attitude plus que méfiante, Bràn ne pouvait qu’admirer ce « talent » si particulier. Avoir la faune en guise de gardes du corps et d’aide pour la chasse, c’était plutôt utile et futé, il se devait de le reconnaître. Pourtant, toute cette situation ne faisait que l’agacer au plus haut point, il n’avait pas que ça à faire, et il se devait de rentrer, quelqu’un l’attendait. Quelqu’un qui avait besoin de lui vu tout ce qu’il se passait au dehors.

Les prunelles émeraude du loup essayaient de ne pas quitter la silhouette vampirique en mouvement. Bien qu’il ne tourne pas sur lui-même, le lycan faisait de son mieux, l’air mauvais, prêt à donner n’importe quel coup pourvu qu’il soit assez fort pour faire mal. Selon les situations, loups comme vampires pouvaient avoir soif de sang. Bien sûr, il ne s’agissait clairement pas de la même soif, mais il fallait le souligner car à ce moment précis, Bràn aurait adoré voir du sang flétri de vampire ramper sur le sol, entre les pavés de certaines ruelles anciennes. Peut-être pensait-il beaucoup trop en espérant imaginer une scène pareille car le vampire en question fût soudain bien trop près de sa personne pour qu’il apprécie. En un battement de sourcil, le loup s’était crispé et cherchait à se défaire de l’étreinte. Malheureusement, lorsqu’ils furent de nouveau séparés, le coup qu’il daigna porter à son interlocuteur n’atteint pas sa cible. Manqué. Quel dommage. Les réflexions de Vlad faisait plutôt mouche, Rick avait bel et bien un jumeau, mais il ne devait clairement pas le savoir, Bràn lui-même n’avait jamais rien su jusqu’à… Très récemment. Tendu mais prenant tout à la légère, le loup répondit sur le même ton à son vis-à-vis, il précisait même ne pas être de ceux prêtant allégeance. Dans le fond, Bràn se sentait menacé par ce genre de chose, comme il n’était pas « asservi », et il ne voyait toujours pas pourquoi un vampire viendrait bavarder avec un lycanthrope. En soi, il avait plus ou moins sa réponse à ce sujet, et elle se confirmerait dans les prochaines minutes, mais pour l’heure, il s’agissait là d’un mystère.

Lorsqu’il se fut expliqué, le loup garou souhaita repartir sur le coup qu’il avait souhaité lui porter. Il lui fit remarquer combien il avait de la chance d’être rapide, car un poil plus lent et son poing venait s’abattre sur ce froid visage qui arborait à présent un petit sourire. Bràn n’était pas foncièrement mauvais, il ne faisait que se défendre, du moins, il l’avait été beaucoup plus par le passé. Briséis avait ce « don » pour faire ressortir le meilleur des gens, et le loup en avait fait les frais dernièrement. Sûrement était-ce là une des raisons pour laquelle il n’avait pas encore sauté sur ce vampire sous forme lupine pour essayer de lui exploser le visage en mode sauvage. A une époque il en aurait été capable, même s’il se serait pris des revers de manches. Bràn laissait à la chauve-souris, tout le loisir de parler, en revanche, le voir tourner à nouveau autour de lui ne lui plaisait pas du tout. Quant à la petite pique, elle avait plus ou moins fonctionné puisqu’il se contenta de hocher la tête d’un geste vif et contrarié. C’était bel et bien perturbant, surtout lorsqu’on y pensait de trop, car une révélation comme celle-là amenait son flot de doutes et de questions. Au rythme des mots, le loup plissait les yeux ou haussait les sourcils, bien qu’il écoute attentivement tout ce qui pouvait être dit. Quand vint l’allusion à sa capacité de dompteur animal, faisant référence au mur de plumes et de griffes, Bràn ne put que hocher la tête à nouveau, un franc sourire sur le visage. « Touché. ». Il était vrai que face à tel pouvoir, obtenir l’aide d’un lycan serait bien inutile. Pourquoi en vouloir tout de même alors ?

L’ambiance était tendue, pesante, et l’air en devenait presque électrique autour d’eux, tandis que le vampire lui tournait encore autour. Bràn se le jurait, s’il le touchait encore ça allait mal finir. Il fronça les sourcils à la mention de son ignorance quant au sort de son jumeau. « Fâcheux ? ». Oui, il ne voyait pas pourquoi, sauf si Vlad représentait belle et bien une menace pour ses fesses de loup. Le vampire s’avança encore, et il avait beau avoir cet air curieux, le lycan eut un mouvement de recul, prêt à montrer des crocs qu’il n’avait pas sous cette forme humaine. Les paroles le firent toutefois avoir un nouveau sourire. « Et comment pourrais-je être… ». Bràn n’eut pas le temps de terminer sa phrase, car le doigt du vampire effleurait déjà sa joue et l’instinct fût plus rapide que ses mots. En un claquement de doigts il avait attrapé le poignet de son interlocuteur, mais il n’alla pas plus loin, se contentant d’observer, yeux plissés, ce qu’il allait bien pouvoir faire de ce filet de sang récupéré. Voyant qu’il n’y avait rien d’autre derrière que l’envie de « goûter », il relâcha sa prise, mais la méfiance était revenue de plein fouet, et son sourire s’était envolé, même face à la remarque plutôt amusante, en réponse à la sienne qu’il avait fait quelques minutes avant.

Le lycan haussa un sourcil avant de croiser les bras contre son torse. « Encore heureux que je sens le chien mouillé à ton goût. ». Valait mieux ça que se faire vider tout entier.

Nul ne saurait dire pourquoi, mais dans le fond, Bràn comprenait que l’on puisse vouloir aider un vampire comme celui qui se tenait près de lui. Il comprenait presque ces animaux. L’on ne pouvait nier que Vlad avait de la prestance en tant que vampire, voire même… Du savoir-vivre. Le genre de chose que n’avaient pas toutes ces chauves-souris. Un bon point pour le vampire en d’autres termes, car la curiosité du loup se fit plus grande que la méfiance.

« En quoi pourrais-je être utile au juste ? ». Il souffla. « Ne te méprends pas, très honnêtement j’en ai rien à ciré de ce type, jumeau ou pas je ne le connais pas, son sort ne m’intéresse pas non plus. Si tout laisse prédire ce que je crois quant à notre passé commun, à lui et à moi, il semblerait alors que je ne doive strictement rien à cette famille, la sienne. ». Oui, car cela signifiait qu’on l’avait préféré à lui, que dans l’histoire il n’avait été que le chien galeux qu’on jetait dans le caniveau en espérant qu’il meurt. « Je veux juste savoir ce que tu comptes faire de moi pour réussir à remplir ton fameux contrat. J’ai déjà dit à Joe tout ce que je savais, c’est-à-dire… Rien. Rien qui ne puisse l’intéressé sur le sort de cet Ulrick en tout cas. Elle sait juste que visiblement, il a un jumeau. ».

Bràn avait réellement du mal à voir comment il pourrait être utile au vampire dans l’histoire. Et puis pourquoi accepterait-il d’être le pion sur l’échiquier ? Si tout ce que cette affaire laissait entendre était vrai, pourquoi le lycan jouerait-il au gentil toutou pour aider des inconnus à retrouver un frère qu’on lui avait préféré ? Sur le moment, l’incompréhension et une pointe de jalousie semblaient ternir le tableau, et rendre les choses encore plus agaçantes qu’elles ne l’étaient quelques secondes auparavant.

« Et si peu importe ce que tu prévois… Je refuse de t’aider ? ». Que ferait-il alors ?

Après tout, il ne gagnait rien à aider ces illustres inconnus. Joe était une tête de mule et avait un sale caractère en plus de ça, même si elle avait su se montrer fragile quand elle le prenait pour son jumeau. La jeune femme ne devait pas être aussi ignoble, mais quoi qu’il en soit, elle était désagréable ! Plutôt ironique de penser de cette façon lorsque l’on était soi-même désagréable et mauvais par moments (ou même tout le temps). Pourquoi aider un vampire sous prétexte qu’il avait un contrat à remplir ? A moins d’être fou, il n’avait d’autre explication, et fou, il devait l’être, en espérant obtenir encore plus d’informations sur ce jumeau dont il n’apprenait l’existence que 70 ans plus tard…

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MessageSujet: Re: Stray Dog | Vladràn   Mer 12 Nov - 11:56


Stray Dog
Vladimir Skender & Bràn E. Irons


Le loup ne semblait pas de bonne humeur, bien au contraire. Franchement, Vlad ne comprenait pas bien pourquoi. C’était lui, après tout, qui était parti en courant. S’il était resté bien sagement où il était, ils auraient pu avoir une conversation civilisée. Non pas que celle qu’ils partageaient actuellement ne l’était pas, mais ça aurait évité à Vlad de le poursuivre, de dresser un mur de plumes, poils, crocs et griffes devant lui… et augmenter encore un peu plus sa méchante humeur. Sérieusement, Vlad ne lui voulait aucun mal. Il voulait juste des réponses à ses questions. Il en eut une, après avoir approché l’animal à visage humain d’un peu plus près : ce n’était pas Rick. Si l’odeur était semblable, elle n’était pas exactement la même. Les odeurs pouvaient bien évidemment se contrefaire quand on savait comment procéder… mais Vlad doutait fortement que ce soit le cas du loup devant lui. Bon, il fallait bien avouer qu’il prenait plaisir à tourner autour du loup qui ressemblait au Rick de Joe… Ce n’était pourtant pas tellement une attitude de prédateur, dans son esprit. Non. Ça lui permettait seulement d’observer le jeune homme sous toutes les coutures, de l’étudier alors que son corps se tendait, qu’il se retenait de lui sauter dessus. Mais sous cette forme, le loup n’avait aucune chance de le prendre de vitesse. Vlad était bien plus vieux, plus fort, plus rapide. C’était un simple fait. Peut-être que sous sa forme lupine, les forces s’équilibreraient un peu. Juste un peu. Vlad avait passé des années, même alors qu’il était encore humain, à devenir plus fort et plus rapide que tous les autres, à exceller dans l’art patient et délicat de la torture. Alors non, s’il ne doutait pas de ses capacités à vaincre le jeune loup, ce n’était pas par orgueil mais simplement parce qu’il connaissait ses propres limites et sa propre force.

Un sourire se dessina sur les lèvres du lycan. Touché. Evidemment. Et puis Vlad ne partageait pas l’avis des Originels sur l’asservissement des loups-garous. Pour pouvoir ressentir les émotions des vrais loups avec lesquels il s’était lié, le vampire ne pouvait que faire le rapprochement avec leur compère humanoïde. Les animaux qu’il avait à son service étaient là parce qu’ils le souhaitaient et qu’il leur offrait une protection et un territoire assez vaste pour eux tous seuls. Vlad ne les obligeait à rien et ils pouvaient quitter son service à n’importe quel moment sans avoir à subir de représailles. Non, Vlad n’était certainement pas pour avoir des esclaves animaux, encore moins les faire souffrir comme les Originels pouvaient punir leurs laquais qui ne répondaient pas aux ordres ou qui avaient le malheur de mal faire leur travail. Le Transylvanien ne pouvait en dire autant de ses subordonnés humains… mais les bêtes, il n’y touchait pas. Fâcheux ?Mmmh. se contenta-t-il d’approuver. Mais ce n’était aucunement une menace dissimulée. Juste un peu de déception. Encore une piste qui n’aboutirait à rien. Comme de trop nombreuses qu’il avait suivies jusque là. Ça commençait à l’agacer au plus haut point. Quelqu’un se donnait beaucoup de mal pour que Rick ne soit pas retrouvé. Ou peut-être était-il simplement en train de reposer au fond de l’Hudson River, son corps lesté de plomb pour qu’il ne vienne pas s’échouer sur les berges.

L’ancien voïvode se rapprocha du loup. Ce dernier eut un mouvement de recul et un sourire affable se dessina sur les lèvres du vampire. Quand allait-il comprendre qu’il ne lui voulait aucun mal ? Vlad n’était pas là pour tuer, ni pour torturer… sauf s’il devinait que le loup puisse posséder des informations qu’il ne lui dévoilait pas… mais ça ne semblait pas être le cas. Le vampire ne possédait certes pas de don de télépathie ou de détecteur de mensonges, mais après plus de six siècles d’existence, on pouvait généralement se vanter de bien décrypter les gens… surtout ceux avec un visage tel un livre ouvert… Pourtant, un nouveau sourire étira les lèvres du loup suite à ses paroles. Et comment pourrais-je être… Sa voix s’arrêta net quand Vlad tendit la main et récupéra une goutte de sang sur l’une des plaies de son visage toujours ouvertes. La main du lycan se referma sur son poignet et le vampire haussa simplement un sourcil. Il l’observa un moment, avec ce calme olympien qui le caractérisait bien souvent et qui souvent en énervait pléthore, avant que le jeune homme ne le lâche. Il porta son doigt à sa bouche mais l’odeur le déconseilla d’y goûter alors il se contenta de l’essuyer sur sa veste. La méfiance était revenue sur les traits du lycan. Un livre ouvert.

Le brun croisa les bras sur son torse. Encore heureux que je sens le chien mouillé à ton goût. Le vampire eut un soupir et s’écarta d’un pas. Fallait-il vraiment qu’il répète mille fois qu’il n’avait aucunement l’intention de se nourrir sur lui ou de le tuer ? N’avait-il jamais rencontré d’autres vampires que les plus incontrôlables de leur espèce ? Ceux qui se fichaient bien de ce qui leur tombait sous la dent ? Ceux qui buvaient, encore et encore, alors même que leur organisme était saturé de sang à s’en faire vomir ? Vlad secoua légèrement la tête. Ah, peut-être qu’il était temps qu’il retourne loin du monde, dans sa citadelle en Transylvanie. Attendre que le monde redevienne un peu plus civilisé. L’époque actuelle semblait être un lieu de débauche et d’interdits toujours un peu plus brisés. Plus personne n’avait aucun respect ou aucune noblesse. En quoi pourrais-je être utile au juste ? Les yeux sombres du vampire revinrent sur le visage du loup. Il avait l’air presque… résigné. Ne te méprends pas, très honnêtement j’en ai rien à ciré de ce type, jumeau ou pas je ne le connais pas, son sort ne m’intéresse pas non plus. Si tout laisse prédire ce que je crois quant à notre passé commun, à lui et à moi, il semblerait alors que je ne doive strictement rien à cette famille, la sienne. Vlad pencha légèrement la tête sur le côté. Il pouvait sentir une espèce de rancœur dans ses propos. Une famille… Se pouvait-il que les deux frères n’aient pas eu le même sort ? Que celui qui se trouvait devant lui ait été rejeté par les siens ? Ça arrivait souvent, il y a longtemps, quand dans une famille aristocrate voire royale, des jumeaux naissaient… surtout quand ils étaient ainés. Eliminé l’un des enfants était toujours la façon la plus simple pour éviter les guerres de succession par la suite… Plutôt que d’essayer de faire confiance à ces deux êtres pour se partager un empire. Se pouvait-il que Rick et son frère soient nés dans une famille d’une quelconque importance ?

La langue du vampire claqua contre son palais. En vérité, même si ça l’intriguait légèrement, ça n’était pas sa préoccupation principale. Non, ce qui l’intéressait en premier lieu était le présent et l’avenir de Rick, pas son passé. Il aurait bien pu avoir été danseur étoile pour tout ce qu’il en avait à faire… Je veux juste savoir ce que tu comptes faire de moi pour réussir à remplir ton fameux contrat. J’ai déjà dit à Joe tout ce que je savais, c’est-à-dire… Rien. Rien qui ne puisse l’intéressé sur le sort de cet Ulrick en tout cas. Elle sait juste que visiblement, il a un jumeau. Vlad joignit ses mains dans son dos. Il réfléchissait. Son attention séparée entre le lycan et un moyen de trouver Rick. Il ne se détournait jamais complètement du loup, néanmoins. Qui savait s’il n’allait pas subitement avoir envie de se jeter sur lui pour lui arracher les yeux ? Vlad ne se voulait aucunement menaçant, mais qui savait ce qu’il pouvait bien se passer sous ce crâne ? Et si peu importe ce que tu prévois… Je refuse de t’aider ? Le regard du vampire se porta à nouveau sur le jeune homme. Il cligna des yeux, comme s’il ne comprenait pas la question. En vérité, il la comprenait bel et bien… mais il ne comprenait pas pourquoi l’autre la posait. Encore une fois, lui avait-il seulement une fois donné une bonne raison de se méfier ? S’il ne s’était pas enfoui comme un voyou devant la police, il n’aurait pas eu à le pourchasser et à dresser un mur animal devant lui. Tu rentreras simplement chez toi, à côté de ta jolie petite demoiselle… ou tu retourneras simplement à tes occupations précédentes. Vlad haussa les épaules. Oui, il avait senti une autre odeur, brève, sur le loup quand il s’était approché. Rien de plus. Il savait juste reconnaître une fragrance féminine quand il en percevait une. Rien de plus. Pas de menace, rien d’autre. Il ne voulait vraiment aucun mal au loup. Etait-ce si dur à comprendre ?

Pour ce qui est de ton aide… reprit-il, redressa légèrement son échine, les mains toujours jointes dans son dos. Il se peut que tu sois plus… efficace que n’importe quel autre… outil que l’on pourrait utiliser pour un sort de localisation. Le vampire pencha la tête sur le côté, comme s’il faisait une concession. Il faudrait évidemment se dégotter un sorcier ou une sorcière pour le lancer… Mais ça, ça ne te regarde pas. Un vague sourire flotta sur les lèvres du Transylvanien. Ses prunelles plongèrent dans celles du loup, semblant presque briller dans la pénombre. Quant à ton… paiement pour participer à cette petite épopée, il peut être négociable. Enonce un prix… Argent, chair, service, peu importe… et je verrais ce que je peux faire. Evidemment, Vlad se doutait bien que ça ne serait pas gratuit. Tout dans ce monde se payait, d’une façon ou d’une autre. Il ne s’était pas fait la place qu’il avait aujourd’hui juste en écrasant les gens sur son passage. Non, il avait su conclure des affaires avantageuses.

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