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 Sharing is caring (Katimir)

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MessageSujet: Sharing is caring (Katimir)   Dim 5 Oct - 22:09

Sharing is caring

Je détestais la forêt, sincèrement. Les insectes, les animaux, l’odeur, les bruits, la solitude... Tout ça m’horripilait. Un domaine de chasse de prédilection, pourtant. Les humains étaient si faibles en pleine nature, si… perdus. Leur sens de l’orientation était réduit au néant, et le manque de repères, de sécurité, les rendait encore plus nerveux. Et pourtant…

Mon regard se posa sur le talon cassé de ma chaussure hors de prix. Oui, je détestais la forêt. Allez savoir pourquoi, mais il semblait que toute la population de ce putain d'endroit était à mes basques. J'avais laissé quelques cadavres derrière moi, en guise d'avertissement, mais cela ne suffisait visiblement pas. J'avais été prise au dépourvue par une meute de loups et quelques chouettes, et forcée de courir pour sauver ma peau. Or, les talons se prenaient si facilement dans ces putain de racines qui sortaient d'on ne sait où... Certes, Ruairi m’en paierait une autre paire – il avait intérêt – mais il était si difficile de trouver de beaux accessoires à cette époque… Les humains avaient des goûts de merde. Un sifflement méprisant passa au travers mes lèvres, alors qu’un grognement agacé vient à son tour briser le faux silence de cette forêt. Enfin. Forêt. À New York, ce genre de lieu n’existait pas réellement. Disons simplement un petit groupe d’arbres en bordure d’un manoir extravagant. Pas celui de Ruairi, d’ailleurs. Je chassais donc sur un terrain privé, so what ? Pour ce que j’en avais à cirer, celui qui trouverait quelque chose à y redire pourrait bien se mettre sa colère là où je pense.

Respiration saccadée. Et me voilà repartie, chaussures en main, en direction de ce pauvre imbécile croyant réellement pouvoir m’échapper. Pauvre petite chose terrifiée. J’espérais pour lui qu’il avait fait ses prières. Pas que Dieu s’en soucierait, mais bon, mentalement, tout ça. Et puis merde, hein, il faisait bien ce qu’il voulait, du moment que ça n’altérerait pas le goût délicieux de son hémoglobine coulant dans ma gorge… Je n’en avais rien à faire.

Je m’arrêtai brusquement à la lisière de ce petit bois, plantant mon regard dans le dos de l’humain qui osait ainsi s’aventurer sur l’herbe d’une propriété, et pas des moindres. Un manoir immense, imposant, aux allures de film d’horreur, que je reconnaissais pour y être venue auparavant, aux bras d’un Ruairi en kilt. Et pourtant, je sentais l’espoir de l’homme, l’espérance d’atteindre cette porte avant moi, de fuir mes griffes et de se réfugier au creux d’une maison dans laquelle je ne pourrais pas entrer. Pauvre imbécile. L’odeur si caractéristique du propriétaire des lieux flottait dans l’air, entre les fragrances entêtantes et animales, m’arrachant un sourire en coin. Ça s’annonçait plus amusant que prévu.

La chaussure brisée vola avec force et vitesse en direction de mon repas, le heurtant en pleine tête avec un bruit sourd et jouissif. Grondement de douleur. L’homme s’écroule au sol de tout son long, encore à plusieurs mètres de la précieuse porte. Un rire menaçant m’échappe alors que j’approchais lentement, prenant bien soin de faire craquer quelques branches sous mes pas, histoire qu’il puisse bien suivre mon avancée. Rythme cardiaque accéléré. Sentirais-tu la mort approcher, pauvre petite chose ?

Mes crocs sortirent d’eux-mêmes face à l’excitation du moment, et je sentis mes prunelles perdre leurs dernières parcelles d’humanité alors qu’elles se teintaient de cette encre si effrayante pour les mortels. Mon regard se posa sur le manoir, examinant, à la recherche du charmant propriétaire qui deviendrait mon loisir de fin de nuit. Ma voix s’éleva dans l’air, amusée, sadique, un brin folle peut-être.

- Tu viens te joindre à la fête, ô Prince Charmant aux succulentes chouettes ?

Il me détestait, je le savais, pour ce que j’avais osé faire à son rapace adoré. Dégueulasse, en plus. Pas foutu de trouver de la qualité, ce comte de mon cul. Un grondement collectif s'élèva soudainement de la forêt. Et voilà les copains animaux. Cela s'expliquait, désormais. Pas assez rapides. Charmants, comme chiens de garde, tout ça. Ou pas. Des chouettes tentèrent de piquer dans ma direction, et je me contentai de les chasser avec des cailloux ramassés au sol. Si vous lâchez une fiente sur mes vêtements, je ne répondrai plus de rien. Comme si les sales piafs m'avaient entendue, elles reculèrent. Peut-être avais-je été enfin repérée par mon hôte improvisé, qui était intervenu en ma faveur ? Peu m'importait.

Je me penchai soudainement sur le corps de ma future victime, qui tremblait de tous ses membres. Suppliques pathétiques. Oh, tu as des enfants, une femme ? Compte-toi chanceux que je ne sois pas tombée sur eux, dans ce cas. J’avais tendance à faire dans la gourmandise, en particulier dans ce genre d’occasions. Et puis, j’étais déjà de mauvais poil de n’avoir trouvé personne d’autres que toi à me mettre sous le croc et de devoir me taper des attaques animales à tout va. Alors tu arrête tes simagrées, tu seras gentil. Meurs comme un gentlemen, au moins. Et si tu pouvais éviter de tâcher ma robe, je t’en serais reconnaissante.

Mais non. Quand même, j’avais un minimum de politesse, voyons. Je saisis vivement le jeune homme par sa chevelure blonde, mi-longue, m’amusant à le traîner au travers les parterres de fleurs – certaines délicieusement pourvues d’épines – en direction du pas de la porte de monsieur Dracula. L’humain se tortillait, hurlait, suppliait toujours, comme une petite merde. Les mortels devenaient si pathétiques quand ils voyaient la fin de leur vie approcher, s’en était ridicule. Sourire tordu plaqué au visage, j’attirai le corps tremblant, à la respiration si rapide, près de moi, plaquant son dos contre ma poitrine, avant de lever le poing et de cogner franchement contre le bois.

En attendant le propriétaire, je plongeai mon nez au creux du cou du repas sur deux pattes. Odeur exquise d’hémoglobine… Pas un plat de choix, certes, mais la qualité des meilleurs plats était rehaussée par la platitude de la moyenne après tout, non ? Je devais me faire patience. Mon tour viendrait bien. Et puis, cette mauvaise chasse ne m’empêchait pas de faire preuve de politesse et de générosité. Le partage était une vertu, pas vrai ?

- Je venais t’en proposer un peu, puisqu’il avait décidé de se cacher dans ton terrier ! lâchai-je avec sarcasme, toujours ce rire coincé au fond de la gorge.

Vous vous doutez bien qu’il y avait autre chose derrière cette si charmante proposition. Je n’avais pas l’habitude de partager ce qui m’appartenait. Or, j’avais bien gagné le droit de croquer ce jeune homme qui allait finir par claquer d’une crise cardiaque si cet imbécile de comte ne se magnait pas un peu le cul. Néanmoins, j’avais entendu parler des crises de celui-ci, de ses pertes de contrôle face à l’hémoglobine. Il se trouvait que j’avais justement envie de tester les limites, de jouer avec lui. Ce n’était pas comme si je craignais quoi que ce soit, avec la protection de ce cher Ruairi. De toute façon, ce glaçon ne me faisait pas peur.

Je finis par perdre patience, celle-ci étant limitée. Mes crocs plongèrent brusquement dans la chaire tendue de la gorge de ma victime, une éclaboussure venant barbouiller la porte du manoir. La mode est à la couleur. Un grognement de satisfaction m’échappa alors que je commençai à manger, sirotant doucement. Au cas où il accepterait vraiment de partager. Je sentais les éclats de la lune m’envelopper, ne me donnant qu’un air encore plus bestial. J’aimais bien cette image. Un manque total de grâce… Mais le reste était simplement jouissif.

- Vite, avant qu’il n’en reste plus… grognai-je, la voix plus enrouée, rude. Il respirait toujours, mais pour combien de temps ?

Du coin de l'oeil, j'apercevais les loups, rats et sangliers qui commençaient à sortir du couvert des arbres, tous avec des postures agressives et équivoques. Dégagez, petits, car si votre maître ne se manifeste pas, vous serez les prochains sur ma liste.

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Mer 8 Oct - 14:26


Sharing is caring
Vladimir Skender & Katherina M. Godfrey


Le soleil s’était à peine couché quand Vlad s’était éveillé de sa torpeur journalière. Ce sommeil étrange l’avait quitté à mesure que les notes de musique montaient crescendo dans tout le manoir. Son majordome devait certainement se trimballer avec un épais casque qui bloquait les sons, un peu comme ceux que l’on porte au stand de tir, pour éviter de devenir sourd. Etrangement, si l’ouïe du vampire était bien plus fine que celle d’un humain, les notes faisant vibrer les vieux murs ne le perturbaient pas plus que ça. Après avoir avalé la poche de sang que lui avait apporté son serviteur, dans un mug bien chaud, Vlad avait simplement pris une douche pour se débarrasser des affres du sommeil. Routine éternelle en ce moment. Depuis quelques jours, depuis quelques temps, depuis que Joe lui avait annoncé que la descendance qu’il avait tant cherchée n’était autre que l’humain qu’il avait choisi pour amant et pomme de sang unique. Sacrée nouvelle. Quel euphémisme. Vlad ne sortait quasiment plus de chez lui, à part pour aller à son bureau, dans une de ces tours de verre et d’acier, pour diriger sa multinationale. A dire vrai, il pouvait tout aussi bien le faire depuis sa propre demeure qui était équipée de la technologie dernier cri, qui lui permettait de rester en contact constamment avec ses employés à travers la ville. Il passa simplement un pantalon en lin et une chemise sur son corps encore légèrement humide et se dirigea vers le bureau qu’il occupait quand il restait chez lui.

La pièce était imposante par ses dimensions bien que le premier coup d’œil ne paraisse bien étroit. En effet, il y avait tellement de livres empilés un peu partout, bien trop nombreux pour rester seulement dans les étagères qui se voutaient peu à peu au fil des ans et du poids des ouvrages. Le vampire se glissa avec souplesse sur son fauteuil confortable et le fit tourner pour faire face à l’écran 24 pouces. D’un mouvement infime sur la souris, la surface lisse et épurée s’illumina, projetant ombre et lumière sur le visage fuselé du vampire. En vérité, il n’avait guère besoin de la souris, la surface brillante étant également tactile. Ses yeux dérivèrent sur la profondeur factice de l’écran, nouvelle technologie pour éviter une fatigue trop rapide du regard, même si c’était parfaitement inutile pour un utilisateur vampire. Le Transylvanien repoussa habilement les dossiers qui étaient encore présents sur le « dessus » de l’écran d’un revers de main pour accéder à sa messagerie cachée dans un coin. Evidemment, plusieurs missives électroniques l’y attendaient. C’était tout de même plus pratique ainsi que d’avoir un pigeon avec un message enroulé autour de la patte ou un messager à envoyer à travers la ville. Parfois, Vlad se demandait pourquoi certains de ses semblables abhorraient tant la technologie moderne. Elle accomplissait des prouesses inestimables. Il appuya à peine sur l’icône et les messages se semèrent sur la surface de l’écran. Divers informations plus ou moins utiles. Son regard s’attarda sur l’un d’entre eux. C’était le rapport final de la jeune psychologue sur l’évaluation de ses employés. Il l’agrandit d’un double-clic et ses mots choisis avec le soin tout naturel des littéraires s’étalèrent sur la surface illuminée. Il les parcourut rapidement, enregistrant avec efficacité les mots qu’elle lui avait envoyés, ce bref résumé et ses conseils, ses avertissements sur certains des humains à son service. Dans un coin de sa tête, il nota les noms en question et se promit d’y revenir plus tard.

Il allait s’attaquer au message de son comptable quand il se figea. L’ancien voïvode se redressa sur sa chaise, un pied replié sous ses fesses, et regarda par dessus l’écran vers la fenêtre. Il n’y voyait rien de particulier, en vérité, son esprit déjà connecté à celui d’une des créatures gardant son manoir avec zèle. Un magnifique rapace survolait le couvert des arbres. Grâce à sa vue encore plus aiguisée que celle d’un vampire, le Transylvanien put apercevoir les cadavres de certains de ces fidèles compagnons sur le sol, entre deux arbres. Un grondement remonta le long de sa gorge alors qu’il suivait le parcours de l’aigle majestueux jusqu’à la lisière du petit bois. Là, une silhouette courait droit vers sa demeure, apeurée et effrayée, fuyant quelque chose. La chose émergea de sous les branches. C’était une femme, ses longs cheveux sombres s’étalant derrière elle alors qu’elle courait derrière sa proie. Un projectile s’élança de sa main et frappa lourdement l’humain à la tête. Vlad n’avait pas besoin de la vue perçante de l’animal pour reconnaître la silhouette. Il l’avait déjà vue. Elle avait déjà mis à mort une autre de ses créatures. Il poussa un soupir agacé et coupa l’écran en face de lui d’un claquement de doigts. La technologie faisait décidemment des merveilles. Son bureau se plongea dans le noir, à peine éclairé par la Lune au dehors. Il se déconnecta de l’esprit du volatile qui s’éloigna dans le ciel étoilé à d’autres besognes. A mesure qu’elle se rapprochait du manoir, Vlad pouvait percevoir son odeur, confirmant ce qu’il savait déjà. Katherina Godfrey, la compagne de St Clair, chassait sur son territoire, jusque chez lui même. Tu viens te joindre à la fête, ô Prince Charmant aux succulentes chouettes ?

Vlad s’approcha de la haute fenêtre et baissa les yeux sur le spectacle en contrebas. L’humain était sonné, au milieu du parc, et la vampire retourna pour faire face aux loups, sangliers, et autres créatures qui l’avaient rattrapée à l’orée du bois. Quelques chouettes tentèrent leur chance pour seulement se retrouver bombardées de cailloux. Un claquement de langue de la part du vampire. Comme s’ils l’avaient entendu, les animaux s’éclipsèrent dans les ombres. L’invitée non-désirée s’empara de la tignasse de sa proie et le tira jusqu’à l’entrée du manoir. Sur son chemin, elle dévasta un sublime buisson rampant aux fleurs délicates et aux épines acérées. Vlad n’aimait rien d’autres que les fleurs poussant sur les ronces. Il poussa un soupir. Décidemment, elle n’avait aucune classe et aucun respect de rien. Elle avait certes un beau visage, mais son manque d’éducation gâchait tout. Elle sortit de son champ de vision, arrivant juste devant sa porte. Le coup retentit dans le manoir qui dégorgeait encore de la musique « matinale » du maître des lieux. Evidemment, le majordome ne pourrait pas l’entendre. C’était peut-être mieux ainsi. Il se détacha de la fenêtre et entreprit de se diriger jusque dans la cuisine, là où se trouvait la chaine hifi qui diffusait la musique dans toute la maisonnée. Je venais t’en proposer un peu, puisqu’il avait décidé de se cacher dans ton terrier ! Vlad s’empêcha de lever les yeux au plafond et diminua la musique, juste assez pour qu’elle ne fasse plus vibrer les murs et ne blesse pas les oreilles fragiles de son vieux majordome. Qu’il croisa d’ailleurs un peu plus loin. Restez à l’intérieur, loin à l’intérieur. Au fond du manoir. Cette… invitée n’est pas la plus polie et la plus respectueuse des… possessions d’autrui. Je ne veux pas qu’il vous arrive du mal. Le vieil homme s’exécuta sans un mot et s’enfonça dans les méandres sous-terrain du domaine.

Avant qu’il n’arrive à la porte, le vampire put sentir l’odeur du sang. Malgré sa proposition de partager, elle avait donc commencé sans lui. Ça ne l’étonnait même pas. Vite, avant qu’il n’en reste plus… Sa voix était rauque, déformée par la soif et la jouissance qu’elle pouvait ressentir à cet instant. Ce fut avec le calme le plus profond et un visage dépourvu d’émotions que Vlad ouvrit finalement la porte. Une giclée se barbouillait le bois et il retint un soupir d’agacement. Au loin, derrière son invitée indésirable, il put voir que les créatures à son service étaient revenues, sûrement appâtées par l’odeur du sang frais. Non. Un mot, unique, tonna dans leur esprit et elles s’éparpillèrent à nouveau. Il ne leur refusait pas une pitance, non, il épargnait leur vie. Son regard se reposa tranquillement sur Katherina et sa victime. Etreinte intime et malsaine. Une rigole de sang se frayait un chemin le long de la gorge de l’humain. Que me doit l’honneur de votre visite Katherina ? Je ne crois pas que nous avions rendez-vous. Son ton était plat, sans aucune émotion, comme si elle n’avait pas un humain entre ses griffes. Une de des mains du transylvanien tenait encore le battant de la porte. L’autre se posa sur le chambranle, comme pour barrer l’entrée à la brune. L’humain, entre deux respirations sifflantes et douloureuses, lui jeta un regard apeuré, plein d’espoir, comme s’il croyait que le maître de maison allait lui venir en aide. Vlad avait déjà vu ce genre de lueur dans les yeux d’un homme. La première fois, ça avait été sous le soleil ardent de la Turquie, quand il avait glissé ses doigts dans les entrailles d’un homme empalé par le sultan, savourant le contact huileux et visqueux entre ses phalanges. Les battements affolés de son cœur alors qu’il avait refermé sa paume tout autour. L’espoir d’une fin rapide et moins douloureuse que celle qui l’attendait. Mais Vlad lui avait refusé cela, se contentant de retirer sa main dans une éclaboussure de liquide carmin. Il cligna les yeux, chassant de sa tête ce souvenir, et reporta son attention sur Katherina. Et bien ?

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Jeu 9 Oct - 4:16

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Amusement. Est-ce que ce mec connaissait simplement ce mot ? Il avait été barbant au bal, même lors de l'attaque de ces chasseurs. Et encore maintenant. Il ne réagissait à rien, à aucune de mes provocations. Je le contemplai simplement alors qu'il ouvrait la porte, mes crocs toujours enfoncés dans la gorge du malheureux. Je sentais la résistance de celui-ci faiblir, au fur et à mesure que son regard analysait celui du Comte, au fur et à mesure qu'il comprenait qu'il n'y avait plus d'espoir et qu'il allait mourir ici. Cette sensation, cet abandon de l'humain face à la mort, me faisait à la fois jubiler et déprimer. Ils étaient si faibles, même mentalement.

Je me détachai pourtant de sa gorge, alors qu'il lui restait bien assez d'hémoglobine pour survivre. Je tenais à ce que le vampire le finisse à ma place, à voir l'expression sur son visage, à le voir lutter contre ses pulsions prétendument si violentes. Et puis, j'avais un détail très important à régler, de suite, maintenant. Mon regard courroucé se planta sur le visage de celui qui osait me bloquer le passage et me laisser sur le pas de sa porte comme une vulgaire colporteuse ou religieuse venue lui rabattre les oreilles sur sa façon de vivre. Non mais allo quoi.

- C'est mademoiselle. J'eus un sourire froid, serrant fermement le repas par la tignasse pour éviter qu'il ne fuit comme un lâche. Et la politesse voudrais que vous m'invitiez à entrer. Je suis une dame après tout, et une invité de surcroît.

J'avais parfaitement conscience d'être culottée de parler de politesse après ce que je venais de f aire à sa porte, à ses plantes et m'être pointée ici sans prévenir, chassant sur son territoire. Mais pour ce que j'en avais à chier, vraiment. Tout en classe et en raffinement. Je lâchai un profond soupire, avant de pousser ma victime avec une force certaine contre le torse de mon interlocuteur. Suffisamment de puissance pour qu'il ne puisse résister au mouvement, trop peu pour ébranler le destinataire. Un peu de contrôle, pour changer. D'un mouvement négligé, j'essuyai ma bouche à l'aide de mon poignet, afin de faire cesser sa course à cette agaçante goutte de sang qui coulait le long de mon menton.

- Je vous avais dit que je vous en laisserait. Je n'ai plus faim de toute façon, vos sales bestioles ont gentiment coopérer à remplir un petit creux. Petit sourire amusé, presque attendrissant s'il ne venait pas de moi et si l'on ignorait mes paroles. Mon regard croisa le siens, une nouvelle lueur agressive s'y étant allumée. Et pour répondre à votre question, croyez bien que je ne serais pas ici à me faire pourchasser par vos sacs à puces infectes si j'avais le choix. Figurez-vous que cet homme charmant m'avait sifflé grossièrement dans la rue. Vous comprenez bien que je devais le punir adéquatement, et il se trouve qu'il a fuit par ici.

J'avais donc tous les droits d'être ici. Il ne pouvait le nier. N'est-ce pas ? Je jetai un œil par-dessus mon épaule, pour constater que ces sales bestioles retournaient sagement dans leur trou. Bien. Mine de rien, ce pouvoir pouvait s'avérer sympathique, je voulais bien l'admettre. Parlant de pouvoir... Une idée germa lentement dans mon esprit, et j'Eus du mal à contenir mon excitation enfantine. Jouons, prince charmant.

Je l'observai un moment, fronçant le nez, reniflant un odeur bien désagréable. Du sang. Mais pas totalement. Plastique. Chimique. Un profond frisson de dégoût me secoua. Non, il ne s'abaissait tout de même pas à ça, pas vrai ? Pas le Comte Dracula en personne, Bon Dieu !

- Vraiment ? Du sang en plastique ? Je grimaçai de nouveau, pleine de dédain. Nourrissez-vous donc avec du vrai, ça vous fera reprendre vos esprits un minimum. Ce n'était pas comme si résister serait facile, avec cette odeur absolument partout.

Je tentai, à l'aide de mon pouvoir, d'accentuer ses désirs, de le pousser à y céder, à mordre cet homme ou tout du moins à montrer quelque émotion. Ruairi avait à de maintes reprises tenté de m'aider à contrôler ce don, entre autre sur nos futures victimes masculines, afin de m'aider à le perfectionner, mais ce n'était pas encore ça. J'étais même plutôt... Maladroite. Pas nulle. Maladroite. J'étais donc loin d'être convaincue que cela fonctionnait, même en sachant que les pulsions de cet être étaient justement son point faible. Mais si j'y parvenais... Cela serait amusant. Très.

Néanmoins, je devais idéalement lui faire baisser sa garde. Peine perdue pour le moment : il devait se méfier autant de moi que d'un chasseur armé de lampe UV. Je ne pouvais pas lui en vouloir pour cela. Au contraire, ça me faisait presque plaisir, allez savoir pourquoi.

- C'est dangereux de se contenir comme ça. On finit par faire des bêtises.

Il suffisait de me regarder. Un parfait exemple d'absence de contrôle, et pourtant ma vie roule sur des roulettes. Je n'étais jamais affamée et ne chassais au final que par lubie. Aucune chance de blesser ceux à qui je tenais. Enfin, pas que j'en avais, ce genre de liens débiles ne servait qu'à affaiblir les esprits faibles, mais vous aviez comprit le principe. Bon, il m'arrivait parfois, en de rares occasions, de peut-être laisser quelques traces derrière moi... Rien de très grave, pas vrai ?

Mon regard se balada derrière moi, observant les lieux avec un manquant flagrant d'intérêt. Mouaif. Banal, comme endroit. Un petit aspect sauvage et mal-entretenu, naturel, qui ne collait pas du tout avec la richesse suggérée. L'herbe était bien trop longue, les plantes prenaient leurs droits et les petits animaux se baladaient à foison, à l'abri des regards. J'allais finir par croire qu'il était un sale écolo avant-gardiste.

- Vous saviez que de nos jours, il est possible d'embaucher quelqu'un pour s'occuper de donner un air présentable à l'extérieur de la maison ? Un jardinier, genre. Ça fait moins négligé.

Je reportai mon attention sur lui sans plus m'attarder sur le sujet, curieuse de voir sa réaction face à l'appétissante collation entre ses bras. C'était qu'il n'était pas moche, ce mortel, en plus. Pas mon genre, certes, trop fragile, mais il avait une foutue belle gueule. Je recommençai mon manège, tentant toujours de le faire céder. Je n'avais aucun intérêt à cela, pas le moindre. Un simple caprice, un plaisir de gamine insatisfaite. Rien d'autre.

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Lun 13 Oct - 15:22


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Vladimir Skender & Katherina M. Godfrey


Le Transylvanien n’avait que faire des sentiments malmenés de la vampire en face de lui. Ils ne s’étaient guère rencontrés plus d’une fois, alors qu’elle avait été la cavalière d’un de ses invités. Pas des moindres, certes. Mais elle s’était montrée d’une impolitesse sans faille. D’abord en tuant la chouette qui avait apporté l’invitation au couple, vidant le pauvre animal de son sang comme si c’était un vulgaire caniche appartenant à une vieille dame que la vile créature aux traits d’ange voulait faire souffrir, hurler à la mort parce que son chien-chien était mort. Vlad n’était pas ainsi. Il ne hurlait pas. Il ne déversait pas toute sa rage sur Katherina. Il se contentait de lui offrir un visage calme et serein. Ça ne lui ferait que trop plaisir s’il perdait son sang froid. Il aurait certes toutes les raisons de le faire alors qu’elle s’était montrée encore une fois bien sauvage lors de sa fête, se jetant sur un des humains à disposition comme si elle n’avait rien avalé depuis des siècles. Vlad pouvait sentir qu’ils avaient sensiblement le même âge, même si elle était plus jeune, et il ne comprenait pas comment elle n’avait pas pu apprendre la retenue. Certes la compagnie de St Clair ne poussait certainement pas à la sérénité et à la délicatesse, mais même lui savait faire preuve de civilité quand il le fallait.

C'est mademoiselle. Et la politesse voudrais que vous m'invitiez à entrer. Je suis une dame après tout, et une invité de surcroît. Le voïvode haussa à peine un sourcil. Je crois que Katherina fera parfaitement l’affaire. Ensuite, la politesse voudrait que vous ne chassiez pas sur mon territoire, mais vous êtes ici malgré tout. Pour le reste, j’en doute fortement. Je ne vous qualifierais pas de « dame ». Et encore moins d’« invitée ». Pas chez moi en tout cas. Elle n’était rien de tout cela. Certainement pas une invitée. Elle avait peut-être reçu un carton par le biais de St Clair plusieurs jours de cela pour le bal, mais ce n’était pas une invitation pour l’éternité. Juste pour une nuit et rien de plus. Son ton était pourtant resté calme, sans aucune inflexion liée à une quelconque émotion. Elle soupira et poussa sa victime frêle vers lui. Le corps de l’homme percuta son torse, laissant une trace rouge sur le bord de sa chemise et sur sa peau. L’odeur capiteuse lui parvint mais il n’esquissa pas un geste. A peine l’un de ses muscles frémit pour encaisser le choc. L’autre s’agrippa à son corps pour ne pas s’écraser au sol mais Vlad ne fit rien pour l’en empêcher. Il sentait la faible chaleur de l’humain contre son corps mais son regard ne quittait pas Katherina. C’était là d’où venait la menace. L’humain ne pourrait rien contre lui. Elle s’essuya le menton d’un revers de main. Je vous avais dit que je vous en laisserait. Je n'ai plus faim de toute façon, vos sales bestioles ont gentiment coopérer à remplir un petit creux. Elle sourit et la mâchoire de Vlad se contracta légèrement. Ce n’était pas la première fois que les siens tombaient sous l’assaut d’un intrus. Beaucoup étaient morts en voulant arrêter les chasseurs, durant la nuit du bal. D’autres mourraient encore. C’était la simple idée que Katherina les ait tués pour son simple plaisir, pour tirer une quelconque euphorie dans son esprit fou qui l’ennuyait particulièrement. Aucune de ces créatures n’était là contre son gré et elle les avait trucidées juste pour son bon plaisir. Un désir inassouvi de chaos.

Et pour répondre à votre question, croyez bien que je ne serais pas ici à me faire pourchasser par vos sacs à puces infectes si j'avais le choix. Figurez-vous que cet homme charmant m'avait sifflé grossièrement dans la rue. Vous comprenez bien que je devais le punir adéquatement, et il se trouve qu'il a fuit par ici. De nouveau, le Transylvanien haussa juste un sourcil. Décidemment, s’il lui fallait juste ça pour perdre le contrôle, Vlad ne pouvait que ressentir de la pitié pour une telle créature. Il se doutait pourtant qu’elle n’avait que faire du contrôle. C’était sûrement une notion tellement abstraite pour elle. Sous la protection d’un Originel aussi puissant que St Clair, elle pouvait sûrement se laisser aller à tous ses caprices sans crainte des représailles. L’humain contre son corps émit un gargouillis et une bulle de sang éclata près de sa gorge pour maculer un peu plus sa peau diaphane. Le liquide précieux glissait doucement le long de son corps, dans une caresse visqueuse qui appelait certains souvenirs chez le vampire. Il se souvenait s’être tenu en dessous de l’un de ces pics acérés sur lesquels il empalait ces ennemis. Il ne souvenait de la caresse du sang coulant en torrent sur sa personne. Alors qu’il était encore humain. Alors qu’il était encore un jeune vampire aux sens tellement aiguisés, tellement nouveaux que ça en avait été euphorique. Il se souvint de l’armée turque qu’il avait terrassée à lui seul, couvert de leur sang, sa peau mise à nu sous leurs armes mais sans aucune blessure durable.

Vraiment ? Du sang en plastique ? Nourrissez-vous donc avec du vrai, ça vous fera reprendre vos esprits un minimum. La voix de la brune le ramena à la réalité. Oui, il se nourrissait de poches de sang. Non, elle ne pouvait pas comprendre la promesse d’exclusivité qu’il avait fait à Luc. Non, elle ne pouvait pas plus comprendre qu’il ne parvenait étrangement pas à s’en défaire alors qu’il n’avait plus aucune intention de se nourrir sur sa descendance. Pas après cette révélation. Pour le reste, il n’avait pas perdu l’esprit, contrairement à la demoiselle en face de lui. Il ne répondit rien. A quoi cela servait-il, franchement ? C’était pire que de parler à un mur avec elle. Il sentit soudain… quelque chose. Il fronça les sourcils. Essayait-elle réellement d’utiliser un quelconque pouvoir sur sa personne ? Pensait-elle vraiment que ça allait marcher sur un vampire plus vieux, plus puissant qu’elle ? Pensait-elle vraiment que sa simple chatouille allait lui faire perdre toute retenue et qu’ils iraient mettre New-York à feu et à sang comme des vieux amis ? C'est dangereux de se contenir comme ça. On finit par faire des bêtises.Parce que lorsqu’on a aucun contrôle, ça n’arrive jamais, n’est-ce pas ? répondit-il, le ton acide. Vous saviez que de nos jours, il est possible d'embaucher quelqu'un pour s'occuper de donner un air présentable à l'extérieur de la maison ? Un jardinier, genre. Ça fait moins négligé. Un sourire malicieux fleurit sur les lèvres du vampire. Il garda le silence un long moment pourtant, savourant l’effet perturbant que son rictus devait faire naître chez la vampire en face de lui. Vous estimez que je ne devrais pas imposer un contrôle sur ma propre nature mais que ne pas le faire sur mon environnement est négligé ? Vous avez certainement une drôle de logique. Si l’absence de contrôle est une négligence, comment vous qualifieriez-vous, dans ce cas… ? Son sourire prit une teinte méchante et il baissa les yeux sur l’humain toujours accroché à son corps.

Ses yeux brillaient, ne perdant pas cette dernière goutte d’espoir. Vlad l’avait souvent vu, au cours des siècles. L’espoir ne disparaissait totalement que lorsque la vie désertait leur corps. Même s’ils passaient les derniers jours, semaines, mois, années, de leur existence dans une salle de torture avec pour seule compagnie leur bourreau, l’espoir s’éternisait jusqu’à la dernière seconde. Vlad détacha ses doigts du chambranle de la porte et glissa sa main contre la joue du garçon, dans une caresse délicate qui servit surtout à étaler un peu plus le sang sur sa peau à peine tiède. Un nouveau gargouillis. S’il vous plait… Ainsi, il avait encore la force de parler. Avec un sourire adouci, Vlad mena sa main tâchée de sang à son visage. La peur et l’espoir se mélangeaient pour donner une fragrance délicate et épicée au liquide poisseux. Il posa son index sur ses propres lèvres. Shhh… souffla-t-il simplement et le garçon sembla s’apaiser contre son corps. L’autre bras du vampire vint de soutenir cette fois, le maintenant contre sa silhouette imposante. Etrangement, Vlad savait toujours, tour à tour selon ses envies, inspirer la fascination, la terreur, le calme, la fébrilité. Sa main tâchée de rouge glissa sur la gorge blessée de l’humain qui ne put retenir un soupir qui n’avait rien à voir avec la douleur, bien au contraire. Il ferma les yeux et renversa la tête en arrière. Mais Vlad darda ses prunelles sombres et froides sur Katherina. Son pouce se glissa sur le menton de l’humain pour lui faire tourner la tête. Il n’allait certainement pas se nourrir là où l’autre l’avait déjà fait. Il ouvrit la bouche, dévoilant ses crocs acérés. Il n’y avait pourtant aucune perte de contrôle dans ses gestes, bien au contraire. Le tout se déroulait à une lenteur sûrement exaspérante pour l’autre vampire. Sa mâchoire se referma finalement sur le cou tendu de l’homme et ses crocs percèrent sa chair. Le sang ne jaillit pas dans sa gorge. Les battements de son cœur n’étaient pas assez affolés pour ça. Et la quantité de sang restant dans son organisme peut-être trop faible.

Les yeux toujours rivés à ceux de Katherina, Vlad fit glisser sa main maculée du liquide carmin le long du corps de l’humain, glissa jusqu’à son entre-jambe pour la caresser lentement avec une pression presque douloureuse. La pauvre victime laissa échapper un hoquet et rouvrit les yeux, le regard tourné vers les étoiles. Son souffle se fit haché et son cœur se remit à battre plus vite. Ce n’était pas la peur, non. C’était le désir qui grandissait, qui durcissait entre les doigts du Transylvanien, ajoutant une nouvelle saveur au sang qui coulait un peu plus vite dans sa gorge. Un spectacle rien que pour les yeux de la brunette en face de lui. Vlad lui-même n’en tirait quasiment aucun plaisir. Ça n’avait rien à voir avec les amants dont il se nourrissait sur son canapé. Rien à voir avec les nuits en compagnie de Luc où l’extase atteignait des sommets. Rien à voir avec celles qu’il avait passées avec Dorian au Cirque de nombreuses fois. Le garçon entre ses bras n’était rien d’autre qu’une poche de sang aux yeux du vampire. Une poche certes avec un goût moins infâme que les autres, mais rien qu’une poche tout de même. Son pouce glissa prestement sur l’extrémité dressée de l’humain qui poussa un petit cri alors qu’il atteignit la frontière de ce que son corps pouvait endurer et se déversa sur les doigts du vampire qui détachait au même moment ses crocs de sa gorge, déroulant le bras qui le maintenait contre lui. Le garçon s’écrasa au sol, tout juste encore vivant. Il ne lui restait pas des heures à vivre. Beaucoup moins même. Aucune trace de sang ne souillait le visage du Transylvanien. La seule souillure était celle qui prenait une teinte argentée au clair de Lune, sur ses doigts. Il n’avait pas quitté des yeux Katherina une seule seconde. Tellement faible. Je ne comprends même pas pourquoi il a retenu votre attention plus d’une poignée de secondes. Il laissa tomber son regard sur l’autre qui frémissait sur le sol, dédaigneux. Satisfait d’un plaisir rapide et fugace. Faible. Tellement faible. Quelle saveur y a-t-il si le plaisir ne peut pas durer plus longtemps… ? Sur ses derniers mots, Vlad replaça ses mains sur la porte et sur le chambranle, se penchant légèrement en avant, comme pour les susurrer à la vampire. Là, tout de suite, il lui aurait bien claqué la porte au nez, mais il n’en fit rien. Il se pencha encore un peu plus, toujours agrippé au seuil de son manoir, son visage si proche de celui de Katherina, tout près de son oreille. Aucun plaisir dans la précipitation… Nous avons toute l’éternité devant nous… Pourquoi se complaire dans l’éphémère… ? Sa voix était moelleuse, délicate, épaisse et sucrée comme du miel. Il s’écarta légèrement pour planter à nouveau ses prunelles brillantes et tellement sombres dans celles de la brunette. Un sourire naquit lentement sur ses lèvres, paresseux. Le pouvoir de la petite vampire n’avait sûrement eu aucun effet sur lui… mais ça ne voulait pas dire que l’Empaleur ne savait pas jouer.

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Lun 27 Oct - 12:05

Sharing is caring

Quel vampire arrogant. Je sentais mes prunelles s'exciter dans mes orbites, devenant bien plus sauvages et agressives au fil des paroles du Comte. Katherine est suffisant. Tu trouve, espèce de sale rat faible et couard ? Et d'où oses-tu affirmer que je ne suis pas de l'étoffe d'une dame, hm ? Sais-tu ne serait-ce qu'un minimum d'où je viens ? J'aurais bien put marier ta descendance et prendre ta place sur ton trône, espèce de fossile arrogant. Cette image aurait pût m'amusée un bref instant si elle n'avait pas été si peu vraisemblable. Mon père avait rarement fait attention à moi, alors me qualifier de princesse, de femme à marier... Je ne l'aurais même pas laisser se débarrasser de moi si facilement. Enfin. Je ne pouvais nier que je n'avais pas à parler de politesse. Je me servais surtout de ce mot comme... délire. Parodie. Il ne signifiait rien, tout juste un ensemble de lettre formant une sonorité que les hommes appréciaient.

- Que je me sois moi-même invitée ou pas ne change rien au fait que l'on doit l'hospitalité aux gens sur notre porche, vieux débris. répliquais-je simplement, le ton acide et le regard furibond.

Il était plus vieux que moi. J'avais parfaitement conscience du fait que cela signifiait qu'en théorie je lui devais le respect. Mais, justement. En théorie. Je n'aimais pas respecter ces protocoles si surfaits, qui n'avaient aucune autre utilité que de nous faire adopter la forme d'un moule ennuyeux et sans goût. Il n'y avait aucun plaisir à demeurer poli et bien élevé, à faire preuve de ce contrôle qui me dédaignait tant. Lorsque l'on avait du pouvoir, on s'en servait. Point à la barre. Si les autres en souffraient, ils n'avaient qu'à se battre pour en obtenir tout autant. Autrement, qu'ils se taisent à jamais. En ce qui me concernait, c'était ce qui se passait la plupart du temps. Silence éternel pour tout ceux subissant ma force.

Le prince subit le reste de ma tirade sans prononcer un mot de plus. Il ne faisait qu'avoir un semblant de réaction ici et là. Barbant, vraiment. Même lorsque je lui lançai la carcasse au corps, il ne fit que la recueillir sans broncher, lui jetant à peine un regard. J'analysai simplement son expression, presque... sidérée. À ce stade, ce n'était plus du contrôle. C'était du lavage de cerveau continu. Il n'y avait pas d'autres explications. Ce mec était simplement taré, voilà tout. On aurait beau dit la même chose de moi, c'était tout aussi évident chez lui. D'une autre manière.

D'ailleurs, mon don d'amplification des désirs se cogna à un mur aussi épais que solide, parvenant à peine à l'égratigner. Un grognement d'agacement m'échappa alors que je claquais de la langue. Je savais qu'il l'avait sentit. J'étais convaincue qu'intérieurement il se moquait de ma tentative, comme un loup rirait de l'attaque d'un chaton. Ça y était, je pensais en sac à puces, maintenant. En plus, j'étais convaincue d'avoir des poils de ces sales bêtes sur la langue. Ça grattait. Hors de question de régler le problème ici et maintenant, néanmoins. Ce serait l'équivalent de lui tendre de nouveau une perche pour une réplique aussi méprisante que méprisable. Tu vois bien que tu n'aurais pas dû te défouler sur ces bêtes, Katherina. Ce ne serait pas arrivé si tu savais te contrôler, Katherina. Apprends donc à vivre en être civilisée, Katherina. Hey, Katherina... Suffit.

Sa réponse quant à ma remarque sur le contrôle m'arracha tout de même un sourire en coin amusé. J'y avais justement songé, à vrai dire. À croire qu'il lisait mes pensées. Ridicule. Il était aisé de deviner que je n'étais pas du genre à ne pas faire de bêtises. Au contraire, j'aimais bien les crées lorsqu'elles étaient trop loin. Autrement, le monde pouvait rapidement devenir morne et sans le moindre intérêt. Inutile, néanmoins, de laisser la réplique passer sans y ajouter mon grain de sel, sans arpenter son âme à la recherche d'un point sensible quelconque.

- Jamais sur des personnes qui me sont chères, tout du moins. répliquai-je donc, la voix trop douce pour l'être réellement.

Je n'étais pas idiote. Aucun vampire ne chercherait à ainsi s'enfermer dans une cage, contrôlant le moindre haussement de sourcils, pour le simple plaisir de le faire. Il devait y avoir une raison. Une perte de contrôle, justement. Une qu'il ne s'était peut-être jamais pardonné. Je refusais de croire qu'il avait simplement été élevé ainsi. C'était... flippant. Je ne craignais pas les êtres de la nuit, mais lui se rapprochait d'avantage d'un robot. Or, les machines, j'appréciais nettement moins. Aucun point faible sur un tas de ferrailles, aucune corde sensible sur laquelle tirer et jouer malicieusement jusqu'à ce qu'elle éclate.

J'haussai simplement un sourcil lorsqu'il me fit part de l'aspect contradictoire concernant ma réplique sur l'état de son jardin. Nom de Dieu. Il fallait donc à ce point lui expliquer des principes aussi simples de la vie ? Plus le temps passait et plus je perdais le peu d'estime que j'avais envers cet homme, sincèrement. Si un loup se déguisait trop souvent en mouton afin de berner le troupeau, il finissait par en devenir un. Encore une putain de comparaison impliquant un sac à puces. Un grognement agacé m'échappa de nouveau, et je croisai les bras sur ma poitrine, soufflant sur une mèche de cheveux rebelle frôlant mon front. Puis, la fin de sa tirade m'arracha un grondement bien moins sympathique. Imbécile, faible, con et arrogant. Une grenade avec ça ?

- Votre environnement est faible, vous devriez pouvoir le manipuler à votre guise. Votre nature est forte, vous devriez l'accepter ainsi. La loi de la jungle, vous connaissez ? Servez-vous de votre force plutôt que de la brimer ainsi, vous en êtes ridicule. Je me baissai tranquillement dans sa direction, approchant de nouveau mes lèvres du pauvre homme, qui se pressa contre son futur bourreau. Je vous conseille de ne pas trop jouer avec le feu, Comte. Je suis plutôt susceptible.

Je n'avais pas peur de l'avouer. Je considérais que ce trait faisait partie de mon charme. S'il me cherchait trop, le Comte finirait par me trouver et n'apprécierait probablement pas sa trouvaille. Lorsque je décidais que je haïssais quelqu'un... J'avais bien réussit à plonger un Originel dans un sommeil profond pendant... Un bon moment. Alors un vulgaire vampire lambda ne me faisait pas peur, fossilisé ou pas.

Enfin, le vieux débris s'activa et sembla s'intéresser à la si jolie collation que je lui avais gentiment offert. Je suivis sa main du regard alors qu'il caressait la peau du jeune homme, le forçant à force de caresses à offrir de lui-même sa gorge... Avant de la tourner, pour ne pas avoir à partager la plaie que j'avais moi-même formé. J'aurais put être vexée. Je ne l'étais pas. Ce n'était, en mon sens, que normal. Je faisais de même avec les cibles que moi et Ruairi partagions. Rien d'extraordinaire. Néanmoins, cette lenteur accablante me mettait hors de moi. Je soutins tout de même son regard sans broncher. Bien sûr, il était aisé d'y voir mon agacement, à la limite même de la colère, mais il était hors de question que je détournasse les yeux. Même lorsque sa main franchit la limite du respectable, même lorsque l'intimité fut brisée et qu'un gargouillis dégoûtant s'échappa de la gorge de la victime, je gardai mes prunelles ancrées dans les siennes. Ajoutons dégueulasse à la liste des défauts, tiens.

Je me permis de détourner le regard uniquement lorsqu'un petit cri s'échappa des lèvres du mortel, signalant la fin des festivités. Vladimir se redressa, retirant à la fois ses crocs et son bras du corps de l'homme, le laissant s'écrouler au sol tel une merde de chien. Je jetai un regard dédaigneux à sa main avant de rouler des yeux, dégoûtée. Vraiment, ce vampire me sidérait. Je ne pouvais pas dire qu'il me répugnait, du moins pas maintenant. Je croyais enfin deviner qu'il désirait jouer un minimum, et cette pensée suffisait à lui laisser le bénéfice du doute. Face à son commentaire concernant son repas, je ne pus contenir un rire léger. Presque enfantin.

- Dis l'homme qui vient de le tripoter sans la moindre hésitation.

N'allez pas croire que j'étais prude. Bien au contraire. J'éprouvais néanmoins une sorte de dédain face à la semence des hommes, en particulier lorsqu'elle barbouillait la peau. Et puis, cette partie de leur anatomie... J'avais appris à m'en méfier. Ce n'était pas l'endroit dégageant le fumet le plus attirant, le fil des siècles me l'avait confirmer. Enfin, je ne m'attarderai pas trop sur le sujet. Il n'était simplement pas dans mes habitudes d'user de telles façons de faire. J'étais plus intriguée qu'insultée, réellement. D'ailleurs, ce petit spectacle avait teint mes prunelles d'obsidienne et allongé mes crocs. Je dus me faire violence pour revenir à un état plus... respectable. Autant je haïssais le contrôle, autant ces traits dégradants m'horripilaient.

Je haussai un sourcil perplexe lorsque Dracula s'appuya contre le cadre de la porte, s'approchant de moi pour me murmurer qu'il n'y avait aucune saveur à un plaisir si éphémère. Et bien. Avec des pensées comme ça, il était aisé de comprendre pourquoi il s'emmerdait au point de s'enfermer dans son château pendant des siècles. Un petit rictus vint étirer le coin de mes lèvres.

- Il faut savoir se satisfaire de peu, dans la vie. Regardez qui parle. J'étais bien mal placée pour prôner la simplicité volontaire.

Le Comte se pencha soudainement davantage vers moi, approchant nos deux visages, et je me surpris à figer. Non pas de peur. Jamais. De surprise, plutôt. Je n'avais pas spécialement l'habitude que les gens viennent à moi, l'inverse était bien plus commun. Le souffle de sa voix contre mon oreille m'arracha un frisson bien malgré moi. Putain, essaie d'être crédible après cela. C'était qu'il n'était pas moche ce con. Et cette voix... Bref. Je le fixai un long moment alors qu'il reculait un peu, interdite. Puis, un sourire vint lentement étirer mes lèvres, si semblable au siens. Ainsi, il souhaitait jouer. Finalement. Alors jouons, vieux débris.

- L'éphémère me captive. Voir la vie filer entre mes doigts, sentir pendant un instant le temps qui passe... Pas vous ? Nouveau petit sourire de ma part. Je ne suis pas un être des plus patients, vous devez bien l'avoir remarqué.

Un gargouillis immonde vint interrompre mes paroles. Agacée, je pris ma chaussure intacte, avant d'en enfoncer brutalement le talon dans le crâne de ce pauvre imbécile incapable de mourir comme un grand. Nouveau grognement de ma part. Silence éternel pour tout ceux subissant ma force, vous avais-je dit. L'homme venait d'expérimenter, cette fois bel et bien mort et sans la moindre goutte de plaisir supplémentaire.

Une idée germa dans mon esprit, et je me penchai sur le cadavre, sans faire attention à son visage barbouillé de sang ou à son regard à jamais figé dans la terreur. Ce n'était pas ce qui m'intéressait. Je cherchai dans son pantalon, afin d'en sortir son téléphone. Les humains pouvant s'offrir de tels gadgets étaient incapables de se séparer de ces babioles. Leur vie, qu'ils s'amusaient à dire. Ridicule. À mon grand contentement, il n'y avait pas de mot de passe quelconque sur celui-ci.  Un sourire victorieux, carnassier, vint étirer mes traits, et je montrai l'appareil à mon cher compatriote. La photo d'une belle brune trônait en fond d'écran. Je me hâtai par la suite de farfouiller dans les contacts du cadavre. Chérie. Nullité accablante, mais qui nous facilitait la tâche.

- Il avait une copine. Intéressé ? Mon immense sourire et mes prunelles pétillantes montraient bien que c'était mon cas. Tu pourras m'enseigner ta façon de jouer, puisque je t'ai montré la mienne. Je ne la lui avais pas complètement montré, vrai. Même pour moi, ce boulot était bâclé. Mais je me doutais bien qu'il ne souhaitait pas voir mes talents artistiques à l'œuvre sur son manoir. Une petite guirlande d'intestins sur votre cheminée, Comte ?

Je n'attendis pas la réponse de mon hôte. J'appelai la jeune femme, me faisant passer pour une policière. Votre pauvre copain vient de se faire happer par une voiture. Rien à faire. Inutile d'aller à l'hôpital. Nous avons besoin de vous pour identifier le corps. Le blabla habituel, qui ne devait normalement pas tenir la route à cette heure de la nuit. Mais une humaine perdant son conjoint perdait toute notion de rationalité. Encore une fois, j'étais plutôt mal placée pour parler de raison. Enfin. Je raccrochai.

- Elle sera dans la rue face à votre forêt, je cite, aussi vite que possible. J'imitai son manège, en y ajoutant mon grain de sel. Les deux mains dans mon dos, comme une enfant, je vins me pencher à ses côtés, pour susurrer à mon tour contre son oreille. Montrez-moi votre talent, Dracula.

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Lun 27 Oct - 15:35


Sharing is caring
Vladimir Skender & Katherina M. Godfrey


Elle pouvait bien se mettre en colère si ça lui chantait. Comme disait le vieux dicton : « il n’y a que la vérité qui blesse ». Elle n’était pas une dame. Encore moins une invitée. Elle pourrait bien prétendre tout ce qu’elle voulait, Vlad savait qu’il avait raison. Elle n’avait juste rien à faire là. Peut-être que sa proie l’avait guidée jusque là. Il pouvait bien la croire. Il pouvait presque comprendre qu’elle se défende quand ses gardiens l’ont attaquée parce qu’elle avait empiété sur son territoire. Mais il ne comprenait vraiment pas pourquoi elle faisait tout cela. Et c’était lui qu’on traitait de diva, franchement ! Parfois Vlad se demandait où allait le monde. Il ne tournait certainement plus rond. Que je me sois moi-même invitée ou pas ne change rien au fait que l'on doit l'hospitalité aux gens sur notre porche, vieux débris. Un sourire affable se dessina sur les lèvres du Transylvanien, amusé par les paroles et le ton de l’autre. Si vous invitez n’importe qui à l’intérieur de votre demeure, c’est vous que cela regarde, jeune idiote. Il aurait pu répliquer sur le même ton, tant ses paroles semblaient être le miroir des siennes, mais au contraire, le tout avait été lâché sur un ton léger et calme. Loin des consonantes acides sortant d’entre les lippes carmin de la vampire. Elle l’ennuyait, il fallait bien l’avouer. Elle n’avait aucune manière, aucune décence, aucun respect, aucune éducation. Elle allait peut-être parfaitement bien avec St Clair, mais le jour où elle tomberait devant un Originel plus vieux encore que son compagnon, elle devrait apprendre à ravaler sa langue, si elle ne voulait pas se retrouver avec le cœur arraché de la poitrine. Ou la tête des épaules, pour tout ce qu’il en savait. Ou peut-être en brochette sous le soleil de midi ? Tout semblait passablement alléchant. Mais ça n’était pas le problème de l’ancien prince.

Toujours cet air affable, calme et serein. Rien d’autre ne filtrait sur son visage, dans ses prunelles sombres. Il se doutait fort bien que ça l’ennuyait. Encore plus lorsqu’il sentit son pouvoir vouloir forcer sa volonté. Il en aurait presque éclaté de rire. Vraiment ? Pensait-elle vraiment pouvoir l’atteindre ? Stoïque, il le restait en façade. A l’intérieur, elle commençait sérieusement à l’ennuyer. Peut-être n’avait-elle aucune autre distraction que de chasser sur le territoire d’autrui, mais il avait une multinationale à faire tourner lui. Elle n’était rien d’autre qu’une enfant gâtée à laquelle on passait tous les caprices. Un jour, il faudrait que quelqu’un en touche deux mots à St Clair. Qu’il maîtrise un peu sa compagne, bon sang ! Mais, malheureusement, le Transylvanien semblait être le seul à avoir un peu de jugeote dans ce monde qui partait en vrille. Le seul à comprendre qu’ils ne pouvaient pas juste faire ce qui leur plaisait. Il aurait du lui fermer la porte au nez, rien de plus, rien de moins. La laisser dans sa déchéance sur le seuil de sa porte et retourner travailler. Un grognement lui échappa ainsi qu’un claquement de langue. Ce n’était pas facile quand on n’obtenait pas tout ce que l’on désirait, n’est-ce pas ? Quelle saveur avait-ce sur sa langue à cet instant ? Un échec. Une gâterie qu’on lui refusait. Quel effet avait-ce sur ses habitudes de gamine pourrie gâtée ? Un sourire se dessina sur ses lèvres comme s’il l’avait amusée. Vraiment ? Il pouvait s’amuser aussi. Jamais sur des personnes qui me sont chères, tout du moins. Sa voix se faisait douce. Il n’était pas dupe. Elle semblait vouloir sous-entendre quelque chose. Croyait-elle qu’il s’était un jour attaqué à l’un de ses proches ? Que c’était pour cette raison qu’il avait décidé de contrôler ses pulsions animales ? Sérieusement ? Elle ne savait rien de lui. Strictement rien. Ileana était morte avant qu’il ne devienne vampire. Il avait envoyé Mihnea loin de lui avant que le pire ne puisse se produire. Non, sérieusement, il n’y avait pas eu de drame dans sa jeune vie éternelle pour le traumatiser à ce point. Il était ainsi, c’est tout. Ça pouvait peut-être paraître complètement délirant pour elle, mais c’était bel et bien le cas. C’était un simple contrôle qu’il avait acquis au fil des siècles, bien que la soupape saute de temps en temps. Elle aurait pu aussi, si elle avait voulu.

Il ne releva pas ses mots. Il n’y avait rien à relever. Pour le jardin, par contre… Négligence et contrôle, elle avait le don de se contredire et de changer d’émotion comme de barrettes pour cheveux. Il avait l’impression qu’elle vivait tout encore plus vite qu’un éphémère humain. Un sourire malicieux s’étira paresseusement sur ses lèvres. Un grognement de sa part. Bien évidemment, elle ne pouvait pas détecter certaines subtilités. Elle n’avait aucune finesse, aucune délicatesse. Rien que de la sauvagerie pure et cruelle. Rien d’autre. Aucune précision. Il fallait de la patience. Elle n’en avait aucune. Ils ne pouvaient pas être autre chose que de parfaits antagonistes. Votre environnement est faible, vous devriez pouvoir le manipuler à votre guise. Votre nature est forte, vous devriez l'accepter ainsi. La loi de la jungle, vous connaissez ? Servez-vous de votre force plutôt que de la brimer ainsi, vous en êtes ridicule. Mais je l’aime ainsi, ne comprenez-vous pas ? J’aurais cru, vous qui semblez n’apprécier aucune finesse… L’état sauvage et indompté de mon jardin aurait du vous plaire. A moins que vous ne souhaitiez être la seule créature sauvage et indomptée autour de vous. Egocentrique comme réflexion, assurément. Pour ce qui est de ma force, elle n’est pas brimée. Simplement contrôlée. Ça ne sert à rien de dévoiler toutes ses cartes au premier tour. Non, elle ne comprendrait encore une fois pas. Elle ne savait pas ce qu’était la patience. Ni la stratégie. Rien du tout. Encore une fois, Vlad se demanda comment St Clair pouvait seulement supporter une créature aussi volatile et futile que la vampire.

Katherina se pencha vers l’homme qui s’agrippait à Vlad. Pensait-il encore qu’il le sauverait ? La peur devait le faire délirer. Je vous conseille de ne pas trop jouer avec le feu, Comte. Je suis plutôt susceptible. Un sourire taquin et amusé flotta sur ses lèvres. Le ridicule ne tue pas. lâcha-t-il simplement. Se rendait-elle compte que si elle voulait jouer avec lui, l’inverse n’en était que plus vrai ? Ne se rendait-elle pas compte que dans son attitude paisible, il tournait ses sautes d’humeur en ridicule ? N’avait-elle aucune estime de soi en plus de n’avoir aucun contrôle ? Elle ne faisait que s’enfoncer encore un peu plus. Et, s’il ne pouvait pas se défaire de sa présence, Vlad avait bien l’attention de s’amuser un peu. Oui, jouer. Malgré tout ce qu’elle pouvait bien dire, le Transylvanien restait un prédateur, un chasseur… Il aimait prendre un peu plus de plaisir, un peu plus de temps, pour s’amuser avec sa proie. Savourer la cascade d’émotions qui s’écoulait dans son sang. Ses prunelles d’obsidienne rivées aux siennes, Vlad s’occupa finalement du pauvre humain. Son sang s’écoulant dans sa gorge, son membre durcissant entre ses doigts, se gonflant du peu de liquide précieux qui restait dans son organisme. Elle voulait qu’il réagisse, bien. Qu’elle n’aille pas se plaindre du spectacle ensuite.

Finalement elle détourna les yeux. Etait-elle dégoûtée de voir un homme avec un autre ? En plusieurs siècles d’existence, si elle ne s’y était pas fait, il ne pouvait rien faire pour elle, franchement. Elle rigola pourtant. Dis l'homme qui vient de le tripoter sans la moindre hésitation. Il haussa un sourcil. L’humain n’était qu’une distraction, un jouet. Rien de plus. Vlad n’y avait pris aucun plaisir. Aucun plaisir autre que voir la réaction de la vampire en face de lui. Ses yeux avaient pris la teinte obsidienne des véritables traits vampiriques. Ses crocs s’étaient allongés. Se pouvait-il finalement qu’elle éprouve un brin d’excitation face à ce spectacle ? Pour Vlad, ça n’avait été qu’une démonstration, rien de plus. Peut-être un repas un peu plus consistant que ses poches de sang, mais certainement rien à voir avec ce dont il avait l’habitude avant de connaître Lucern. Pourtant, elle se contrôla pour reprendre figure humaine et un sourire s’ouvrit sur les lèvres du Transylvanien. Oh comme le contrôle pouvait être bien pratique parfois, n’est-ce pas ? Et qui parlait de ne pas contrôler sa nature ? Qu’est-ce qu’elle pouvait être contradictoire. Si elle aimait tant la décadence de sa nature, ces traits déformés devraient la ravir plutôt que la dégoûter. Vlad, lui, n’éprouvait aucun malaise à montrer son vrai visage. Il acceptait sûrement bien plus sa nature qu’elle, au final.

Il faut savoir se satisfaire de peu, dans la vie.Il y a peu… et peu. Il se pencha un peu plus vers elle. Si près que s’ils avaient respiré, leurs souffles se seraient mêlés. Elle se figea. Frissonna même sous le soupir expulsé de force d’entre les lèvres du voïvode. Un sourire satisfait étira ses lèvres. Un moment de silence. C’était comme des pierres précieuses sur un écrin de velours, venant de sa part. Un rictus presque semblable au sien, finalement. L'éphémère me captive. Voir la vie filer entre mes doigts, sentir pendant un instant le temps qui passe... Pas vous ? Je ne suis pas un être des plus patients, vous devez bien l'avoir remarqué. Ses paroles ressemblaient presque à une concession. Il n’était pas dupe pourtant. Il pencha la tête légèrement sur le côté. Certes. Un simple mot qui pouvait tout et rien dire à la fois. Oui, il aimait voir l’étincelle de vie s’éteindre dans les yeux d’un être humain. Il aimait encore plus voir cet espoir vain perdurer pendant des heures alors que l’homme n’avait en face de lui que son bourreau. Il aimait prolonger cet éphémère. Lui donner ce goût d’éternité. On ne pouvait pas savourer l’éphémère si l’on se contentait de tuer trop vite.

Il fit à peine attention à l’homme à terre, son gargouillis et le talon planté dans son crâne. Il poussa pourtant un léger soupir et baissa les yeux pour voir Katherina se pencher sur le cadavre et fouiller les poches. Ah parce qu’elle était une simple voleuse en plus de ça ? Qu’allait-elle faire après ? Lui piquer ses bottes pour remplacer ses escarpins ? Elle se redressa victorieuse avec un téléphone entre les doigts. Une photo d’une brune ravissante envahissait l’écran qui luisait dans la nuit. Oui, il avait une copine, et alors ? Maintenant que l’autre idiot était mort, elle ne pouvait pas le laisser en paix un peu ? Il avait une copine. Intéressé ? Tu pourras m'enseigner ta façon de jouer, puisque je t'ai montré la mienne. Il roula les yeux vers le ciel étoilé. Il n’avait pas le temps de faire l’éducation d’une vampire capricieuse, franchement. Elle n’attendit pourtant pas sa réponse et appuya sur l’écran pour appeler la demoiselle en question. Là, ça aurait été le moment de se retourner et de fermer la porte. La laisser en plan. Mais assurément, elle aurait embouti son entrée et aurait tapissé toute sa demeure des restes du crétin à leurs pieds. Les réparations de son manoir venaient d’être finie après le bal, il ne voulait pas encore à avoir tout à faire nettoyer. Il écouta distraitement la conversation. Elle sera dans la rue face à votre forêt, je cite, aussi vite que possible. Une enfant capricieuse. C’était tout ce qu’elle était. Il soupira. Vous vous rendez bien compte que votre petit manège n’est pas crédible du tout ? Demander à un proche d’une victime de venir sur les lieux d’un accident plutôt qu’à la morgue ? Même si cette fille est la première des crétines et potentiellement chamboulée par la nouvelle, franchement, vous auriez pu faire mieux… mais j’imagine que l’imagination vient avec la patience…

Vlad fit un pas en avant, quittant le cadre de sa porte pour la refermer derrière lui. Un craquement sonore se fit entendre. Il baissa les yeux. Il avait coincé quelques doigts du mort. Oups. lâcha-t-il sur un ton placide et donna un coup de pied dans le membre pour le déloger. Montrez-moi votre talent, Dracula. A nouveau, il roula les yeux vers le ciel. Pourquoi tout le monde m’appelle comme ça, franchement ? Vous n’avez aucune notion d’histoire ou quoi ? Dracul était mon père. Je suis Draculea, pas Dracula. Sérieusement, ça commençait à être lassant, ces gens qui n’étaient pas foutus de faire leurs recherches et de bien connaître les choses. Il planta son index dans le sternum de Katherina. Primo, la mise en scène. Il souleva le corps de l’homme, le plaça sur son épaule avant de se diriger vers la forêt pour la traverser à toute vitesse et arriver dans la rue. Il le jeta au sol sans délicatesse et observa les environs. Vous lui avez parlé d’un accident de voiture. Il vaut mieux que ce soit un minimum cohérent. Il repéra une automobile et la désigna à Katherina. Celle-là devrait faire l’affaire. C’était un petit bolide d’un noir brillant. Là, dans ce poteau. Il prit le corps par le poignet et le dressa sur ses pieds devant un lampadaire. Comme ça. Il fit signe à Katherina de lancer la voiture vers le poteau, comme pour faire croire que le conducteur avait perdu le contrôle. BOUM. Le Transylvanien récupéra un morceau du pare-brise brisé pour l’enfoncer dans le trou formé par le talon dans le crâne du garçon. Il observa la scène d’un œil critique. Bon. Ça manque de sang un peu partout. Mais il est vidé. Tant pis. Ça ira comme ça. A peine avait-il fini de prononcer ces quelques mots que le bruit d’une voiture leur parvint. Sûrement la fille. La rue était déserte à part leur petite mise en scène. Les gens étaient calfeutrés chez eux.

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Dim 9 Nov - 3:23

Sharing is caring

Je l'énervais. Il m'énervait. Nous nous énervions. Je n'avais aucune raison de rester ici, avec lui, à simplement faire passer le temps. Je devais forcément avoir mieux à faire quelque part dans ce monde, quelque chose de plus amusant que de balancer des insultes qu'il me retournait sans hésiter. Pourtant, quelque chose me poussait à rester. Le changement, peut-être. Il était rare que les gens me répondent. Souvent, pour la simple et bonne raison que j'étripais la moindre entité osant ainsi s'adresser de façon si irrespectueuse à moi. Je dis ce que je veux, pas vous. Façon très égocentrique de voir les choses, j'en avais bien conscience. Mais je m'en battais les couilles, pour demeurer dans la classe et l'élégance. J'étais ainsi, personne ne me ferais changer. Surtout pas un vieillard coincé du cul.

Je ne répondis donc pas à ses remarques acerbes et basses. Ça n'en valait pas la peine. Nous n'étions pas sur la même longueur d'onde, bien au contraire. On pourrait facilement croire que l'on avait été élevés sur des planètes différentes. Enfin. Des époques, certes, emplacement géographique et famille aussi. Mais à ce point ? Un simple soupire agacé m'échappa lorsqu'il parla à nouveau de son putain de gazon. Rien à battre, vraiment. Et puis, montrer ses cartes du premier coup faisait en sortes qu'on vous respecte et qu'on vous craigne, tout bêtement. Les insultes m'enrageaient. À chaque fois, j'avais envie de lui faire ravaler son calme olympien et de l'envoyer droit en enfer. Pourtant, je n'en faisais rien. Il était plus vieux. Mais, surtout, ça lui ferait bien trop plaisir. C'était bien là la seule raison pour laquelle j'acceptais de me contrôler un tant soit peu : dignité, fierté. La même raison qui m'avait poussé à rentrer mes crocs, plus tôt. Ne pas lui montrer que son sale manège fonctionnait. Parce qu'il ne fonctionnait pas.

Mes prunelles quittaient rarement les siennes, plus par défi que par respect, on s'en doute bien. Je ne le craignais pas, tout comme je ne comptais pas ficher le camp avant d'avoir eu ce que je voulais : une partie de plaisir. Un jeu quelconque. Une crise de rage, peut-être. J'avais déjà réussi à le faire bouffer, ce n'était pas mal du tout vu le personnage. Enfin.

Cette fois, j'étais surexcitée à l'idée d'attirer la copine de ce pauvre imbécile dans un piège. Elle semblait aussi brillante que lui, d'ailleurs, vu la vitesse à laquelle elle goba mon histoire. Cette pauvre vieille branche osa tout de même critiquer mon imagination, qui selon lui venait avec la patience. Enough already. J'allais vraiment finir par perdre le peu de patience qu'il me reproche d'avoir. Je sifflai agressivement dans sa direction, le fusillant du regard. Je n'étais pas au courant de toutes les procédures policières, en effet. Je préférais généralement me barrer avant que ces bons à rien de flics ne ramènent leurs fesses. Enfin, quand je n'avais pas envie de bien faire chier mon doux et tendre Ruairi. Néanmoins, j'avais appris, au fil des siècles, qu'une femme amoureuse est prête à croire n'importe quoi quand on menace son copain ou son mari. Que de rêves j'avais eu l'occasion de briser par cette simple révélation... Bref.


Le craquement sonore me tira de mes pensées, et j'étouffai un léger gloussement de sale gamine. Oups. Je n'aurais sût mieux dire. J'en profitai pour répondre à sa pique, d'un ton à la fois ennuyé et moralisateur.

- Les siècles ne vous l'ont pas appris ? Une femme ose tout croire lorsque ça concerne son amour. Que ce soit mauvais ou non. J'osai les épaules d'un geste négligé. J'aurais tout aussi bien pu lui dire qu'il avait été empalé par une licorne, elle serait accourue. De toute façon, la morgue, ça n'aurait pas passé. Il fallait bien l'attirer ici, non ? nouveau sourire en coin amusé. J'avais parfaitement conscience que ce n'était pas ce qu'il avait voulu sous-entendre. J'aimais simplement jouer sur ses mots.

La réplique vis-à-vis de son nom m'arracha un sourire. Je devais le concéder : je n'étais pas au courant. Le fait qu'il semblait excéder me prouva que cette erreur arrivait bien trop souvent à son goût. Enfin, pour autant que l'on puisse qualifier cela d'une erreur. Il avait entendu parler de la traduction, dans la vie ?

- En roumain, peut-être bien. Mais en anglais, c'est et ça restera Dracula. Ce sont les joies de la traduction, Draculea.

À partir de maintenant, je comptais bien jouer un peu avec cela. Insister parfois sur le "e" pour l'embêter, l'omettant à d'autres reprises pour l'excéder. Un jeu de gamine, j'en convenais parfaitement. Mais il en fallait peu pour m'amuser. Heureusement, d'ailleurs, songeai-je avec amusement. L'ennui me faisait commettre des actes horribles. Plus que d'habitude, je voulais dire. À éviter, donc.

Son index se planta soudainement dans mon sternum, m'arrachant un haussement de sourcils. Puis, comprenant son but, un sourire carnassier vint étirer mes lèvres. Jouons. Alors qu'il prenait le corps sur ses épaules pour filer à toute allure vers la route, j'entrepris de lui emboîter le pas. La traverser de cette foutue forêt était bien plus simple à ses côtés, sans ses bordels de gardes aux trousses. Je m'arrêtai à ses côtés, attentive à ses directives. À la manière d'une écolière, à vrai dire. Rôle intéressant pour une psychopathe, pas vrai ? Un nouveau sourire flotta sur mes lèvres alors que j'allais saisir la voiture qu'il m'indiqua. Lourde. Rien de bien problématique. Grimaçant à peine sous l'effort, je me saisis du bolide pour mieux le lancer, « nez » en premier, vers notre pauvre victime. Crash. Je me frottai simplement les mains, satisfaite, l'observant alors qu'il utilisait le trou causé par le talon de ma chaussure afin de créer une fausse blessure. Lorsqu'il se plaignit du manque de sang, je ne pus contenir une petite remarque cynique.

- Il y en a beaucoup à disposition dans la forêt. minaudai-je donc, sans être sérieuse. J'avais bien autre chose à faire que de l'embêter un peu plus sur ses copains de la forêt. Ce nouveau jeu me semblait bien plus attirant.

Le bruit du moteur de la voiture parvint à ma fine ouïe. Te voilà donc, charmante jeune femme. Je jetai un nouveau coup d'œil à mon apparence. J'étais couverte de sang, et ce n'était pas le miens. Ma tenue était foutue, déchirée, j'étais sale, je semblais sortir d'un duel avec un ours. Réellement, on s'approchait de la réalité, en plus. M'enfin. Je n'avais strictement rien à faire dans le décors, à moins de me faire passer pour la chauffeuse fautive de l'accident. Et encore, je n'étais pas convaincue de la crédibilité de cette idée. D'autant plus que je m'étais fait passer pour une policière. Or, nous n'avions pas de voiture.

- Deuxio ? soufflai-je à l'intention de mon coéquipier du moment, sur le ton de la confidence.

Puis, avant que la voiture du dessert n'arrive, j'approchai du bolide embouti pour en éclater la vitre, comme pour imiter le fait que je m'en étais extirper. Je n'étais pas blessée. Certes. Mais même en tentant le coup, je n'y parviendrais pas. Mon sang ne le permettrais pas. J'attendis ensuite le bon moment, avant de tituber dans la rue, histoire de mimer la pauvre femme sous le choc tentant d'arrêter un quelconque passant pour obtenir de l'aide. Je n'aurais qu'à prétendre être une policière hors service. Avoir dérapé, happé le pauvre homme, puis appliquer les procédures habituelles. Que les secours arriveraient sous peu, mais que je savais qu'il était trop tard. Que je m'excusais de la faire venir si tard. Que je lui présentais mes condoléances, tout le bordel inutile.

Enfin, ça, c'était ce que j'avais prévu. Pas cette sale garce, visiblement. J'entendis le bruit d'une vitre que l'on baisse, puis un cri, aussi violent que plein de rancoeur.

- Tu l'as tué, espèce de sale pétasse ! CRÈVE !

Bon. Soit l'histoire n'avait pas fonctionnée, ce dont je me permettais de douter, soit cette fille était une putain de cinglée. Et vu comme elle accéléra violement dans le but de me heurter de plein fouet, j'optai pour la seconde option. Si réellement cette connasse avait soupçonné que j'aie pu tuer son copain autrement, elle aurait deviné qu'il serait aisé pour moi d'éviter une charge aussi ridicule. Sa rage empestait l'air. J'aurais pu faire un pas sur le côté. Pourtant, je ne le fis pas. Pendant une seconde, les phares de son VUS éclairèrent mon visage presque entièrement dissimulé par ma chevelure sauvage et emmêlée par la chasse. Mais surtout, ils éclairèrent un sourire franchement cinglé, tordu par un amusement intense et malsain. Le type de grimace pouvant hanter les pires cauchemars des mortels. Elle pressa l'accélérateur, son moteur grondant férocement.

Puis, le bolide me heurta avec force.

Malgré ma force, je ne parvins pas à demeurer ancrée au sol. Mes pieds abimèrent le goudron couvrant la route, y laissant des cratères, mais mon corps fut tout de même propulsé avec force contre un arbre dans un craquement sonore d'écorce et d'os brisés. Je grondai de rage et de douleur, essuyant le fin coulis de sang s'écoulant du coin de mes lèvres. Si j'aurais eu l'obligation de respirer, j'aurais été mise à mal. La partie de mon squelette composant ma cage thoracique et une partie de mon bassin était fracturé à bien trop d'endroits pour les compter. Je demeurai immobile un long moment contre le végétal, grognant de douleur comme un animal acculé. Mes traits étaient de nouveau déformés, sans que j'ai cette fois l'intention d'y changer quoi que ce soit.

Mon sang s'affairait déjà à me réparer, dans une souffrance atroce. Je comptais bien lui faire payer, à cette sale petite garce. Ma tête se releva mollement, avec lenteur, afin d'observer les dommages collatéraux. Cette fois, mon sourire n'avait plus rien d'humain. Une vulgaire grimace froide, emplie de cruauté et de désir de meurtre. Monsieur le Comte finirait par voir ce que c'était, de perdre le contrôle.

La voiture était dans un piteux état, stoppée net dans son élan au beau milieu de la rue. L'impact de mon corps était clairement visible : la tôle était tordue, le moteur enfoncé. Ça avait dû faire un vacarme horrible, auquel je n'avais au final que peu fait attention, trop occupée à me prendre un VUS en pleine poire. Je percevais la silhouette de la femme sur le banc du conducteur, la tête contre le volant. Elle avait dû si cogner lors du choc. Pauvre petite. L'odeur de son sang, probablement en provenance de sa tempe, me parvenait clairement.

Si j'étais en état de bouger, je serais déjà sur elle. À la base, je voulais jouer. La faire flipper en arrêtant le camion de mes mains. Il faut croire que j'avais sous-estimé la force de son accélération. Les voitures ne sont plus ce qu'elles étaient. Il était probable que je me serais bien moins blessée si je m'étais simplement laissée rouler sur le pare-brise, comme ils faisaient toujours dans les films. Mais ce qui était fait était fait, après tout.

Cette salope allait souffrir.

Ma voix s'éleva soudainement, gutturale et rauque, animale. Il aurait été difficile de déterminer qu'elle appartenait bien à une dame respectable. Le simple fait que mes poumons avaient été perforés rendait ma voix sifflante, alors je vous laisse imaginer le reste. Mes os se ressoudaient lentement, dans des craquements organiques écœurants.

- T'as intérêt à m'en laisser, le fossile. Je crois avoir mérité une petite compensation, cette fois.

D'ailleurs, parlant de la vieille branche. Mes prunelles se baladèrent alors que je demeurais sagement encastrée dans l'arbre. Où était-il passé ? Il avait pas intérêt à être filé en douce.

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Lun 10 Nov - 15:57


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Vladimir Skender & Katherina M. Godfrey


Les vampires qui ne savaient pas vivre avec leur temps… S’adapter aux nouvelles époques. A quoi bon agir ainsi ? A quoi bon être immortel si on vivait toujours à l’époque où l’on était mort ? Vlad avait réussi à s’adapter parfaitement à travers les siècles, bien qu’il trouve parfois refuge dans sa citadelle de temps en temps pour échapper au monde… mais la technologie, les mœurs de cette période, il les connaissait. Il avait bâti son petit empire sur l’or noir et s’était choisi une place douillette dans cette ville, du côté des Originels… même s’il ne s’accordait que très peu avec certaines de leurs… « valeurs ». Si tant est que l’on puisse les nommer ainsi. Parfois, Vlad se demandait ce qu’il se passait, quand on atteignait un tel âge, pour perdre toutes notions de ce qui était bon pour soit ou non. Tout ce qui était nécessaire de conserver pour rendre ce semblant de vie sur Terre un peu plus agréable. Pourquoi avaient-ils brûlé tous ces livres ? Détruit le lieu où l’on pouvait entendre des voix grandioses s’élever et ravir nos oreilles ? Il n’y avait plus d’art. Plus rien du tout. Sauf chez quelques particuliers qui tentaient de le préserver, au risque de se faire prendre par les dirigeants du monde… comme Vlad. Son manoir, les pièces où peu avait le droit de se rendre, étaient envahies par les livres et ses murs tremblaient parfois avec de la musique.

Katherina gloussa quand il lâcha un simple « Oups » alors qu’il coinçait les doigts du mort dans la porte. Après tout, il était déjà mort. Il ne sentait plus rien. Il n’allait pas se réveiller et se mettre à hurler. Il avait connu pire. Comme être chassé par une folle furieuse à travers un bois rempli d’animaux sauvages qu’il n’avait sûrement jamais du voir dans sa petite vie de citadin. Les siècles ne vous l'ont pas appris ? Une femme ose tout croire lorsque ça concerne son amour. Que ce soit mauvais ou non. Non, les siècles ne le lui ont pas appris. Parce que la seule femme qu’il avait jamais aimée était morte trop tôt. Parce qu’elle n’avait jamais cru les mensonges improbables à son sujet. Parce qu’il avait toujours fait en sorte que ses mensonges et ses tours de passe-passe pour attirer une femme sous ses crocs avides soient tissés avec soin. Quand il ne se contentait pas simplement de la faucher dans la rue pour lui arracher la gorge ou les entrailles. Non. Et il estimait qu’une femme qui aimait réellement une personne… ou même un homme amoureux, en vérité, ne se laissait pas duper par des mensonges aussi piteusement énoncés. Mais, d’un autre côté, Vlad avait toujours été doué pour tourner les choses à son avantage et jouer les jeux qu’il voulait bien entreprendre. J'aurais tout aussi bien pu lui dire qu'il avait été empalé par une licorne, elle serait accourue. De toute façon, la morgue, ça n'aurait pas passé. Il fallait bien l'attirer ici, non ? Ça aurait pu, vraiment… Il suffisait juste d’un peu de… patience. Et de tact. Et d’un charme certain pour manipuler les personnes présentes. Il était si simple de se faire passer pour quelqu’un d’autre quand on s’intéressait suffisamment au monde. Mais ça, Katherina ne pouvait évidemment pas le comprendre, comme elle ne semblait s’intéresser qu’à son nombril.

Il ne répondit alors rien à ses commentaires. Ok, il allait entrer dans son jeu, mais tout cela commençait à l’ennuyer profondément. Il n’avait pas vraiment prévu ce genre de choses pour sa soirée. Oui, il aurait du lui claquer la porte au nez et puis c’est tout. Mais elle aurait été capable de mettre à feu et à sang sa demeure juste parce qu’elle avait été contrariée… alors il allait jouer. Et après il rentrerait bien sagement. En roumain, peut-être bien. Mais en anglais, c'est et ça restera Dracula. Ce sont les joies de la traduction, Draculea. Tout simplement parce que ce crétin d’irlandais avait décidé d’écharper son nom, rien de plus. Ça n’avait rien à voir avec la traduction. Seulement, Stoker était au « service » du jeune Monsieur Harker qui ne voulait que donner une fausse image de lui parce qu’il pensait que sa femme le trompait avec le vampire… quoi de mieux que de donner en premier lieu son patronyme écorché. Mais, encore une fois, il ne releva pas. A quoi cela servait, franchement ? A rien du tout. Pourquoi discutait-il avec elle ? Ça n’avait aucun sens et ça ne mènerait à rien. Autant en finir vite, comme on arrache un pansement. Vlad plaça le corps sur son épaule et fila vers la rue un peu plus loin.

Une fois sur place, Katherine écouta ses directives pour une fois. Il retint un petit soupir de soulagement alors que le lampadaire se pliait sous le choc avec la voiture et coinçait le corps du pauvre homme entre les deux tas de métal froissé. Le Transylvanien ajouta un petit détail. Il y en a beaucoup à disposition dans la forêt. Il lui lança un regard las, mais encore une fois, rien ne sortit d’entre ses lèvres. De toute façon, le bruit d’une voiture se fit entendre et bientôt des phares se firent voir au coin de la rue. Deuxio ? Elle était pleine de sang. Ça n’allait guère avec leur schéma. Il l’observa pourtant s’approcher du bolide et en fracasser la vitre. Bon, elle semblait avoir un minimum d’imagination, malgré tout. Se faire passer pour une flic en civil, hors de ses heures de service… Elle aurait appelé son équipier qui n’habitait pas loin et ils attendaient du renfort. Oui, c’était probable. Elle tituba sur la route à la rencontre du SUV qui arrivait un peu trop vite. Vlad haussa simplement un sourcil. Il aurait imaginé la femme de ce mec dans une petite voiture… genre New Beetle ou quelque chose du genre, pas un SUV… qui étaient-ils donc pour posséder un tel véhicule ? Surtout pour des humains… Le vampire laissa tomber son regard sombre sur le mort en se demandant ce qu’il pouvait bien faire dans la vie… ou qui il pouvait bien être réellement.

Tu l'as tué, espèce de sale pétasse ! CRÈVE ! Il leva la tête en voyant le SUV accéléré. Bon, peut-être n’était-elle pas si crédule que ça. Après tout, si le couple vivait depuis un moment à New-York, possédait un véhicule blindé, ils devaient bien être au courant de l’existence de créatures… et ne devait pas les apprécier beaucoup. Vlad haussa à nouveau un sourcil quand Katherina se laissa faucher par le véhicule lancé à pleine vitesse. Ses pieds laissèrent des sillons dans le bitume et atterrit un peu plus loin. Il croisa les bras alors que le véhicule s’arrêta une fraction de secondes après le choc. L’odeur du sang lui parvint. Il fit quelques pas sur le côté et remarqua que la conductrice s’était cognée la tête contre le volant. Nouveau haussement de sourcils. Airbag en panne. Pas de chance pour elle. Son sang coulait d’une blessure au crâne. Comme d’habitude, ces plaies saignaient toujours beaucoup. L’ancien voïvode s’avança vers le véhicule et posa ses bras croisés sur le rebord de la vitre qui était toujours baissée pour regarder la victime. Il tendit la main et releva son menton. Elle était évanouie mais ses yeux commençaient déjà à papillonner sous ses paupières closes. Il lâcha son menton et remonta ses doigts vers le sang qui coulait le long de sa tempe avant de les porter à ses lèvres pour le goûter. Pas vraiment un grand cru. constata-t-il, presque déçu. Il s’écarta de la voiture et la contourna pour accéder à l’imposant coffre.

T'as intérêt à m'en laisser, le fossile. Je crois avoir mérité une petite compensation, cette fois. Il poussa un soupir ennuyé à ses paroles. Elle pouvait bien la siffler toute entière, pour ce qu’il en avait à faire, franchement. Il n’avait pas besoin d’ingurgiter quinze mille personnes pour être repu. Il avait déjà bu sa poche de sang, avait fini l’autre. C’était suffisant. Il n’avait pas besoin de s’en faire exploser le ventre, franchement. Il n’avait jamais été adepte de la mal-bouffe de toute façon. Il observa l’arrière du SUV et enfonça sa main au niveau de la serrure qui maintenait le coffre fermé pour l’ouvrir en grand… envoyant même le morceau de métal un peu plus loin. Ce qu’il trouva à l’intérieur du véhicule ne lui rappela que trop bien la nuit du bal où ils avaient été attaqués par des chasseurs diablement bien armés avec leurs fusils à lampe UV… Vlad esquissa une grimace. Ça n’allait vraiment plus. Les Originels pensaient maîtriser leur petit monde, mais ne voyaient-ils pas que les humains ne faisaient que s’armer de plus en plus ? Ils devaient forcément avoir des ingénieurs talentueux dans leurs rangs pour créer des armes comme celles-là. Des ingénieurs et des spécialistes en armes… Un nouveau soupir s’échappa d’entre ses lèvres pincées et il s’assit sur le rebord du coffre. Le SUV s’affaissa légèrement. Il pouvait les craquements du corps de Katherina qui se reformait plus loin. Ça ne lui ferait sûrement rien comme nouvelle. Tout ce qu’elle voudrait, c’était boire la femme. Elle était même capable de se complaire dans le chaos que deviendrait la ville si chacun des êtres anti-vampires s’équipait de ce genre d’armes. Ça ne lui donnerait qu’une bonne excuse pour tuer plus… si tant est qu’elle ne eut besoin…

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Mer 19 Nov - 4:19

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J'étais une grande gourmande, je ne m'en cachais pas. Après, que ça lui plaise ou pas, je n'en avais pour ainsi dire rien à foutre. Je voulais cette sale garce. Je la viderai et je ferai subir toutes sorte d'infamies à son corps. Je savais me montrer créative à ce sujet, à n'en pas douter.

J'aperçus le VUS s'affaisser légèrement sous un nouveau poids et déduisit que ce fossile s'y était appuyé. Je me retirai de l'étreinte inconfortable de l'écorce, faisant rouler mes articulations pour bien tout remettre en place. Vraiment, si j'avais su que le choc serait si brutal, j'y aurais songé à deux fois. Mais bon, un bon coup de pied, cela faisait toujours du bien, pas vrai ? Or, pour un vampire de ma trempe, il fallait bien plus que cela. Là, pour le coup, cela m'avait bien secouée. Je dandinai lentement de la tête, alors que les derniers os se ressoudaient. Heureusement que je venais de manger. Maintenant, j'avais de nouveau faim. Même si cette garce n'était, selon les dire de Vladimir, pas un grand crû, je n'allais pas me gêner.

Pourtant, alors que je m'approchais du côté conducteur, prête à la tirer de là, des détails me chipotèrent. Déjà, le fait que, justement, elle avait un VUS, en plein Manhattan. J'avais crû qu'elle venait peut-être du Bronx ou de Brooklyn et que son incapable de copain était venu traîner dans les parages. Néanmoins, avec un véhicule pareil, je me permettais de douter. Je laissai mes traits déformés par ma nature bestiale se balader sur la tendre chérie de ma victime. Elle revenait déjà à elle. Navrée, Bella, pas le temps de te laisser émerger proprement.

J'arrachai simplement la portière d'un geste ample, balançant celle-ci contre l'arbre qui avait si gentiment arrêté ma course, plus tôt. J'allais finir par le déraciner, à force. Je saisis la chevelure blond Barbie de la sale petite effrontée, avant de tirer sèchement sur sa ceinture de sécurité, qui céda rapidement sous ma force. Je trainai ensuite la demoiselle à l'extérieur de son précaire abri, ne me gênant pas pour abîmer son corps contre le bitume.

- Tu vas souffrir, salope ~ fredonnai-je joyeusement en dodelinant de la tête. J'ai mémorisé la moindre fracture que ton sale engin m'a infligée et je compte bien toutes te les reproduire. Je mentais. Un peu. Je n'avais pas tout mémorisé. Je serai forcer d'improviser un peu, mais elle ne s'en rendrait pas compte. Un gémissement plaintif me répondit. Hm, tu émerge enfin ? J'étais bien trop bavarde, et presque convaincue de me le faire reprocher. Qu'est-ce que tu fiche, Draculea ?

Je m'approchai sagement de lui, trainant sans ménagement mon fardeau derrière moi, me délectant de ses plaintes alors que sa peau se déchirait sous le frottement que ses cheveux se trouvaient endoloris par ma poigne agressive. Mes traits étaient toujours déformés par ma nature vampirique. Pourtant, lorsque mon regard se posa sur l'équipement de chasseur... Ils se durcirent encore davantage.

Fini de jouer.

La première chose à passer dans mon esprit fut Ruairi. N'allez pas croire que je m'étais attachée à ce débile profond, cet abruti incompétent pas foutu de prendre la moindre décision sans y réfléchir pendant des heures, voir des jours. Cet Originel bon à rien aux oreilles démesurées. Mon créateur. Non, aucun sentiment de ce type ne m'habitait. Cela m'embêterait seulement qu'il lui arrive quelque chose. Il m'appartenait. Or, les Éternels étaient les cibles premières des chasseurs. Tout juste après les bêtes sanguinaires hors de contrôle dans mon genre. Ils pouvaient toujours courir pour tenter de m'avoir. Ça me ferait rigoler, tout en me donnant une bonne raison de jouer un peu.

Néanmoins, le fait que ces imbéciles puissent se balader ainsi librement, en plein Manhattan, me déplaisait fortement. L'attaque au bal m'avait déjà inquiétée, bien que je n'en avais rien montré. Ils étaient parvenus à s'introduire dans un manoir sécurisé, ils pouvaient bien le refaire. Je serrai la mâchoire, laissant échappé un grondement plus rauque et colérique.

- Dis, Comte, t'es  doué pour soutirer des informations ? Mes prunelles, désormais entièrement ancrées, se posèrent sur la silhouette noble et fière du vampire. C'est plutôt rare que je dise cela, mais je crois qu'il n'est plus l'heure de jouer. Ma voix ressemblait à un grondement animal, tant j'étais en colère. Je n'avais rien contre les proies qui se défendaient. Mais dans le cas présent, cela me gênait.

Je perçus un mouvement du coin de l'œil, et fut suffisamment rapide pour donner un violent coup de pied dans le poignet de Barbie, qui sortait un couteau d'argent de sa poche. Tu croyais faire quoi, toi ? Je soulevai lentement ma cible, jusqu'à ce que ses pieds ne touchent plus le bitume, mon regard bestial planté dans le siens.

- Reste tranquille. minaudai-je, presque trop calme. Cela ne me ressemblait pas. On discute, là. Je reportai mon attention sur celui que je venais à la base embêter. Il y avait de fortes chances que ce soit la goutte d'eau qui fasse déborder le vase. Qu'il m'envoie simplement bouler, cette fois. Pourtant, il était dans ses intérêts de ne pas le faire. Je crois qu'il serait temps de s'allier un tant soit peu. Si ça se trouve, c'est le même groupe ayant saccagé vos fenêtres.

Et tout le reste, bien que le sang sur le parquet ne devait pas être volontaire. Évidemment, ce ne serait pas exactement les mêmes individus, ceux-ci étant tous morts, mais je ne croyais pas que l'entièreté du groupuscule de chasseurs se soit lancé dans cet assaut suicide. Je passai lentement la langue sur mes lèvres. Me soigner ainsi m'avait coûté en énergie, et je mourrais d'envie de boire afin de retrouver des forces. Impossible de le faire, pour le moment. Fin soupir.

- Vraiment, Barbie, tu vas faire chier jusqu'au bout. Je passai la main qui ne la maintenait pas dans ma chevelure. Je t'avoue, ô Prince, que mes techniques de torture sont trop expéditives. Je vais te laisser ce point : je n'ai pas la patience nécessaire pour étirer tout ça. Je lui lançai un regard en coin, un brin amusée. J'entrais un peu dans son jeu, par simple amusement. De ce que j'ai crû comprendre, ce n'est pas ton cas. Intéressé ? Je secouai simplement ma prise, haussant les sourcils.

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MessageSujet: Re: Sharing is caring (Katimir)   Lun 24 Nov - 18:12


Sharing is caring
Vladimir Skender & Katherina M. Godfrey


Un bruit de métal qui se déchire. Katherina avait du se relever, tous ses os ressoudés, et elle venait chercher son encas. Grand bien lui fasse, vraiment. Elle pouvait bien vider la femme, pour ce que ça lui faisait. Il était plus perturbé parce qu’il avait trouvé dans le coffre. Un sacré attirail. C’était comme si quelqu’un avait écrit le Manuel du Parfait Chasseur des Temps Modernes et qu’il y avait dans le véhicule tout ce qui était noté sur la liste de courses en bonne et due forme. Lampes UV, fusils automatiques, lance-flammes, et que pouvait-il bien savoir encore. Il n’avait pas été fouiller dans les recoins du coffre du SUV. Au final, ce n’était pas tant les armes qui l’inquiétaient, mais le fait que les humains estiment pouvoir se trimballer tranquillement avec tout ça à portée de mains. D’une certaine façon, les Originels ne récoltaient que les fruits de leur arrogance sans faille. Ils se croyaient tout puissants, avec aucun ennemi réellement à la hauteur. Pourtant Vlad savait lui. Il avait traversé les siècles. Pas autant que les Originels, certes, mais suffisamment pour avoir connu plusieurs révolutions. C’était quand les tyrans se croyaient le plus intouchable qu’ils finissaient pas tomber de leur piédestal. Si sûrs de leur suprématie, ils ne prenaient plus la peine de vérifier que les petites gens en bas de l’échelle sociale ne se réunissaient pas pour se rebeller contre le système établi. Vlad avait vu des aristocraties, des royautés, s’effondrer parce que ces êtres au soi-disant sang bleu s’estimaient tellement meilleurs que les autres, tellement supérieurs et invincibles qu’ils se faisaient abattre encore plus facilement qu’un arbre.

Tu vas souffrir, salope ~ Katherina chantonnait, bien heureuse de pouvoir déguster son second — l’était-il vraiment ? après tout, elle avait pu avaler un autre humain avant de débarquer sur le pas de sa porte — repas. J'ai mémorisé la moindre fracture que ton sale engin m'a infligée et je compte bien toutes te les reproduire. Un gémissement. L’humaine reprenait conscience et, malheureusement pour elle, allait pouvoir ainsi endurer toutes les tortures que la vampire lui réservait. Hm, tu émerge enfin ? Vlad ne prononçait toujours pas un mot. Peut-être finirait-elle par l’oublier… ou croire qu’il l’avait abandonnée dans la rue avec son festin médiocre. Pour ce qu’il en avait à faire, vraiment. Il aurait pu tout aussi bien rentrer chez lui, en vérité. Qu'est-ce que tu fiche, Draculea ? Elle sembla se rappeler de sa présence soudain et le Transylvanien entendit le raclement du corps de l’humaine sur le sol. L’odeur de son sang et de sa peau arrachée embauma soudain l’air alors que sa chair râpait contre le bitume rugueux. La vampire arriva enfin dans son champ de vision et il remarqua que cette fois, elle portait ses traits vampiriques sans aucune honte ou aucun malaise. Décidemment, il ne la comprendrait jamais. Si le stéréotype des femmes compliquées avait traversé les siècles, elle en était sûrement le meilleur modèle, perpétuellement en contradiction avec elle-même. Mais, toujours, le Transylvanien ne releva pas. Il n’était plus d’humeur à jouer avec celle qui avait presque son âge et pourtant moitié moins de son contrôle et de son allure. Elle aurait pourtant pu être magnifique, grandiose, dans une robe de bal, papillonnant des paupières pour mieux manipuler son monde. Si seulement elle avait pris le temps, eu la patience, d’apprendre le jeu de la manipulation et de la séduction, elle aurait pu être encore plus redoutable qu’elle ne l’était déjà.

Un grondement rauque et colérique se fit entendre et Vlad leva les yeux vers la vampire, haussant un sourcil. Et quoi maintenant ? S’inquiétait-elle réellement du sort de la société vampire ? Dis, Comte, t'es doué pour soutirer des informations ? Le blanc de ses yeux finissait de disparaître sous une nappe ébène quand elle posa les yeux sur lui. Oui, il avait pu, au cours de son existence, soutirer maintes informations, de maintes manières différentes. Il avait appris l’art de la torture avec les Turcs. Il n’avait rien à envoyer à tout autre peuple barbare vivant plus au nord. C'est plutôt rare que je dise cela, mais je crois qu'il n'est plus l'heure de jouer. Il eut seulement un nouveau haussement de sourcil. La colère semblait s’être emparée de la brunette. Lui était toujours calme et serein d’apparence, analysant la situation, comme à son habitude. Un tintement et un couteau en argent s’éloigna en roulant sur le macadam. Vlad le suivit des yeux un instant avant de porter ses prunelles sur l’humaine qui se faisait soulever sans ménagement, ses pieds battant le vide sous elle. Reste tranquille. On discute, là. Un mince sourire s’étala sur les lèvres fines du vampire. Il avait pu sortir la même réplique ou presque à un importun qui l’avait ennuyé alors qu’il était en pleine discussion avec une chanteuse talentueuse. Je crois qu'il serait temps de s'allier un tant soit peu. Si ça se trouve, c'est le même groupe ayant saccagé vos fenêtres.Je l’espère bien. Sinon, cela voudrait dire qu’il y a au moins deux groupes armés de ce genre en ville, et ça ne serait pas la meilleure des nouvelles. Son sourire se transforma en grimace.

Vraiment, Barbie, tu vas faire chier jusqu'au bout. Evidemment, si elle désirait que le Transylvanien ne s’occupe de lui soutirer des informations, il lui faudrait repousser son repas. Vlad comprenait que ça puisse l’ennuyer profondément. Après tout, plus rien ne le surprenait vraiment, avec elle. Je t'avoue, ô Prince, que mes techniques de torture sont trop expéditives. Je vais te laisser ce point : je n'ai pas la patience nécessaire pour étirer tout ça. Un nouveau sourire, bien qu’un peu las, fleurit sur ses lèvres. Maigre satisfaction d’avoir marqué un point à un jeu ridicule. De ce que j'ai crû comprendre, ce n'est pas ton cas. Intéressé ? Elle secoua la femme comme si elle ne pesait rien, comme si elle la lui agitait sous le nez. Peut-être. Le SUV grinça alors qu’il prit appui dessus pour se remettre debout souplement et avec la grâce qui ne le quittait jamais. Il s’approcha de Katherina et de la chasseuse. Son index glissa le long de la joue de cette dernière alors qu’il se penchait vers son oreille. D’un ton doucereux, il lui susurra quelques mots. Crie pour moi. Il n’avait cure si ça réveillait les habitants du quartier. Après tout, à New-York, il valait mieux être habitué aux hurlements dans la nuit, sans quoi on manquait terriblement d’heures de sommeil une fois le soleil levé.

Vlad glissa son bras autour de la taille de la femme avant de la jeter sans ménagement au sol. Elle était maintenant suffisamment éveillée pour émettre un grognement, se redresser contre le pneu imposant de son véhicule et chercher à fuir. Mauvaise idée. Pourtant, tranquillement, le vampire se pencha dans le coffre et y trouva naturellement ce qu’il cherchait : une chaîne qui n’était pas en argent. Et bien oui, toute chasseuse qu’elle pouvait être, madame n’allait tout de même pas utiliser une chaîne en argent pour les basses besognes, comme remorquer un autre véhicule. Habilement, le Transylvanien l’attacha à la roue et repartit détailler le contenu du coffre. Il y avait là un petit chalumeau et une perceuse. Drôles d’ustensiles pour des chasseurs, mais après tout, il s’en fichait bien tant que ça lui était utile. Il sortit les deux objets et s’assit sur le rebord, faisant encore s’affaisser le SUV. Méthodiquement, il entreprit de chauffer à blanc le foret de la perceuse. Une fois qu’il rougeoyait d’une lueur presque blanche, presque aveuglante dans la nuit, Vlad se laissa glisser accroupi en face de la femme. Allons, jouons un peu. Il approcha la perceuse plus que brûlant de la tempe de la jeune femme. Ses cheveux sifflèrent sous la chaleur. Elle lui lança un coup d’œil apeuré et tira sur la chaîne pour essayer de mettre le plus de distance possible entre elle et l’arme improvisée. Bien. Tu vas répondre à mes questions maintenant. Et à celle de la demoiselle aussi, si toutefois elle en aurait une pertinente. L’extrémité de la perceuse laissa un sillon gluant et calciné dans la chair, à la surface de l’os, au niveau de la temps de la malheureuse, sans que Vlad n’enclenche le mouvement torsadé de l’appareil. Elle serra les dents mais ne cria pas. Le vampire émit un claquement de langue réprobateur. Et n’oublie pas de crier surtout.

Le Transylvanien décala la perceuse et en posa le bout contre l’os rond de l’épaule de la chasseuse, avant de mettre en route l’appareil et de pousser, enfonçant la mèche métallique dans la peau, le muscle, l’os et les tendons de la femme. Son hurlement déchira la nuit comme un coup de tonnerre et un sourire satisfait s’étala sur les lèvres du vampire. Il détacha son doigt de la gâchette de l’appareil et le foret arrêta de tourner, restant malgré tout dans la plaie. Bien, maintenant que nous sommes d’accord sur ce point, les questions. La première est assez simple : où vous procurez-vous toutes ces armes ? Il serait utile d’atomiser leur fournisseur. Ils étaient bien plus faibles sans leur artillerie, n’est-ce pas ? La femme se contenta de lui jeter un regard mauvais. Non ? Vlad esquissa une petite moue boudeuse avant que son regard ne se voile d’un noir opaque et que son doigt ne presse à nouveau la gâchette, remettant en mouvement le foret autour duquel s’enroulait tout un tas de matière organique.

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