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 you are far away, now. ▲ LA MOISSON DES ÂMES (les adieux)

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MessageSujet: you are far away, now. ▲ LA MOISSON DES ÂMES (les adieux)    Ven 14 Nov - 13:00

BATTLE CRY
danae & hades



Il ne sait pas. Il hésite. Debout devant la porte, il fixe le battant comme si celui-ci allait soudainement laisser place à la gueule de l’Enfer. Pourtant, il sait qu’il n’en est rien. Il la connaît. Elle doit être perdue. Tenter de garder la tête haute, mais paniquer. Comme elle le faisait si bien, à l’époque. Peut-être a-t-elle radicalement changé. Il l’ignore. Il ne la connaît plus vraiment. Parfois, il repense à elle. Rarement. Il ne fréquente plus tant de vampires. Il les évite, au maximum. Buveurs de sang, suceurs d’âme. Arrête. Arrête d’y penser. C’est pas là le sujet.

Il ne sait même pas pourquoi il est là. Pourquoi il irait lui faire ses adieux. Il était venu voir Megara, et il aurait été impoli de ne pas venir saluer une vieille connaissance. C’est ce qu’il s’était dit. Il le regrettait, peut-être, à présent. Derrière lui, le gros lycanthrope semblait lentement mais sûrement perdre patience. Il allait se décider à ouvrir cette foutue porte, le microbe ?

Lentement, Hades inspira. Son menton se leva, ses yeux se posèrent sur les fissures bien dissimulées qui couraient le long des angles des murs. Il les détailla quelques secondes, sans réellement s’en rendre compte. Absent. Ça remontait à tellement longtemps. Tout ça. Avait-il envie de remuer le couteau dans la plaie ? Ouais. Un peu. Alors qu’elle allait sûrement mourir, sous peu ? C’est l’ironie, qu’est-ce que tu veux. Allez. Rentre.

« Bon, tu l’ouvres cette porte ? On va pas passer la nuit là, si tu te décides pas à faire rentrer ton p’tit cul dans c’te chambre, moi j’te redescends. J’ai pas que ça à foutre. » « T’as déjà été zigouillé par ta copine ? » L’autre lui jeta un regard incompréhensif. Perdu. « Visiblement non. Alors ta gueule. » Il lui sourit. Insolent. Puis poussa la porte, et rentra dans la grande chambre que l’on mettait à disposition des condamnés, durant leurs dernières heures.

Elle était là. Aussi belle qu’à l’époque. Mais différente. Transformée par la peur, sûrement. Il esquisse un léger sourire. La détaille. « Ça fait un bail, dis-moi. » Il est plus jeune que lorsqu’elle l’a vu, la dernière fois. Mais il a le sentiment que cela ne la gênera pas pour le reconnaître. L’impression qu’elle souvient très bien de lui, bien au-delà des petites rides qu’avaient pu faire naître cinq années de différence d’âge. « Je passais dire au revoir à une amie. J’me suis dit que ç’aurait été bien impoli de ne pas venir te saluer, tout de même. » Pourquoi fallait-il qu’il sourie ? Pourquoi fallait-il qu’il sourie toujours de tout ? Elle allait probablement mourir, et il était obligé d’en plaisanter ? Pourquoi ?

Il expire brièvement. S’approche. Une pointe au cœur. « Comment tu te sens ? » Question stupide. Qu’elle n’avait sûrement pas besoin d’entendre. Mais il essayait d’être plus humain. Plus compréhensif. Et il était peiné, de la voir ainsi condamnée. Il fallait bien se l’avouer.


(c) about today.
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MessageSujet: Re: you are far away, now. ▲ LA MOISSON DES ÂMES (les adieux)    Lun 17 Nov - 21:55




you are so far away
❝ i know there is trouble ahead ❞

Voilà à peine dix minutes que Dylan m'avait définitivement quitté, forcée par la demande des lycans qui gardent la porte de mes quartiers. Quartiers qui me répugnent, malgré la nature luxueuse des meubles et l'odeur des fleurs fraîchement cueillis qui reposent un peu partout. Une longue douche n'était pas parvenue à me calmer. Ces vêtements propres qui moulaient parfaitement mon corps figé dans le temps ne parvenait pas à me donner du courage. Je fais les cents pas dans ce grand espace, incapable de profiter de la richesse des lieux. Pourtant, j'aurais dû être la première à me réjouir d'un tel traitement... Profiter de la bonté passagère des Originaux, moi qui appréciait mieux que quiconque le luxe et les artifices. Impossible. Comment parvenir à apprécier ces futilités alors que ma vie était en jeu? J'ignore combien de temps encore je devais attendre, mais je sentais l'étau se resserrer peu à peu autour de ma gorge... Les paroles de ma soeur, aussi sincères soient-elles, n'étaient pas parvenues à me réconforter, ni à me rassurer. J'ai toujours cette crainte horrible au creux de mon estomac, ce pressentiment insistant que je ne serai pas la grande gagnante de cette édition. Une vampire qui a pour habitude de fuir plutôt que de se battre avait peu de chances contre des êtres tout aussi surnaturels.

Fuir. L'option me fait soudainement réagir. Si j'avais eu un coeur, il se serait mis à battre frénétiquement dans ma poitrine. Mon regard se met à scruter mon environnement avec impatience. Aucune fenêtre, qu'une seule porte de sortie. Je longe bientôt les murs à la recherche d'une faille, d'un signe d'ouverture, un passage secret peut-être. N'importe quoi pour me raccrocher à l'idée de m'enfuir!

J'entends discrètement la seule porte de la pièce s'ouvrir, m'obligeant à cesser ma quête et tourner mon attention. Je m'éloigne tranquillement du mur afin d'avoir une meilleure vision. Un homme venait de me rejoindre. Ce visage. Je connais ce visage. Je me fige sur place, à plusieurs mètres de sa personne, tétanisée par l'incompréhension. Il sourit et sa voix ne fait que renforcer mes incertitudes. Non... Je l'ai tué... Il y a des années! Je l'ai nourri de mon sang, tué de mes deux mains et, au lieu de me rejoindre pour l'éternité, il avait pris feu! Devant mes yeux! Je perds la tête? Est-ce que ma peur est suffisant profonde pour me faire halluciner? Mais pourquoi lui? Pourquoi illusionner un homme que j'ai autrefois aimé et perdu?

Il s'approche et je cligne nombres de fois des paupières, comme si je tentais de faire disparaître ce mirage. Mais il semble bien réel. En chair et en os. Je peux même entendre son palpitant... Comment est-ce possible? Je creuse dans ma mémoire, mais jamais il ne m'a dit qu'il était de nature surnaturel. L'est-il? « Je... » que je bafouille, sans savoir quoi répondre. Je le regarde un moment, constatant son visage plus jeune, ses traits plus fermes. Il a rajeuni? Comment? « Je ne comprends pas... » que je murmure d'une voix fragile.

Hades. Serait-ce l'homme que j'ai aimé? Je me sens soudainement submergée par une nostalgie incontrôlable, incommensurable. Je ne sais comment contenir cette vague de souvenirs qui refait surface, qui me rappelle combien j'ai pu souffert. Les prunelles voilées par des larmes nouvelles, je m'approche à mon tour, jusqu'à ce que je puisse réellement observer ses iris. Ma main se soulève doucement et vient caresser sa joue, comme si j'avais besoin d'une preuve tangible pour confirmer sa présence. « Je te croyais mort. » Et bientôt, c'est moi qui le sera. Je libère rapidement sa joue de ma caresse et le toise avec cet air sérieux qui étire mes traits depuis l'instant où j'ai entendu mon nom être prononcé dans les rues du Bronx. « Je sais ce qui m'attend là-bas... et j'ai peur. » Je suis une petite poupée fragile. Un agneau effrayé.
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