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 Everything is ephemeral happiness ► Nymeria

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MessageSujet: Everything is ephemeral happiness ► Nymeria   Mar 27 Jan - 21:44




Everything is ephemeral happiness


Ezra Δ Nymeria


« Les circonstances que nous rencontrons n’ont pas autant d’importance que l’attitude que nous prenons pour y faire face. Cette attitude fera la différence entre le succès et l’échec »



Il savait. Ezra savait que Nymeria avait trouvé refuge à Salem, il y a de cela quelques années. C'était la veille, alors qu'il traînait dans un bar, qu'il avait entendu son nom si particulier. Personne d'autre à sa connaissance ne le portait. C'était si évident. Où aurait-elle pu lui échapper, si ce n'est dans la ville dont l'entrée lui avait été interdite par les sorcières ? Il se souvenait parfaitement de la matinée où il s'était réveillé sans sa présence à ses côtés. Il en avait été très contrarié. Si contrarié qu'il avait décidé de décapiter quelques loups-garous, par dépit. Pourtant, il avait cru la tenir entre ses griffes. Personne avant elle n'avait réussi à déserter son camp sans en subir les conséquences, c'est à dire subir d'horribles souffrances dont on ne ressort pas indemne. C'était, sur le coup, un mélange de fierté et d’agacement qu'il avait ressenti. Fierté, car c'était tout de même grâce au rude entraînement qu'il faisait subir à ses larbins qu'elle était devenue aussi forte, aussi tenace. Il avait toujours été fasciné par son caractère combatif et rebelle, quels que soient les obstacles qui barraient sa route. Agacement, parce qu'il lui avait tout donné : la mort de son compagnon, l'évasion de cette meute pathétique et la chance d'une nouvelle vie. Elle n'était pas en mesure, non, elle n'avait pas le droit de quitter celui qui tenait sa vie entre ses mains. Cela, il savait qu'il le réparerait, tôt ou tard. C'est pour cela qu'il n'avait pas mis longtemps à abandonner les recherches : parce qu'il savait qu'un jour ou l'autre, leurs chemins se recroiseraient sur cette terre.

Ce jour était arrivé. Bien plus tôt qu'il ne l'aurait pensé, et il lui fallait remercier les autres originels pour cela. Sans leurs négociations, il n'aurait pu pénétrer dans la ville de Salem. Depuis la disparition de Nymeria, de nombreux plans diaboliques avaient germés dans son esprit dément, et ils étaient tous aussi attrayants les uns que les autres. Tous menaient à un seul but : la posséder de nouveau. Il ne doutait pas de leurs réussites. Jamais il ne connaîtrait l'échec. Depuis l'instant où il avait posé les yeux sur elle, il avait su qu'elle serait différente, et qu'elle lui appartiendrait corps et âme, et lorsqu'elle avait accepté de travailler pour lui, elle avait scellé son destin à jamais. Il était resté toutefois admiratif devant sa disciple. Elle n'aurait pu entrer aussi facilement chez les sorcières sans payer le prix conséquent. Cette chose qu'elle leur avait donné contre le droit de vivre en paix loin de la noirceur d'Ezra l'intriguait. De plus, pour intéresser les vieilles mégères qui siégeaient sur la ville, c'était forcément puissant. Ezra arriva devant la porte du café-restaurant où travaillait Nymeria. Il avait prit le temps d'amasser des informations sur ses horaires, sur son lieu d'habitation et même sur les personnes qu'elle fréquentait. N'allez surtout pas croire qu'il allait faire ami-ami avec eux. Seulement, si la jolie brune se décidait à lui mettre des bâtons dans les roues, il pourrait envisager d'arracher quelques membres à ces personnes sans importance. Généralement, c'était le meilleur moyen de faire plier ceux qui lui résistaient. La famille, les amis, ils ne se rendaient pas compte que ce n'étaient que des valeurs inutiles, des faiblesses dont lui, pourrait tirer parti.

Il pénétra dans le bâtiment silencieusement, faisant abstraction des êtres mortels qui l'entouraient. Puis, il la repéra, en train de servir des clients à une table non loin de lui. Un sourire aux lèvres, il attendit patiemment qu'elle finisse de les servir et choisit lui même une table en s'installant négligemment sur une chaise pour attendre qu'elle vienne prendre sa commande. Il avait volontairement choisi de porter un sweet, dont la capuche était rabattue sur sa tête afin qu'elle ne découvre pas son visage de suite. Il voulait faire durer le plaisir et sa petite mise en scène était tout à fait plaisante. Faisant mine de regarder la carte, la tête baissée, il entendit soudainement sa douce voix. Cela faisait bien trop longtemps qu'il ne l'avait pas entendue résonner dans ses oreilles. Il laissa quelques minutes de suspens à sa question avant de rabattre sa capuche et de la regarder avec un sourire amusé. « On ne salue pas un vieil ami ? » Surprise. Il avait tout prévu depuis le début. Il s'était même abaissé à s'imprégner de l'odeur des affaires d'un adolescent de sa taille, afin de tromper son odorat et de se faire passer pour l'un de ces humains qui peuplent habituellement son bar. Si son sourire était amusé, il y avait une lueur malveillante dans son regard. Il était loin d'avoir prévu des retrouvailles larmoyantes et chaleureuses. Non, c'était la un programme chargé de sang, de douleur et de cris.

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MessageSujet: Re: Everything is ephemeral happiness ► Nymeria   Mer 28 Jan - 1:08

“ ezra & nymeria ♦ Everything is ephemeral happiness. „


   La nuit était tombée, presque naturellement sur la ville tel un manteau neigeux, mais cela n'empêchait pas quelques êtres de venir encore dans ce café-restaurant, pour manger un morceau ou boire quelque chose. Le charme de la boutique avait ce côté presque moqueur à l'encontre des créatures nocturnes, et la tenue lascivement lovée contre ses courbes d'un noir tranchant la pâleur de sa chair rappelait la tenue mille fois plus encombrante d'une Mina devenue vampire pour les douces prunelles venimeuses de son Dracula. Ironie presque palpable d'imaginer la louve qu'elle était sous les traits d'un suceur de sang, mais elle n'y voyait aucun inconvénient, d'autant qu'il y avait moins de tissus que dans une robe vitorienne, ce qui lui laissait tout de même la liberté de ses mouvements, tout en la laissant s'amuser de la chose. Elle aimait ce job qui aurait pu en agacer d'autres pour la bonne humeur qui régnait entre ces murs, pour cette légèreté décalée malgré la thématique des lieux, qui n'avait rien à voir avec les années qui avaient précédées sa venue à Salem. Ville qu'elle s'était surprise à apprécier plus qu'elle ne l'aurait pensé, puisqu'en près de six ans, elle avait su devenir le foyer qu'elle n'avait plus connu depuis bien longtemps.

Les années passées auprès d'un certain Originel dont elle craignait chaque heure le retour dans son existence ne pouvaient que s'enlaidir de noirceur et de cruauté... celle-là même qu'elle réservait à ses chasses dans la forêt. Chasses qui ne ressemblaient en rien aux raids concédés par les sorcières, et dont elle ne se mêlait que trop peu, comme en cette seconde où, vêtue de cette robe faussement déchirée, elle lorgnait sur sa collègue trop blonde pour avoir coupé à la non sobriété du costume qu'elle portait... Et que Nymeria avait patiemment, mais obstinément, refusé de porter jusqu'à présent. Un léger sourire aux lèvres, d'un mouvement de hanche délicat, elle s'approcha de l'une de ses tables où un adolescent venait de s'installer, une capuche recouvrant et dissimulant ses traits, mais la fragrance qui lui parvenait n'éveillait en elle aucune méfiance tout en lui paraissant familière. « Bonsoir, vous avez choisi ? » demanda-t-elle ainsi, son calepin dans l'une de ses mains, un crayon dans l'autre, la laissant avoir tout l'air de la serveuse lambda, du moins si l'on faisait exception de la tenue qu'elle portait en cet instant, que bien évidemment elle ne conservait pas à l'extérieur de ces murs. Et tandis qu'elle ne recueillait aucune réponse, elle se laissa aller à l'observer qui scrutait le menu, sans véritable surprise au fond. Peut-être finirait-il par lui demander conseil pour une fois, ou peut-être... Que son cœur sembla mourir l'espace d'une seconde, celle où il cessa de battre, avant que son rythme ne devienne plus incisif dans sa poitrine. Pourtant, il n'y eut qu'un pas de recul, unique, presque invisible sous la gifle immatérielle qu'elle venait de recevoir en un instant, sous les iris qu'elle n'avait pu oublier, ou bien ce visage qui avait possédé une importance inacceptable pour la louve. Silencieuse. Figée. Submergée... pâlissait-elle ? Non. Mais rien n'aurait pu la préparer à sa présence en cet instant tant l'odeur qui s'esquivait de son être était noyée sous celle des vêtements qui n'étaient de toute évidence pas les siens, puisqu'elle pouvait mentalement les attribuer à un adolescent qu'elle voyait à l'occasion ici-même. Non, il se jouait d'elle, esquissait le premier déplacement d'un pion piégé dans une partie d'échec dont elle se serait bien passée. Finalement, les doigts crispés sur le crayon et le calepin qu'elle se força à détendre avant de les briser l'un et l'autre, elle prêta un sourire sarcastique aux paroles d'Ezra... il n'avait pas changé, ses traits à l'identique, la flamme si sombre qui pulsait, vacillante promesse qu'elle voyait danser au fond de ses iris, était fidèle à l'ombre malsaine et à la venimeuse menace qu'elle savait qu'il darderait vers elle pour avoir osé le fuir, abandonner cette place qu'elle avait autrefois à ses côtés.

« Ami ? » souffla-t-elle sarcastique en inclinant son visage sur le côté, le fixant attentivement, lui, son sourire et cet éclat qui aurait dû la pousser à lui demander pardon... si elle ne possédait pas cette insolence et ce côté rebelle qui autrefois lui plaisait. « Sais-tu seulement ce que ça veut dire ? » le questionna-t-elle d'un petit sourire moqueur, néanmoins elle ne comptait pas converser avec lui jusqu'à l'aube. Dans un premier temps parce que le restaurant fermerait bien avant. Dans un second parce qu'elle savait que même s'il acceptait de partir, ce qui n'était pas gagné, il reviendrait ou l'attendrait. Puisqu'il était parfaitement limpide au regard qu'il posait sur elle que cet échange ne faisait que débuter et qu'elle risquait de ne pas apprécier la suite. Au fond, elle ne le connaissait que trop bien pour avoir tenté de se préserver de son courroux dans la seule ville où il aurait dû être incapable de l'atteindre... et il se tenait là, à tourmenter ce palpitant qui s'épuisait à frapper sa prison de chair. « Mais je crois que tu devrais partir. Rien de ce qui est autorisé ce soir ne sera à ton goût, et je ne figure pas sur le menu. Profites-en pour quitter Salem, tu es devenu trop obsolète, vieux et inutile pour cette ville. Et pour moi, Ezra. » fit-elle rouler sur sa langue devenue presque mielleuse. Cependant le message se voulait clair, aussi cristallin que l'eau de pluie dont elle aimait le contact sur sa peau : elle ne comptait pas revenir, redevenir l'une de ses possessions, ne serait-ce que dans le tourment d'une punition qui lui semblait pourtant inévitable et qu'elle assumerait. Mais aussi qu' elle ne voulait pas de lui ici, nul part, plus jamais. Elle refusait de laisser ses pas divaguer aux abords d'un précipice dont la saveur lui manquait parfois douloureusement, ou bien encore lui soufflait la sensation de toujours connaître le gout de sa langue, l'acidité de ses doigts, la noirceur de son âme, l'insanité de ses punitions.

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MessageSujet: Re: Everything is ephemeral happiness ► Nymeria   Mer 28 Jan - 15:14




Everything is ephemeral happiness


Ezra Δ Nymeria


« Les circonstances que nous rencontrons n’ont pas autant d’importance que l’attitude que nous prenons pour y faire face. Cette attitude fera la différence entre le succès et l’échec »



Une immense satisfaction envahit l'originel alors qu'il se délectait de chaque expression qui passait sur le visage de Nymeria. Il était loin d'avoir raté son effet. Elle qui croyait avoir été débarrassée de lui, elle s'était fourvoyée. Ezra retrouvait toujours ceux qui l'avaient trahi, quels que soient les siècles que cela prenait.  Il entendit nettement le craquement du crayon qu'elle tenait à la main. Submergée par ses émotions, n'est-ce pas ? Les mises en scènes avaient toujours été le fort de l'originel, et aussi l'une de ses grandes manies. Il ne pouvait jamais faire quelque chose comme n'importe quelle créature l'aurait fait. Il ne pouvait pas se contenter de surgir dans son dos, et de la torturer jusqu'à ce qu'elle le supplie d'arrêter, qu'elle hurle que c'était une erreur et qu'elle ne recommencerait plus. Non. Il voulait plus que cela. Elle viendrait d'elle-même vers lui, parce qu'il l'aura décidé, parce que lorsqu'il aura détruit tout ce à quoi elle tenait, il ne restera plus que lui. L'unique choix. Quel que soit le temps que cela prendrait, elle craquerait. 

Nymeria sourit sarcastiquement à ses paroles. Elle semblait avoir buté sur le mot ami. Bien sûr, leur relation était tout autre chose que de l'amitié. Quelque chose de plus complexe, de plus ténébreux, de plus profond. L'amitié n'était rien, rien de plus qu'une faiblesse, qu'une tromperie, qu'une façade. Qui peut-on appeler ami ? Pour Ezra, ce mot est vide de sens, c'est simplement quelques lettres assemblées qui ne signifient rien. On le donne parfois à des personnes, des personnes que l'on finit inlassablement par trahir pour obtenir quelque chose de plus ambitieux, de pus intéressant. L'amitié est un dérivé du mensonge. On se ment à soi-même comme on ment à l'autre, on sait que cette complicité ne durera jamais plus de quelques années, et on persiste pourtant à lui donner un nom. Pitoyable. C'est pourquoi jamais il ne qualifierait jamais personne d'ami. C'est pourquoi, quand elle lui demande s'il connaît la signification du mot ami, avec son petit sourire qui semble moqueur, il ne peut s'empêcher de rire.  « L'amitié n'a pas de signification. C'est un mot vide de sens. » Il sait qu'elle ne comprendra pas. Malgré les souvenirs qu'ils partagent - et qu'il partageront - elle ne verra jamais le monde tel qu'il le voit. Sa vision des choses est différente, démente, presque trop complexe pour quelqu'un qui n'aurait pas démêlé les pensées de son esprit. Mais il ne lui en veux pas, parce que la majorité de la population, si ce n'est le monde entier, croit en l'existence de cette valeur futile que l'on nomme l'amitié.

Voilà qu'elle lui proposait de partir. Quel doux rêve ce serait pour elle de le voir quitter ce café et de ne plus jamais y revenir. Un rêve qui ne se réalisera sans doute jamais. Et voilà qu'elle se mettait à le dénigrer, toujours avec le sourire parce qu'elle espérait que ses mots l'atteindrait lui et le pousserait à partir ? Elle n'était pas sur la carte ? Aucun problème. Cette carte n'était rien de plus qu'un assemblage de plats tous autant insipides les uns que les autres et il espérait bien qu'elle ne l'était pas tout autant. Lui, trop vieux, pour la ville comme pour elle ? Pourtant, son aspect est et restera toujours celui d'un adolescent. Seule son âme pouvait vieillir, mais il semble qu'elle aussi soit hermétique à la morsure du temps. Qui pourrait prétendre que l'originel à changé depuis tous ces siècles ? Sans doute personne ne serait là pour en témoigner. Pour Ezra, le temps n'est désormais que ce qui définit le jour et la nuit, puisque les années, il en dispose d'une infinité. Infinité qu'il passera dans ce corps d'éternel jeune homme. « Je prends ça comme une invitation à rester. Je n'ai jamais été très attiré par ce qui était autorisé. Encore une chance que tu ne sois pas inscrite sur le menu règlementaire. » Les règles, ce n'était pas ce restaurant miteux qui allait les lui imposer. Où qu'il aille, c'était selon ses propres règles qu'il jouait. Elle avait dit qu'il était inutile, et ces mots l'avaient fait sourire. Qu'est-ce qui pouvait bien être utile dans ce monde ? Croyait-elle que vivre dans une maison, avoir des amis, trouver du travail et faire toutes sortes d'activités la rendait plus utile que n'importe quel individu lambda ? Quelle farce. A ce niveau-là, le monde entier était obsolète, lui même l'était. Mais qu'importe ? Qu'importe d'être utile lorsque l'on fait ce que l'on veut. Jamais il ne s'était posé la question de son utilité sur terre. D'ailleurs, s'il y tenait vraiment, il aurait mieux fait de mettre un terme à sa vie dès lors. Il avançait dans le sens contraire de l'utilité. « Je ne vis pas dans l'optique d'être utile, très chère. » Surtout pas pour cette ville. Pour elle non plus. Il ne voulait pas lui être utile, il voulait simplement la posséder. Rien de plus, rien de moins. L'utilité n'avait rien à voir là-dedans. « Ah, et quand on est éternel, il n'y a plus de notion de vieillesse puisqu'elle n'est pas délimitée. Tu es dans le même cas. Maintenant, si tu n'es pas en mesure de me donner ce que je suis venu chercher, je viendrais le prendre par moi-même. En attendant, satisfait le client que je suis en m'apportant le liquide écarlate qui coule dans les veines de ces humains. Prends celui que tu veux, ça m'est égal. » Il sourit. Cette phrase était sur la vieillesse était juste une remarque anodine précédant sa menace. C'était faux. Il jouait dessus, mais il ne viendrait pas la chercher. Il distillait de la crainte dans son esprit, afin que jour et nuit, elle ne pense qu'à ce qu'il pourrait préparer pour elle. Manipulation. Il hanterait ses cauchemars les plus obscurs, elle ne dormirait plus parce que l'ombre de sa présence malveillante s'étendait maintenant sur Salem. Il y avait de très grandes chances qu'elle n'aille pas chercher le sang qu'il réclamait. Il serait cependant bien capable d'aller le faire par lui-même si jamais elle ne se décidait pas.

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MessageSujet: Re: Everything is ephemeral happiness ► Nymeria   Mer 28 Jan - 21:01

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   Elle n'avait pu ignorer qu'il finirait par réapparaître dans son existence, que cela, fatalement, se produirait depuis que les défenses de Salem s'étaient affaissées pour les laisser pénétrer à l'intérieur de ces rues, mais elle avait espéré plus de temps... et la fragrance qui volait jusqu'à elle noyait la sienne, trompait ses sens et l'avait laissée se faire berner par le subterfuge de l'Originel. Ainsi, sans perdre contenance, ou plutôt en la reprenant, c'était des paroles sarcastiques qu'elle avait dardé envers lui pour lui souffler les messages irrémédiablement silencieux mais que tous deux pouvaient deviner. Trop d'années à se côtoyer. Trop d'heures passées ensemble. Le résultat prouvait simplement qu'il leur était inutile de parfaitement se dire les choses pour se comprendre... comme cette assurance de ne pas vouloir retomber entre ses doigts, de ne plus vouloir ce soumettre à ces sentiments destructeurs et malsains qu'elle vouait toujours à l'Originel, mais qu'elle avait trop bien enterrés et cadenassés pour en subir le contre coup en cet instant. Ils n'avaient jamais été amis et ne le seraient jamais, la sournoise vérité était différente, et c'était sa caresse ténébreuse qu'elle avait fuit en le quittant lui, et tout ce qu'il pouvait représenter. « C'est bien ce que je dis. Tu n'en as jamais été un et tu ne le seras jamais. Les amis on ne désire pas les quitter... » souffla-t-elle du bout des lèvres de sa voix douce, impérieux contraste avec son rire. Elle pétextait ainsi que si elle avait du le faire sous la nécessité de mettre de la distance entre le vampire et elle, l'envie de quitter ces quelques êtres devenus importants ne se ferait ni par gaité de cœur, ni sans une plus forte obligation. Ainsi, c'était le miroir d'une importance, la fragilité d'un attachement qu'elle mettait en évidence, quand le leur s'était brisé sous sa détermination à le fuir, sous la virulence de ces sentiments qu'il ne comprendrait pas, dépourvu de cette errance sous la sècheresse de son palpitant. Il serait parvenu à la détruire, rongeant chaque parcelle de son esprit, nécrosant cette existence... presque un semblant d'éternité qu'elle aurait dû passer à le servir, à lui appartenir, qu'elle avait préféré détruire en abandonnant tout derrière elle.

Mais la conversation se poursuivait, laissant naître sous la traînée poussiéreuse de son impression d'invitation, une rage aussi sombre que cruelle à l'encontre de l'être dont elle avait espéré ne plus jamais croiser la route en se terrant dans cette cité six ans plus tôt. L'envie de lui planter son crayon dans la gorge la submergea tout autant que la sensation que cela lui ferait un bien fou à défaut de servir ses intérêts. Il avait toujours eu cette instable capacité à éveiller le plus sombre en elle, cette cruauté sarcastique qui la rendait si efficace, noyée sous une passion insatiable qu'elle venait consumer entre ses bras. Brusquement, sans que le bruit ne heurte les autres clients qui bavassaient, le morceau de bois se brisa tandis qu'elle se contraignait à ne faire aucun geste, à conserver ce foutu contrôle parce qu'il y avait trop de monde autour d'eux, tandis qu'elle se réjouissait justement qu'elle ne soit pas inscrite sur la carte des menus. Elle se contenta de l'écouter reprendre, poursuivre, expliquer combien le temps n'avait plus de prise sur lui, sur elle... prélude, vulgaires paroles destinées à introduire la menace qu'il viendrait la reprendre si elle refusait de revenir sagement. Comme s'il ignorait qu'elle ne courberait pas l'échine, qu'elle ne lui offrirait jamais la joue pour se faire battre. Mais il poussa plus loin, allant jusqu'à lui commander le sang de l'un des clients de la pièce... « Et tu veux une paille ou un verre ? » demanda-t-elle avec sarcasme, le souffle lui brûlant la gorge, lacérant ses poumons, tandis que l'ombre malsaine de son ancien amant se glissait sournoisement jusqu'à elle. Posant son calepin sur la table, le crayon brisé toujours contre sa paume, elle plaqua ses mains sur la nappe tout en s'inclinant vers Ezra. « Je ne te servirai plus jamais, que ce soit le vampire ou le client. » persiffla-t-elle en laissant son regard se perdre dans le sien, tandis que son flair dénichait sous le reste, l'odeur de l'être véritable qui se tenait assis face à elle. Cette fragrance familière dans laquelle l'animal au fond d'elle avait pris l'instable habitude de se rouler sous un semblant de docilité qu'elle n'était pas prête à voir renaître, ni ce soir, ni jamais.

Levant l'une de ses mains, elle l'approcha de l'être de sorte à faire glisser ses doigts sur le col du sweet qu'il portait, gestuelle lascive faisant presque songer qu'il était richement vêtu et qu'elle cherchait à le séduire ou à le contenter. Presque ronronnante, les mots s'élevèrent... « Qu'est-ce que tu veux que je te donne, Ezra ? Que je tombe à tes pieds en te suppliant de me pardonner ? Que je m'installe sur cette table en te demandant de me prendre devant tous les clients ? Que je te suive sans discuter, répondant au moindre de tes ordres ? » Un rire à la fois moqueur et sarcastique s'extirpa de ses lèvres qu'elle pinçait sous une petite moue mutine, ses doigts venant effleurer la naissance de sa gorge sous une caresse sensuelle, conséquence d'un jeu que les palpitations saccadées de l'organe qui se fracassait sous sa poitrine, rendaient plus véritable que l'écho d'un... « Jamais. Je t'arracherais bien la gorge pour que tu te taises, mais le sang c'est salissant et je n'ai pas envie de nettoyer, alors fous le camp. » fit-elle claquer sur sa langue, oscillant entre la sècheresse de son timbre et le fiel qui l'enveloppait, alors qu'elle se redressait déjà, prête à cesser tout contact et à tourner les talons.

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MessageSujet: Re: Everything is ephemeral happiness ► Nymeria   Sam 7 Fév - 23:57




Everything is ephemeral happiness


Ezra Δ Nymeria


« Les circonstances que nous rencontrons n’ont pas autant d’importance que l’attitude que nous prenons pour y faire face. Cette attitude fera la différence entre le succès et l’échec »



Non, il ne serait jamais un ami. Elle avait désiré le quitter, mais il parvenait à en appréhender la raison. Elle l'avait fuit parce qu'elle avait peur de ce qu'elle pourrait devenir en restant à ses côtés. Nymeria n'avait jamais été comme lui, ils avaient toujours été très différents, et c'est cela qui lui plaisait. Sa folie, sa noirceur, elle avait eu le temps de les apercevoir. Il l'avait emmenée dans son univers, malsain, il l'avait traînée dans les profondeurs ténébreuses de son être. C'était un plaisir pernicieux que de la voir se perdre comme il le désirait dans des sentiments dévastateurs. Il n'était pas fâché qu'elle ne le considère pas comme un ami. Ce n'était rien à ses yeux. Peut-être cela avait-il de l'importance pour elle. Des amis, des personnes sur lesquelles l'on pouvait compter. C'était sûrement cela son point de vue. Mais existe-t-il une seule personne sur terre capable d'être fidèle dans toutes les circonstances ? Certainement pas. Les vices humaines ont toujours été présentes dans l'humanité. C'est navrant de voir que ce lien que l'on appelle l'amitié puisse se détruire aussi facilement par la jalousie, la rancune, la colère. Si fragile, si inconsistant. De l'air, voilà ce que c'était. « Dans ce cas, je te poserais une question. Aurais-tu aimé que je sois ton ami ? » Il était curieux de connaître sa réponse. Un étrange sentiment de colère et de satisfaction amère l'envahissait. Comment pouvait-elle encore se leurrer à ce sujet, comment pouvait-elle évoquer une seule seconde la possibilité d'une amitié entre eux ? Il le détestait, ce sentiment qu'elle ressentait, il le détestait cet attachement niais que l'on ressent pour une personne qui semble compter à nos yeux. Il l'avait banni ce sentiment, banni de son cœur, de ses pensées. Mais il était le seul à s'en être rendu compte. Chaque jour de sa vie, il voyait cet immondice continuer à se propager sous ses yeux. Ce sentiment hideux qui s'empare des cœurs des mortels comme des immortels. Il aurait voulu le rayer de la carte, ce sentiment inutile et pourtant si présent. Tout comme l'amour. Ce sentiment là aussi le répugnait. Il haïssait, maudissait les personnes qui s'aimaient. Un jour, il réussirait à balayer ces émotions du monde, même si pour cela il devrait tout détruire sur son passage. Ezra subissait la cacophonie des rires et des mots doux comme une mélodie qui lui sciait la tête,  assommante harmonie sans fin. L'amour, c'était son échec, il reniait l'hérésie qui rongeait son être, mais l'ennemi tapi dans son esprit fêtait ses douloureuses défaites. Il fêtait ses désopilants essais pour détruire quelque chose d'aussi immortel que lui. Alors, quand il voyait Nymeria évoquer ce sentiment, quelque chose se tordait en lui. Il les détruirait en elle, ces émotions.   Elle lui demanda sarcastiquement s'il désirait une paille ou un verre mais ne lui laissa pas le temps de répondre en assurant qu'elle ne le servirait plus jamais. C'est que nous verrons. Nymeria avait toujours été têtue, mais il l'était presque tout autant, et il prévoyait depuis longtemps son retour à ses côtés. Il ne la laisserait plus s'enfuir. Il la tenait, il l'avait toujours tenue et malgré la distance, il la tenait toujours.  Penchée sur lui, ils se regardèrent dans les yeux, et Ezra put de nouveau contempler le gouffre sans fond de ses yeux qu'il avait toujours trouvés magnifiques.

L'originel senti qu'elle voulait continuer, il la laissa donc cracher son venin. Elle le fit par une série de questions auxquelles il s'abstiendrait de répondre. Il prévoyait de lui dire simplement ce qu'il avait prévu, sans passer par des enjolivements. Il lui exposerait son but, et elle saurait qu'il n'abandonnerait pas avant de l'avoir atteint. Puis, elle continua, l'informa qu'elle aurait bien voulu lui arracher la tête, avant de lui ordonner de foutre le camp. Il patienta, un sourire poli aux lèvres. Une fois qu'il fut certain qu'elle avait bien terminé, il se leva de sa chaise, et son visage ne fut plus qu'à quelques centimètres du sien. « Je te veux. Ton être, ton existence, ta vie. » Sa voix avait été claire, nette, comme une vérité qu'on assène sans fioriture. Il ne voulait pas la transformer, il ne voulait pas qu'elle ne soit qu'une vulgaire louve obéissante, ce qu'il voulait était bien plus précieux. C'était son âme, sa volonté. Il voulait son essence, que tout ce qui faisait qu'elle était elle lui appartenait.  Il n'était pas le diable, mais il était ce qui s'en rapprochait le plus.   « Tu veux me tuer ? M'arracher la gorge ? Une question me démange, Nymeria. Pourquoi ne m'as tu pas tué au lieu de te condamner à une fuite éternelle ? Avais-tu peur ? Peut-être que tu ne le pouvais pas. Ou peut-être que tu ne le voulais pas. » Il souriait, il semait le doute en elle. Il jouait avec elle comme il jouait avec le monde entier. Il avait parlé simplement, aucune menace, aucune défiance dans sa voix. Il lui demandait cela comme s'il lui demandait si elle avait passé une bonne journée. « Dis-moi, qu'est-ce que tu as fui, petite louve ? » Une question. La seule qui compte peut-être. La seule qui l'intéresse.

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