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 come bury me now. ☞ (coralaime)

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MessageSujet: come bury me now. ☞ (coralaime)   Mar 8 Avr - 11:18


☞ live and let die.


Tu avais l’impression de devenir fou. Alors, tu étais rentré.

Et maintenant, tu tournais en rond, pauvre fauve en cage. Tu cherchais Coraline depuis quelques jours, et impossible de mettre la main sur elle. Tu aurais voulu que vous vous expliquiez sur ce qui c’était passé à la fouille. Tu aurais aimé qu’elle puisse comprendre ce que tu avais vraiment derrière la tête, la raison pour lequel tu lui en voulais. La raison pour laquelle tu réagissais donc comme un parfait abruti.

Tu étais fou de rage. Et, d’ailleurs, tu ne te privas pas pour donner un violent coup dans un meuble. Mads était au garage, et ne se rendrait compte de rien. Sauf s’il voyait ton pied visiblement un peu amoché. Parce que bordel, le meuble il était dur, et tu venais de te faire franchement mal. Mais tu étais remonté. Alors, comme un con, tu ne pouvais pas t’empêcher de massacrer tout ce qui tombait à ta portée. Dans ta chambre, tu avais déjà renversé tout le dessus de ta commode. Mais là, donner un foutu coup dans ce foutu meuble venait de te calmer franco. Parce que tu t’étais fait mal. Et que, comme tant d’autres fois, tu ne savais même plus pourquoi tu t’étais énervé. Mais tu ne tenais simplement pas en place, et ce n’était pas faute de te le répéter depuis gosse. Ça ne servait à rien. Tu étais de ce naturel intrépide et aventurier, curieux et toujours à fleur de peau.

Et, finalement, tu te laissas tomber dans le canapé, posant ta main sur ton front, voilant à moitié tes yeux et fermant tes paupières. Tu avais juste envie de… De. De ? Tu ne savais même pas ce dont tu pouvais avoir envie. Péter un câble, c’était déjà fait. Trouver Coraline ? Non, là, ça t’avait gonflé. Plusieurs jours que tu la cherchais et elle n’était pas foutue de pointer le bout de son nez. Alors que, quelque part, tu étais absolument certain qu’elle savait que tu la cherchais. Qu’elle avait simplement joué de son statut d’ectoplasme pour se cacher, et faire exprès que tu ne la trouves pas. Et c’était peut-être ce qui te rendait le plus fou. Alors, que faire ? Lire ? Pas question. Jouer de la trompette ? Tu n’en avais même pas envie. Tu avais peur de jeter l’instrument par la fenêtre si tu en venais à faire la moindre fausse note, et ce n’était pas dans tes projets de la semaine d’être obligé de te racheter un instrument. Alors, non, pas question. Piano ? Lui tu aurais certes du mal à le jeter par la fenêtre, mais si tu frappais trop fort le clavier tu allais le péter, et ce n’était pas non plus dans tes projets — ni même dans tes moyens — de t’en procurer un nouveau. Cuisiner ? Ah ça non, hors de question, tu préférais encore mourir obèse. Dormir ? Non, dans ton état, ç’aurait été impossible. C’était comme se faire un café ; mieux valait ne pas essayer, à moins que ne te prenne l’envie de retourner la chambre de Mads en plus de la tienne. Alors, quoi ?

Tu ramenas tes genoux vers toi, calas tes pieds sur le bord du canapé, et soupiras encore longuement. Tu n’avais pas la moindre envie de te lever, ou de faire quoi que ce soit. Tu rouvris les yeux, et te mis à fixer le plafond. D’un air vide. Tu n’avais plus envie de fouler ce sol, de respirer cet air. Tu étais un battant, Jaime. Mais il y avait bon nombre de fois où tu ne savais plus pourquoi tu avançais. Tu étais de la trempe de ceux qui se seraient battus coûte que coûte, pour quoi que ce fût. Mais cette fois, tu en avais marre. Tu avais l’impression d’être le seul à te battre, le seul à t’agiter, et à donner des coups d’épée dans l’eau à longueur de journée. Tu étais seul, vide, et laissé pour infirme. Tu avais trouvé Phoenix. Mais pour le reste, tu n’y arrivais plus. Tu te disputais sans cesse plus avec Mads. Tu lui reprochais de ne rien faire, de ne pas bouger. Mais en cet instant, comme tu le comprenais. C’en était presque fatigant d’autant le comprendre, d’autant lui ressembler. Ne plus avoir envie de rien d’autre que de fermer les yeux, et ne jamais les rouvrir. Mais tu n’aurais pas la force de le faire. Tu étais de la trempe de ceux qui ne baissaient pas les bras, même lorsque c’était l’heure de le faire. Tu étais de ceux qui n’arrivaient tout simplement pas à s’arrêter. Tu étais sur pilote automatique, même lorsque tu ne voulais plus rien faire. C’était ainsi. C’était toi. C’était comme ça.

Regarder le plafond. Il est blanc. Taché, par endroits. Mais il est encore en bon état. Il est fascinant, n’est-ce pas ? Plus que cette chienne de vie que tu combattais chaque jour, en tout cas. Et il te permettait de ne plus penser à rien. Faire le vide. Te laisser t’imprégner de tout ce blanc. De toute cette pureté, dont tu étais dépourvu depuis longtemps. Le calme avait fini par suivre la tempête.

Mais la tempête, elle, était passée dans les mains de quelqu’un d’autre.
Et tu allais bientôt en essuyer les plus intenables bourrasques.
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MessageSujet: Re: come bury me now. ☞ (coralaime)   Sam 12 Avr - 20:13

Come bury me now

Ce n’était qu’une date sur un calendrier. Rien de plus au fond. Mais une date qui possédait plus de signification qu’aucune autre. Un an plus tôt elle avait perdu la vie, sa vie, son corps, tout ce qu’elle avait été. La mort l’avait enveloppée dans son linceul de ténèbres. Elle était là, mais elle n’y était pas vraiment. En même temps que ses yeux, le monde tel qu’elle l’avait connu s’était refermé pour elle, à tout jamais.

Elle ne vieillirait jamais. Ne se marierait pas. N’aurait pas d’enfant. Elle était morte à l’âge de vingt-six ans. Elle aurait dû en avoir vingt-sept à présent. Mais le temps s’était arrêté, figé dans cette enveloppe qu’elle conserverait à jamais, ou du moins jusqu’à ce qu’elle trouve le moyen de quitter ce monde. Le voulait-elle vraiment d’ailleurs ? Elle ne savait plus vraiment. Depuis qu’elle cohabitait avec Salem et Aleister, il lui semblait avoir trouvé une sorte d’équilibre. Une place dans une famille étrange au sein de laquelle elle était désirée et attendue. Chez elle. Quelque chose qu’elle n’avait pas ressenti depuis bien longtemps et qui lui donnait enfin le sentiment d’exister, de nouveau. Il avait suffi d’une date pour lui rappeler, d’un coup, la dure réalité. Une gifle en plein visage. Soufflée, sonnée. Elle songeait à ceux qui vivaient autour d’elle. Les années passeraient, ils évolueraient. Mais pas elle. Et que deviendrait-elle le jour où tous ceux qu’elle chérissait tant disparaitraient ? Elle avait déjà vécu la chose avec Abraham. Une année après sa mort, elle en était toujours au même point, ce qui ne faisait que durement lui rappeler sa condition.

Alors, elle avait ressenti le besoin de disparaître quelques jours, sans réellement prévenir personne. Plus la date avait approché, plus elle avait senti cette graine d’amertume germer en elle et l’empoisonner peu à peu. Sans doute cela passerait-il. Il faudrait bien. Mais pour l’heure, elle avait avant tout besoin d’être seule. Ce qui était des plus aisés lorsqu’on est un fantôme. Il lui suffisait d’y penser pour disparaître, pour prendre ses distances tout en gardant un oeil sur le monde qui l’entourait malgré tout. Et elle avait appris que Jaime la cherchait. Une attitude qu’elle aurait ardemment désirée à peine quelques semaines auparavant. Il lui manquait, depuis le jour de sa mort, depuis celui où il avait tout appris et lui en voulait. Et puis, il y avait eu l’attaque du bar. Et elle n’avait plus vraiment su quoi penser. Elle aurait tout donné pour qu’il cesse de lui en vouloir. Etait-ce le cas ? Il cherchait à la voir. C’était un bon signe, non ? Il l’ignorait, mais il n’avait pas choisi le meilleur moment possible. Tout en souhaitant le voir, lui parler, elle ne parvenait pas à franchir le pas, enchaînée par les regrets et la mélancolie qui l’assaillaient. Elle n’avait pas la moindre envie de parler, ou même de voir qui que ce fut. Et pourtant, quelque part, peut-être que sa solitude lui était bien plus nocive...

Que faire ? Continuer à se tenir à l’écart, ou crever l'abcès ? Ce fut étrangement le jour précis de la date anniversaire qu’elle se décida. Elle n’avait aucune envie d’essuyer de nouveaux reproches, ni d’éprouver de nouveau un sentiment de culpabilité. Elle n’avait pas besoin de ça, pas aujourd’hui. Ce qu’elle voulait, c’était parler à un ami, mais également savoir ce qu’il lui voulait. Elle apparut soudainement dans son appartement, face à lui. « Il paraît que tu voulais me voir. » Elle ne parvenait pas à sourire, à avoir l’air heureuse de le voir. Elle était tout simplement fatiguée, lasse, désireuse d’en finir au plus vite. Elle se sentait prête à disparaître de nouveau s’il exprimait une fois de plus de la rancoeur. Elle avait parfaitement compris qu’il lui en voulait après qu’elle lui ait menti, ou plutôt lui ait dissimulé que, si elle était bel et bien morte, elle n’était pas tout-à-fait sortie de ce monde. Combien de temps cela durerait-il encore ?

Elle montrait un visage fermé, et pourtant face au jeune homme, elle sentait qu’il lui serait difficile de ne pas revoir son attitude. Parce qu’il lui avait tant manqué, parce qu’elle se sentait terriblement seule. Elle était perdue face à ce qui lui était arrivé, ne sachant plus vraiment où était sa place. Les sentiments si compliqués qui l’avaient envahie dans les premiers temps, alors qu’elle devait s’habituer à sa condition, revenaient, tel un boomerang. Elle se posait de plus en plus de questions, sachant pertinemment que personne ne pourrait y répondre avec certitude. Parce que, d’autant qu’elle sache, personne n’était passé par ce qu’elle traversait.

Elle le regardait, incertaine, hésitante, comme si elle ne savait pas où se trouvait sa place, ou plutôt, comme si elle n’avait pas de place du tout dans cette pièce.
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MessageSujet: Re: come bury me now. ☞ (coralaime)   Mar 15 Avr - 11:09

Tu n’avais jamais été particulièrement stable, et ce n’était pas une nouveauté. Mads en payait les frais depuis votre plus tendre enfance. Les frais de ça, et de ta connerie, aussi. Combien d’heure avais-tu passées à te moquer de lui, à rentrer dans sa chambre en hurlant et chantant, comme le pauvre gosse que tu étais ? Il était ton aîné de dix ans. Dix longues années, durant lesquelles il avait pu vivre tranquillement, avant que ta joie de vivre insolente et répugnante pour qui ne la partageait pas ne débarque dans sa vie. Et il ne l’avait pas particulièrement bien vécu. Les premières années, peut-être. Tu étais devenu son crapaud. Tu détestais ce surnom. Ce n’était que lorsqu’il avait eu les jambes pulvérisées que tu avais appris à l’apprécier. Apprécier… Un bien grand mot. Ç’avait duré les premiers temps, puis tu t’étais mis à détester ce surnom tout autant qu’avant. Aujourd’hui encore, il n’était pas question qu’il t’appelle ainsi. Que quiconque t’appelle ainsi.

Mais regarde-toi, Jaime. Regarde-toi dans le miroir. Pourquoi Crapaud, après tout ? Étais-tu laid à ce point ? Durant toutes ces années, tu protestais. Mais désormais, tu n’y arrivais plus. Ces cicatrices sur le côté de ton visage. Ce bras en moins. Tu n’étais plus que de la charpie, laissée derrière lui par un loup-garou sauvage et… Mort. Peut-être, néanmoins, aurais-tu préféré décéder sur le coup. Plutôt que de te retrouver comme ça. Tu ne t’appréciais plus. Et tu aurais volontiers adopté le surnom de Crapaud si ç’avait été pour décrire ton apparence physique.

Oui. Tu t’étais enfoncé, et à ce point. Tu en venais à cacher ce que tu étais, grâce à ton don. Depuis qu’on t’avait pris pour un faible, depuis qu’on t’avait pris pour cible, tu parvenais à l’utiliser pour masquer ces cicatrices, et ce bras métallique. Il était pratique, peut-être, mais c’était un handicap. Tu n’étais plus humain. On t’avait arraché une part de toi, pour la remplacer par un membre robotisé. Alors, oui, peut-être que tu avais la chance de retrouver l’usage d’une main, d’ainsi pouvoir continuer la trompette, et toutes ces autres activités dont tu t’étais retrouvé privé après tes Jeux. Mais cela ne changeait rien à ta souffrance intérieure. Cela ne changeait rien au fait que tu ne pouvais plus te regarder dans le miroir sans te trouver affreux. Et que, les premiers temps, tu avais pris soin de briser tous lesdits miroirs de l’appartement. Te faire engueuler par Mads, insulter de tous les noms d’oiseau, ne t’avait pas fait peur. Tout ce qui comptait, alors, c’était de ne plus avoir à affronter tes traits défigurés et ta faiblesse si… Visible.

Et, aujourd’hui, tu étais là. Cicatrices dévoilées, en débardeur large et couvert de motifs étranges. Dans ton salon. Dans ton canapé. De sorte qu’on voyait pertinemment le début de ton bras métallique. Les cicatrices dérangeante, la manière dont cette chose tenait, accrochée ainsi au peu qu’il restait de ton épaule. C’était étrange. Fortement peu ragoûtant. Mais tu t’étais habitué à l’image. Et il n’y avait personne pour te voir ainsi. Les balafres couraient jusque dans ton cou, ainsi que sur tout le côté droit de ton visage. Tu étais laid. Inhumain. Mais ça t’était égal. Il n’y avait personne pour te voir.

Personne. Jusqu’au moment où Coraline se matérialisa brutalement face à toi. Juste devant le canapé. Tu eus un sursaut monstrueux, manquant de faire basculer ledit canapé en arrière, alors que tes pieds poussaient avec un peu trop de force sur le sol du salon. Ton cœur avait, lui aussi, fait un bon gargantuesque, et tu crus quelques instants qu’il n’allait pas tenir le choc. Mais quelle idée de débarquer comme ça sans prévenir aussi. Avec une telle surprise, et surtout… Juste en face. Toquer, ça la dérangerait ? « Putain de… » Tu repris tes esprits, la regardant avec toujours cet air effrayé. Tu avais oublié qu’elle aussi avait quelques petits talents cachés. Très habilement cachés. Depuis sa mort. « Faut pas faire des frayeurs pareilles bordel de merde ! On t’a jamais appris qu’il fallait frapper chez les gens avant d’entrer ?! » En réalité, il avait réellement eu peur. Et dans son ton, cela se ressentait ; bien plus que de la méchanceté ou de la dureté. C’était une sorte de gémissement surpris et plaintif. L’homme surpris et réellement choqué par ce qui venait de lui arriver. Et d’ailleurs, dans ta précipitation, tu avais totalement inhibé l’action de ton don. Tu ne le remarquas même pas. De toute manière, tant qu’à cesser de cacher les secrets, autant que Coraline voie ce que tu étais devenu depuis qu’elle s’était occupé de toi. Qu’elle voie de ses propres yeux, que tu étais toujours aussi monstrueux. Et qu’il n’était pas plus question d’humanité pour elle que pour toi.

Tu te relevas, te mettant face à elle, une expression de surprise transparaissant encore sur tes traits. « Ouais. On dirait que t’es meilleure que moi aux parties de cache-cache. » répondis-tu finalement d’un ton légèrement amer. Non seulement tu ne l’avais pas trouvée en la cherchant, mais en plus, elle, t’avait trouvé du premier coup, et ne s’était pas priée pour se manifester. Cependant, tu aperçus son regard un peu perdu, mal à l’aise. Et tu haussas les épaules. « Mon frère est pas là, c’est bon. Relax. » Peut-être que le problème n’était pas là. Mais tu t’en foutais.

Tu venais de te rendre compte que tu n’étais pas présentable. Totalement à découvert. Toutes tes faiblesses montrées au grand jour à ce petit fantôme que tu chérissais tant. Tu ignorais quel jour on était. Mais plus rien, ni même toutes tes cicatrices, n’avaient d’importance. C’était Coraline, pas le pape. Tu avais honte. Mais ne l’avais-tu pas cherchée pour l’affronter une bonne fois pour toute ?
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MessageSujet: Re: come bury me now. ☞ (coralaime)   Ven 9 Mai - 16:53

Come bury me now

Il n’avait pas vraiment tort. Elle aurait sans doute dû s’annoncer avant d’entrer, ou frapper du moins. Elle n’en avait plus vraiment l’habitude. En devenant fantôme, les limites personnelles étaient devenues pour elle un peu floues, tout comme la notion d’intimité. Il faut dire que l’appartement de Salem, où elle vivait, ne l’aidait pas vraiment à la cultiver. Avec Ariana qui s’était ajoutée à la petite famille et Novalee qui passait le plus clair de son temps chez eux, ils commençaient sérieusement à se marcher les uns sur les autres. Pourtant, même s’il arrivait à Coraline d’exprimer ouvertement un certain agacement, notamment s’agissant des tâches ménagères et ce bien qu’elle soit la première à faire régner un certain désordre, elle était au fond ravie de cette situation, ravie de ne plus être seule. Elle vivait parmi eux depuis plusieurs mois, et pourtant cette période passée était encore profondément ancrée dans son être. Elle conservait, bien malgré elle, cette incessante peur du retour en arrière, cette peur de la solitude, de nouveau.

Elle n’avait pas frappé. Elle était entrée, fracassante, apparue dans son intimité. Elle n’avait pas songé aux conséquences. Elle souhaitait simplement savoir ce qu’il lui voulait. C’était peut-être un peu abrupte, mais elle se sentait si mal qu’elle ne parvenait guère à se montrer plus aimable. Le voir lui procurait toujours une sensation étrange. Car elle savait qu’il lui en voulait, qu’il avait sans doute de bonnes raisons de le faire, de très bonnes raisons même. Elle avait fait de son mieux pour se faire pardonner, mais il fallait croire qu’il n’était pas prêt à le faire. Et lorsqu’elle avait compris qu’il la cherchait, ça n’avait plus été le moment pour elle d’être disponible.

Elle ne savait vraiment ce qui l’avait poussée à changer d’avis. Peut-être qu’elle avait fini par se sentir coupable, quelque part. Et peut-être, surtout, qu’il lui manquait. Il lui manquait. Elle ne pouvait faire comme s’il n’était rien pour elle, comme si ce qu’il y avait eu entre eux n’avait jamais existé. Elle avait eut des sentiments plus qu’amicaux à son égard, il fut un temps. Et même si elle avait eu le sentiment que ceux-ci n’avaient jamais été partagés, elle était toujours restée profondément attachée à lui. Il aurait même dû être le témoin lors de son mariage. Comment aurait-elle pu tirer un trait sur tout ceci ? Elle savait qu’elle avait eu tort de lui cacher la vérité. Elle s’était sentie terriblement mal, mais elle s’était consolée en se disant que lui et Sam pourraient se soutenir l’un l’autre. Aujourd’hui elle avait pu voir les conséquences de ses actes et le regrettait amèrement. Mais il était trop tard.

Et voilà qu’elle était là, devant lui. Elle ne se sentit pas très à l’aise. Mais surtout, elle se rendit compte qu’elle l’avait surpris dans un moment où il aurait peut-être souhaité se trouver seul. Elle l’avait soigné, après la Moisson des Ames. Les blessures qu’il avait eues étaient extrêmement graves, suffisamment pour laisser des marques importantes. Pourtant, elle ne l’avait jamais vu ainsi, sans son pouvoir pour le protéger. Surprise, elle demeura un instant interdite, et le regarda. Lui. A cet instant, elle ressentit le manque encore plus durement. Elle aurait voulu s’approcher de lui et le prendre dans ses bras. Mais elle se contenta de demeurer à distance.

Elle lui avait fait peur, et à raison. « Désolée. J’oublie parfois. » Elle tentait de conserver un ton neutre. Elle n’avait pas envie de lui dire ce qu’elle avait sur le coeur. Pas en ce moment. Elle se sentait épuisée, alors même qu’elle n’était pas supposée éprouver de fatigue. Elle tenta de se détendre un peu. Apprendre que le Mads n’était pas là l’y aida. Elle jaugea la pièce du regard et finit par repérer une chaise sur laquelle elle s’assit. Elle resta silencieuse un moment, puis soupira et repoussa ses longs cheveux d’ébène en arrière. « Qu’est-ce que... qu’est-ce que tu voulais me dire ? » Elle était toujours déstabilisée. Elle ne savait plus vraiment comment elle était supposée se comporter face à lui en vérité. Mais elle savait une chose : elle supportait extrêmement mal qu’il soit en colère contre elle, même si elle le comprenait. Elle leva les yeux vers lui. Il apparaissait plus vulnérable que jamais et en un sens, elle se sentit d’autant plus proche de lui. Elle poussa un profond soupir et se leva lentement avant d’aller s’asseoir sur le sofa auprès de lui sur le canapé. C’était bien la première fois qu’il se montrait à elle tel qu’il était. Enfin en l’occurrence, elle ne lui avait pas laissé le choix, mais il ne cherchait pas à se cacher. Passée la première surprise, elle avait su apprécier ce qu’elle avait devant elle. Après tout, elle aussi avait ses propres cicatrices, même si celles-ci demeuraient invisibles.

Elle resta silencieuses quelques instants avant de s’adresser de nouveau à lui, d’un ton plus adouci. « Ecoute... Je suis désolée. Je ne cherchais pas vraiment à t’éviter, c’est juste que... j’avais besoin de me retrouver seule vu... les circonstances. » Il ne comprendrait peut-être pas. Il était possible qu’il n’ait même pas fait attention à la date. Ou alors qu’il ne se souvienne plus vraiment du jour de sa mort. Elle ne savait quand il l’avait appris, ou même de la bouche de qui. Elle baissa les yeux sur ses mains, vaguement posées sur ses genoux. Ils étaient supposés se connaître parfaitement, et pourtant elle avait le sentiment qu’un mur subsistait entre eux. Elle détestait cette impression. 
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MessageSujet: Re: come bury me now. ☞ (coralaime)   Mer 28 Mai - 12:15

Tu détestais ce genre de situation. Tu n’aimais pas, de manière générale, te retrouver pris au piège de la sorte ; car c’est ce que tu étais, à cet instant : pris au piège par Coraline. Impossible de lui échapper, impossible de fuir de chez toi. Après avoir passé des jours entiers à la chercher, voilà qu’elle s’était présentée brusquement à toi, et te demandait des explications. Déguerpir aurait été ridicule, et jouer à un jeu du chat et de la souris où les rôles changeaient tout le temps. Tu n’en avais plus envie. Tu étais las de tout ça, et aussi semblait-elle tout aussi fatiguée. Elle prit place sur une chaise et tu te détendis. Tu sentais cependant le haut de ton bras te démanger, à l’endroit où ta prothèse engloutissait ton moignon pour se rattacher à ton épaule, et rendre efficace les connexions nerveuses. Ton nouveau bras était à la dernière pointe de la technologie, ou presque. Tu n’avais pu t’empêcher d’y greffer bon nombre de petites améliorations, dans l’espoir de vivre une vie un peu moins triste avec un bras en moins En fin de compte, tu réussissais juste, parfois, à t’handicaper tout seul, et à devoir demander de l’aide à Mads. Que ferais-tu donc le jour où il ne serait plus là ?

Finalement, elle te demanda ce que tu lui voulais. La raison pour laquelle tu la cherchais. Tu te mis à gratter ton épaule, t’avançant un peu dans le canapé où tu étais resté assis. « J’sais pas… Enfin si, mais… J’suis pas sûr que ce soit important… » T’es naze, Jaime. Bien sûr que si, c’est important. « ‘fin si, c’est important… Écoute, j’voulais m’excuser de mon comportement. Voilà. T’sais, de cette attitude de petit merdeux que je peux avoir, tout le temps. L’autre soir, au bar, t’as essayé d’être cool avec moi, et je t’ai royalement envoyé chier. J’m’en veux. C’est ça que j’voulais te dire. » Tu avais braqué ton regard vers elle. Tu avais envie de la prendre dans tes bras, et de t’excuser. Et pourtant, t’étais pas du genre câlin, comme gars. Mais là, c’était différent. Coraline t’avait empêché de sombrer, les premiers temps après ta Moisson des Âmes. Tu étais allé jusqu’à tomber amoureux d’elle. Et peut-être que ça t’avait alors empêché de faire bien des conneries qui auraient pu te passer par la tête si elle n’avait pas été là. Tu déglutis doucement, baissant les yeux, te frottant la nuque de ta main métallique. Elle t’avait brisé le cœur. Parce que t’avais pas été foutu de lui déclarer ton amour, elle en avait choisi un autre qui, lui, avait osé. Tu t’en voulais toujours. À elle aussi, un peu ; prétendre le contraire aurait été mentir, même si tu avais parfaitement conscience de ne pas avoir le droit de lui en vouloir. Mais depuis quand ton cœur demandait-il le droit de faire les choses ? Tu avais été con, Jaime. Ce que tu voulais plus que tout, à cette époque, c’était de la prendre dans tes bras et de l’embrasser. Le plus simplement au monde. Mais elle avait été avec quelqu’un d’autre. Elle avait choisi quelqu’un qui, lui, avait eu le cran de faire ce que toi tu voulais. Pourtant, ce n’était pas le cran qui te manquait, habituellement. Mais cette fois-là, si. Tout était tellement plus compliqué quand le cœur battait trop rapidement et que les jambes se sentaient moins fortes à tenir debout.

Tu reportas ton regard sur elle lorsqu’elle reprit la parole, s’excusant plus ou moins de ne pas avoir montré le bout de son nez. Non, tu n’avais pas capté. Tu n’avais absolument pas fait attention à la date. Et tu la regardas, l’air de ne pas comprendre. Cherchant, dans les tréfonds de ton esprit, ce qui avait bien pu se passer pour que lesdites circonstances ne l’empêchent de te voir. Et lorsque les faits s’imposèrent dans ton esprit, tu te demandas comment tu avais pu être assez stupide pour l’oublier. Ton ventre se serra, et tu te sentis profondément con. Tu ne savais subitement plus quoi lui dire. Mais tu déglutis, et te forças. Allez, Jaime. « Je comprends… T’es sûre de vouloir te retrouver seule pour ça ? Enfin t’as le droit, mais… Non, laisse tomber. » T’avais juste peur qu’elle ne soit trop mal, seule, et qu’elle n’ait besoin de compagnie pour oublier. Mais c’était stupide. Tu savais pertinemment que la seule chose que tu avais demandé après ton accident avait été la solitude et le calme. « J’comprends. » Tu te remis à te tortiller les doigts, métalliques et humains, coudes calés sur tes genoux. « J’suis désolé, j’avais oublié. J’aurais attendu, sinon. P’t’être. » Peut-être, ouais. Tu ne savais même pas. Stupide comme tu étais, tu aurais été parfaitement capable de partir à sa recherche, quand même. Mieux valait peut-être ne pas penser à cette éventualité.

« Est-ce que… Est-ce que t’as besoin de quelque chose ? » Tes yeux cherchaient à accrocher son regard. Tu cherchais, tout simplement, à ce qu’elle relève la tête vers toi. Mais tu étais si maladroit… « Écoute, p’tit Corail oh god, quel surnom pourri je sais que j’ai merdé, d’accord ? Depuis qu’on s’connaît, j’fais que de merder, j’en ai parfaitement conscience, et je… J’sais pas, j’dois être pour merder les choses. J’ai jamais rien voulu gâcher, j’ai jamais voulu te faire de mal. J’ai réagi comme un pauvre con, parce que… Parce que ça m’avait blessé que tu ne sois pas venue me voir quand t’es revenue. Maintenant j’pense que j’peux comprendre, mais ça m’a fait mal. J’avais pas envie de te pardonner, j’avais juste envie de faire la gueule dans mon coin. J’ai pas réussi à courir me jeter dans tes bras comme un lapin des prés verdoyants qui pardonne tout du premier coup. Désolé. Maintenant, j’en ai marre. J’me sens… » Tu pris une grande inspiration, remarquant seulement à quel point ce que tu venais de lui dire était…. stupide. « … nul. »

Nul. Tu étais nul. Incapable de lui expliquer le fond de ta pensée, incapable de te rattraper.
Tu te laissas tomber au fond de ton canapé, tes deux mains se collant sur ton visage tandis que tu lâchais un très long soupir de découragement.
Mais qu’est-ce qu’on allait bien pouvoir faire de toi ?
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MessageSujet: Re: come bury me now. ☞ (coralaime)   Sam 21 Juin - 14:17

Come bury me now

Elle se sentait terriblement mal à l’aise. Elle avait pourtant espéré que les choses soient différentes, surtout après ce qu’ils avaient traversés ensemble avec la fouille menée par les sbires des Originaux. Elle avait espéré que cela les rapprocherait, mais il était évident que le malaise subsistait, plus que jamais. Elle en était en grande partie responsable et elle le savait très bien. Elle le regrettait, mais n’avait pas réussi à agir autrement. Elle n’avait pu contrôler ses réactions. Elle était morte depuis un an à présent. Personne ne pouvait lui dire comment elle était supposée se comporter, ce qu’elle était censée faire, comment elle devait gérer la situation. Aucun livre du rayon développement personnel n’était consacré à cette question, c’était certain. Bon sang... elle n’allait tout de même pas rester ainsi, devant lui, si ? Elle se sentait parfaitement stupide. Elle aurait dû lui dire, tout simplement, au lieu de trainer ainsi. Mais elle souhaitait d’abord entendre ce qu’il lui voulait exactement. Elle espérait qu’ils allaient enfin trouver un terrain d’entente. Parce qu’il comptait pour elle, malgré le temps passé, malgré ce qu’il s’était passé. Parce qu’il lui manquait atrocement.

Elle le lui demanda, directement. Parce qu’elle voulait savoir. Elle commençait à se lasser de jouer au chat et à la souris. Il était plus que temps de crever l'abcès. Lorsqu’il sembla rechigner à lui parler, elle ne put s’empêcher d’être agacée. C’était là le problème avec Jaime : elle ne parvenait jamais à savoir ce qu’il pensait réellement. Il ne parlait pas, se renfermait et elle se sentait exclue, incapable d’avoir accès à ses pensées et émotions, alors qu’elle aurait tant aimé en savoir davantage. Elle l’ignorait, mais cela leur avait peut-être coûté bien plus que ce qu’elle pensait. Elle en était tombée amoureuse, et faute d’avoir la moindre manifestation de sa part, elle s’était figurée qu’il n’en était rien de son côté. Des sentiments à sens unique. Le temps avait passé depuis, et à présent de toute façon, il était bien trop tard. Puis, vint le plus étonnant : il parla, et même il s’excusa. Immédiatement, son agacement retomba d’un coup. Puis, elle haussa les épaules et le fixa de ses prunelles émeraude. « Ca... ça ne fait rien. Je comprends tu sais. C’est ma faute. J’aurais dû te parler dès le début, je le sais bien. Je suis désolée... » Puis, elle détourna le regard, ne sachant pas quoi ajouter.

S’excuser de ne pas être apparue. D’avoir joué les fantômes comme on dit, du moins dans son cas, plus que d’habitude. A son tour, elle lui fit comprendre ce qu’il en était. Au point où ils en étaient, autant jouer carte sur table, non ? Et puis, peut-être que la solitude finissait au fond par lui peser. Elle ne savait pas vraiment. Elle n’avait ni instruction, ni mode d’emploi sur l’art et la manière avec lesquels elle était supposée se comporter. Le fait qu’il soit là, face à elle, ses blessures et cicatrices visibles la mettaient d’une certaine manière en confiance et l’encourageait même à se confier. Elle pourra un profond soupir à sa question. « Je... je n’en sais rien. Je n’ai aucune idée de comment gérer tout ça. Du coup, rester seule pour le moment est peut-être mieux. Ca va passer de toute façon. » Ca passerait forcément. Elle ne pouvait pas vraiment se permettre de rester mélancolique, pas avec tout ce qu’il se passait. Et ce n’était pas dans son tempérament. Il s’excusa, de nouveau. Et de nouveau elle haussa les épaules. « Ca fait rien. Il fallait qu’on se parle de toute façon, non ? » Il ne se sentait visiblement pas bien, et elle non plus. Il finit par parler, plus longuement cette fois. Si elle voulait quelque chose ? Elle n’en savait plus rien. Elle ne répondit pas, écouta seulement, avec attention, tout en lentement se dirigeant vers lui pour s’asseoir à ses côtés. Elle demeura silencieuse quelques instants, avant de parvenir à s’exprimer de nouveau. « Je... je comprends. J’aurais dû te dire la vérité dès le début. J’en avais envie, c’est juste que... je ne savais pas comment faire face à tout ça. J’étais morte, et toi en vie et... » Elle fut incapable de continuer et détourna le regard, sentant qu’elle était sur le point d’éclater en sanglots.

Elle ferma les yeux et passa ses mains sur son visage décomposé. Elle avait besoin de reprendre ses esprits. Cette confrontation était bien plus éprouvante qu’elle ne l’aurait imaginé. Surtout en ce moment. Elle n’était même pas certaine d’y arriver, d’arriver à surmonter tout ceci, à l’exprimer suffisamment clairement pour lui faire comprendre ce qu’elle ressentait. A vrai dire, elle n’était même pas certaine de ce qu’elle ressentait. « C’était toujours un rappel, tu comprends. Je veux dire... je suis morte. Je ne suis même pas... pas vraiment réelle... » Cette pensée était aussi terrible que terrifiante et cette fois-ci, elle ne put s’empêcher de retenir ses larmes, qu’elle tenta d’essuyer en plaquant ses mains sur ses joues humides.  
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MessageSujet: Re: come bury me now. ☞ (coralaime)   Mar 19 Aoû - 4:29


COME BREAK ME DOWN.



Tu aurais été incapable de poser des mots sur ce que représentait Coraline pour toi. Pendant toute une période, elle avait représenté l’entièreté de ton univers. Ta raison de vivre, ta raison d’exister, et de continuer à te battre alors que ces sangsues mégalomanes avaient essayé de tout te prendre. Elle avait été ta bouée de sauvetage, et la personne que tu avais aimée. Vraiment. Pas de subterfuges à utiliser, pas de tergiversations inutiles. Tu l’avais aimée. Lorsqu’elle apparaissait dans l’encadrement de la porte, ton cœur se mettait alors à battre, et un sourire on ne peut plus stupide et béat apparaissait bien généralement sur tes traits. Pourtant, tu avais un bras en moins. Un bras en moins, le cœur en miette. Des douleurs fantômes, une hantise qu’on s’attaque à tes proches, et un sentiment d’humiliation quasi permanent. Tu avais été l’acteur principal d’un théâtre d’horreur des Originels, et tu commençais simplement à prendre ce fait pour acquis. Elle était alors la lumière dans son obscurité. Elle te rendait tes sourires, et elle te changeait les idées. Tu oubliais que tu étais mal, que tu étais diminué, handicapé. Et une bulle se formait autour de vous. Simple. Protectrice. Tout ce dont tu avais alors besoin.

Mais à côté de ça ? Tu avais toujours été envahissant. Une tête brûlée, un être tout bonnement insupportable pour grand-monde de ton entourage. Tu n’étais qu’un abruti, si on en croyait ce que les gens pouvaient dire de toi. Un effronté. Mais tout exubérant que tu avais toujours été, jamais tu n’étais parvenu à mettre des mots sur tes sentiments, et à les avouer à cette petite bouille qui se tenait à cet instant précis devant toi. Jamais tu n’avais pu lui dire je t’aime. Et il te semblait, depuis trois ans, que tes lèvres n’attendaient que de prononcer ces trois mots, pour que ton cœur se remette à battre normalement. Tu l’avais aimée. Tu ne savais même pas ce que tu ressentais encore, aujourd’hui, pour elle. Elle n’avait probablement jamais rien ressenti pour ta personne. Elle avait eu un petit ami, ils s’étaient fiancés. Tu l’aimais bien, lui aussi. Mais il n’était pas toi. Et ce simple fait avait le don de te tirer une série de pincements au cœur atrocement douloureux, malgré leur bonheur qui te faisait sourire presque contre ton gré. Elle avait été heureuse, et tu ne t’étais jamais senti en droit de briser ce bonheur, de faire éclater cette petite bulle en lui avouant un amour dont elle se fichait probablement, mais qui aurait brisé votre amitié. Alors, tu t’étais tu. Toutes ces années, tu t’étais tu. Ça n’avait pas été bien long jusqu’à sa mort. Et après, plus la moindre nouvelle. Le vide. Le néant. Et maintenant ?

Maintenant, il fallait que vous vous expliquiez. Que tu lui présentes une raison logique à la colère et la sauvagerie dont tu avais fait preuve envers elle, lorsqu’elle avait manifesté son retour. Il fallait que tu te justifies. Et elle aussi. Pourquoi n’était-elle pas revenue plutôt ? Pourquoi avait-elle fait la morte, alors qu’elle pouvait te voir, te parler ? Et d’ailleurs, pourquoi pouviez-vous communiquer ? La question ne te tracassait alors pas. Seul restait présent à ton esprit le choc que tu avais eu lorsque tu t’étais rendu compte qu’elle était présente. Pas en vie, puisque tu te souvenais pertinemment l’avoir enterrée, mais bien là, dans cet univers, quelque obscure que soit la raison de sa présence.

Elle s’expliquait. Et tu comprenais. Comment ne pas la comprendre, d’ailleurs ? Tu avais un don d’empathie avec elle. Avec les autres, pas nécessairement. Mais l’amour que tu avais ressenti à son égard t’aurait fait lui pardonner les pires actes. Si seulement tu avais pu te sentir en paix avec toi-même, et avec elle en prime. Tu avais simplement eu un moment de rage. Une période où tu n’avais pas compris son silence, alors qu’elle t’appréciait avant sa mort, semblait-il. Pourquoi, donc, se cacher ? Pourquoi fuir ? Pourquoi ne pas venir chercher de réconfort auprès de toi ? Pourquoi, tout simplement, te laisser pleurer alors qu’elle aurait pu t’aider à vivre ton deuil ? Maintenant, tu commençais à comprendre. Maintenant, tu commençais à accepter l’idée d’avoir été laissé malgré toi de côté. Elle avait ses raisons. Meilleures que celles qui t’avaient poussé à lui tourner le dos ces derniers temps, de toute évidence.

Mais si tu gardais la tête baissée et le visage dissimulé par tes mains jusqu’à lors, au moment où le sanglot se fit légèrement entendre à tes côtés, tu la regardas. Tu ne supportas pas les larmes que tu la devinas essuyer rapidement. Ton cœur se serra avec davantage de souffrance, et tu déglutis douloureusement. Ta main vint se poser sur son bras. Elle était assise à l’autre bout du canapé, mais pas assez loin pour rompre toute possibilité de contact. Tes doigts serrèrent doucement son poignet, en une étreinte réconfortante. Comme si tu avais cherché son pouls, sans s’en rendre compte. Son pouls inexistant. Ta gorge se serra également, et tu eus l’impression que respirer se faisait plus difficile. Malgré tout, tu luttas pour lui parler. Lui répondre. La rassurer. « Ne pleure pas… J’t’en supplie, ne pleure pas… » Tu avais envie de la serrer contre toi, de la prendre dans tes bras. Mais tu n’en fis rien, comme figé à une certaine distance. « Je peux te parler… Te toucher… Alors tu vois qu’t’es réelle. T’es morte, oui, mais ne dis pas qu’t’es pas réelle. Tu l’es. Sinon je suis en train de parler tout seul comme un teubé dans mon salon, tu comprends ? Je deviens fou, quoi. » Tu esquissas un petit sourire. Ta main relâcha son poignet, et se posa sur son épaule. Son omoplate. Une petite caresse réconfortante. « Je m’excuse. J’m’excuse de mon comportement, et… Je ne t’en veux pas. Je me suis comporté comme un con, parce qu’une fois encore j’ai joué les égoïstes. J’ai pas réussi à comprendre ce que ça représentait pour toi de revenir vers les autres. J’ai eu mal parce que j’ai jamais autant souffert que l’jour de ton enterrement, je crois. Et j’aurais voulu que tu le voies. Que tu viennes m’aider à faire mon deuil. J’ai pas pensé un seul instant à quel point ç’a dû être difficile pour toi. Alors… Voilà. » Tu déglutis. « Je suis désolé. Rappelle-moi de ne plus jamais faire ça. » Un léger silence. « S’il te plaît. Pleure pas. »

Les larmes te montèrent légèrement aux yeux lorsque tu ramenas ton bras vers toi, rompant le contact entre vous. Tu déglutis à nouveau, anxieux. Quelques bouffées de chaleur, et tu te sentis comme engourdi. Tu aurais voulu lui dire à quel point le chagrin de ton deuil avait été amplifié par l’amour que tu lui portais. Mais une fois encore, tu te défilais. Tu te mis à tortiller tes doigts croisés sur tes genoux. Pas une larme ne coula.

Tu aurais juste voulu t’expliquer. Mais il te sembla que c’était, une fois encore, impossible. Impossible physiquement. Et ce n’était pas le bon moment.
En fin de compte, ce n’était jamais le bon moment.


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MessageSujet: Re: come bury me now. ☞ (coralaime)   Jeu 28 Aoû - 22:34

Come bury me now

Ils étaient là, tous les deux. Il était là, lui. En réalité, il avait toujours été là, depuis qu’elle le connaissait et durant les moments les plus importants de son existence. Elle en avait même été amoureuse. Cela lui semblait si loin. A l’époque, elle était encore en vie. Elle était une autre. Elle avait des possibilités, et c’est ce qui faisait toute la différence. Pouvoir, pouvoir être encore en vie, rêver, espérer. Et maintenant ? Elle était figée dans le temps et dans l’espace, incapable de savoir ce qu’il adviendrait d’elle, piégée entre deux mondes qui n’étaient pas faits pour coexister ensemble. Elle était une anomalie, n’était pas supposée exister. Comment concilier sa vie d’avant avec son existence actuelle ? Elle était encore pour le moment bien incapable de répondre à cette question, et c’était sans doute en partie pour cela qu’elle avait en exclu Jaime. C’était profondément injuste. Elle le voyait à présent. Elle savait, oui, que tout ceci avait été un tort. Il aurait pu l’aider. Il avait toujours été là pour elle de son vivant et elle voulait croire qu’il en aurait été de même au moment de sa mort.

Elle ignorait quelle était leur relation actuelle et aurait été bien en peine de la définir. Ce qu’elle savait en revanche, c’est qu’elle ne supportait pas de le savoir en colère contre elle. Pourtant, il avait ses raisons, et de bonnes raisons. Elle ne pouvait pas lui reprocher de l’avoir rejetée lorsqu’il avait su la vérité. Il l’avait crue morte. Il en avait fait le deuil. Elle ne pouvait qu’imaginer quelle avait été sa douleur, de même que celle de ses autres proches. Mais lui au moins, elle aurait pu le prévenir. Elle en avait eu l’occasion, mais ne l’avait jamais saisie. Par peur, en grande partie. Peur de ce qu’il adviendrait si le passé et le présent se mêlaient. Elle avait craint qu’il n’en ressorte rien de bon, que ce soit trop difficile. Elle avait conscience qu’elle avait été incroyablement égoïste. Et pourtant, il le lui pardonnait. Il était là, à ses côtés, si proche qu’elle pouvait ressentir sa gêne, mais trop peu pour qu’elle parvienne à savoir ce qu’il pensait réellement. Elle aurait voulu lui dire. Lui dire à quel point elle était dévastée, lui raconter le déchirement de ne plus savoir non pas qui elle était, mais ce qu’elle était. C’était peut-être là le pire. Mais elle ne parvenait pas à trouver les mots susceptibles d’exprimer le déchirement intérieur qu’elle ressentait. Seulement des bribes, qui, elle l’espérait, aideraient le jeune mutant à comprendre au moins un peu.

Alors elle lui expliqua, du mieux qu’elle le pouvait. Pendant un temps elle n’osa pas le regarder. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il la prenne dans ses bras. Il n’avait jamais été démonstratif. Elle tressaillit lorsqu’elle sentit la pression de sa main sur son bras. Elle se tourna vers lui, vers son regard si compatissant et douloureux, la suppliant presque de ne pas pleurer, ce qu’elle s’efforça de ne pas faire. Il parvint même à la faire rire, ce qui dans l’état où elle se trouvait n’était pas rien. « Non t’es pas fou. Je suis bel et bien là. » Puis vinrent les excuses. En les entendant, elle se sentit d’autant plus coupable. Ce fut pire encore lorsqu’il parla de son enterrement, ce fut pire encore. Les larmes qu’elle avait tentées de refouler lui remontèrent aux yeux en songeant au jour de son enterrement. « Oh, Jaime... » Elle s’arrêta un instant et ferma brièvement les yeux avant de reprendre. « J’y étais... le jour de mon enterrement... j’étais là. Je vous voyais, tous... mais personne ne me voyait, ni ne m’entendais. J’étais toute seule Jaime... » Elle baissa les yeux et demeura silencieuse quelques instants. « Et maintenant... je suis coincée ici, sans savoir pourquoi et pendant combien de temps. Et c’est ma faute... » Elle avait joué avec des forces qui la dépassaient, sans penser aux conséquences tant elle était obsédée par la possibilité d’échapper à la solitude, de retrouver un semblant de vie. Et à présent elle ne savait même plus ce qu’elle était, ni comment poursuivre son existence. Elle n’avait ni but, ni certitude, et c’est ce qui rendait les choses aussi terribles.

Elle se sentait gênée, oppressée. Après lui avoir dit tout ça, elle ne savait plus comment réagir à sa présence. Elle ne parlait jamais de tout ça. Evitait d’admettre qu’elle avait commis cette erreur, parce que c’était bien trop douloureux. « Je vais m’en aller. Je crois que j’ai besoin d’être seule encore un moment. » Puis, elle posa en un geste tendre sa main sur celle du jeune homme. « Je reviendrai, c’est promis. » Oui, elle reviendrait, au moment où elle serait prête à le faire, à le retrouver. Elle soupira, ne sachant que dire de plus. En un instant, elle avait disparu. 


THE END
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